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RÊVER : LE GOÛT D’ISTANBUL

9 fév


Un petit goût d’Istanbul, qui fut capitale européenne de la Culture en 2010 : déjà… Et en attendant d’y aller.

MADRID : l’esprit de fête…

8 jan

Allez, un petit tour à Madrid ! Rien de tel pour faire la fête à Chueca ou Malasaña !

TAUROMACHIE : La banderille catalane atteindra t-elle le Sud ?

17 nov

Plusieurs dizaines de milliers d’aficionados dans les arènes, un million de personnes dans les rues. Que resterait-il de Nîmes sans ses spectacles tauromachiques ? photo archives FRTauromachie. L’interdiction des corridas, votée par le Parlement catalan, reste incomprise dans notre région. Un cartel de personnalités du mundillo taurin a subitement réagi.

La Catalogne piquée à vif. Mercredi (27 juillet), son Parlement régional a voté à 68 voix pour, 55 suffrages contre et 9 abstentions l’interdiction des corridas. Une seconde banderille dans la péninsule après une mesure similaire dans l’archipel des Canaries en 1991.
De l’autre côté des Pyrénées, sur le pourtour méditerranéen, à Béziers, à Nîmes ou en Arles, trois des plazas les plus populaires de l’hexagone, l’actualité suscite bien des réactions.

Dans le Gard où l’on dénombre 33 clubs taurins, dont 18 rien qu’à Nîmes, on relativise. Car l’hypothétique retrait de cette culture revient depuis des lustres sur le devant de la scène : « Avant la guerre 14-18, il s’écrivait déjà les mêmes lignes dans la presse. Il faut respecter la liberté d’opinion. Si l’aficion veut aller aux arènes c’est son droit. Il s’agit d’un spectacle très dur et très tolérant qui engendre des réactions passionnelles. De là à l’interdire… Le seul aspect qui pourrait apporter de l’eau au moulin des antis, c’est de tomber dans la médiocrité des spectacles, comme ce fut le cas ces dernières années » pense Alberto Garcia, président du club taurin A las cinco de la tarde et cofondateur de la coordination des clubs taurins. Ville de culture et de tradition, la préfecture gardoise ne peut imaginer ce scénario.

Daniel-Jean Valade, adjoint au maire UMP délégué à la tauromachie n’y va pas avec le dos de la cuillère. « L’interdiction de la corrida en Catalogne est un déni d’intelligence, une insupportable censure intellectuelle puisqu’elle vise le domaine culturel. Une telle chose est impossible en France. On ne parviendra jamais, ni d’en haut, ni d’en bas à museler nos racines. Il faut résister à la bêtise et aux choses ineptes. Avignon a le théâtre, Aix l’opéra, à Nîmes les deux festivals sont les ferias. La tauromachie est si vaste culturellement. Tous les arts y sont représentés ».

Economiquement, ce serait un fardeau pour Nîmes ou Béziers où plus d’un million de festaïres cohabitent, mangent, dorment, boivent, achètent des souvenirs, visitent les expos,…
En Arles également. Hervé Schiavetti, maire communiste, président de l’Union des villes taurines de France, avait lui aussi rappelé, au printemps lors d’un déplacement au Parlement de Catalogne, toute « l’importance économique induite par ces traditions qui s’intègrent aux fêtes populaires dans le Sud de la France ». Son empresa, Luc Jalabert, rappelant même chez notre confrère du Monde que « la tauromachie est un phénomène identitaire très fort, rappelant aussi que la pratique a compté de nombreux adeptes comme Ernest Hémingway ou Pablo Picasso ».

Pour autant, l’Alliance anticorrida, présidée par Claire Starozinski, veut se saisir de cette nouvelle faille pour inscrire à l’ordre du jour du parlement la proposition de loi « Marland-Gaillard », déjà cosignée par 58 députés de toutes sensibilités politiques. « La tendance s’inverse de manière perceptible depuis 3 ans en France et cette interdiction en Catalogne n’est donc une surprise pour personne. Il faut prolonger notre action à commencer par un grand rendez-vous le 11 septembre prochain à Nîmes où un millier de personnes est attendu. Quand les premières cartes du château tombent, le reste suit. J’ai bon espoir qu’on en finisse également en France avec les corridas dans les dix prochaines années ».
C’est certainement aller vite en besogne…

Fabrice Rougier – publié par LA MARSEILLAISE – 30 juillet 2010

Robert Margé : « Au contraire, ça va renforcer la corrida »
Robert Margé est directeur des arènes de Béziers et éleveur de toros bravos aux confins de l’Aude et de l’Hérault. Entretien.

