FRANCOIS MARIANI : Après les Agassins, l’Ecole Hôtelière… A quand la démission ?

16 Juin

LA REPUBLIQUE DES COPAINS

Après l’affaire de son Hôtel des Agassins, qui le voit poursuivi par la justice pour une accumulation de fraudes diverses à l’endroit du fisc, de l’Ursaaf ou du code du travail, le décidément droit-dans-ses-bottes (!) François Mariani revient sur le devant de la scène, après la perquisition hier 15 juin de la CCI, dont il est le président, ainsi que de son domicile privé. Cette fois-ci, il semblerait que la justice recherche, entre autres malversations, des traces d’utilisation abusive d’étudiants de l’Ecole Hôtelière à des fins privées…

A quand la démission ? Dans une démocratie « complète », lorsqu’un responsable d’une institution comme la CCI est suspecté d’une telle cascade de fraudes, la moindre des choses est de se démettre. Mais la morale et monsieur Mariani, à l’instar de ses amis UMP, semblent ne pas former un couple fidèle. Une conception plutôt libérale -pour ne pas dire plus- de l’éthique consulaire…

Ci-dessous, pour mémoire, le papier que nous avions donné lors de la première affaire :

TROP BON LA CONFITURE
Pris les doigts dans le pot, notre coruscant François Mariani, patron de la Chambre de commerce de Vaucluse, mis en examen pour fraudes multiples à l’URSAAF et au Fisc, reste droit dans ses Church’s. Ce matin encore, La Provence, organe de presse « indépendant », fidèle à son éthique journalistique bien connue, lui sert la soupe sans état d’âme dans une « interview » en forme de tribune d’auto-justification, intitulée « François Mariani s’explique ».

Et qu’apprend-on de ce pétulant « présumé coupable » qui ne regrette rien, ou presque ? En l’occurrence, il commence par charger son fils de ses propres turpitudes, révélant là un bel esprit de famille et un courage digne du meilleur des géniteurs. La famille, cela dit, il connaît, puisque son très droitier de cousin, le plus que sarkosyste Thierry Mariani (inventeur d’un projet de loi restreignant le droit aux soins pour les « étrangers »), est lui aussi aux « affaires » UMP, en tant que ministre des transports. On a d’ailleurs constaté cet hiver combien il était efficace, et surtout responsable, se déchargeant de ses insuffisances sur le dos des employés de la DDTE. Ne lui en voulons pas, c’est génétique, cette caractéristique bien familiale de se défausser sur les lampistes…

Pour en revenir à notre François Mariani local, ce pauvre « self-made man » n’en démord pas : tout ceci n’est que médisances et complot, « battage médiatique » et autres malveillances. La défense habituelle des margoulins choppés en flag, quoi. Ce qu’il oublie, ce cher patron UMP (et ex-président MEDEF du Vaucluse), c’est que ce que lui reproche la justice n’est pas rien : faux bilans, abus de biens sociaux, travail dissimulé, fausses factures, j’en passe et des meilleures… Charmant, pour un président de Chambre de Commerce !

Lui n’y voit rien à redire. Pour 60 000 euros la justice bien intentionnée l’a laissé sortir libre du bureau du juge-enquêteur. Une bonne manière faite à un petit notable arrogant qui malgré cette faveur, trouve encore à la ramener…

Sans pudeur, sans morale, ce bon père estime être irréprochable : c’est vrai que c’est son fils, et « lui seul », qui dirigeait l’hôtel dont il est le proprio et le gérant en titre, hein ? Faudrait pas tout mélanger…

Certes, on sait la main de la maire Roig derrière ce soudain étalage de ces lamentables carambouilles sur la scène publique. Certes, des François Mariani à la petite semaine, il en existe des milliers, tout aussi pathétiques, dans les belles provinces de notre belle république. Et ils ont des amis, qui plus est : ce Christian Etienne, par exemple, autre version de la vertu UMP façon roi de la truffe….

Le gamin de Monclar qui a piqué un scooter et s’est pris deux ans de tôle appréciera. Je sais c’est démago de dire cela. Mais la triste vérité cependant, c’est que ces gens-là, ces François Mariani ou bien plus haut, ces ministres de la Sarkosie, se croient tout permis et se placent au dessus des lois. Mais, pour eux, pas de danger, on ne les enfermera jamais : ils ont de quoi payer leur caution (avec l’argent volé au fisc et à l’URSSAF), ils ont des « relations ». Mieux, ils ne démissionneront pas, sûrs de leur impunité, confits d’arrogance, soutenus par les cercles « d’amis » influents et relayés complaisamment par une presse locale aux ordres.

Ne nous étonnons pas après que des Marine Le Pen surfent sur ces boulevards. La bêtise de l’UMP et de ses délinquants serviteurs est sans limite…

Angelina Vivaldi

Photo : François Mariani aux côtés de Therry Mariani, secrétaire d’Etat aux transports

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Une Réponse to “FRANCOIS MARIANI : Après les Agassins, l’Ecole Hôtelière… A quand la démission ?”

  1. CCI de Vaucluse 17 juin 2011 à 5:53 #

    Déclaration du Président François MARIANI

    Au lendemain d’une perquisition très médiatique dans les locaux de la CCI je m’interroge très sérieusement.
    La CCI est un établissement public placé sous le contrôle du préfet et soumis aux règles de la comptabilité publique. Tous nos dossiers sont en permanence à la disposition de nos autorités de tutelle et rien ne justifie des opérations d’une telle ampleur. Dès lors, je ne peux m’empêcher de me poser la question de savoir ce que l’on cherche vraiment dans le cadre de toutes ces opérations spectaculaires et la mobilisation médiatique qui les accompagne.
    Encore une fois, prévenu par quelque force mystérieuse, les journalistes sont arrivés avec les gendarmes portant atteinte à ma vie privée et jetant en pâture ma famille en photographiant ma maison.
    La CCI de Vaucluse n’a rien à se reprocher. Nous avons ouvert bien volontiers nos portes et nos dossiers aux enquêteurs, surs de notre transparence et de notre respect des procédures de la comptabilité publique qui s’imposent à nous.
    Mais encore une fois pourquoi un tel déploiement de force ? Suffit-il qu’un salarié mécontent dénonce ou porte plainte pour mobiliser autant d’enquêteurs ? Si c’est le cas, il va rapidement falloir doubler, voire quintupler les effectifs des forces de police ! Là, il faut arrêter !
    Quant à l’attitude hypocrite qui consiste à déclarer ne pas faire d’amalgame entre cette opération et l’affaire des Agassins, tout en faisant cet amalgame à longueur d’articles dans une certaine presse latrinesque, il ne fait pas honneur au journal qui s’en fait l’écho. Et je me réserve le droit de préserver mes intérêts et ceux de ma famille.
    D’autant plus qu’aujourd’hui, sur cette affaire, selon l’analyse de mes avocats et la mienne, le dossier que j’ai en mains prouve que je n’ai rien, personnellement, à me reprocher sur le plan du droit.

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