Le Baiser de la babouche…

9 Nov

Ce joli mot, dans la bouche de Villepin ce matin, à propos de la politique étrangère de la France, volontiers oublieuse de ses devoirs à l’égard des Droits de l’homme au profit de juteux contrats avec sa nouvelle amie la Chine, ce joli mot très littéraire donc, m’évoquait je ne sais quoi du baiser du serpent, quelque chose d’un peu perfide et d’incestueux tout à la fois, bref un truc visqueux et roué qui colle hélas trop bien à la réalité politique que vit notre pays, une manière déglinguée de gouverner, complètement déconnectée de la réalité, au seul profit d’un Prince autocentré et paranoïaque qui s’amuse comme un petit fou dans les ors de son palais.

Ce que relève à juste titre notre ex-premier ministre -même s’il n’est pas le mieux placé comme donneur de leçons-de ce jeu de cour affolé, sans queue ni tête, à la manière d’un vaisseau fantôme perdu dans les brumes, n’est malheureusement pas l’apanage de notre seul pays livré à une clique de courtisans carriéristes et à leur Prince noir. Une bonne partie de l’Europe en effet semble prise de ce virus destructeur, à commencer par notre pauvre voisin italien qui doit subir le guignol permanent d’un Faust reboosté au viagra et nourri de la pieuvre péninsulaire. Triste spectacle que ce carnaval permanent de petits autocrates survitaminés, dont le ballet obscène chaque jour un peu plus donne le vertige.

Médiocrité, arrogance, paranoïa, vulgarité, inculture crasse… il semble que la classe politique européenne se soit laissée infecter par les pires exemples de la gouvernance mondiale, le très regretté Georges W. Bush en étant l’étalon ultime. Berlusconi, Poutine, Sarkosy… tous ces chefs d’Etat et de gouvernement semblent pris par la même danse de St-Guy, une diablerie hystérique qui, si elle ne touchait pas aussi profondément le sens même de notre civilisation, serait cocasse. Hélas, nous subissons tous les jours les contre-coups de cette aberrante manière de gouverner qui consiste à dresser les uns contre les autres, à excluse toujours davantage, à piller sans vergogne le fonds patrimonial de notre civilisation issue des Lumières, à en dévoyer les idées et la noblesse de pensée, au seul objectif de toujours plus de pouvoir, de profit, de prévarication.

Antonio Sanz

(photo : le château de Louis II de Bavière)

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