Archive | février, 2011

VIDEO : Sous nos yeux Athènes se révolte

25 Fév


23 février, la rue d’Athènes en images…

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L’IMAGE DU JOUR : la garde du dictateur

25 Fév


La garde de kadhafi lors d’un défilé en 2009…

L’IMAGE : La Grèce s’enflamme

23 Fév

Ce mercredi 23 février, entre 20 000 et 60 000 personnes, selon les sources, ont défilé en plein Athènes. De violents incidents ont éclatés presqu’immédiatement entre les forces de l’ordre et les manifestants… La Grèce s’enflammerait-elle ?

TRISHA BROWN, Accumulation (NYC 1971)

23 Fév


Elle arrive ! Aux Hivernales, la Trisha Brown compagnie live le samedi 26 février à l’Opéra-Théâtre d’Avignon, qui pour une fois, n’accueille pas que de la daube… Ici, sa première performance dansée en 1971 à New York, « Accumulation ».

KADHAFI : Chavez, Sarko, les seuls amis qui lui restent

23 Fév

Dans la bouche de Kadhafi, l’autre soir sous les parapluies, ce démenti cinglant : « Non, non, je ne suis parti ni au Vénézuela, ni en France »… Dans la tête du dictateur génocidaire de son peuple, l’aveu inavouable de ses excellentes relations avec les chefs d’état sus-nommés, en tout cas ses seuls amis, auxquels il pense prioritairement pour s’abriter dans les pays susceptibles encore de l’accueillir. Sarkosy, Chavez, deux grands démocrates plutôt bienveillants à l’égard du colonel et pas très regardants quant à ses crimes contre l’humanité, cent fois réitérés et réaffirmés hier soir avec force devant les caméras. Sarko, toi, ton ambassadeur en string et ta MAM négociatrice immobilière : Dégagez !

FLAMENCO : Antonio Mejias, la jubilation et le duende

22 Fév

Multi-lauréat des plus fameux concours de l’art -La Unión, San Fernando, et maintenant Cordoba- Antonio Mejias, grand gagnant du prestigieux concours de Cordoue en 2010, était samedi à Nîmes pour un récital sans faute. Invité par l’association O Flamenco dans la petite mais chaleureuse salle du centre Andalou, le cantaor nous a ébloui par la très grande tenue de son répertoire Jondo et la profondeur de son chant, parfaitement maîtrisé, d’une beauté solaire.

Son maître Fosforito pourrait être fier de lui. Antonio Mejias possède ce placement de voix sûr et fécond, qui fonde la saveur inimitable de chaque palo qu’il aborde. Media granaina, solea, siguiriyia, le grand cante où il excelle l’habite. Même s’il ne dédaigne pas quelques chants plus festifs, por tango ou por buleria, qui révèlent la belle tessiture du cantaor, et sur lesquels il vibre intensément d’une joie communicative. C’est que le Cordouan pose les pieds dans les justes traces de ses prédécesseurs, en ayant appris toutes les subtilités et compris toute l’émotion.

Mais l’on vient écouter en priorité ce grand connaisseur du Jondo, et cette voix puissante et chaude qui l’autorise à parcourir tout le spectre du cante puro avec une égale virtuosité. Chez Mejias, on sent bien que jamais son cante n’est gratuit, tant la rigueur et la concentration sont extrêmes. Son approche du chant est réfléchie, intense. Il aborde la tradition avec un respect évident et une profonde humanité qui ne trompe pas. Sa manière, c’est de tout donner, sans retenue, mais sans vice ou fioriture. Bravo, comme on le dit du toro qui ne recule devant rien. Et ici à Nîmes, dans cette petite salle conviviale, chacun dans le public mesure combien le cantaor est investi, combien il vit littéralement ce qu’il nous offre. Une voix techniquement irréprochable, bien charpentée et très chaude, très gitane, qui ne cherche jamais à verser dans la virtuosité pour le seul plaisir de l’épate. Même si sa grande technique et un souffle de buffle l’autorisent à étirer son chant indéfiniment -jusqu’à l’apnée- ce qu’il vise est le vertige absolu de la suspension. L’étincelle noire qui va faire basculer le cantaor et son public dans une communion absolue.

