54e BIENNALE DE VENISE : Boltanski et Tintoretto en eaux glauques…

5 Mai

Evénement incontournable de l’Art contemporain -et des mondanités- la 54e biennale de Venise ouvrira ses portes le 4 juin prochain (vernissage le 3 pour les heureux invités). Au programme, de nouveaux pavillons tout neufs, un hommage à Tintoret, le peintre local, et, ô surprise ! le Pavillon français confié à… Boltanski (qu’on aime, par ailleurs). Bref, rien de bien nouveau sur la lagune…

Plus de deux mois avant son inauguration officielle, les grandes lignes de la 54e Biennale de Venise, événement artistique international incontournable, étaient annoncées hier, sous les somptueux lambris de l’hôtel de Galliffet, rue de Grenelle, siège de l’Institut Culturel italien. Paolo Baratta, président de la Biennale, et Bice Curiger, commissaire de l’Exposition internationale, sont venus y présenter le projet, intitulé ILLUMInazioni – ILLUMInations, jeu de mots entre l’idée de lumières (allusion au luminisme en peinture, à la pensée éclairée des philosophes du XVIIIe siècle, mais aussi aux enluminures, à Rimbaud ou à Walter Benjamin), et le concept de nation.

Si l’organisation de la Biennale en pavillons nationaux paraît depuis quelques années dépassée, à l’heure où les artistes n’ont jamais été aussi nomades, Bice Curiger a décidé d’affronter directement le débat, « avec lucidité et humour ». Selon la commissaire suisse, co-fondatrice de la revue d’art contemporain Parkett, directrice du magazine Tate etc et curatrice au Kunsthaus de Zurich, la nation est une « métaphore de la communauté », dont de nouveaux modèles émergent aujourd’hui sous forme de scènes artistiques ou de collectifs. Elle souligne également la fréquence dans l’art des questions d’identité et d’héritage culturel. Evoluant sur une corde un peu raide, Bice Curiger avoue que « beaucoup échappera à (son) contrôle » et que la Biennale doit ressembler à « un bazar, dans le bon sens du terme ».

Le président Paolo Baratta a quant à lui rappelé que de plus en plus à chaque édition, de nombreux pays montrent leur volonté d’obtenir un Pavillon à la Biennale. Cette année, l’Inde, le Bangladesh, Haïti, le Zimbabwe, l’Arabie saoudite, l’Afrique du Sud sont ainsi conviés à Venise. Paolo Baratta soulignait l’influence des événements politiques récents, puisqu’aucun pays d’Afrique du Nord n’est présent, et qu’un pays comme le Bahreïn, présent à la Biennale d’Architecture l’an passé, a retiré sa participation. Le Japon, malgré la catastrophe qui l’a frappé, n’a pas annoncé son retrait.

La figure du peintre vénitien Tintoret a été plusieurs fois évoquée. Trois tableaux du grand maître de la Renaissance seront inclus dans l’Exposition internationale à Venise, « lieu où l’Histoire est très présente ». L’intention de Bice Curiger n’est pas de le faire se mesurer aux artistes contemporains, mais plutôt de « provoquer les conventions », à savoir une certaine tendance de l’art contemporain au rejet de l’art ancien. Par ailleurs, des « para-pavillons » doivent permettre d’« intensifier le dialogue entre les œuvres » — avec par exemple une sculpture d’Oscar Tuazon, la reconstitution de la cuisine de Franz West ou la maison des parents de l’artiste chinois Song Dong —, tandis que les « Biennale Sessions » proposent un programme de recherche pour les étudiants.

Un peu plus d’un tiers des 82 artistes de l’Exposition internationale a moins de 35 ans, 32 sont des femmes (Yto Barrada, Monica Bonvincini, Trisha Donnelly, Latifa Echakhch, Klara Liden, Mai-Thu Perret…). Beaucoup n’ont jamais exposé à la Biennale de Venise. Parmi eux, citons quelques jeunes Français : Mohamed Bourouissa, Cyprien Gaillard, Loris Gréaud, Oscar Tuazon (Américain vivant à Paris).

Le pavillon français a été confié à Christian Boltanski, sous commissariat de Jean-Hubert Martin, avec une installation, Chance – Les jeux sont faits, évoquant la naissance et la tension entre hasard et destin. Dans les autres pavillons, on attend notamment Markus Schinwald pour l’Autriche, Angel Vergara (Belgique), Sigalit Landau (Israël), Dora Garcia (Espagne), Navin Rawanchaikul (Thaïlande), Jennifer Allora & Guillermo Calzadilla (Etats-Unis).

Pour un budget d’environ 12 millions d’euros (dont 90% de ressources propres), la Biennale de Venise entend attirer, pendant ses six mois d’ouverture, autant de visiteurs que lors de sa précédente édition, soit 400 000 personnes.

Magali Lesauvage / fluctuat.net

ILLUMInazioni – ILLUMInations, 54e Biennale de Venise, Arsenal et Giardini, du 4 juin au 27 novembre 2011.
www.labiennale.org

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Une Réponse to “54e BIENNALE DE VENISE : Boltanski et Tintoretto en eaux glauques…”

  1. jean paul galibert 11 mai 2011 à 5:36 #

    continuez!

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