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AVIGNON : CHANTAL LECHALIER, en suffragette du patrimoine… (qui se trompe de défense)

26 Jan

LE COMPAS DANS L’OEIL : une nouvelle chronique d’Antonio Sanz

Madame Lechalier n’aime pas l’art. Gageons qu’elle n’aime guère non plus les artistes, surtout s’ils sont contemporains de son auguste personne et un peu Catalans sur les bords. Pas Avignonnais, quoi. Ce matin donc, l’ire de Madame Lechalier (ndlr : présidente de l’association Avignon Patrimoine) se répandait dans les pages de La Provence au sujet de ce « pachyderme monstrueux » dont elle veut à tout prix se débarrasser, allant même jusqu’à menacer de faire appel à de bien plus « haut-placés » que Madame Roig elle-même. Pour un peu, on s’imaginerait que Madame Lechalier a le bras long comme la trompe dudit pachyderme ! Pensez ! Notre mairesse doit en trembler encore…

Madame Chantal est la présidente d’une obscure association de « défense » (c’est à point nommé) du patrimoine avignonnais. On se doute que sa conception du dit patrimoine ne doit guère s’étendre au delà des quelques bigoteries d’édifices ayant fait les beaux jours de l’Avignon félibre. Le Palais du Roure, par exemple, dont elle souhaite une rénovation « indispensable », quelques églises tout aussi indispensables à l’éducation des jeunes filles de bonne famille, et bien entendu cette meeeeerveilleuse ma chère « place gothique » du Palais, qu’elle trouve fort encombrée de cet exogène éléphant géant. Soit.

Toutefois faisons-lui remarquer -même si elle s’en contrefiche, comme elle s’en vante dans La Provence- qu’une majorité d’Avignonnais plébiscite cette oeuvre superbe, parfaitement intégrée dans le cadre majestueux du Palais, et exact contrepoint vacillant de la monumentalité de l’édifice. Certes, le piédestal est moche, et plutôt à contresens de l’oeuvre. Mais cela doit pouvoir s’arranger. En revanche, si Madame Lechalier se préoccupait un peu plus de ce qui intéresse ses concitoyens, elle suivrait le sondage de la même Provence, où plus de 55% des votes exprimés le sont en faveur du maintien de la sculpture. Tout comme ceux qui se sont joints à notre propre pétition lancée sur Facebook, les Avignonnais aiment cette oeuvre. Et souhaitent, si possible, la garder. Et pour une fois que nous sommes d’accord avec Marie-Jo, qui visiblement désire l’acquérir, nous n’allons pas faire la fine bouche ! 🙂

Mais Madame Lechalier est une combative. La voilà prête à remuer ciel et terre pour parvenir à ses fins. Gageons que son coup de pub accroîtra un peu sa maigre notoriété sur la scène avignonnaise. Quitte à se battre contre des moulins à vent, envers et contre tous. Car enfin, libre à Chantal Lechalier de ne pas aimer l’Eléphant de Barcelò, ni d’aimer l’Art contemporain (comme elle ne doit guère aimer d’ailleurs la société contemporaine dans son ensemble, et ses « travers » post-modernes : « Mais ce n’est pas de l’art, ma chère, voyons ! »). Qu’elle se recentre plutôt sur les vrais problèmes du patrimoine local, comme la Chapelle principale du Palais qui se fragilise dangereusement, ou encore cette restauration aberrante de la Tour du Trouillas, comme nous l’évoquions samedi dans notre article. Et qu’elle laisse donc cet éléphant plutôt réjouissant vaciller sur sa trompe : n’est-il pas choucas ce pachyderme, dont la seule disgrâce aux yeux effarés de notre Chantal serait de se balancer impudiquement sur cet appendice conséquent ? Non, Madame Lechalier, le ciel ne vous tombera pas sur la tête pour autant, vous pouvez dormir tranquille… sur vos deux grandes oreilles.

