ANNEE DU MEXIQUE : Professionnels de la Culture, remerciez le président

4 Mar


LE MOT DE TAÏEB

Oui, chers acteurs de la Culture et néanmoins contribuables, vous pouvez remercier notre clairvoyant président de la République pour ses « sorties » qui, au final, vont vous coûter très cher sur vos budgets. Grâce à la lumineuse intuition diplomatique de notre penseur de l’Elysée, 260 manifestations ayant trait à la défunte « année du Mexique » sont définitivement enterrées.

Notre ami des arts, avec ses postures de matamore défenseur de la cosette du nouveau monde, achève le monde culturel. Déjà largement amputés d’une grande partie de leurs subventions, les structures et artistes se prennent sur la nuque le coup de grâce. Depuis les Rencontres internationales de la photographie d’Arles, en passant par Les Hivernales d’Avignon, jusqu’aux musées parisiens, on ne compte plus les manifestations de cette « année du Mexique » sauvagement déprogrammées à la suite du coup de gueule du Président. Des mois et des mois de travail, des centaines de milliers d’euros engagés, pour rien. Sans compter les artistes mexicains méprisés.

Tout ça pour briller dans une pseudo empathie avec une justiciable du Mexique, et de ce pays seul, condamnée pour des faits qu’il ne nous appartient pas de juger. Pas plus qu’à un président jaloux des prérogatives de son propre pays en matière de justice, à juste titre. Que la Florence machin soit coupable ou non ne nous intéresse pas. Pour ma part, j’estime que nous n’avons pas à nous griller avec un pays tout entier, ce Mexique que certainement notre président avec ses vieux réflexes atlantistes doit considérer comme quantité négligeable, en manifestant une arrogance hors de propos. D’ailleurs, lorsqu’on se classe 31e dans le top de The Economist en matière de démocratie, la moindre des choses est de fermer sa gueule !

En revanche, les conséquences nous intéressent. 260 manifestations annulées, c’est probablement plusieurs millions d’euros qu’il va falloir récupérer sur le budget général de la culture, sans compter les dégâts sur les trésoreries des collectivités initiatrices ou partenaires. Deux effets à cela : les structures culturelles, les artistes eux-mêmes, vont être contraints de réviser leurs budgets à la baisse, et par conséquence leurs opérations. Deuxièmement, les milllions d’euros investis pour la préparation de ces manifestations, que l’Etat a engagés ou finance d’une manière ou d’une autre, il va bien falloir les retrouver. Heureusement que le contribuable est là pour pallier ce manque à gagner ! Tout ça pour se la péter à « défendre » une Française parmi tant d’autres qui, pour des raisons de droit commun, croupissent dans les prisons du monde, à tort ou à raison : ce n’est pas à nous d’en décider.

A propos, nos amis journalistes Stéphane Taponnier et Hervé Ghesquière, ainsi que leurs accompagnateurs qui pourrissent en Afghanistan depuis plus d’un an, Sarko s’en soucie t-il ? Il est vrai, que selon lui, c’est de leur faute si, essayant de faire leur job, ils se sont retrouvés prisonniers des Talibans… Deux visions de la condition « d’otage » et au résultat, un désastre pour l’image de notre pays, pour les artistes, et pour les finances de la République (et de ses collectivités).

Encore une démonstration éblouissante de la capacité de ce si petit président à gérer un état avec compétence et sagesse. Vivement mai 2012 !

Taïeb El Baradeï

Plus : Cf le papier de France 2

Photo : Une maison de Mexico, ornée de « murales » de Diego Rivera (2009) AFP / Claudio Vargas.

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Une Réponse to “ANNEE DU MEXIQUE : Professionnels de la Culture, remerciez le président”

  1. GIGN-ol 4 mars 2011 à 4:51 #

    Tant qu’à faire, autant aller jusqu’au bout… Si cette situation est liée au fait qu’une française est injustement emprisonnée au Mexique, pourquoi ne pas envoyer le GIGN sur place pour la libérer ? Au moins, on ne se sera pas fâché avec le Mexique pour rien.

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