PENDANT CE TEMPS…

22 Mai

L’édito de l’Esprit à deux doigts d’une vacance délibérée…

Pendant ce temps*, ô héros d’une tragédie antique, Icare moderne définitivement carbonisé, DSK, peut-être coupable, peut-être pas -allez savoir, maintenant que le tsunami médiatique s’est déversé et a dévasté perfidement toutes traces du Réel- est assigné à résidence -cloîtré (au sens monastique du terme) en un no man’s land qui, ni prison, ni liberté, n’est qu’une transit-room– et soumis à une surveillance numérique constante, modernité oblige : Caméras, bracelet, le Big Brother américain remplit son office de maton. Comme dab, serions-nous tentés de dire…

Pendant ce temps, trois hoquets de Fukushima et consoeurs nous rappellent que si l’on a négligé ce cataclysme-là ces dernières semaines, actualité frétillante oblige, cette aberration de chancre nucléaire continue de produire ses effets : Tragédie encore, que ce peuple, sacrifié à l’expérimentation du feu atomique -par la barbarie de l’Amérique, déjà- héros meurtri de la folie des hommes, puisse ainsi endurer une fois de plus -bis repetita- cette abjection-là. Grâce soit rendue à ces pestiférés du monde moderne que plus personne désormais, ne regarde vraiment…

Pendant ce temps, la merveilleuse Espagne, rebelle, fêtarde, et oui, macho ! se mobilise contre les vieilles lunes, celles de l’orthodoxie économique et des diktats de l’Europe libérale qui voudraient la réduire à une mendiante de FMI… Orgueilleux et couillu peuple espagnol à qui, désormais, on ne la fait plus. Viva España ! Et Puerta del Sol, nul besoin effectivement de préciser : Ceci n’est pas un Botellon ! Non, ceci est juste l’expression nombreuse et déterminée d’une jeunesse, et au-delà, de tout un peuple qui ne veut plus avoir à subir. Olé !

Pendant ce temps, la Libye continue de croire en sa révolution -mais n’est-elle pas désormais plus isolée que jamais ?- et ne fête dorénavant plus notre martial chef de tribu à nous (pourquoi le ferait-elle ?), tout occupé à sa noce ADN. Splendeur et misère des peuples en marche, livrés à eux-mêmes, orphelins des soutiens d’un Occident qui a mieux à faire qu’empathir avec ces va-nu-pieds et ces parias. Après tout, Syrie, Libye, Yemen… Ces gens-là n’intéressent personne, surtout pas nos multinationales, pas plus que nos « experts » militaires. Pourquoi l’Occident y consacrerait-il plus qu’un communiqué diplomatiquement rédigé ? Au-delà de l’hypocrite résolution onusienne de circonstance…

Pendant ce temps, la mairesse d’Avignon s’arroge les pleins-pouvoirs en matière de gestion de la voirie… Et après tout, pourquoi pas ? Devant l’inefficacité -c’est un euphémisme- de l’opposition locale, et compte-tenu de la grande tradition avignonnaise de prévarication du bien public (Cf encore notre Mansour en actualité juridiciaire cette semaine), pourquoi Marie-José Roig se gênerait-elle ? Et ce ne sont pas les reproches ouatés et à demi-formulés de notre presse locale (Cf La Provence du 21 mai) qui y changeront quoique ce soit…

Pendant ce temps, donc, L’Esprit d’Avignon part en vacances. Loin, très loin de ce bourbier nauséeux et, au final, si peu intéressant. Et vous donne rendez-vous, très patients et bienveillants lecteurs, le 1er juin prochain pour de nouveaux commentaires…

Antonio Sanz

* : formule consacrée (et fort commode), figure de l’ellipse, telle que nous pouvions la lire dans nos Tintin de jeunesse…

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