Antonio Sanz

NB : Pour l’édification de Madame Lechalier, « spécialiste » du patrimoine, voici in-extenso le commentaire pertinent d’un lecteur informé :
« Si l’on veut vraiment respecter le Palais des papes, commençons par démolir la statue dorée de la Vierge, ajoutée au XIXe siècle, et qui dénature complètement le profil du palais (ce coquin de Benoit XII avait fait bien attention à ce que son palais domine la cathédrale, et non l’inverse) ; et puis, pour faire bonne mesure, supprimons purement et simplement la Place du Palais, aménagée au début du XVe siècle pour des raisons défensives, en rasant sauvagement tout un quartier, plusieurs années après le départ du dernier pape d’Avignon. La « place gothique » n’existe que dans l’imagination de Madame Lechalier… » (Polpot)

Association « Avignon Patrimoine »
Président : Chantal Lechalier-Vice président Christian Serres
Effectifs : 210 membres
« Sauvegarde et mise en valeur du patrimoine avignonnais
-L’association intervient directement auprès des pouvoirs publics.
-L’association organise des visites du Patrimoine Avignonnais afin de faire mieux connaître ses richesses à ses adhèrents. »

Soyez nombreux à rejoindre notre pétition sur Facebook : Pour le maintien de l’éléphant

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Décroissance : Rétrécir sa maison

22 Oct


20.10.2010 | Michael Janzen | Yes! republié par Courrier international

Un chroniqueur américain raconte le défi qu’il a voulu relever : vivre dans une habitation la plus petite possible.

En 2008, alors que ma grande maison valait de moins en moins sur le marché, j’ai commencé à m’interroger sur la véritable valeur d’un logement et le risque bien réel qu’implique un bien à crédit. J’avais fait un énorme engagement financier, mais pas pour acheter les choses qui importent vraiment, comme la sécurité ou plus de temps en compagnie des êtres qui me sont chers.

C’est alors que j’ai découvert le « mouvement de la micromaison », qui propose une autre manière de penser le logement. Une toute petite maison nous ôte des épaules nombre des fardeaux que nous avons acceptés quand nous avons adhéré à la notion d’un mode de vie “normal” à l’américaine. Un espace réduit à l’extrême nous permet de nous rendre compte à quel point nous avons besoin de peu. Je n’aurais jamais pensé que des surfaces aussi petites étaient possibles, jusqu’à ce que j’apprenne l’existence des petites maisons Tumbleweed Tiny Houses de Jay Shafer. Jay vit depuis des années dans des endroits d’une superficie infime, inférieure à 10 mètres carrés.

J’ai décidé d’aller encore plus loin dans le minimalisme, en construisant une maison lilliputienne qui ne me coûterait rien d’autre que du temps et de l’énergie. J’utilise principalement des matériaux recyclés que j’ai obtenus sans frais. Toute dépense pour les travaux sera compensée par la vente de produits gratuits que j’aurai trouvés. La maison est bâtie sur une surface de 2,13 mètres de long sur 3,66 mètres de large, ce qui donne une surface habitable totale d’environ 4,50 mètres carrés. Trois personnes pourront y dormir, deux sous les combles et une sur un canapé-lit. Une petite cuisine et une salle de bains équipée de toilettes sèches sont prévues.

Le bois de la charpente vient essentiellement des palettes de transport que j’ai dénichées dans des bennes à ordures. Ce n’est pas très facile de s’en servir pour la construction, mais c’est une démarche juste et poétique, semble-t-il, pour une maison qui remet en cause la société de consommation, que d’employer les objets mêmes qui ont acheminé tant de biens de consommation sur le marché. J’ai réutilisé du contreplaqué usagé pour le revêtement et une pile de feutre de récupération pour le toit. Le chantier de ma micromaison n’avance pas bien vite, mais je n’en suis pas moins convaincu que cela en vaut la peine.

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