Archive | septembre, 2011

FESTIVAL : Ces restaurateurs qui arnaquent sans honte les festivaliers

22 Sep

Les Festivals se ressemblent tous. Dans l’article qui suit, le directeur de « VISA POUR L’IMAGE », festival international de photojournalisme de Perpignan s’en prend à ces profiteurs de la restauration locale qui arnaquent sans état d’âme le public festivalier, profitant d’une rente de situation. Rente sur laquelle ils s’engraissent sans honte, grâce aux artistes qui les font vivre directement, artistes sur lesquels ces prévaricateurs n’hésitent pas à cracher le reste de l’année…
A rapprocher sans détour de la situation avignonnaise… 

Visa pour l’Image :

le directeur dénonce « les arnaques » des restaurateurs

Les terrasses de la place République tournent à plein les soirs de projection.

« C’est scandaleux ! Je suis atterré ». La 23e édition de Visa pour l’Image s’est achevée mais Jean-François Leroy n’a pas raccroché son indignation à la porte du palais des congrès de Perpignan. Le directeur du festival international du photojournalisme dénonce « une honte » et peste contre l’attitude de restaurateurs de la place République qui profiteraient des projections nocturnes de Visa pour inaugurer des menus spéciaux et gonfler les prix de façon… indigeste.

« Je veux bien que les restaurateurs se fassent une marge, qu’ils passent de 18 à 30 euros le menu par exemple. J’appelle ça du commerce. Mais passer de 18 euros vin compris à 49 euros sans boisson, j’appelle ça de l’arnaque !, gronde Jean-François Leroy. Ce sont des manières d’escrocs ! D’autant que l’écran géant est payé par la ville et l’association Visa pour l’Image. Les restaurateurs ne déboursent rien. C’est une honte, je suis outré ! ».

Le directeur de Visa rapporte que « plusieurs photographes et professionnels » lui ont signalé durant le festival, des additions salées. Comme ce groupe de dix personnes à qui on a présenté « une note de 657 euros pour 10 menus et deux bouteilles de vin ! ». Ou ce photoreporter qui estimait hier « scandaleux de profiter de Visa comme ça ».

Jean-François Leroy ne veut surtout pas que le festival soit associé aux pratiques qu’il dénonce. « Je suis ravi que l’événement que j’ai l’honneur d’animer ait un fort impact économique sur le commerce et il y a des restaurateurs, qui ne sont pas situés place République, qui respectent la règle du jeu. Mais passer de 18 à 49 euros, c’est du foutage de gueule, de l’arnaque et du vol ! ».

Jean-François Leroy dénonce mais entend aussi agir : « J’envisage très sérieusement de porter l’affaire devant le tribunal de commerce, annonce-t-il. Je vais écrire au préfet avec copie au maire de Perpignan, à la CCI et à la concurrence et répression des fraudes car, je le redis, ceci relève de l’escroquerie ».

Frédérique Michalak – L’Indépendant / 21/09/2011
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FUKUSHIMA : le temps de l’imposture scientifique

21 Sep

Au cours d'une manifestation antinucléaire à Kyoto, le 11 juin 2011 (Thierry Ribault).

Après le temps des mensonges industriels, avec Tepco dans le rôle du coupable idéal, après le temps de la panique feinte de l’Etat, avec l’ex-Premier ministre Naoto Kan dans le rôle du fusible politique, voici venu le temps de l’imposture scientifique avec le professeur Shinichi Yamashita dans le rôle du savant histrionique, détenteur indiscutable de la vérité sur l’ampleur des dégâts sanitaires après la catastrophe. Imposture scientifique en deux temps.

Ce week-end, un colloque scientifique factice

Ce dimanche 11 et lundi 12 septembre, le professeur Yamashita doit présider le premier grand colloque sur la catastrophe nucléaire qui se tiendra à la faculté de médecine de Fukushima, la « Conférence internationale d’experts de Fukushima – Radiation et risque sanitaire ».Selon le comité d’organisation, voici l’objectif de cette conférence qui réunira trente experts japonais et étrangers notamment de l’UNSCEAR, de l’ICRP, de l’AIEA et de l’OMS :

« Faire des recommandations visant à supprimer l’anxiété des résidents de Fukushima face à la radiation […]. Il s’agit de mener une évaluation externe de la recherche portant sur la gestion sanitaire du département de Fukushima, et d’apporter une réponse à l’inquiétude des mères. »

Ainsi, vingt-cinq ans après Tchernobyl, resurgit la thèse selon laquelle la crainte de l’irradiation artificielle relèverait de la psychiatrie : la « radiophobie » serait la vraie cause des problèmes.