Emotion, oui, que d’écouter ce jeune mais déjà ô combien affuté maestro, qui jamais ne donne dans la facilité ou l’excès. Chez lui, la dramaturgie est évidente, et se passe de tout artifice. Son cante jamais n’est facile. Nul effet, nulle coquetterie. Mejias est entier et le public le sait bien qui suspend son souffle au duende du cantaor. Et l’on voit bien ce qu’il cherche, Antonio : cette magie, ce moment d’acmé où le temps s’arrête. Vertige du cante lorsque, comme ici, il est dispensé avec grand art et une humanité de tous les instants.

Accompagné de l’excellent guitariste Francisco Pinto, tout jeune lui aussi mais au talent accompli, dont les falsetas nous ont réjoui l’âme, Antonio Mejias nous a prouvé combien il fallait désormais le ranger parmi les très grands de l’Art, à l’instar de son maître Fosforito, ou de ces cantaores de race, diamants noirs parmi les hommes, que sont Agujetas ou Terremoto.

Marc Roudier

Antonio Mejias a donné son récital le 19 février dernier à Nîmes.

FOCUS : Israël Galvan, maestro absolu

21 Fév


DANSE

« Le Flamenco empêcherait-il la fin du monde ? »

Israël Galvan est le jeune maître incontesté du baile flamenco contemporain. Imaginative et sans limite, violemment sensuelle, sa danse est un absolu magnifique. Rarement dans la jeune histoire de cet art, un danseur n’aura ouvert sa discipline à une telle contemporanéité, enrichissant sa danse d’une réflexion d’une acuité extrême. Sa dernière création, « la edad de oro » (l’âge d’or) sera à Châteauvallon, Centre National, les 11 et 12 mars prochains. A voir absolument. En préambule, un extrait d’interview datant de 2009, à l’occasion de sa création ‘El Final de este estado de cosas, Redux’ :

Dans ‘El Final de este estado de cosas, Redux’, créé au festival d’Avignon en 2009 et repris ces jours-ci, le danseur sévillan Israel Galvan explose les codes du flamenco, dépassant de manière virtuose les carcans d’une définition ou d’un style. Une notoriété grandissante qui n’est pas près de cesser. Le danseur est né sous une bonne étoile : fils d’une gitane et d’un autre danseur de légende, José Galvan, il est l’homme sans qui « le flamenco serait différent ». (1) Israel était donc de taille à s’attaquer à du grand, du lourd : son dernier spectacle s’inspire de l’Apocalypse selon saint Jean. Pour mieux contrecarrer le sort, il danse et danse encore, osant le mouvement et l’innovation contre la mort et l’habitude.

Vous avez découvert le flamenco enfant avec vos parents. Pourquoi avoir persévéré dans cette voie ?
Au début, la danse en elle-même ne m’attirait pas. Je me souviens que j’aimais jouer dans les loges, j’aimais ramasser l’argent qu’on me jetait sur scène quand il m’arrivait de danser. J’observais les adultes et à leur contact je me sentais grand comme eux. Aujourd’hui, maintenant que la danse est devenue mon métier, elle me sert à mieux me connaître. Je danse souvent seul, mais en m’entourant de musiciens et d’accessoires, je recrée mon propre univers, influencé par Vincente Escudero, Carmen Amaya…

Votre danse réinvente le flamenco. Le spectateur qui vient voir vos spectacles n’assiste pas à une démonstration conventionnelle.
Je ne suis ni un esprit rebelle, ni un génie, et je ne suis pas encore désabusé. Je suis seulement un danseur de flamenco libre. Cette danse n’a pas, que je sache, de règles établies. Il n’existe pas une loi qui édicte ce qui doit ou ne doit pas être fait : chaque artiste est libre de décider et le public reste seul juge. C’est lui qui décide si oui ou non il a vécu une expérience de flamenco en regardant un spectacle.

