CUISINE MUNICIPALE : Christian Etienne, les doigts dans la marmite

26 Nov

Vous avez dit conflit d’intérêt ?

La république des copains, toujours et encore : A Avignon, sous la mandature Roig, les exemples de mélange des genres en matière d’intérêt général et d’intérêt personnel ne manquent malheureusement pas. Il fut un temps où l’adjoint aux finances de la ville ne se gênait guère pour satisfaire un appétit illimité pour la brasserie, accumulant les achats de commerces bien situés, en particulier ceux placés juste sous les fenêtres de l’hôtel de ville. Plus pratique et confortable. Surtout lorsque ledit adjoint, chargé des affaires municipales et à ce titre censé être sourcilleux quant aux règles régissant la comptabilité publique, ne se privait guère pour assouplir à son profit celles concernant la gestion commerciale : achat de fonds avec dessous-de-tables, oublis de déclaration de ses employés à l’Urssaf, absence de contrats de travail etc. etc.

Actuellement, ce brillant élément de la mandature Roig s’est retiré discrètement des affaires publiques, préférant sans doute à son bureau de l’hôtel de ville, la tranquillité d’un établissement bien à lui comme le Forum, où, attablé avec un bon petit noir et quelques croissants il peut suivre ses investissements boursiers en toute quiétude, bien loin de l’agitation municipale.

En revanche, nous en connaissons d’autres que l’hyperactivité et le mélange des genres ne gênent guère. Ainsi de cet adjoint au tourisme et au développement, par ailleurs vice-président de RMG et chef heureux d’un restaurant bien connu, dont le chiffre d’affaire et les multiples activités connexes connaissent en effet un développement sans faille. Le « roi de la truffe » et des menus « autour de la tomate » qui fleurent bon la Provence et appâtent le touriste des pays froids, mène un train d’enfer. Un hyperactif tour à tour grand maître de cérémonie du « forum d’Avignon », DRH occasionnel pour RMG, professeur de cuisine, auteur d’incomparables opuscules culinaires à l’accent régional -qu’il tente d’ailleurs de fourguer lors de ses cours « prestigieux » à chacun de ses élèves- et tant d’autres activités personnelles qui contribuent si bien à sa « renommée », que l’on se demande d’ailleurs s’il ne prépare pas tout simplement et pour son propre compte la succession de son amie Marie-Jo…

Mais foin de la tambouille électorale, même si notre gâte-sauce a l’habitude des brigades à ses ordres et possède l’art consommé de la retape gastronomique. Quelles que soient ses ambitions, d’ores et déjà notre marmiton étoilé peut se targuer d’être incontournable, veillant depuis son poste municipal au bon développement du rayonnement touristique avignonnais, particulièrement lorsque celui-ci touche à sa « spécialité », sa propre « marque » et ses activités afférentes. Un conflit d’intérêt manifeste qui ne semble gêner personne, encore moins la première magistrate et ses amis affairistes de l’UMP.

Il est vrai qu’en cette république des amis, d’autres plus haut-placés ont ouvert brillamment les pistes, défrichant sans vergogne les territoires les plus lucratifs de la république au bénéfice d’un cercle restreint d’amis ou du réseau « familial ». Une conception toute particulière du partage des pouvoirs et de la démocratie participative. Notre MC Christian Etienne aurait alors bien tort de se priver d’une telle abondance de bienfaits, offerte sur un plateau par un clan municipal pour lequel rien n’est jamais trop beau quand il s’agit d’honorer dignement ses soutiens.

Antonio Sanz

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Une Réponse to “CUISINE MUNICIPALE : Christian Etienne, les doigts dans la marmite”

  1. Michel Benoit 26 novembre 2010 à 1:18 #

    Mais nous savons bien que de toute manière, il en était, en est et en sera toujours de même, quels que soient les partis…
    Et comment ne pas comprendre qu’un individu (même élu) pense d’abord à sa famille ?
    Il n’y eut pour l’instant qu’une seule solution à ces dérives, que l’on trouve dans certaines société primitives, notamment indiennes : l’individu honoré d’un pouvoir social est privé de toute propriété.
    Mais dans la forêt législative qui est la nôtre, errent bien des hommes de paille…

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