SOIREE PRESIDENTIELLE : Constat d’échec

17 Nov

Hier soir donc, grand-messe télévisuelle… Qu’a t-on vu exactement ? Un président faussement contrit et oh surprise ! quasiment humble et calme ; trois journalistes sagement dans leur rôle, prêts à servir la soupe sarkosyste avec toutefois ce léger vernis « rebelle » qui les pousse à « oser » quelques questions supposées dérangeantes. Bref, le jeu médiatique habituel, s’agissant d’un exercice de style bien rôdé, cette interview présidentielle évidemment très préparée avec les conseillers en com de l’Elysée.

Rien de neuf sous les sunlights, me direz-vous, à quelques détails près : un président qui apparaît affaibli, intranquille, peu sûr de lui, maniant la périphrase et la formule avec force imprécisions et lapsus, sans omettre les fautes de syntaxe dont il est coutumier ; un président désormais sous tutelle de son appareil UMP et d’un premier ministre qui prend le pas, véritable vedette off de ce show… Bref un roi-soleil dont l’éclat a diablement terni et la superbe quelque peu défailli. Quant au discours, remarquablement creux et convenu, nous n’y apprenions rien que nous ne savions déjà, à l’exception notable d’un coup de bluff sur la fiscalité, qu’il aura bien du mal à mettre en place et à justifier. Si, il y avait ces multiples approximations -quand ce ne sont pas purement et simplement des mensonges éhontés- qui font la marque Sarkosy, au sujet de l’Allemagne, des Roms, et de tout un fatras de sujets qu’il décline à l’envi à un auditoire captif et supposé subjugué par la « faconde » et « l’intelligence politique » du prince.

Au-delà de ce triste aveu d’impuissance -allant jusqu’à la « touchante » séquence émotion de fausses confidences sur l’âpreté du métier présidentiel et la dureté de sa charge- l’autre « leçon » de cet exercice téléphoné réside bel et bien dans l’éclairage cru portant sur la vacuité journalistique de ces dignes représentants du paysage médiatique. Un trio d’interviewers visiblement dépassés par leur tâche, incapables de poser les bonnes questions ou d’apporter une quelconque contradiction pertinente à leur interviewé. Ainsi Lorsque celui-ci, par exemple, avance des chiffres complètement fantaisistes sur la fiscalité, ment effrontément sur le bouclier fiscal allemand (dont il se réclamait en juillet dernier alors que l’Allemagne ne le pratique pas), ou encore sur la stygmatisation des Roms par lui-même inititiée et dont maintenant il se défausse sur lesdits journalistes, allant jusqu’à en imputer la faute à un Pujadas muet devant tant de mauvaise foi… Sans oublier l’autre franc mensonge au sujet de « l’absence de condamnation européenne » concernant les mêmes mesures anti-Roms de l’été passé.

Double constat d’échec donc que cet affligeant spectacle télévisuel : celui d’un président et d’une politique largement désavouée par les Français, mais qui s’obstine dans ses erreurs malgré tous ; et celui de journalistes pratiquant le « baiser de la babouche » avec célérité, ayant depuis longtemps remisé la rigueur du travail journalistique avec leurs idéaux sous le même tapis sous lequel le président cache sa poussière.

Antonio Sanz

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