Décroissance : Rétrécir sa maison

22 Oct


20.10.2010 | Michael Janzen | Yes! republié par Courrier international

Un chroniqueur américain raconte le défi qu’il a voulu relever : vivre dans une habitation la plus petite possible.

En 2008, alors que ma grande maison valait de moins en moins sur le marché, j’ai commencé à m’interroger sur la véritable valeur d’un logement et le risque bien réel qu’implique un bien à crédit. J’avais fait un énorme engagement financier, mais pas pour acheter les choses qui importent vraiment, comme la sécurité ou plus de temps en compagnie des êtres qui me sont chers.

C’est alors que j’ai découvert le « mouvement de la micromaison », qui propose une autre manière de penser le logement. Une toute petite maison nous ôte des épaules nombre des fardeaux que nous avons acceptés quand nous avons adhéré à la notion d’un mode de vie “normal” à l’américaine. Un espace réduit à l’extrême nous permet de nous rendre compte à quel point nous avons besoin de peu. Je n’aurais jamais pensé que des surfaces aussi petites étaient possibles, jusqu’à ce que j’apprenne l’existence des petites maisons Tumbleweed Tiny Houses de Jay Shafer. Jay vit depuis des années dans des endroits d’une superficie infime, inférieure à 10 mètres carrés.

J’ai décidé d’aller encore plus loin dans le minimalisme, en construisant une maison lilliputienne qui ne me coûterait rien d’autre que du temps et de l’énergie. J’utilise principalement des matériaux recyclés que j’ai obtenus sans frais. Toute dépense pour les travaux sera compensée par la vente de produits gratuits que j’aurai trouvés. La maison est bâtie sur une surface de 2,13 mètres de long sur 3,66 mètres de large, ce qui donne une surface habitable totale d’environ 4,50 mètres carrés. Trois personnes pourront y dormir, deux sous les combles et une sur un canapé-lit. Une petite cuisine et une salle de bains équipée de toilettes sèches sont prévues.

Le bois de la charpente vient essentiellement des palettes de transport que j’ai dénichées dans des bennes à ordures. Ce n’est pas très facile de s’en servir pour la construction, mais c’est une démarche juste et poétique, semble-t-il, pour une maison qui remet en cause la société de consommation, que d’employer les objets mêmes qui ont acheminé tant de biens de consommation sur le marché. J’ai réutilisé du contreplaqué usagé pour le revêtement et une pile de feutre de récupération pour le toit. Le chantier de ma micromaison n’avance pas bien vite, mais je n’en suis pas moins convaincu que cela en vaut la peine.

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Une Réponse to “Décroissance : Rétrécir sa maison”

  1. Michel Benoit 22 octobre 2010 à 1:35 #

    Encore faut-il être propriétaire du terrain …

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