ESSENCE : UNE PENURIE D’ÊTRE ?

19 Oct

(peinture sans-titre de Jean-Michel Basquiat)

LE MOT DE TAÏEB

Pénurie d’essence ? Et voilà que tout un peuple s’interroge sur sa place dans le grand mouvement de la vie. Amusante figure symbolique qui dit bien le désarroi de notre civilisation sous injecteurs, désespérément assoiffée d’existence…

Car enfin, qu’une société tout entière se sente ainsi menacée dans ses fondements, la liberté de circuler étant vécue comme une donnée primordiale de notre condition humaine, est bien, si l’on s’y penche un peu, plutôt révélateur de ce que nous nous octroyons pour validation de notre nature même.

Délicieuse rhétorique ou poétique sémantisante ? Le débat est ouvert, mais le constat est têtu : il suffit que l’on nous menace, Ô rédhibitoire sacrilège, de nous ôter le sang vif de nos moteurs, pour que tout un peuple en sacrifice se résigne en à assumer l’effroyable réalité. Notre existence d’homme libre ne tiendrait donc qu’à ce flux ténu mais puissamment vital qui alimente nos machines ? Une société dont l’identité est suspendue à cette perfusion fossile est-elle, fondamentalement, philosophiquement -essentiellement- viable ?

Voilà un beau sujet de réflexion à l’heure où nos machines momentanément (?) paralysées ne nous permettent plus guère de filer insouciants sous l’emballement du temps mesuré. Une suspension salutaire qui nous va bien.

Taëb El Baradeï

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