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BARCELO : Il a signé l’affiche de la dernière corrida de Barcelone

27 sept

Notre sculpteur de l’Eléphant de la Place du Palais, hélas parti sous d’autres cieux, a signé la dernière affiche des Corridas de Barcelone : tout un pan de l’histoire culturelle de cette ville qui s’écroule sous les coups de butoir d’obtus révisionnistes que sont les anti-corridas de Barcelone, nationalistes stupides qui ont cru là marquer un point contre le pouvoir de Madrid. Une honte pour la culture espagnole et un déni du patrimoine culturel mondial que fort heureusement, 500 000 signataires en Espagne sont d’ores et déjà en train de remettre en question, soutenus par le Roi et un nombre impressionnant d’artistes et d’intellectuels, d’entrepreneurs, et de politiques éclairés. L’élite de l’Espagne, qui est, elle, farouchement pro-corrida et que les obscurantistes catalans n’effraient pas. Bravo Barcelò ! 

Une affiche signée de l’artiste espagnol Miquel Barcelo pour annoncer la dernière corrida organisée dimanche à Barcelone avec le matador José Tomas faisait fureur depuis lundi en Catalogne. La silhouette d’un taureau, stylisée à l’encre noire, trône devant un tourbillon sombre rappelant l’arène de La Monumental de Barcelone et domine les noms de trois toreros inscrits en rouge sang sur l’affiche. Juan Mora, José Tomas et Serafin Marin seront dimanche les derniers matadors à toréer sur le sable de La Monumental, sauf coup de théâtre, avant l’interdiction de la corrida qui frappera la Catalogne le 1er janvier 2012.

L’imprimerie Marc Marti, chargée de coller l’affiche dans les rues de Barcelone, est débordée par la ferveur des aficionados qui veulent conserver un souvenir de cette «journée historique pour les défenseurs comme pour les anti-corrida», témoigne David Girbau, responsable de la distribution. L’affiche ne sera pas mise en vente. Les fétichistes tentent donc, sans succès, d’arracher celles qui ont déjà été collées ou supplient l’imprimeur de leur céder gratuitement l’une des 1.500 déjà imprimées. «Nous avons reçu au moins 500 appels. Je n’ai jamais vu ça en 23 ans de carrière, même pas avec les banderoles que nous imprimons lorsque le FC Barcelone gagne la Ligue des Champions», affirme David Girbau.

Miquel Barcelo est l’artiste espagnol vivant le mieux coté sur les marchés d’art internationaux depuis la vente aux enchères en juin d’un tableau, Faena de muleta, représentant justement une arène, pour 4,42 millions d’euros, selon Christie’s Londres. L’artiste avait proposé en juin à José Tomas de réaliser cette affiche, en hommage au torero qui doit affronter dimanche deux des six taureaux de cette dernière corrida. Le mystérieux matador, qui ne s’exprime presque jamais publiquement, «a accepté avec plaisir», assure Tauropress, l’agence chargée de la communication de José Tomas.

(Source AFP)

A VIF : Philippe Caubère : « Les anti-corridas sont des obscurantistes »

15 mai


« Moi, j’ai eu une jeunesse militante dans l’extrême gauche et on m’a appris qu’on ne répondait pas aux fascistes, donc je ne parle pas avec les fascistes« 

Le comédien Philippe Caubère participe au tout premier festival charentais dédié aux arts de la tauromachie, qui se tient ce week-end à La Rochefoucauld. Il se confie pour Atlantico, sur sa passion pour cet art populaire inscrit depuis peu au patrimoine culturel immatériel français.

Atlantico : Avez-vous toujours été amateur de corrida ?

Philippe Caubère :Non, je suis devenu un amateur lorsque j’ai découvert Christian Montcouquiol, alias Nimeno II, le jeune frère d’Alain Montcouquiol qui lui a consacré plusieurs livres : ce torero a connu une fin tragique, paralysé lors d’un combat, il n’a pas pu retoréer puis a fini par se suicider.

