COUP-BAS : Sous le pont, les péniches… d’Avignon

9 Déc

COMMENT CHRISTIAN ETIENNE ASSOIFFE SES « PENICHARDS »…

Coup-bas, effectivement, car comment nommer autrement ce véritable déni d’un des droits les plus élémentaires du citoyen, celui à l’eau, s’agissant de la lutte sans-merci (et sans scrupules) que la ville d’Avignon -par le truchement de son bras armé Christian ETIENNE, délégué au tourisme- a engagé depuis quelques mois à l’encontre de ses « pénichards ». Un véritable scandale que notre correspondant Fanch Lelouarn est allé documenter auprès des intéressés, victimes de la politique autoritaire de Madame Roig. Une enquête en forme de feuilleton dont nous vous donnons la première « saison ».

Vous l’ignorez peut-être mais au mois de mai dernier, Quai de la Ligne, a eu lieu une singulière manifestation. Rien à voir avec le mouvement contre la réforme des retraites car cette manifestation n’était portée que par une toute petite communauté dont la quasi totalité des membres avait depuis longtemps atteint l’âge de profiter paisiblement de la vie. Cette petite communauté, c’est celle des habitants des bords du Rhône, les « pénichards », et s’ils manifestaient leur mécontentement, dans le calme et la bonne humeur comme vous pouvez l’imaginer, c’est qu’à la demande de la Mairie d’Avignon, l’accès à l’eau leur avait été coupé. Incroyable ! Qu’a bien pu motiver cette décision radicale de couper ce bien d’hygiène vital à une partie de la population, si petite fût-elle ?

La question a été dûment posée en haut lieu. Quant à la réponse, c’est un réel problème. La Mairie est tellement ennuyée pour justifier cette aberration qu’elle ne sait plus quoi avancer. Comment en effet, après la canicule de 2003, expliquer à ces concitoyens du troisième âge que deux mois avant l’été on va revenir sur trente années de coutume fluviale et les priver d’eau ? De l’hygiène à l’équité en passant par l’illégalité (les choix sont embarrassants), tout à été avancé…

Fin mai, la Ville a décidé de couper l’eau des huit péniches pour « stationnement illégal et raccordement illégal au réseau d’eau de la ville ». La plupart de ces péniches étant amarrées là depuis plus de 20 ans, l’argument semblait fallacieux, d’autant que leur longévité sur ces rives leur a conféré un aspect pittoresque quasi culturel non négligeable (l’une d’elles est même une pièce rare puisqu’elle est plus que centenaire). Par la suite, et après quelques échanges de courriers, on a justifié la coupure par un souci d’équité vis-à-vis du reste de la population : « Depuis plus d’un an, ils utilisent l’eau de la ville sans autorisation et sans rien payer » ; justification qui avait d’ailleurs sans surprise connu un certain écho chez quelques électeurs. Les habitants des péniches du Quai de la Ligne ayant obtenu le soutien de l’Agence régionale de Santé ainsi que l’appui de Marcelle Landau, la présidente du Collectif de l’Eau d’Avignon, la Mairie a finalement reculé. En effet, ceux-ci sont tout à fait prêts à payer l’eau si des compteurs sont installés…

Fanch Lelouarn

A SUIVRE : La suite de notre enquête HARO SUR LES PENICHARDS

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