« Plus vous sourirez, moins la radiation vous atteindra »

Principal organisateur, Shunichi Yamashita, de l’université de Nagasaki, est « conseiller pour le risque sanitaire lié aux radiations » auprès du département de Fukushima. Il se présente comme issu d’une famille survivante de Nagasaki et contribue activement à la banalisation de la radioactivité.

Médiatisé, le professeur Yamashita passe pour un scientifique fiable et rassurant auprès des gens qui avouent se sentir mieux quand ils l’entendent. Il n’hésite pas à clamer :

« Plus vous sourirez, moins la radiation vous atteindra […]. Si vous ne souriez pas, les rayons auront un effet sur vous. Cela a été prouvé par expérimentation animale. »

« La situation, aggravée par un désastre de l’information »

On trouve dans l’argument du colloque daté du 1er août, les éléments suivants qui laissent peu de doutes sur l’intention des organisateurs :

« La situation de Fukushima a été aggravée par ce que l’on ne peut qu’appeler un désastre de l’information : les nouvelles qui circulent varient selon les sources, qui sont parfois incompétentes. Il est essentiel que nous travaillions à mettre en circulation uniquement de l’information correcte et scientifique sur les effets sanitaires de la radiation. »

Les organisateurs du colloque de Fukushima entendent ainsi « fournir des recommandations appropriées issues du monde des experts, et communiquer à la fois une information correcte sur les risques sanitaires liés à la radiation et une vision claire de ce qui constitue une véritable sensibilisation au risque ».

Le 27 mai 2011, à Koriyama, à soixante kilomètres de la centrale. Wataru Iwata, initiateur de Project47/CRMS, explique à ces paysannes que la terre où elles vivent et cultivent, imbibée de césium 137 et 134, est inutilisable pour au moins dix ans et renferme une contamination équivalente à plus de 10 millisieverts par an hors inhalation et ingestion, soit dix fois la dose admissible de 1 millisievert par an.

Peut-on toutefois attendre une information scientifique d’un colloque dont le vice-président, Abel Julio Gonzales, membre de l’AIEA, vice-président de l’ICRP (International Commission on Radiological Protection) et conseiller de l’autorité de régulation nucléaire d’Argentine, déclarait lors de la conférence de l’OMS du 4 juin 2001 à Kiev :

« Tchernobyl a causé 31 morts, 2 000 cancers évitables de la thyroïde chez l’enfant, et à ce jour il n’existe aucune preuve validée internationalement de l’impact de l’exposition aux radiations sur la santé publique à Tchernobyl. »

Comparaison interdite avec Hiroshima ?

Deux figures importantes et critiques du monde scientifique japonais ont été écartées du panel d’experts mobilisés pour la conférence, Hiroaki Koide et Tatsuhiko Kodama.

Le premier est un spécialiste de la mesure du rayonnement et de sûreté nucléaire au Research Reactor Institute de l’Université de Kyoto, le second professeur au Research Center for Advanced Science and Technology et directeur du Radioisotope Center de l’université de Tokyo.

S’ils ne figurent pas parmi les experts invités, est-ce parce que Hiroaki Koide déclarait récemment qu’« il n’y aucun seuil de sécurité pour la santé en matière d’exposition à la radiation, quel que soit notre âge », tandis que Tatsuhiko Kodama, auditionné le 27 juillet à la Diète, affirmait que « le niveau total de radioactivité émise depuis le 11 mars est équivalent à 29,6 bombes d’Hiroshima en termes de quantité de chaleur, et de l’ordre de 20 fois Hiroshima en termes de volume d’uranium » ?

Avec l’argent du « fasciste le plus riche du monde » ?

On peut également s’interroger sur l’objectif réel d’une manifestation financée par la Nippon Foundation (à ne pas confondre avec la Japan Foundation). Cette fondation, dont on pouvait voir les camps de bénévoles installés dans le Tohoku dès le 12 mars, a été créée en 1962 par Ryoichi Sasakawa, dont la réputation est sulfureuse, accusé de crimes de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale (mais jamais condamné) et se définissant lui-même, dans une interview à Time en 1974, comme « le fasciste le plus riche du monde ».