Quelles conséquences va avoir selon vous en France le vote catalan qui interdit les corridas ?
Aucune. C’est un vote orchestré par les autonomistes catalans qui veulent se démarquer du reste de l’Espagne et faire parler d’eux. La corrida n’est pas leur souci. S’ils s’intéressaient vraiment à la cause animale, ils dénonceraient les toros à la corde, les toros de fuego… Ce n’est qu’une manigance de basse politique contre cette fête nationale qu’est la corrida en Espagne.
Vous ne pensez pas que ça peut influencer par exemple le parlement européen ?
Certes les anti-corridas et notamment les Français jubilent, mais les quatre régions concernées en France par les corridas et l’élevage de toros se portent bien et sont protégées au niveau national comme au niveau européen par l’exception culturelle. Les deux députés, un UMP et un PS qui se bougent contre les corridas font du clientélisme. Ils sont même prêts à faire passer des lois qui mettent l’animal à égalité avec l’humain. C’est dire. Et puis au niveau européen, il y a quelques années, il y a eu un vote à Bruxelles où 70% ont été d’accord pour maintenir la corrida.
Vous n’avez donc aucune inquiétude pour la Feria de Béziers qui s’annonce ?
Ni pour la Feria de Béziers, ni pour les vingt ans à venir. Les Ferias sont devenues des forces économiques. Sans celle de Béziers entre vingt et trente petites entreprises déposeraient leur bilan. La corrida est créatrice de richesses et d’emplois. Ici nous avons un cœur, une intelligence, une culture. Je suis très confiant pour l’avenir à condition que nous restions vigilants. Mais pour le moment, je pense même qu’en croyant faire du mal à la tauromachie, les Catalans vont finalement lui faire du bien car l’Espagne entière s’indigne de ce qui vient de se passer. Et ça renforcera la corrida en Espagne, en France et au Portugal.

PROPOS RECUEILLIS PAR ANNIE MENRAS

ITALIE : Dernières passes pour Silvio Berlusconi

8 nov

La dernière révérence de Silvio ? Silvio Berlusconi est de nouveau au coeur d’un scandale sexuel. Trop c’est trop. L’événement doit signer définitivement la fin de l’ère berlusconienne, estime l’éditorialiste de La Repubblica.

02.11.2010 |  Eugenio Scalfari | La Repubblica

Les dernières chroniques de l’Italie berlusconienne, frasques d’un genre baptisé désormais « bunga bunga » (ou « crac crac » en référence à une blague fétiche de Berlusconi sur les pratiques sexuelles présumées des cannibales), m’ont laissé tout à la fois indifférent et stupéfait [le président du Conseil italien est au centre d’un nouveau scandale à la suite de révélations de la presse sur la présence d’une mineure marocaine, Ruby, à des soirées privées organisées dans sa villa de Lombardie. Berlusconi aurait également fait pression sur la police pour obtenir la libération de la jeune fille de 17 ans accusée de vol].

L’indifférence vient du fait que je connais Silvio Berlusconi depuis trente ans et qu’il y a bien longtemps que j’en suis arrivé à la conclusion que notre président du Conseil représente, par bien des aspects, l’Italien typique avec ses vices latents et ses qualités. Nous somme travailleurs, patients, accommodants, accueillants. Mais aussi fourbes, pleurnichards, vantards, rebelles, allergiques aux règlements, hypocrites. Égoïsme et générosité s’affrontent tout comme la versatilité et la cohérence, le mépris des institutions et les sentiments patriotiques. Berlusconi a réussi l’exploit de refléter les pires instincts du pays. Les vices latents sont remontés à la surface et ont pollué toute la société italienne, en enfouissant au plus profond le meilleur de nous-mêmes.

Cela fait trente ans qu’on observe un véritable processus d’abrutissement des masses qui s’inspire des techniques modernes de communication pour altérer la mentalité des gens et le fonctionnement des institutions. Ce scandale  » bunga bunga » n’est que l’énième confirmation de cette pédagogie inversée. Depuis dix ans, l’institution « gouvernement » a eu pour unique objectif de défendre la personne de Berlusconi contre les mesures de justice liées aux nombreux délits que lui ou ses entreprises ont commis avant et après ses débuts en politique. Parallèlement, l’institution « Parlement » a été asservie au pouvoir exécutif, tandis que le pouvoir judiciaire était quotidiennement bombardé d’insultes, de pressions et de menaces, lesquelles se sont également abattues sur la Cour constitutionnelle, le Conseil supérieur de la magistrature et le Chef de l’État. Le « chef » et ses vassaux ont tenté et tentent de construire une constitution basée sur le présupposé que le chef tient son autorité du suffrage populaire et par conséquent régit tous les pouvoirs de contrôle et de garantie.