Jeune, j’étais comme tout le monde, je trouvais la corrida barbare et dégueulasse puis j’ai découvert plus tard l’aspect théâtral et artistique auquel je n’avais pas pensé au tout premier abord, quelque chose de plus profond et de beaucoup plus intéressant.

Considérez-vous la tauromachie comme un art populaire ?
Cela dépend où. C’est un art populaire dans le sud mais pas tellement dans le nord. Mais il est certain que la tauromachie fait partie de la culture méditerranéenne. Elle très profondément enracinée, et remonte même à l’antiquité.

Depuis le 22 avril, la tauromachie est inscrite au patrimoine culturel immatériel de la France. C’est une bonne nouvelle ?
Oui. C’est une très bonne nouvelle pour tous les gens qui aiment la corrida mais j’espère que le gouvernement ne va pas revenir dessus parce que les pressions des anti-corridas sont énormes. La corrida suscite des débats qui sont totalement à côté de la plaque, fondés sur l’obscurantisme et l’ignorance. Si les anti-corrida étaient dignes de ce nom : ils écouteraient et entendraient mais il n’écoutent pas et n’entendent pas. Ils me font penser à ces gens qui font des prières devant la dernière tentation du Christ. Des obscurantistes à l’esprit sectaire et fasciste.

S’ils écoutaient, ils verraient que le problème est bien plus compliqué que ce qu’ils veulent bien en dire. Les amateurs de corrida sont tout sauf des gens violents, ce sont des gens calmes que l’on culpabilise parce qu’ils finissent comme toujours par se demander si les autres n’ont pas raison. Il n’y a pas de débat mais uniquement des invectives qui ne viennent que d’un seul côté. Les anti-corridas refusent le débat, leurs arguments sont des anathèmes et des injures.

Que répondez-vous aux anti-corridas qui pointent du doigt la cruauté et les violences infligées aux animaux ?
Je vais vous dire une chose : je ne leur réponds rien du tout. On les entend tellement crier sur tous les toits des choses banales, que je ne leur réponds rien. Moi, j’ai eu une jeunesse militante dans l’extrême gauche et on m’a appris qu’on ne répondait pas aux fascistes, donc je ne parle pas avec les fascistes. Je ne répond pas à ces questions-là parce qu’elles sont trop bêtes. La mise à mort est au centre de la corrida, c’est le sens même de la corrida. Il y a depuis quelques années, un goût certain, une sorte d’attirance et de passion du peuple pour l’interdiction, qui est très inquiétante et qui monte.

Publié par Atlantico.fr

PATRIMOINE : Pourquoi la Corrida est-elle un art et un patrimoine inaliénable de notre civilisation… …

3 mai


« Chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage » (Montaigne)

L’ignorance est le pire des fléaux. Une civilisation se construit avec son histoire, ses mythes et ses rituels. Et son art. Tout comme Lascaux, la Corrida demeure l’un des seuls vestiges culturels de l’origine de notre civilisation. Vouloir en éradiquer l’existence, comme tentent de le faire les militants de la « cause » animale au nom d’une idéologie faussement compassionnelle, est non seulement une faute, mais un attentat négationniste fait au patrimoine culturel de l’humanité.

Nous publions ici des extraits du texte qui a servi de base à l’inscription de la Corrida au patrimoine immatériel de la France. Soulignons que cette présentation a été rédigée et co-signée par un comité expert de scientifiques et d’universitaires (anthropologues, ethnologues, éthologues, philosophes, sociologues, historiens) :

« Comme l’observe Michel Leiris, la corrida s’apparente aux plus hautes expressions léguées au cours des siècles par la civilisation méditerranéenne, celles où l’homme pose un regard lucide sur le destin qui le menace, par lequel il sait qu’il sera
vaincu, mais qu’il a le courage de dévisager et d’affronter, en construisant avec lui une oeuvre d’art.

