Archive | mars, 2011

DEMISSION : Mais où en est notre pétulant François Mariani ?

20 Mar

Un clou chasse l’autre. Il est vrai qu’en ces temps d’abondance pour nos medias surbookés, les déboires du (pour l’instant encore) président de la CCI de Vaucluse passent un peu à l’arrière-plan…

Dure règle de l’actu. Et pourtant… Selon des « sources bien informées », comme on le dit d’usage, le patron François Mariani a du souci à se faire. Ursaaf et Fisc ont ouvert la chasse et alimentent le dossier déjà bien épais du notable local. Il faut dire que le « client » est appétissant : grande gueule, volontiers donneur de leçons, ex-président vauclusien du MEDEF, ce louangeur du libéralisme local est une figure du capitalisme d’entreprise version UMP et du self-made-man « épopée » provinciale. Certes, ce Mariani-là pour le moment se fait plutôt discret. En tout cas, point d’intervention intempestive dans les colonnes, ni même d’apparition publique trop ostentatoire. C’est que le bientôt ex-président de la Chambre de Commerce et d’industrie a intérêt à la jouer humble. Ce qui, chacun en conviendra, n’était pas vraiment dans ses habitudes…

Il faut croire que l’humilité, denrée rare au naturel chez nos notables provinciaux, devient du coup une vertu pour tout mis en cause dans les affaires de justice. Après s’être fort élégamment défaussé de ses « erreurs » et « errements » de gestion de sa propre entreprise sur son salarié de fils (Cf notre article), François Marani a visiblement appris à courber le dos… en attendant que l’orage passe.

Une stratégie de couard qui n’empêchera visiblement pas les administrations compétentes de fouiller un peu plus avant ses manquements et arrangements avec « l’éthique » entreprenariale, dont il s’était fait le chantre autoproclamé, et le fervent vrp en tant que président de CCI.

Un clou chasse l’autre, comme on vous le disait…

Angelina Vivaldi

Publicités

LOUIE, LOUIE…

18 Mar

NUCLEAIRE : Devant le déni du lobby électrique, sommes-nous si impuissants ?

17 Mar

Bien sûr que non. 2012 va offrir aux citoyens français la chance unique d’un référendum à taille réelle sur le sujet. Car enfin, devant le cataclysme nucléaire que vit hélas le Japon depuis vendredi, comment rester impassible, sachant que chaque Français habite à moins de 300 km d’une installation atomique, comme ici chez nous entre Tricastin, Marcoule et Cadarache ?

Ou pour résumer, aux côtés quotidiennement d’une bombe Hiroshima puissance mille -appelons les choses par leur nom- que nos « experts » apprentis sorciers seront incapables d’éteindre en cas d’accident majeur. Surtout, comment croire aux propos lénifiants de ces mêmes « experts indépendants », en réalité tous achetés par le lobby, fourvoyés dans les intérêts d’EDF et Areva ?

Une fois de plus, notre clairvoyant président s’est illustré par sa réaffirmation péremptoire de perpétuer malgré tout, et coûte que coûte, le modèle énergétique français (et ce absolument contrairement au principe élémentaire de précaution qui devrait animer tout chef d’Etat). Un modèle qui nous fait côtoyer la mort nucléaire à chaque instant. Sans jamais une seconde se poser la question de la pertinence de nos choix qui, rappelons-le, ont été actés par « l’extra-lucide » (et surtout quasi-gâteux) général De Gaulle lorsqu’il a fallu opter pour une « indépendance » énergétique voici presque 60 ans.

Cette cécité est non seulement ahurissante, au regard de la situation dramatique que subit tout un peuple, conséquence directe de l’aveuglement idéologique de ses dirigeants à l’égard d’une technologie génocidaire, mais elle est de surcroît parfaitement immorale.

Pour notre « clown » VRP et lobbyiste-en-chef d’EDF et d’AREVA, le nucléaire en France ne tue pas ! Selon notre omniscient président, nous avons « les meilleurs spécialistes » et disposons de la « technologie la plus fiable du monde ». Rien que ça ! Pour le dire autrement, les ingénieurs nippons sont des imbéciles et des incapables, alors que les nôtres, hein ? (clin d’oeil et roulement d’épaules…).

Ce qui pourrait prêter à sourire dans d’autres circonstances nous laisse pétrifiés. Que madame Lauvargeon, patronne d’AREVA, aille expliquer in situ et droit dans les yeux à la cinquantaine de liquidateurs de Fukushima, promis à une mort certaine, « qu’il ne s’agit pas ici d’une catastrophe nucléaire » sans précédent, comme elle a osé le dire sur les plateaux télé !

