Festival d’Avignon : Mitterrand parle des directeurs au passé !

22 Sep

La Provence.com / mercredi 22 septembre 2010 à 11H51
« Huit ans, c’est considérable » : le ministre semble avoir lâché le tandem Baudriller-Archambault.

« Les mots sont des armes qui ne font pas de tâches ». Cette phrase de Jean-Luc Godard sied à ravir pour évoquer la troublante intervention du ministre de la Culture hier matin sur les ondes de France Inter. Face à la journaliste Pascale Clark, Frédéric Mitterrand s’est montré plus qu’ambigu concernant le maintien ou le départ du binôme Vincent Baudriller-Hortense Archambault à la tête du Festival In d’Avignon (nommés en 2003, leur deuxième mandat touche à sa fin).

Aucune prise de parole n’étant anodine dans la jungle politique, M.Mitterrand a entamé l’interview en déclarant : « Ils n’ont pas du tout démérité. » Et ce après avoir parlé de « Hortense et son ami », le prénom et le nom de Vincent Baudriller ne lui revenant soudainementt pas à l’esprit. Pendant près de deux minutes, l’ancien directeur de la Villa Médicis a sans cesse évoqué au passé les deux directeurs du « In ». De surcroît, il a expliqué : « Ils ont fait un pari et suivant les années, il est plus ou moins couronné de succès ».

Mais si on s’en tient au factuel, les éditions 2009 (125 000 billets écoulés) et 2010 (116 000 billets) de la manifestation ont plutôt été un plébiscite public ainsi qu’un succès critique, loin de la polémique Jan Fabre. Sur un ton circonstancié, Frédéric Mitterrand a poursuivi avec une phrase qui apparaît comme un lâchage en règle : « Huit ans au Festival d’Avignon, c’est un laps de temps qui est déjà assez considérable ». Une sentence qui résonne avec la déclaration faite en août à « La Provence » par Marie-Josée Roig, présidente du conseil d’administration du Festival : « On peut considérer qu’en deux mandats, ils ont eu le temps d’exprimer leurs visions. »

Pour l’auditeur de France Inter, le passage « ‘8 ans…(sic) laps de temps considérable », passerait aisément comme une annonce officieuse d’un départ du duo Baudriller-Archambault. Et M.Mitterrand d’insister sur la nécessité de « prendre le temps de rencontrer chacune des personnes intéressées par le projet. »

Une source proche du dossier raconte le « combat » en interne : « Le cabinet du ministre est plutôt pour leur maintien tandis que l’influent Georges-François Hirsch, directeur de la musique, du théâtre, de la danse et des spectacles, est contre. » En guise d’épilogue radiophonique, Frédéric Mitterrand a enfoncé le clou : « Si on optait pour une solution dans les deux mois qui viennent, je souhaiterais qu’ils se retrouvent à la tête d’une institution importante ». La Criée (Marseille) ? Une éventualité qui ne serait plus d’actualité.

« La Provence » a tenté en vain de joindre Vincent Baudriller et Hortense Archambault. A la communication du Festival, on notait hier que « cette ‘intervention ne suscite aucun commentaire. A la fin, Frédéric Mitterrand a précisé qu’il était en train de réfléchir ». De fait, ce feuilleton devrait connaître son dénouement avant Noël.

Les postulants et pressentis :

Olivier Py, directeur du Théâtre de l’Odéon
Laure Adler, journaliste écrivain
Jean-Michel Ribes, directeur du théâtre du Rond-point
Olivier Poivre d’Arvor, écrivain, diplomate

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Une Réponse to “Festival d’Avignon : Mitterrand parle des directeurs au passé !”

  1. Michel Benoit 22 septembre 2010 à 6:51 #

    Vers un septennat ?
    Vers un quinquennat ?
    Vers un triumvirat ?

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