HISTORIQUE ET GÉNÉALOGIE
Depuis la haute antiquité l’ensemble des civilisations du Bassin méditerranéen ont conféré au taureau une éminente valeur symbolique (l’animal a été assimilé à une divinité solaire ou terrestre, illustration suprême des forces de la nature et de la fécondité, que l’homme doit tenter de maîtriser et de s’approprier). Elles en ont fait l’objet d’un culte, ou la victime privilégiée d’un sacrifice à la divinité. Il figure dans de nombreuses oeuvres d’art à caractère religieux, et constitue l’élément central de divers jeux et célébrations.

En Espagne les règles de la corrida moderne sont fixées à la fin du XVIIIe siècle en Andalousie, à l’heure où les toreros à pied, issus du peuple, deviennent les protagonistes du spectacle, mais cette tauromachie est l’aboutissement de traditions plus anciennes dans lesquelles les hommes se sont mesurés à des taureaux sauvages vivant en troupeau dans la Péninsule Ibérique depuis la préhistoire, ancêtres des bêtes actuelles.

En Amérique latine, la tauromachie s’est implantée dès les premières années de la conquête espagnole (1529, date de la première corrida au Mexique), notamment grâce à l’importation de bétail brave qui a fait souche outre Atlantique. Aujourd’hui, la corrida y est une tradition vivante dans cinq pays (Mexique, Venezuela, Colombie, Equateur, Pérou).

En France, des jeux taurins sont attestés dans le midi dès le Moyen Âge. Cette tradition ancienne a favorisé l’implantation et le développement de la corrida à partir du milieu du XIXe siècle. C’est en 1853 qu’est organisée la première corrida à Bayonne, sans doute en hommage à l’impératrice Eugénie, en résidence dans la ville voisine de Biarritz. À partir de là l’engouement pour ce spectacle gagne les publics des Landes, puis du Languedoc et de la Provence en s’appuyant, encore une fois, sur les traditions taurines cultivées dans ces régions.

ETHIQUE DE LA CORRIDA
L’esprit et la valeur de la corrida reposent sur deux piliers comportant une dimension éthique : le premier, c’est le combat du taureau, qui ne doit pas mourir sans avoir pu exprimer, au maximum, ses facultés offensives ou défensives ;

le second pilier, symétrique, c’est l’engagement du torero, qui ne peut affronter son adversaire sans se mettre lui-même en danger, en offrant son corps, puis en détournant la charge par un leurre en tissu. La corrida n’aurait aucun sens et aucun intérêt sans cette combativité spontanée du taureau et sans ce risque permanent de blessure grave ou de mort du torero.

La corrida se distingue des autres tauromachies par deux traits particuliers :
– l’animal est tué rituellement, ce qui donne à la corrida sa dimension tragique, et il est tué en
public, ce qui garantit la loyauté de sa mise à mort.
– une des finalités essentielles de la corrida est de créer une oeuvre d’art éphémère en utilisant
la charge naturelle du taureau de combat.

Mais il y a surtout un impératif éthique : lorsque le coup est porté loyalement, le risque encouru par l’homme est à son plus haut degré, car en s’engageant avec l’épée, les yeux fixés sur le garrot, le matador perd de vue la trajectoire des cornes. Il implique un dernier et périlleux rapprochement avec le taureau, et un acte d’équité, puisqu’à l’instant de donner la mort le matador met en jeu sa propre vie..

La faena, en tant qu’oeuvre construite avec le taureau pour adversaire et en même temps partenaire, est inachevée, et en quelque sorte reste en suspens, sielle n’est pas scellée par le coup d’épée

En effet, la corrida repose sur le fait que l’animal est vierge de tout contact avec l’homme et de toute sollicitation par les leurres. Or, les professionnels et les aficionados répugnent à l’idée que le taureau brave, sujet de leur admiration, périsse dans un abattoir, ou même dans un corridor obscur, tel un animal de boucherie. Leur sentiment partagé est que la mort dans l’arène, dans les conditions strictes fixées par les règles, est la seule fin digne de lui et de son combat.