Cette situation a été maintenue par une Italie que l’abrutissement massif avait privé de tout discernement critique et qui voyait dans le « chef » l’exemple à imiter et à soutenir. Le court-circuit que cela a provoqué dans le pays a permis à Berlusconi d’exhiber ses vices, sa richesse, la violation systématique des règles institutionnelles et même les règles du bon goût et de la bonne éducation. Il ne se passe pas un jour sans qu’il se vante de son comportement, de sa richesse, du nombre de ses villas, de son amour pour les femmes jeunes et belles, des festins qu’il organise pour « se détendre », des insultes et des menaces qu’il lance à tous ceux qui ne souscrivent pas à sa politique. Et il ne se passe pas un jour sans que cette Italie dont il parle et qu’il régente l’acclame et lui renouvelle sa confiance.

Mais il paraît désormais évident pour tous les Italiens normaux dotés d’un minimum de jugeote, dont le nombre est heureusement en train d’augmenter, que cette situation ne peut continuer. Dans n’importe quel autre pays démocratique occidental, une décision étatique y aurait mis fin depuis longtemps. Mais ici, il en va autrement. Au point où nous en sommes, il revient à tous ceux qui estiment nécessaire et urgent de mettre un terme à ce « bunga bunga » politique, constitutionnel et institutionnel, de secouer le cocotier. De présenter une motion de défiance qui ait la fonction qu’en Allemagne on qualifierait de « défiance constructive ». Le principe de cette motion pourrait se résumer ainsi : 1/ signaler au Président de la République l’existence d’une majorité alternative qui lui permet de nommer un nouveau gouvernement, comme le prévoit la Constitution. 2/ Faire la liste de quelques points de programme, à commencer par la restauration de la constitution, indispensable après le massacre qui a eu lieu ces dernières années.

Il ne s’agit pas d’instrumentaliser le scandale de cette mineure marocaine à des fins politiques. Il s’agit au contraire de mettre un terme à une gestion gouvernementale ruineuse basée sur « l’absence d’action » et la « mauvaise action », et enfin de démanteler la « clique » (Silvio Berlusconi et certains de ses collaborateurs, eux aussi touchés par des scandales sexuelles ou politico-judiciaires) qui ne fait que se renforcer depuis quinze ans en se moquant des naïfs avec le récit d’une fable improbable qui se finit bien. Au cours de son histoire, l’Italie a connu nombre de « cliques » similaires à sa tête, et à chaque fois, la fable s’est toujours mal voire très mal terminée. Cette expérience devrait nous aider à interrompre ce parcours au bout duquel se trouve immanquablement ruine sociale et perversion morale.

RÊVER D’ISTANBUL…

1 nov

toutes photos DR / L’ESPRIT D’AVIGNON 2010

ENVIE DE NEPAL…

29 oct

BRESIL : Des riches plus riches, des pauvres toujours pauvres

30 sept

Malgré les politiques sociales mises en place par le gouvernement, les inégalités se creusent, rappelle un célèbre éditorialiste brésilien.

30.09.2010 | Clovis Rossi* | Público republié par Courrier International

Le Brésil, depuis l’investiture de Lula en 2003, a connu une incontestable réussite. 19 millions de Brésiliens ont pu accéder à la classe moyenne depuis lors. 22 % des Brésiliens vivent en dessous du seuil de pauvreté (contre 35 % il y a huit ans). La croissance du pays reste soutenue (8,8 % pour 2010, selon Reuters), les aides aux plus démunis ont augmenté (le programme Bolsa Familia concerne 12 millions de foyers). On observe également une hausse du salaire minimum, passé en 2009 à 510 réaux (210 euros), soit une augmentation de 9,68 %. Le chômage touche moins de 7 % de la population active et l’inflation ne dépasse pas les 4,5 % par an. Le Brésil demeure toutefois en tête des pays émergents pour l’écart entre riches et pauvres.

S’il est un mythe qui a la vie dure à propos du Brésil de Lula, c’est bien celui de la diminution des inégalités. Le pays est depuis toujours celui des inégalités sociales les plus obscènes, mais la propagande officielle soutenue par certains universitaires spécialistes de la question veut nous faire croire à une fable selon laquelle les inégalités seraient en diminution, ne serait-ce qu’un tout petit peu.

Pur mythe ! Certes, les inégalités salariales ont diminué, mais pas celles entre le capital et le revenu du travail. L’abîme qui sépare le capital et le travail atteint précisément le comble de l’obscénité. “Les revenus de la catégorie des plus nantis proviennent moins du travail que d’autres sources liées à la propriété (terres, actions, titres financiers)”, rappelle Marcio Pochmann, le président de l’Institut de recherches économiques appliquées (IPEA).