La fondation est maintenant présidée par son fils, Yohei Sasakawa, chroniqueur au journal d’extrême-droite Sankei Shimbun. En 2010, la branche française de la Nippon Foundation, la Fondation franco-japonaise Sasakawa, dont le vice-président du conseil d’administration est Jean-Bernard Ouvrieu, ancien gouverneur pour la France à l’AIEA et ancien ambassadeur au Japon, a poursuivi pour diffamation Karoline Postel-Vinay, directrice de recherches au CERI-Sciences-Po.

Il s’agissait pour la fondation, qui a été déboutée par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, de tenter d’intimider ceux qui pointent sa stratégie de promotion de travaux universitaires négationnistes (notamment par rapport aux crimes de guerre, au massacre de Nankin et à la question de l’esclavage sexuel durant la guerre en Corée). Faut-il s’inquiéter du passé trouble du financeur du premier colloque sur les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima ?

Un colloque inaccessible au public et aux victimes

Que faut-il en outre penser du fait que la Nippon Foundation ait rendu ce colloque totalement inaccessible au public et aux victimes ?

Policier en civil au cours de la manifestation antinucléaire à Kyoto 11 juin 2011 (Thierry Ribault).

Il est vrai que le colloque sera retransmis sur un site Internet. Ainsi, les experts sur la scène et le peuple aux écrans, le spectacle peut continuer en toute tranquillité.

A l’automne, une enquête de santé publique pipeautée

L’imposture scientifique ne s’arrête toutefois pas là. En juin, le département de Fukushima a annoncé la réalisation d’une enquête de santé publique auprès des habitants exposés à de forts taux de radiation. Dès l’automne, tous les habitants du département recevront un questionnaire permettant de recueillir le détail de leurs activités et de leur consommation alimentaire deux semaines après le 11 mars.

Le taux de radiation estimé sera ensuite comparé avec les taux détectés. Seuls les résidents ayant un taux élevé seront soumis aux examens par anthropogammamétrie, examen des glandes thyroïdes, des urines et du sang. Les informations seront stockées durant trente ans dans une base de données créée par l’université de médecine de Fukushima, qui se félicite dans l’Asahi Shinbun du 18 juin 2011 :

« L’étude ira bien au-delà de toutes celles qui ont été réalisées sur les victimes de Hiroshima et de Nagasaki dans la mesure où elle intègrera l’évaluation de la contamination interne. »

Deux réserves de taille peuvent toutefois être exprimées vis-à-vis de cette initiative pavée de bonnes intentions.

Une enquête dont on annonce déjà les résultats

Selon les responsables de cette enquête, celle-ci « a été conçue de manière à calmer les inquiétudes, et à garantir la sécurité et le soulagement grâce à un contrôle sanitaire à long terme des habitants du département de Fukushima ».

Toshiteru Okubo, président de la Radiation Effects Research Foundation (un groupement coopératif de recherche nippo-américain sur les retombées de la bombe A, créé en 1947), pronostique d’ailleurs déjà les résultats de l’étude (Asahi Shinbun du 18 juin 2011) :

« L’impact des accidents de Fukushima sur la santé publique peut être présumé très mineur […]. L’exposition de la population à quelques douzaines de millisieverts par an ne constitue pas un niveau auquel des effets sur la santé ont été constatés dans les études antérieures […]. A de tels niveaux de radiation, il est fort probable que les effets liés à la consommation de tabac ou au stress de l’évacuation soient plus importants que ceux liés aux radiations. »

Non seulement, on lance une enquête dont on annonce déjà les résultats, mais les initiateurs parlent de « sécurité » et de « soulagement » alors qu’ils tiennent par ailleurs des propos pour le moins alarmants quant aux doses au corps admissibles.

Le seuil de risque le plus haut du monde ?

