FRONT NATIONAL : la stratégie du coucou

28 Mar

On s’y attendait, on n’a pas été déçu. La Sarkosie se prend la raclée de la décennie, mais ce matin visiblement, n’a toujours pas tiré enseignement des raisons de sa défaite. Et pourtant, comme il fallait le prévoir, la stratégie en bois qui consistait à chasser les voix du FN sur son propre territoire s’est retournée contre l’UMP de la plus éclatante des manières..

En Vaucluse, le résultat est édifiant. Soit, on savait Carpentras depuis fort longtemps -et de sinistre mémoire- le nid douillet des fachos de tout poil. On connaissait également le goût pour la transgression extrémiste du nord-Vaucluse, avec ses Bompard mari et femme « liguistes », directement inspirés de leurs camarades de la plaine du Pô. Le département s’est donc illustré une fois de plus en élisant son premier conseiller général FN, sur les seuls deux élus que ce parti a obtenus sur tout le territoire national. Un bon point de plus en terme d’image de premier département républicain de France…

A Avignon même, les bons scores de Castelli ou de Fournier-Armand ne doivent pas nous faire oublier que les électeurs du FN étaient plus de 40% à s’exprimer dans ce scrutin ! Il faut dire que les deux malheureux candidats UMP du premier tour, soutenus par madame Roig, ne pouvaient guère compter sur la bienveillance des électeurs avignonnais à l’égard d’une maire qui les a oubliés dans leur « zone ». Non sans les appauvrir au passage avec l’inflation des impôts locaux et sa propension à initier des projets pharaoniques fort coûteux, au seul bénéfice de son image d’élue…

Grâce à la tactique foireuse de l’UMP, et l’inanité du système Sarkosy porté par ses élus locaux, le Vaucluse demeure donc une terre Front National. Les électeurs ont une fois de plus préféré l’original à la copie, comme il fallait s’y attendre. Le FN progresse inexorablement, et ses « idées » qui n’en sont pas prospèrent gaiement. Y compris dans l’électorat classique de la droite qui, ce week-end, ne s’est visiblement pas gêné pour « trahir » son attachement aux « valeurs » et aux élus de l’UMP.

Comme le disait hier soir sur un plateau télé Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Marine Le Pen, malgré cela battu à Perpignan : « le FN petit à petit fait son nid »… Nous dirons plutôt qu’en ces cantonales, le FN, tel certains oiseaux tout aussi peu respectueux, a squatté le nid encore chaud de la droite « républicaine » de la plus belle manière, en s’y installant durablement. Une stratégie de coucou qui, à bien y regarder, n’est pas si immorale, puisque c’est en se vautrant dans les thèses douteuses de l’UMP et sur l’invitation expresse de ce dernier, que le FN occupe désormais la « maison » de la droite républicaine.

Antonio Sanz

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