À cet égard, le taureau est loin d’être simplement un adversaire qu’on supprime de gaieté de coeur. De même qu’ils l’ont fait pour le torero, les aficionados s’identifient à lui, en admirant sa bravoure, y compris dans son ultime combat face à la mort. Pour preuve l’ovation qui est faite à la dépouille d’un animal particulièrement brave qui a obtenu un tour d’honneur, et qui est consacré à son tour comme le héros de la cérémonie. Le règlement prévoit, d’ailleurs, qu’une bravoure exceptionnelle puisse lui obtenir la grâce (indulto), et qu’alors, après avoir été soigné, il soit renvoyé dans son élevage pour y finir ses jours comme étalon.

UNE OEUVRE D’ART TOTALE…
D’une durée approximative de vingt minutes, chaque combat est régi par des règles très précises, dont l’objet est à la fois de garantir l’intégrité de cette lutte et de rendre possible la prestation artistique du torero face à cet adversaire. L’acte de la pique vise à éprouver la bravoure du taureau et à canaliser la brusquerie de son élan en lui faisant baisser la tête. Les banderilles sont une sorte d’intermède où l’on donne un plus libre cours à sa charge à l’appel de l’homme, ce qui permet d’observer ses caractéristiques et de préparer l’affrontement final. Enfin, au dernier acte, survient l’estocade après la faena de muleta.

À l’évidence, c’est dans le jeu avec la cape et la muleta que l’art taurin atteint aujourd’hui son plus grand raffinement. Avec ces étoffes le torero ne dirige pas seulement les charges du taureau afin de le dominer, en imposant son intelligence et son courage à l’instinct meurtrier et à la force de la bête. Il ralentit et étire la charge en un tempo apaisé, par un sens de la cadence qu’on appelle le temple. Ce faisant, il convertit peu à peu la violence de l’affrontement initial en une entente harmonieuse entre l’homme et un fauve, d’une haute plasticité.

Le public aficionado, quant à lui, vient d’abord à ce spectacle pour voir comment le torero, par ses qualités morales, techniques et artistiques, parvient à maîtriser un animal dangereux et non apprivoisé, de façon à construire avec lui une oeuvre d’art. Il admire tout autant l’homme que le taureau.

Quoi qu’il en soit il s’avère que l’estocade – et donc la mort du taureau dans l’arène – est considérée, dans la sensibilité collective des aficionados, comme la phase suprême, « le moment de la vérité ». Pour s’en tenir à une considération d’ordre technique, le matador doit se conformer à des règles particulièrement strictes, qui concernent en premier lieu la place de l’épée dans la « croix », sur le haut du garrot. Une estocade impeccable est le plus souvent l’aboutissement et la sanction d’un travail préalable avec la bête, également réussi.

Selon Michel Leiris, il s’agit en effet de donner forme humaine à une matière brute, en l’occurrence la charge d’un animal qui combat. L’action du leurre dépouille l’assaut de l’animal de sa fonction mortifère et de sa violence naturelle et, grâce à l’emprise que ce leurre permet sur la charge du taureau, le torero conduit celle-ci, la courbe, l’adoucit, la polit, la ralentit.

On comprend que ce spectacle total, comparable à certains égards à l’opéra, ait pu inspirer tant d’artistes.

LA CELEBRATION DU TRIOMPHE DE LA VIE SUR LA MORT
Aux yeux des aficionados et des toreros la corrida apparaît comme une cérémonie dont le triomphe de la vie sur la mort, de l’art et de l’intelligence sur la force brutale est la signification fondamentale. La menace mortelle, symbolisée par le fauve, est hypnotisée et transfigurée par l’art du torero. Ce qui nous est donné à voir dans l’arène, c’est la communion entre la vie et la mort, la célébration de ce couple essentiel qui sous-tend toute existence et qui s’incarne dans cet autre couple évoluant sur le sable. Tout relève de l’une et de l’autre dans la corrida, à commencer par le toreo.