De fait, il est permis d’avoir des doutes sérieux quant au caractère véritablement scientifique de la démarche de cette enquête dans la mesure où l’université de médecine de Fukushima et le professeur Yamashita, également à l’origine du projet, soutiennent l’idée selon laquelle « il n’y a absolument aucun effet sur la santé tant que la contamination est inférieure à 100 microsieverts par heure », soit 876 millisieverts par an, c’est-à-dire 876 fois la dose maximale annuelle admissible selon l’ICRP, ou encore 44 fois la dose admissible pour les travailleurs du nucléaire aux Etats-Unis et en Allemagne.

Ces déclarations faites en mars, au moment où les débits de dose étaient au plus haut dans le département de Fukushima, ont toutefois été rectifiées deux mois plus tard : en bon scientifique le professeur Yamashita a alors clamé que le seuil de risque se situait à 100 millisieverts par an.

Photos : au cours d’une manifestation antinucléaire à Kyoto, le 11 juin 2011 (Thierry Ribault) ; policier en civil au cours de la manifestation antinucléaire à Kyoto 11 juin 2011 (Thierry Ribault) ; le 27 mai 2011, à Koriyama, à soixante kilomètres de la centrale. Wataru Iwata, initiateur de Project47/CRMS, explique à ces paysannes que la terre où elles vivent et cultivent, imbibée de césium 137 et 134, est inutilisable pour au moins dix ans et renferme une contamination équivalente à plus de 10 millisieverts par an hors inhalation et ingestion, soit dix fois la dose admissible de 1 millisievert par an.

Thierry Ribault | Economiste au CNRS | 11/09/2011 (Article publié par Rue89.fr)

L’IMAGE DU JOUR : MARCOULE le 12 septembre

21 Sep


A l’intérieur de Marcoule, le jour de l’accident…

NUCLEAIRE : les trois secrets de l’accident de Marcoule

20 Sep

Un blessé est évacué après l'accident sur le site nucléaire de Marcoule, le 12 septembre 2011 (Stringer France/Reuters).

Un cercueil blindé, des déchets mystérieux, un blessé soigné par l’armée : un journal espagnol dénonce les silences français.

Selon le quotidien espagnol Publico, les autorités françaises cherchent à cacher l’origine radioactive de l’accident qui a eu lieu lundi 12 septembre sur le site de Marcoule, faisant un mort et quatre blessés. Selon leurs informations, la victime a été contaminée : le cercueil, mis en terre samedi, est protégé par un blindage spécial et la famille n’a pas pu voir le cadavre.

Le quotidien croit également savoir qu’aucune autopsie n’a été effectuée. Et seuls les gendarmes, équipés de combinaisons de protection, ont eu accès au hangar où a eu lieu l’explosion.

Selon l’ASN, des blessés «pas contaminés»

L’employé mort était d’origine espagnole, âgé de 51 ans et il est mort brûlé par des métaux en fusion alors qu’il tentait d’ouvrir la trappe du four à la barre à mine.

Dans un premier communiqué, l’ASN (Autorité de sureté nucléaire) affirmait qu’il n’y avait pas de rejet à l’extérieur de l’installation. Sans préciser s’il s’agissait du site ou du hangar.

Dans un deuxième communiqué, l’ASN assurait que « aucune contamination n’a été constatée : les blessés ne sont pas contaminés ».

« Un accident industriel, pas nucléaire »

Le jour même de l’accident (qui a eu lieu dans le centre nucléaire Centraco, appartenant à Socodei, une filiale d’EDF), EDF s’était montré rassurant :

« C’est un accident industriel, pas nucléaire. Il n’y a pas de rejet radioactif et a priori, il n’y en aura pas. »

La Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) avait confirmé que selon ses relevés, tout était normal.

Mais les gendarmes français auraient raconté aux journalistes espagnols :

« Par chance, notre commandement nous a protégés en nous empêchant de rentrer dans le secteur et d’attendre les unités du risque nucléaire-radiologique-bactériologique-chimique (NRBC). »

Les sources judiciaires qui ont ouvert une information pour « homicide et blessures involontaires » ont indiqué au quotidien espagnol que le cadavre de José Marin est resté 48 heures dans le hangar avec le métal radioactif dans le corps. Ils ont confirmé que le cercueil était équipé d’une « protection anti-radioactive légère ».

Et selon un enquêteur, si le corps n’a pas pu être présenté à la famille, c’est parce qu’il ne pouvait pas être décontaminé.

