FESTIVAL DE NÎMES : Le subtil flamenco de Belen Maya éclaire le final

23 Jan

Vendredi soir, le théâtre proposait de partir aux sources du flamenco avec les voix des Mujerez. Et l’on pensait bien ne jamais pouvoir en revenir. Hier soir (samedi 22), pour le clap de fin, le festival s’est aventuré vers un flamenco plus moderne avec la nouvelle création de la danseuse Belen Maya, et l’on voudrait bien y retourner.

Tres est un spectacle de danse qui met en avant presqu’autant le chant et la musique. Et en choisissant l’icône de la nouvelle génération Jesus Mendez au chant mais aussi (et surtout ?) à la musique Rafael Rodriguez, qui joue en mettant tout son cœur dans sa guitare, la danseuse pouvait difficilement passer à côté de son défi : présenter son flamenco épuré, à la fois sobre et raffiné, dans un décor qui se passe justement de décor. Trois chaises, un châle suspendu et le tour est joué. Les tableaux s’enchaînent. D’abord invisible, laissant le cantaor ouvrir le bal, Belen Lopez apparaît pour emporter dans sa danse une longue robe bata de cola, à traîne blanche. Scène dominée par l’épure et la grâce, qui caractérisent une grande partie du spectacle, loin du flamenco académique ou de compétition. La danseuse s’en va, Jesus prend la relève.

Puis il disparaît et Rafael Rodriguez continue et continue encore, avec son poignet magique, de jouer. Belen Maya n’est pas dans la démonstration de force et de technique, elle est au-dessus. Jouant telle une pile inusable de son jeu de bras mécanique moulinant quasiment sans cesse, s’inspirant de la danse classique, orientale et africaine, Belen Maya explore de nouveaux territoires tout en restant fidèle au flamenco, ou du moins à sa générosité, cette envie, cette nécessité de toujours vouloir donner sans rien attendre en retour.

Agathe BEAUDOUIN / MIDI LIBRE / 23/01/11

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