La conscience que partagent le torero et l’aficionado de cet art singulier est centrée sur l’évidence de sa réalité fragile et éphémère, au moment même où celui-ci tente de créer l’illusion d’une éternité impermanente. La clé, ici, est le temple –la faculté de produire l’accord entre le mouvement de l’étoffe maniée par l’homme et la charge de la bête -, dont le but est d’allonger et de ralentir la passe, en d’autres termes de différer la mort inévitable de sa beauté.

Le torero sculpte le temps comme s’il pouvait s’en rendre maître, tout en sachant qu’il est vain de prétendre l’arrêter. La mort donnée au taureau consacre à la fois l’aboutissement de la faena, autrement dit de l’oeuvre élaborée avec lui, et
son terme irrémédiable. »

Bibliographie
– Bartolomé Bennassar, Histoire de la tauromachie, une société du spectacle
(Desjonquères, Paris, 1993) ;
– José Bergamin, La solitude sonore du toreo, traduction de Florence Delay
(Verdier Poche, 2008) ;
– Michel Leiris, Miroir de la tauromachie, illustrations d’André Masson (Fata
Morgana, 1981) ;

LIRE LA FICHE COMPLETE POUR L’INSCRIPTION AU PATRIMOINE IMMATERIEL DE LA FRANCE
Illustration : Pablo Picasso

ACTIVISTES. Anti-corridas, ultra-cathos, extrême-droite : mêmes méthodes, mêmes mensonges

29 avr


LE MOT DE TAÏEB

Et même pouvoir de nuisance. Ces activistes ont beaucoup plus de points communs qu’il n’y paraît, et n’hésitent pas à recourir au mêmes méthodes de harcèlement médiatique. Insultes, menaces de mort, commentaires racistes et orduriers, le site de L’Esprit d’Avignon depuis quelques jours est submergé de mails et de messages de la même eau, qui, s’ils proviennent de groupuscules différents, emploient sans état d’âme une stratégie et un vocabulaire identiques.

La typologie de ces activistes compte d’ailleurs de curieuses similitudes : les ultra-cathos comme les anti-corridas se retrouvent dans de minuscules communautés (le Facebook du CRAC compte à peine plus d’un millier « d’amis »), mais ce sont des militants extrêmement déterminés et virulents. Si sociologiquement, on ne peut en toute bonne foi les confondre absolument, il n’en demeure pas moins que certaines passerelles « identitaires » les relient : sensiblerie animalière, même « pensée » pseudo-naturaliste, mêmes références « intellectuelles » à Rousseau et aux Lumières ainsi qu’à tout l’arsenal textuel des « philosophies » religieuses, le Bouddhisme étant d’ailleurs l’un de leurs marqueurs le mieux partagé.

Au-delà, la psychologie de ces ultras présente souvent de singuliers télescopages : ces gens-là sont investis d’une « mission », qu’ils entendent conduire par tous les moyens, y compris les moins recommandables comme le mensonge délibéré et la désinformation. A ce sujet, le dernier « coup » de l’Agrif, groupuscule d’extrême droite catho qui s’est illustré dans le sac de l’oeuvre de Serrano, est plutôt révélateur (cf La Provence de mardi 26 avril).

Utilisant les mêmes tactiques de prosélytisme, ces activistes usent et abusent de toutes les ruses virales afin de diffuser leur « vérité » au plus grand nombre. Réseaux sociaux, harcèlement des élus, délation publique, intimidations, établissement de « listes noires » de personnes opposées à leur idéologie, recours intempestif et systématique à la Justice, même s’ils savent leurs « causes » indéfendables en termes de Droit, ils se répandent dans la presse, occupent les plateaux télé et comptent même quelques (modestes) relais dans le landerneau politico-médiatique dont ils savent se servir à plein.