Pour votre dernière création, ‘El Final de este estado de cosas, Redux’, vous vous appuyez sur des passages de l’Apocalypse. Pourquoi ce choix ?
La Bible et le flamenco ont toujours été, pour moi, intimement mêlés. C’est d’ailleurs pour cette raison que je parle de « mise en (s)cène ». Quand j’étais petit, nous dormions mes parents et moi dans des cabarets andalous. Chaque matin, nous lisions un passage de la Bible. Je me souviens notamment des versets de saint Jean dans l’Apocalypse : les lamentations de ses prophéties sonnaient à mes oreilles d’enfant comme les cris des chanteurs de flamenco qui, la veille au soir, avaient chanté la seguiriya. Je vois dans l’Apocalypse toutes les peurs et toutes les fêtes présentes dans le flamenco, et je me laisse porter par ce souvenir, sans vouloir suivre le texte à la lettre.

Est-ce un spectacle liturgique ?
C’est un spectacle de flamenco. Nous, les artistes du flamenco, vivons aussi dans ce siècle, et notre danse, comme tous les arts, peut exprimer les émotions de la société actuelle : la solitude, la destruction de la famille, les catastrophes écologiques, la nature… Ce spectacle est porteur d’un message, mais le spectateur reste libre de l’interpréter. Lire la suite de Danseur de l’Apocalypse »

‘L’Apocalypse’ est sans doute l’un des textes les plus complexes de la littérature, l’un des plus commentés également. Comment traduisez-vous sur scène cette complexité ?
Les artistes qui m’accompagnent sur scène ont un lien fort avec le flamenco, qu’ils soient andalous, gitans, artistes flamenco ou non. Ces musiciens contemporains et le groupe de heavy-metal ne sont pas issus de cette tradition mais ils s’inspirent du flamenco : ils viennent de Séville et d’Utrera, où les rythmes flamencos vivent au travers des mostachones. Cette variété musicale répond à la multitude de visions et de symboles présents dans l’Apocalypse et permet d’en ressentir la complexité. Faire se rejoindre en un même lieu le chant, la danse et le jeu dramatique est également une manière de transposer les différentes grilles de lecture du texte original. Le travail du plasticien Pedro G. Romero et l’oeil avisé de mon metteur en scène Txiki Berraondo ont été déterminants.

Le texte est très riche. N’existe-t-il pas un risque d’exagérer ou d’abandonner le minimalisme esthétique qui caractérise votre oeuvre ?
J’aime être seul quand je danse. Sans chant, sans guitare. Seul mon corps est là, et devient l’instrument musical qui me manque. Ce spectacle sur l’Apocalypse – qui signifie « révélation » – était l’occasion rêvée d’exprimer par la danse tout ce que mon corps dissimule. C’est pourquoi je porte un masque que je finis par enlever pour dévoiler ce qu’il y a de plus pur en moi. Sur scène, c’est mon intériorité qui s’échappe par les pores de ma peau. Mes mouvements, ma sueur sont les manifestations physiques d’une Apocalypse personnelle. Mais la musique fait trop partie de moi pour que je puisse l’abandonner. J’en ai donc fait l’un des personnages du spectacle, un bailor qui traverse la scène et dont le chemin de croix est en équilibre entre l’enfer et le paradis.

Le flamenco empêcherait-il la fin du monde ?
Ce spectacle est né grâce à une vidéo qu’une amie et élève libanaise, Yalda Younes, m’avait envoyée. Elle y filmait une chorégraphie dansée par elle-même, et dans laquelle elle utilisait certains de mes pas. Elle y évoquait une bombe tirée par Israël ayant récemment éclaté au Liban. Elle était naturellement choquée par cet événement et je crois que, d’une certaine manière, le flamenco qu’elle interprétait lui a permis de se libérer d’une partie de sa colère. La flamenco ne résout pas la guerre et n’empêchera pas la fin du monde, mais il peut aider à garder la tête haute.

Le flamenco est l’une des rares danses occidentales qui, aujourd’hui encore, garde son identité propre, symbole de l’Espagne. Pourquoi ?
Le flamenco est une musique si puissante qu’elle porte effectivement l’identité d’un pays. Mais c’est encore plus que cela. Chaque artiste flamenco peut créer sa propre danse, y imprimer sa propre personnalité et être reconnu. D’où sa grandeur sans limite. Le flamenco est partout dans le monde, il est le monde, et ne se limite pas à des frontières géographiques.

Propos recueillis par Mathieu Laviolette-Slanka

« la edad de oro » sera à Châteauvallon, Centre National, les 11 et 12 mars prochains

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