Cela ne change pas. Pendant ce temps, le programme Bolsa Familia [sorte de RSA local], dont le gouvernement Lula a considérablement étendu la portée, constitue le pivot de l’immense popularité du président brésilien. La Bolsa Familia bénéficie aujourd’hui à 12,6 millions de familles, pour un coût annuel de 13,1 milliards de reais [5,8 milliards d’euros]. Mais, parallèlement, les intérêts versés aux détenteurs de titres de la dette publique se sont élevés en 2009 à la somme astronomique de 380 milliards de reais, soit l’équivalent de 36 % du budget brésilien. Si, comme l’affirme João Sicsú, un autre économiste de premier plan de l’IPEA, 80 % de l’amortissement de la dette ne profitent qu’à 20 000 familles, celles-ci ont dû percevoir de l’Etat en 2009 une somme dont le montant est 23 fois supérieur à celui versé aux 12,6 millions de familles démunies.

Le mythe de la réduction des inégalités est également battu en brèche par une étude des Nations unies sur l’emploi et le développement humain au Brésil. Elle montre que “les intérêts, les revenus locatifs et les bénéfices constituent la part des revenus brésiliens qui a connu la plus forte croissance au cours de la décennie écoulée. Ceux-ci ont dépassé les revenus provenant du travail. En 1990, les gains financiers représentaient 38,4 % du revenu national, l’une des composantes du produit intérieur brut (PIB). Ils ont atteint en 2003 un pic de 51,7 %. La rémunération des personnes actives affiche la tendance inverse. Elle est passée de 53,5 % à 42,9 %.” Les données de cette étude s’arrêtent à 2003, exactement l’année où Lula est arrivé à la présidence de la République. Mais les chiffres des années suivantes, dont se servent les économistes, indiquent clairement que la situation n’a pas – ou guère – changé. L’ONU conclut que “les bénéfices de la croissance du PIB et ceux des entreprises brésiliennes obtenus grâce aux avancées de la technologie n’ont sans doute pas été répercutés dans les mêmes proportions vers les travailleurs”.

Face à cette évidence statistique, on ne peut que s’interroger sur les raisons de la persistance de ce mythe tenace de la diminution des inégalités. L’explication en est simple : l’indice [ou coefficient] de Gini, l’indicateur le plus communément utilisé pour mesurer les inégalités, prend en compte les revenus d’une classe sociale en y incluant non seulement les salaires, mais aussi toutes les aides sociales dont elle bénéficie, comme la Bolsa Familia, et même les retraites. De plus, au Brésil, les chercheurs n’ont pas accès aux revenus du capital des classes les plus riches. “Dans quelques mois, le recensement de 2010 montrera que nos inégalités en matière de salaires et de revenus restent à un niveau très élevé. Mais, tout comme moi, la majorité de ceux qui auront répondu à ce rapide questionnaire auront omis (intentionnellement ou non) les revenus autres que ceux du travail”, explique le Pr Cláudio Dedecca de l’université de Campinhas.

Parions donc qu’il existe au Brésil un niveau d’inégalités bien supérieur à celui qu’indiquent les statistiques. Mais cela ne signifie pas que l’existence de nos compatriotes ne s’est pas améliorée, bien au contraire. On vit mieux parce que les salaires ont connu une forte hausse, parce que la population active est plus nombreuse et parce que le crédit – qui était une utopie en période d’inflation – est désormais accessible à la plupart des gens. Bien sûr, comme souvent, les classes les plus aisées ont vu croître leur niveau de vie. Et, comme il en est de même pour les plus démunis, ceux-ci ne semblent pas soucieux de faire les comptes pour voir si leur vie s’est améliorée dans une plus faible ou une plus grande proportion que celle des riches. Ce qui les intéresse est de posséder un nouveau réfrigérateur, une nouvelle voiture, et de manger plus – et mieux – à table. C’est la raison pour laquelle la candidate de Lula à la présidence, Dilma Rousseff, a de très grandes chances de l’emporter dès le premier tour, le 3 octobre 2010, bien qu’elle n’ait jamais participé à la moindre élection.

Note : * Editorialiste au quotidien Folha de Saõ Paulo.

REPÈRES Statistiques économiques
En cinq ans, 32 millions de Brésiliens ont bénéficié de l’ascenseur social ; 19 millions de Brésiliens ont pu accéder à la classe moyenne. Il y a huit ans, 35 % de la population
vivait au-dessous du seuil de pauvreté ; ce taux est aujourd’hui de 22 %. L’ancienne
classe moyenne inférieure, appelée «classe C», représente désormais la moitié de la
population du pays. Ainsi, près de 90 millions de Brésiliens bénéficient-ils aujourd’hui d’un revenu familial mensuel compris entre 482 et 2 077 euros. Ils constituent une force si puissante que certains spécialistes considèrent déjà la classe C comme la classe dominante au sens économique

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