Leur rhétorique a également beaucoup de points communs avec celle de l’extrême-droite. Tout comme les Lepénistes et autres Liguistes de la droite brune européenne, l’invective raciste et l’injure sont leur encre quotidienne. La Corrida ? un truc « d’Espagnols sanguinaires », et surtout pas une tradition culturelle française… Le Piss-Christ ? Un blasphème, surtout pas de l’art, et oeuvre d’un « métèque » latino de surcroît… Bref, un joli échantillon de la nature humaine, généreuse, empathique et tolérante.

Fort heureusement, ils ne sont pas si nombreux que cela et il est facile de les combattre. A condition toutefois de ne rien lâcher de nos libertés, de ne rien sacrifier de la pensée. Et de veiller à ce qu’ils ne métastasent pas, telle une mauvaise vague de peste brune.

Taïeb El Barradeï
Photo : Andres Serrano, série « Morgues ».

ANTI-CORRIDAS : Et pan dans la gueule !

26 avr

Jouissif ! Pas d’autres mots pour se régaler de la claque que ces arriérés du CRAC, de la Ligue des oiseaux et autres bobos rétrogades et régressifs se sont prise vendredi dernier, en apprenant l’inscription de la Corrida au patrimoine immatériel de la France.

J’imagine leurs gueules livides de bouffeurs bio sous-vitaminés et vélocypédiques à l’annonce de ce qui a dû sonner pour eux comme la fin de la récré !

En prenant cette décision inattendue et courageuse, le ministre Mitterrand est largement remonté dans notre estime. Pour une fois, le Fait du Prince a servi d’autres causes que celles plutôt douteuses qui l’avaient conduit à certaines nominations pour le moins contestables, s’agissant du « chrétien de droite » -comme il se définit lui-même- Olivier Py à la future direction du Festival d’Avignon (une aberration) ou autres calamités récemment subies par le monde du théâtre (Bondy à l’Odéon, les Berling au théâtre de Toulon ou encore le CDN de Montpellier…).

Bref, Fredo nous a fait plaisir. Et tant pis pour ces extrémistes anti-corridas qui maintenant s’en trouvent fort marris, la protection de cette inscription préservant de leurs persécutions tout un pan de l’histoire culturelle patrimoniale de l’Humanité.

Je me souviens il y a quelques années où ces buveurs de lait de soja et leurs minus quadrupèdes toilettés étaient venus crier leurs petites haines ridicules sous les fenêtres d’un grand théâtre d’Avignon, tout simplement parce que Caubère lisait un texte superbe du frère de Nimeño II dédié à la mémoire de cet immense torero… Un bel exemple d’agitation imbécile qu’une toute petite bande d’incultes psycho-rigides est capable de fomenter, afin de pimenter un peu leur vie tiède de rentiers d’un semblant d’animation.

Les mêmes qui se retrouvent régulièrement sous la bannière de croisée de ce vestige usé de la Nouvelle Vague qu’est devenue l’abominable BB, Frontiste avant l’heure, suffragette éructante de toutes les « causes » animales, alors qu’elle même fut incapable d’élever ses propres humains d’enfants…

Bref. La Corrida est sauve ici, mais le combat continue. Selon nos infos, d’ailleurs, l’avancée du dossier pour l’inscription à l’Unesco est en bonne voie. Soutenue par une armée aguerrie de scientifiques et de politiques éclairés, celle-ci devrait se concrétiser nous l’espérons avant 2012, ce qui rendrait obsolète la félone loi anti-corrida promulguée par les nationalistes catalans dans le seul but de se distinguer de Madrid. Une loi liberticide de plus, comme seuls les politiques de la « catalanité » savent en produire.

Longue vie à la Corrida !

Angelina Vivaldi
Photo : Valérie Farine / La Provence

CORRIDA : La Tauromachie est désormais patrimoine culturel de la France

23 avr

Le 22 avril sonnera désormais comme un jour noir pour les anti-corrida : la France a décidé d’inscrire la tauromachie au « patrimoine immatériel de la France », une opération initiée par le ministère de la culture et visant à protéger la Corrida et les autres pratiques tauromachiques de toute velléité d’interdiction.