Que notre clairvoyant président aille donc lui aussi constater de visu « l’innocuité » des réacteurs nucléaires, lorsqu’ainsi ils entrent en fusion, promettant d’irradier à plusieurs milliers de km à la ronde des populations entières ! Populations, rappelons-le, qui n’ont absolument pas choisi librement de s’exposer à ces rayonnements mortels. Même la Chine, pourtant peu versée dans le catastrophisme, a aujourd’hui décidé d’interrompre ses programmes en la matière !

Têtus, droits dans leurs bottes, comme seuls les imbéciles ou les fous peuvent l’être en pareilles circonstances, notre cher président et toute sa clique d’incapables de l’UMP  (la ministre kosciusko détenant la palme de l’incompétence) ne remettront pas en cause d’une once la « politique énergétique » de la France, même si cela doit contribuer à décimer la moitié de notre population en cas d’accident radiologique. 58 réacteurs sur le territoire ne devraient pas nous empêcher de dormir ! Sûr que lorsqu’on voit comment le Japon, pays au monde le plus avancé technologiquement, arrive à « maîtriser » ses « incidents », on a de quoi être rassurés…

Devant ce déni constant de la réalité, devant l’arrogance complice de nos politiques et leur consanguinité incestestueuse avec le lobby de l’électricité nucléaire, nous ne sommes cependant pas si impuissants. A défaut du feu nucléaire, nous détenons l’arme électorale, tout aussi « atomique »…

En 2012, il est impératif que les citoyens posent comme préalable à leur vote l’abandon définitif de nos centrales. Tous les candidats, à droite comme à gauche, vont devoir y répondre clairement. Sans engagement précis de leur part, nous les boycotterons.

Taïeb El Baradeï

ECOUTER : Romeo Castellucci au travail

16 Mar

LE VOILE NOIR DU PASTEUR, création au TNB le 17 mars, en attendant le Festival d’Avignon 2011…

Cette semaine, France Culture a consacré l’heure entière des Mercredis du théâtre à Romeo Castellucci, artiste italien qui crée, ces jours ci à Rennes, au TNB, « Le Voile Noir du pasteur »,d’après la nouvelle de Nathaniel Hawthorne. Pourquoi un portrait de Castellucci au travail, à l’œuvre dans le chantier monumental de cette nouvelle création ?

Parce que ce séduisant quadragénaire a, depuis son apparition en France à la fin des années 90, totalement subjugué les spectateurs ou à l’inverse, il les a radicalement éloignés. Avec lui, les possibles s’ouvrent sur les scènes de théâtre, tous les possibles, le plateau lève le voile sur les mystères de la vie, les vertiges de l’âme, les bas fonds innommables de l’humanité. Ce théâtre méditatif, profondément troublant et souvent très perturbant, se déroule dans des ambiances quasi religieuses, voire diaboliques, où le théâtre devient cérémonie païenne, et où l’acteur livre son corps à une dépossession qui n’est pas sans rappeler les états de transes recherchées par Artaud.

C’est un théâtre traversé d’une beauté magistrale, fulgurant. Un théâtre qui en appelle aux arts plastiques, aux grands peintres des siècles passés, à la musique, à la vidéo, à la danse, à l’ancien et au moderne. Un théâtre « total » mais pas totalitaire. Car, dans ce portrait de Castellucci, ce qui étonne et stupéfie, c’est surtout l’extraordinaire humilité d’un homme fragile, en proie à l’épuisement et, qui ne sait pas combien de temps encore, il pourra continuer à fabriquer son théâtre », lui qui ne sait pas davantage s’il est, ou pas, un artiste ».

Ecouter le reportage

Joëlle Gayot

PRESSE EN LIGNE : Mediapart.fr vise 58000 abonnés d’ici fin 2011

16 Mar

Lancé il y a trois ans par Edwy Plenel, le site d’information Mediapart.fr a plus que doublé son chiffre d’affaires en 2010, à 3 millions d’euros, contre 1,3 million en 2009.

À eux seuls, les abonnements représentent 95 % du CA, le reste étant issu de la revente de contenus et des quelques livres publiés par Médiapart. À l’équilibre depuis septembre 2010, le site finit toutefois l’année en déficit, avec une perte nette de 1,3 million, après déjà 2,1 millions en 2009 et 2,8 millions en 2008. En 2011, l’objectif est de dégager les premiers bénéfices et d’atteindre les 58 000 abonnés, contre 49 000 actuellement. Mediapart.fr, qui vient par ailleurs de mettre en ligne Frenchleaks.fr, un site de publication de documents sensibles sur le modèle de Wikileaks, lancera dans les prochaines semaines une application iPad.

(Pressenews)

LE PIRE EST ARRIVE : L’ASN classe l’accident nucléaire de Fukushima au niveau 6

15 Mar

Le réacteur n° 2 de la centrale a commencé à fondre, alors qu’un incendie a touché le réacteur n°4, à l’arrêt lors du séisme. La Bourse de Tokyo s’est effondrée (AP). L’accident nucléaire de Fukushima au Japon a atteint un niveau de gravité 6 sur l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (INES), qui en compte 7. « Le phénomène a pris une ampleur tout à fait différente d’hier (lundi). Il est clair qu’on est au niveau 6 », a estimé, mardi 15 mars, le président de l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste.

L’évaluation de l’Autorité de sûreté nucléaire française s’appuie notamment sur la situation du réacteur numéro 2 de la centrale et de l’enceinte de confinement qui entoure son cœur, censée le protéger et l’isoler de son environnement. « L’enceinte de confinement du réacteur numéro 2 n’est plus étanche », a ainsi déclaré M. Lacoste. Selon l’ASN, « deux explosions successives, à 6 h 10 et 10 heures (heure locale) ont probablement entraîné une dégradation de l’enceinte de confinement à l’origine de l’augmentation significative des rejets radioactifs détectés ».

« Nous sommes très clairement dans des doses extrêmement élevées » dans les environs immédiats de la centrale, a précisé M. Lacoste. Les relevés des balises sur le site font notamment état « d’un débit de dose élevé, avec des pointes importantes à proximité des réacteurs 2 et 3 », indique l’ASN dans un communiqué.

RISQUE DE DÉCONFINEMENT

Plus tôt dans la matinée, la ministre française de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a estimé qu' »on s’acheminait vers une catastrophe nucléaire » au Japon, car « il y a un risque de déconfinement sur le réacteur numéro deux » de la centrale de Fukushima. « C’est confirmé par des mesures de radioactivité très importantes », a-t-elle ajouté. Le ministre français de l’énergie, Eric Besson, a, pour sa part, évoqué le « scénario du pire » à propos de cette centrale.

De son côté, l’agence de sûreté nucléaire japonaise n’a pas relevé le classement de l’accident de la centrale de Fukushima au niveau 6. « Il n’y a pas de discussion ici sur un relèvement du classement de l’accident à la centrale de Fukushima », a déclaré un responsable à l’AFP. Le 12 mars, jour de la première explosion à Fukushima-1, les autorités japonaises avaient annoncé que l’accident de la centrale nucléaire avait atteint le niveau 4.

Sur cette échelle INES, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue en avril 1986, avait été évaluée au niveau 7, et celle de Three Mile Island, qui a eu lieu en mars 1979 aux Etats-Unis, au niveau 5.

LEMONDE.FR avec AFP | 15.03.11 | 13h46
actualisation : 15/03/2011 / 14.29h. : « On a à ce moment changé d’ordres de grandeur dans la catastrophe, principalement en ce qui concerne l’exposition à la radioactivité. Certains compteurs Geiger ont mesuré des doses de 400 millisieverts près du réacteur n°1 ce matin…Ce qui explique que, d’après les informations que l’on a, nous avons pour de bon dépassé l’ampleur de Three Mile Island, avec des radiations et une exposition 1000 fois plus importantes. »

DEMAIN 18.30h. RASSEMBLEMENT ANTI-NUCLEAIRE A AVIGNON

MAASTRICHT, c’est aussi de l’Art !

13 Mar

La Foire de Maastricht, aux Pays-Bas, est à l’origine d’une nouvelle pratique chez les journalistes : on y compte moins les visiteurs (72 500 en 2010) que les jets privés. Il y a dix ans, on en dénombrait une quarantaine sur le tarmac de l’aéroport local. En 2007, ils étaient 305. Nul ne sait combien y atterriront jeudi 17 mars, jour inaugural de la prochaine édition, la vingt-quatrième du genre.

On attend, pour cette seule journée, 10 000 invités ! Spectacle hallucinant des limousines à la queue leu leu sur le parking – ressemblant à une zone commerciale de banlieue – pour débarquer leurs riches passagers. Spectacle amusant des mêmes, les passagères tout du moins, déposant leur vison dans l’une des garde-robes prises d’assaut. Spectacle édifiant des susdits, voguant dans les allées décorées d’une profusion de tulipes – Hollande oblige -, une coupe de champagne à la main, entre des stands de grands bijoutiers gardés comme des coffres-forts – la foire a connu quelques larcins -, s’arrêtant un temps devant un Rembrandt, se penchant sur les miniatures d’un manuscrit médiéval, ou s’imaginant en prince guerrier face à une armure du XVIe siècle.