Des incertitudes qui dérangent

Pour le journal, trois « secrets » posent problème :

  • EDF n’a donné aucune information sur l’état du corps de l’employé décédé ;
  • le deuxième blessé grave, un jeune employé (un apprenti selon Greenpeace) qui lui aussi a été touché par le métal en fusion à 1 300 °C, se trouverait entre la vie et la mort, brûlé au troisième degré sur 85% du corps. Il était soigné dans un hôpital civil (CHU de Montpellier) et a été transféré dans un hôpital militaire, celui de Percy-Clamart, « l’un des meilleurs de France, certes » note le quotidien, « mais qui dépend du ministère de la Défense » ;
  • le refus de Socodei-Centraco de révéler qui étaient les clients dont les déchets radioactifs étaient alors incinérés. Comme le refus des autorités de rendre publics les résultats des analyses des filtres et capteurs situés sur la cheminée du four qui a explosé.

Des déchets provenant d’activités militaires locales ?

Pour les Espagnols, il semble absolument anormal de ne pas pouvoir connaître la nature des métaux qui auraient contaminé les victimes, et notamment savoir s’ils sont d’origine militaire ou civile.

Selon le quotidien, qui cite un rapport de l’Office parlementaire de l’évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) datant de 1997, le four accidenté était destiné, lors de sa construction, à incinérer principalement des déchets provenant d’activités militaires locales :

  • trois réacteurs produisant du plutonium pour les bombes G1, G2, G3 ;
  • une usine de retraitement de combustible usé, émanant des réacteurs militaires (UP1) ;

Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, (IRSN) ce n’est pas le four en cause dans l’accident. Thierry Charles, son directeur de la sûreté des installations, nous apporte les informations suivantes :

  • le site de l’accident étant sous scellés de la justice, ils n’ont pas accès à une partie des installations ;
  • la Socodei-Centraco a pour mission de traiter les déchets civils provenant principalement d’EDF et Areva ;
  • la Socodei est tenue de respecter la limitation de becquerels dans les matériaux qu’elle traite et de rejets. Ces informations sont transmises et vérifiées par l’ASN.
  • la radioactivité présente dans les métaux en fusion dans le four était faible, 63 000 becquerels pour 4 tonnes.

Ces mesures sont contestées par Roland Desbordes, physicien, qui dirige le laboratoire de la Criirad, qui met d’ailleurs en doute la plupart des éléments de communiqués par les autorités et les opérateurs.

Greenpeace troublé par des contradictions

Sophia Majnoni, en charge du nucléaire à Greenpeace, se montre troublée par ces informations :

« Ou bien le mort n’était pas contaminé et dans ce cas il n’y a aucune raison d’utiliser un cercueil spécial, ou bien seuls les blessés n’ont pas été contaminés et à ce moment-là, la communication de l’ASN est ambiguë en laissant entendre qu’il n’y a eu aucune contamination à l’extérieur du four. »

Dans tous les cas, Greenpeace demande que toute la transparence soit faite sur les circonstances exactes de l’accident. Sur le versant « militaire » de la discrétion des autorités françaises :

« Que les déchets fondus dans le four proviennent d’une zone militaire ou civile ne donne pas d’indication sur leur nature, ça ne signifie notamment pas qu’ils sont forcément plus radioactifs. »

Le four n’aurait pas explosé

Pour Michèle Rivasi, députée européenne Europe Ecologie, professeure agrégée de biologie et fondatrice de la Criirad :

« Les Espagnols sont confrontés au secret qui est la culture et la maladie génétique française. »

Selon les explications fournies par l’Autorité de sureté nucléaire, que nous ont rapportées deux sources, le four n’aurait pas explosé. L’ouvrier qui est mort aurait soulevé la trappe du four, et un geyser de métaux en fusion a jailli, le tuant et blessant son collègue. « Du métal contaminé », rappelle Michelle Rivasi, « et on ne sait pas par quoi. On ne sait pas d’où vient cette ferraille. Si elle provient des bombes, il peut y avoir, par exemple, du plutonium ».

Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) devrait rapidement mettre en ligne le compte-rendu de la réunion qui a porté sur ce sujet. Il y aura aussi des photos du four. La réunion a eu lieu jeudi. Selon son dernier « point », il n’y avait rien à signaler.

Mis à jour le 19/09/2011 à 15h30. Ajout du paragraphe avec le directeur de la sûreté de l’IRSN.