En reconnaissant la Corrida pour ce qu’elle est, un art et une tradition culturelle française, la France adopte une position courageuse à l’égard de tous les empécheurs de toréer en rond. Et de tous les obscurantistes qui entendent condamner une culture patrimoniale de tout premier plan, une pratique symbolique qui exprime le lien fort qui relie l’homme à ses origines.

La France, en intégrant la Corrida à son patrimoine, fait oeuvre de salut public. Elle devient ainsi le premier pays au monde à affirmer son attachement à ce patrimoine culturel de l’humanité. Souhaitons que cela fasse signal à l’Espagne et au Mexique, autres grands pays de l’art, afin qu’ils suivent son exemple, à l’heure où les nationalistes catalans, par pur calcul politique, tentent d’éradiquer la Corrida.

Une décision symbolique puissante, qui prouve que lorsque une volonté politique existe de protéger la culture des innombrables atteintes qu’elle subit partout dans le monde, un pays peut se poser en garant de l’expression des peuples.

Un grand jour pour les défenseurs de l’Art et un moment historique pour l’Humanité.

Antonio Sanz

ENGAGEONS-NOUS :Allons plus loin et coupons court aux tentatives des intégristes anti-corrida en protégeant définitivement l’art tauromachique Demandons l’inscription de la Tauromachie au Patrimoine Mondial de l’Humanité Pétition UNESCO

photo Valérie Farine
Plus : La Tauromachie Patrimoine immatériel de la France

NUIT : « Faire la lune » en loucedé, seul avec les toros sous les étoiles

25 fév


Toréer en cachette hors des arènes, geste romanesque ou braconnage ?

Ils appellent ça «hacer la luna». Faire la lune, profiter de sa lueur. Pour toréer à la dure en douce. Les toreros furtivos vont braconner des passes à des vaches, voire des toros, la nuit, en cachette. Vieille lune. Dans ses Mémoires, Juan Belmonte raconte comment, les nuits de pleine lune, il se déshabillait pour traverser le Guadalquivir à la nage et, avec son veston, toréer nu des toros dans les élevages proches de Séville. Dans les années 50, El Cordobés fera de même du côté de Cordoue. Chez l’éleveur Félix Moreno, il estoquera un étalon avec une vieille baïonnette.

A cause de ce braconnage délictueux, Curro Romero a connu le cachot à Badajoz en 1970. Lors d’une corrida, il avait refusé un toro jugé par lui intoréable. Il avait vu qu’il avait été movido, déjà toréé. Paco Ojeda, à la fin des années 70, a forgé dans l’exercice son esthétique du toreo collé au toro : il fallait garder l’animal dans le petit périmètre de lumière, qu’on le voie charger sans le laisser filer dans le noir. Queues coupées. En janvier, des ganaderias d’Estrémadure et de Castille-et-Léon ont reçu la visite de ces furtivos dans ce que José Luis Castro Jañez, président de l’Association des mayorales, appelle «une vague de vandalisme».

Dans la propriété Fuente Santa, près de Cáceres, des furtivos ont réussi à isoler 18 vaches dans la plaza de tienta pour s’en servir. Dans celle d’El Madroñal, ils ont pu enfermer trois toros dans la petite arène et leur ont coupé le bout des cornes après usage. A Sanlúcar de Barrameda, dans les années 70 et 80, les toreros de la nuit profitaient de la proximité, dans les marismas, de l’élevage Sayalero y Brandes pour affronter des vaches bravas. Ils leur coupaient la queue pour signaler à l’éleveur qu’elles avaient été «touchées». Selon José Luis Castro Jañez, ces rôdeurs taurins de janvier «ne sont pas des pratiquants de la tauromachie classique» mais plutôt des jeunes recortadores. Des adeptes, professionnels ou pas, de ce jeu taurin en vogue dans le nord de l’Espagne (Castille-et-León, Navarre, Pays basque), dans la région de Valencia et en Catalogne sud. Castro : «Pour eux c’est une façon de s’amuser en hiver quand il n’y a pas de festivals taurins». Il n’exclut pas cependant que des novilleros, sans appuis pour être invités à des tientas par exemple, viennent la nuit tirer quelques passes afin de satisfaire leur désir de toréer et se faire la main.

