AVIGNON : HARO SUR LES « PENICHARDS » (la suite)

10 Déc

La suite de notre enquête d’hier : « Sous le pont, les péniches… », où nous en étions restés aux fameux compteurs d’eau que la Ville d’Avignon devait installer pour ses « pénichards »…

(…) Sauf qu’ils ne sont toujours pas installés, et la question demeure urgente à l’entrée de l’hiver car depuis tout ce temps, ils doivent survivre en se débrouillant avec l’aide d’associations sociales et de systèmes D. Certains doivent puiser directement à l’eau du Rhône pour leur vaisselle et leur toilette ! Quand on sait que personne de sain d’esprit ne mangerait un poisson du Rhône tant il est pollué par les centrales en amont, ça fait peur…

Si peur que certaines péniches sont parties ; celles qui le pouvaient du moins car toutes ne le peuvent pas, et pas nécessairement faute d’entretien mais parce que l’absence de dragage du Rhône depuis quinze ans leur impose l’immobilité. D’ailleurs, où iraient-elles puisque les péniches sont interdites en amont, en aval et sur la rive opposée ? La situation s’enlise… tout comme les péniches… et c’est peut-être bien la clé du problème car finalement, c’est Christian Etienne, le chef étoilé et néanmoins adjoint au maire chargé du Tourisme qui lève un peu le voile sur le mystère de cette incompréhensible décision en déclarant : « On ne peut pas installer des compteurs à ces péniches qui n’ont pas à stationner sur ce quai dévolu au tourisme».

Dès lors, on ne peut s’empêcher de rapprocher cette déclaration de l’entretien qu’il avait eu dans le journal «La Provence» du 16 avril 2010, où il dévoilait le plan municipal de port de plaisance et d’aménagement de 200 anneaux pour répondre «à environ 22000 demandes d’amarrage en souffrance en Méditerranée». Quand on pense à cette dizaine de péniches dans la balance, ça donne envie de rire. Ou pas. Car le problème, voyez-vous, c’est que cette situation implique aussi la VNF (Voies navigables de France), qui est en procès avec les propriétaires de ces péniches pour qu’elles quittent les lieux. Et c’est là que le serpent se mord la queue car comme il le dit : « Si faute de pouvoir payer des amendes de plus en plus lourdes, les propriétaires abandonnent les péniches, elles deviennent propriété de VNF, qui devra s’en occuper. Or, pour sortir de l’eau une péniche en mauvais état, ça coûte 100000€! »

Lors du dernier Conseil Municipal, en date du 21 octobre 2010, Max RIEU a de nouveau posé la question du rétablissement de l’eau à Christian ETIENNE qui a déclaré publiquement que le problème allait se résoudre… En attendant que ce problème se résolve de lui-même, les habitants du Quai de la ligne tentent quelques actions de sensibilisations en faisant signer des pétitions sur le marché de Noël ou, comme le 27 novembre dernier, en manifestant de nouveau devant le Quai de la ligne.

En attendant, on peut légitimement s’insurger contre ce traitement indigne infligé à des personnes âgées. A l’heure où l’on détruit les pauvres cabanes cachées dans les bois de misérables dont c’est le seul abri au prétexte de l’hygiène, on peut s’inquiéter de leur sort. L’hiver s’annonce rigoureux, souhaitons qu’ils n’auront pas en plus à percer la glace pour avoir de l’eau !

Fanch Lelouarn

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :