BONNE IDEE : L’Etat Grec voudrait bien se faire les troncs des Chrétiens

28 Avr

L’Etat Grec lorgne sur les deniers de l’Eglise. Le plan de rigueur n’épargne pas la puissante Eglise orthodoxe. L’Etat peut désormais taxer les revenus des institutions religieuses et s’apprête à disposer de leurs fonds de réserve.

La Banque de Grèce s’intéresse fortement au contenu des caisses des paroisses, des monastères et des institutions religieuses dans tout le pays, et même en Crète, dans le Dodécanèse et au mont Athos, qui bénéficient d’un statut ecclésiastique particulier [ils relèvent spirituellement et administrativement du patriarcat œcuménique de Constantinople]. Le plan de rigueur établi il y a tout juste un an a imposé la taxation des revenus de l’Eglise. Après avoir coupé dans les salaires des prélats et taxé l’intégralité de leurs revenus, l’Etat, via la Banque de Grèce, veut maintenant pouvoir disposer des liquidités de l’Eglise – soit les réserves constituées par les dons des particuliers. Et pour ne pas en perdre une miette, la Banque de Grèce veut prélever à la source, c’est-à-dire sur le compte bancaire où ces dons sont déposés. Ainsi, sans liquidités, l’Eglise se retrouvera dans l’incapacité d’établir des programmes budgétaires comme de financer projets et œuvres philanthropiques.

Il s’agit de la mise en application de deux lois déjà existantes, datées de 1950 et de 1994, qui avaient été jusqu’à présent un peu « oubliées » par les autorités. Elles permettent à l’Etat grec de gérer de facto le budget des paroisses en leur redistribuant seulement ce qui est nécessaire pour payer les salaires et couvrir les besoins essentiels comme l’eau, l’électricité ou le téléphone. A la faveur des mesures d’austérité, elles ont été remises au goût du jour. Tout a commencé à l’automne dernier, quand les établissements bancaires ont commencé à envoyer des avis d’information aux établissements religieux leur indiquant que la Banque nationale demandait, en application du plan de rigueur, à avoir accès à leurs fonds de réserve. Les prélats ont vivement réagi en expliquant que c’est toute leur mission philanthropique qui va être perturbée et qu’ils ne pourront même pas budgétiser l’entretien de leurs établissements. Et pour cause. Désormais, l’utilisation des fonds de réserve, hors frais courants et salaires, nécessitera une autorisation spécifique de la Banque de Grèce.

Le Saint-Synode [conseil national des évêques – appelés « métropolites »] a envoyé une lettre au gouverneur de la Banque de Grèce, Giorgos Provopoulos, demandant que ces mesures ne s’appliquent pas à l’Eglise. Dans leur lettre, les responsables religieux affirment que leurs établissements bénéficient d’un statut « clairement exceptionnel » [voir ci-contre]. Ils soulignent que c’est aussi la conclusion de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), lors d’une précédente polémique concernant les titres de propriété de certains monastères. « Ce sont des entités publiques religieuses à but non lucratif, autofinancées, qui agissent à des fins charitables, philanthropiques et culturelles », précisent-ils. « C’est le métropolite qui prend les grandes décisions sur la gestion des fonds pour sa région. Tous les événements qui régissent la vie religieuse sont élaborés par celui-ci ou dépendent de celui-ci », concluent-ils. La réponse du gouverneur de la banque centrale ne s’est pas faite attendre.

Selon lui, l’Eglise n’échappera pas à l’application du plan de rigueur. Il a juste accordé quelques semaines de plus aux évêques pour se mettre en règle avec cette mesure. « Ils ne nous laissent même pas une marge pour les besoins urgents de nos établissements. Nous n’aurons même plus de quoi acheter un cierge », affirme un prêtre. « Veulent-ils nous pousser à l’illégalité ? s’interroge-t-il. Car on pourrait ouvrir des comptes personnels dans les banques pour recevoir les dons et continuer à faire notre travail… » La bataille ne fait que commencer.

26.04.2011 | Maria Papoutsaki | Eleftherotypia

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2 Réponses to “BONNE IDEE : L’Etat Grec voudrait bien se faire les troncs des Chrétiens”

  1. flutedepan 30 avril 2011 à 10:55 #

    Sauf votre respect je trouve cette idée nase à souhait : c’est un peu comme réduire le budget consacré à l’éducation : en effet c’est trop le rêve d’être plus riche et plus con. On n’a qu’à essayer l’ignorance, vachement plus rentable…
    Ça pose plusieurs questions, entre autres , y a t il des gens assez stupides pour ne pas imaginer la suite?? : nombre de ceux qui donnent à l’église ne donneront plus, s’ils avaient vraiment envie de donner direct à l’Etat, ils le f’raient déjà.
    Et s’il y en a qui pensent que des hommes et des femmes qui donnent leur vie pour ce qui est appelé « projets et œuvres philanthropiques » « à des fins charitables, philanthropiques et culturelles » dans cet article, vont s’arrêter faute de financement, et ne vont pas trouver d’autres façons de continuer à faire grandir ceux qui leur donnent aujourd’hui parce que (là y a 1000 raisons), bah sont pas bien fut-fut.
    Pis demandez vous aussi peut être pourquoi, honnêtement, les différentes Eglises sont si « riches », vous serez surpris 🙂
    Est ce que j’ai le droit de vous demander d’où vient ce mépris gentiment étalé (au moins dans les 3 derniers articles de votre blog) envers les cathos?
    Allez, sans rancune, bon week end!!

  2. lespritdavignon 28 avril 2011 à 2:28 #

    un exemple à suivre, particulièrement en Italie et en Espagne, où l’eglise catholique dispose de somptueux revenus et d’un patrimoine immobilier gigantesque (l’Etat du Vatican détient peu ou prou un tiers de l’immobilier historique de l’Italie…)

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