Dans les années 70, «El Lobo», médiocre torero diurne, s’est fait autour de Salamanque une redoutable réputation de torero noctambule. La création en 1977 des écoles de tauromachie a un peu asséché cette tradition, dénoncée par les éleveurs. Qui sont maintenant en contact avec les écoles, fournissent du bétail pour les élèves, les accueillent dans les tientas. En France, ce braconnage a existé. Parfois avec du bétail de Camargue. Epines. Ce toreo clandestin, chargé de la vertu romanesque de l’interdit, est devenu une image d’Epinal. Dans le roman éponyme de Pérez Lugín et dans ses adaptations cinématographiques, Currito de la Cruz s’y adonnait. Dans Tú solo, film de Teo Escamilla (1983) sur l’école de tauromachie de Madrid, les jeunes Joselito, Bote, Sevillita et Carretero vont, imitant Belmonte, toréer à poil la nuit. Dans la Carmen de Bizet mise en scène par Calixto Bieito à Barcelone en octobre dernier, un danseur nu interprétait un torero furtivo. La réalité est plus âpre. Le novillero andalou Camarena «El Loco de Torreblanca», familier de l’exercice, le reconnaissait en 1984.

Hacer la luna dans les marais ? «Un calvaire. Il y a le froid et la boue en hiver, les moustiques en été, les gardes armés en toute saison qui te tirent dessus, les buissons pleins d’épines où tu te planques et ces saloperies de vaches qui te piétinent sous la lune.» Autre problème : le galop du toro ou de la vache ralenti sur l’herbe rend l’acte de toréer plus compliqué, moins fluide. Mêmes réserves chez ce torero pratiquant occasionnel du furtivo et qui veut garder l’anonymat : «Quand tu arrives, le troupeau se casse. Isoler une vache ou un veau c’est pas facile, ça fait du bruit, les chiens aboient. D’ailleurs tu toréée très peu. Tu voles trois passes, c’est ridicule. Penser qu’on peut toréer toute la nuit, comme Belmonte le raconte, ça me paraît suspect.Maintenant, il arrive que des ganaderos invitent à toréer de nuit, pour le fun.Mais surle toreo furtivo, on fait beaucoup de roman.»

Noir parfois, le roman. La nuit du 1er décembre 1990, les novilleros El Loren, 25 ans, Andrés Panduro Jiménez, 22 ans, et Juan Carlos Rumbo, 20 ans, arrosent l’anniversaire d’Andrés dans les bars d’Albacete. A la sortie d’une boîte, ils décident d’aller toréer à Charco Lentisco, la ganaderia de Manuel Costa à Cieza. Costa qui a fait fortune dans le papier d’imprimerie s’est offert un élevage. Il a aussi été apoderado d’El Loren et lui avait offert un habit de lumières. Des histoires d’argent les ont brouillés. A Charco Lentisco on constate régulièrement la visite des braconniers toreros. Les vachers s’en plaignent: les furtivos laissent les portes ouvertes, le bétail s’enfuit. Supplications. Cette nuit-là, pleine lune. Manuel Costa et deux de ses vaqueros s’attendent à de la visite. Vers 3 heures du matin ils se rendent à la ganaderia, surprennent les trois novilleros, les poursuivent, les coincent dans un champ d’amandiers, les tuent à coups de fusil malgré leurs supplications. Quatorze coups de feu dans les bras, la bouche la tête et tirés de haut en bas. Les victimes étaient couchées ou à genoux. Le ganadero et un vacher seront condamnés à 162 ans de prison. Un autre tireur n’a jamais été identifié. Des toreros viendront porter les cercueils des novilleros assassinés. Sur chacun d’eux, on avait sculpté une muleta et une épée.

JACQUES DURAND
Publié sur Libération. Titre original : Passes volées au clair de lune

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