Photo : un blessé est évacué après l’accident sur le site nucléaire de Marcoule, le 12 septembre 2011 (Stringer France/Reuters).

Blandine Grosjean | Rue89 | 19/09/2011 |

SARKOSY, LA PLACE TAHRIR ET LE CAFE DE FLORE

20 Sep

« Les manifestants de la place Tahrir, c’est le Café de Flore à Saint-Germain-des-Près. » Nicolas Sarkozy, Paris, le 14 septembre 2011

article publié par CRIS D’EGYPTE le 17 septembre.

A SUIVRE dans l’Esprit cette semaine :

19 Sep

– La suite de notre enquête sur LES TABLES AVIGNONNAISES : de quoi se persuader de migrer chez les voisines de notre « belle » cité…
– POLITIQUE : Y-a t-il vraiment une Gauche avignonnaise ?
– Le scandale du FESTIVAL OFF d’Avignon : prévarications et esprit d’entreprise…
– LE TRAMWAY AVIGNONNAIS : fantasme absolu et déficit record, une faillite annoncée…

A TOUT DE SUITE ! 🙂

COMMERCES AVIGNONNAIS : Pourquoi les épiciers locaux adorent l’UMP…

19 Sep

AVIGNON : Le joli coup du « Marché U » des Halles.

Le quinquennat Sarkosy a été une véritable bénédiction pour tous les commerçants, notamment les épiciers et autres « métiers de bouche ». Comme nous le savons tous, ces usuriers de la tomate et du cornichon ont été particulièrement choyés, tout comme leurs homologues de la « restauration » ardemment défendus et gentiment représentés dans notre ville par l’adjoint au tourisme et « chef » Christian Etienne…

Tous ces braves gens, exploiteurs patentés de la classe des « travailleurs pauvres » (c’est à dire gagnant moins de 970 euros net/mois), qui ne font rien d’autre que revendre avec des marges prohibitives ce que d’autres ont produit péniblement (paysans, ouvriers de l’agro-alimentaire), tout en paupérisant leurs employés à coup de temps partiels forcés, ont particulièrement été servis par le pouvoir UMP : exonérations de toute nature, contrats « d’apprentissage », TVA réduite, etc. A Avignon, fief de l’UMP Marie-José Roig, certains commerçants « malins » ont particulièrement profité du système généreux qui leur était proposé :

Les premiers gratteurs furent donc ces commerçants « avisés » que sont les épiciers. Prenons pour exemple le « Marché U » rue de La Meuse, face aux Halles.

Intrigué par le turn-over hallucinant des caissières de ce magasin, l’Esprit a très vite compris le manège : ce « Marché U »-là (ex-Coccinelle), qui vient d’être réaménagé entièrement et à grands frais au mois de juin dernier, pratique à tour de bras le « contrat d’apprentissage« . Soit une aide bénie des dieux, offerte par le pouvoir aux commerçants, leur permettant sous prétexte « pédagogique » d’employer des gens gratos (enfn pas tout à fait, puisque payés par nos impôts)… Entre autres détaxes du travail salarié, légales il est vrai, mises en place par le gouvernement Sarkosy afin d’aider ces pauvres épiciers dans le besoin.

Soit une exploitation éhontée de ce gibier à commerce, corvéable à merci, que constitue la « clientèle » des lycées professionnels, pauvres jeunes filles désargentées, bien obligées d’effectuer ces stages en entreprise. Moyennant quoi, leurs patrons comme celui-ci (mais il n’est pas le seul à Avignon, le « Spar » rue de la Bonneterie n’est pas mal non plus), bénéficient d’une main d’oeuvre -non « qualifiée » certes- à coût zéro ou presque. Joli coup !

D’autant que ce même patron – un malin qui a bien pigé le système et l’aubaine que cela constitue pour son petit esprit d’épicier- pratique exactement la même chose pour les autres enseignes dont il est devenu propriétaire, grâce à ces largesses de l’Etat UMP, à commencer par la boulangerie Bannette voisine de son épicerie à 6,80 euros le kg de cerises en pleine saison… Une très belle affaire pour ce monsieur et son épouse qui, en à peine cinq ans, ont multiplié leur patrimoine par trois ou quatre. Merci monsieur Sarkosy.

Taïeb El Baradeï

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