Il y aura même une automobile, la BMW (M3 GT2 pour les amateurs) peinte par Jeff Koons et présentée au Centre Pompidou le 2 juin 2010, avant les 24 heures du Mans où elle était inscrite (Le Monde du 4 juin 2010). C’est d’ailleurs la seule oeuvre à ne pas être proposée à la vente. Elle témoigne juste de l’arrivée d’un nouveau parrain de la foire, le représentant de la marque allemande aux Pays-Bas.

C’est qu’on trouve de tout, à Maastricht. C’est même la seule foire du monde dans ce cas, qui réunit à ce niveau l’art premier, les antiquités égyptiennes ou classiques, les manuscrits et les livres rares, les objets d’art, le mobilier, les bijoux, et l’art de tous les temps, jusqu’au plus contemporain.

Certes, pour ce dernier, comme pour l’art moderne, la Foire de Bâle est meilleure. Bien sûr, les amateurs de fétiches africains pourront préférer la manifestation Parcours des mondes organisée à Paris. C’est entendu, le Salon du dessin, parisien lui aussi, est bien plus riche, tant en feuilles qu’en amateurs de ce support particulier. Mais nulle part ailleurs, il n’est possible de parcourir ainsi le champ entier de l’histoire de l’art : environ 30 000 oeuvres, dans 15 000 mètres carrés.

En 2010, la valeur totale des oeuvres d’art exposées à Maastricht était estimée par les assureurs à 2,7 milliards de dollars (près de 2 milliards d’euros). Soit deux fois plus qu’en 2008. Quant aux ventes, elles représenteraient, selon les organisateurs, environ le quart de cette somme, chiffre invérifiable, d’autant qu’a priori, à Maastricht, on ne vend rien, ou presque ! Pour une raison très simple, qu’avait expliquée, en 2002, l’économiste américain David Kusin : l’administration fiscale néerlandaise est tatillonne, et les taxe locales élevées. La plupart des achats sont donc concrétisés ailleurs, en déplaçant ce que Kusin nomme le «  »nexus », ce terme juridique et comptable désignant le lieu où la transaction est soumise à imposition ». La question est donc moins de savoir où le collectionneur veut être livré, que où il consent à rédiger son chèque.

Comment cette ville de 122 000 habitants, connue pour avoir vu périr d’Artagnan sous ses murs, en 1673, ou pour un certain traité, en 1992, est-elle devenue, deux semaines par an, le centre mondial du marché de l’art ? Peut-être d’abord grâce à l’excellence des antiquaires locaux – et en premier lieu Robert Noortman (1946-2007). Surnommé « le marchand aux trois Rembrandt », en référence aux oeuvres du maître hollandais qu’il possédait dans son stock, il était l’un des meilleurs pourvoyeurs en tableaux anciens hollandais et flamands.

A Maastricht, il fut le fondateur du Salon Pictura, qui est devenu l’actuelle foire. L’homme n’était pas qu’un négociant habile : il fut aussi un important donateur du Rijksmuseum d’Amsterdam et du Mauritshuis de La Haye. Une salle du département des peintures hollandaises de la National Gallery de Londres porte son nom. Et en 2006, Nelson Mandela avait salué son soutien aux actions caritatives en Afrique.

Les premiers à s’aventurer jadis à Maastricht venaient d’abord pour lui. Collectionneurs, mais aussi conservateurs de musée, qu’aujourd’hui encore on n’a jamais vus aussi nombreux dans une foire, quelle qu’elle soit. Certains d’entre les meilleurs – Français exceptés, l’expertise pour le commerce étant interdite à nos conservateurs nationaux – figurent aussi dans ce que l’on nomme là-bas le « vetting », le comité chargé de vérifier l’état, le degré de restauration et l’authenticité des pièces proposées à la vente.

Avec des marchands, mais aussi des universitaires et des restaurateurs d’oeuvres d’art, ils sont 170 à ausculter les oeuvres avant l’ouverture. Rien que pour la peinture ancienne, ils ne sont pas moins d’une trentaine. Chaque oeuvre douteuse est écartée. La journaliste Armelle Malvoisin cite dans Le Journal des arts le cas d’un Rodin, pourtant pourvu d’un certificat d’authenticité dûment signé de l’expert attitré, qui a été impitoyablement éliminé, car l’ancienneté de la fonte semblait suspecte.

Harry Bellet / Le Monde / 13.03.11
Titre original : Maastricht, lieu d’excellence de l’histoire de l’art et de son marché / Photo : Jeff Koons devant sa BMW Artcar

* »Tefaf, The European Fine Art Fair », Du 18 au 27 mars, Maastrichts Expositie & Congress Centrum (Mecc), Forum 100, 6229 GV Maastricht (Pays-Bas).

%d blogueurs aiment cette page :