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OFF D’AVIGNON : Greg Germain, les dates du Off et les éléments de langage

22 Oct

L’inénarrable président de la confrérie des loueurs de salles du Off autrement dénommée AF&C, grand ami de Marie-Josée Roig, maire UMP d’Avignon, est remonté. Pensez : les prochaines dates du Off risquent fort de faire perdre une grosse part de recettes aux gentils organisateurs du Off, qui sont aussi les tenanciers de salles qu’ils louent fort lucrativement aux compagnies. Ainsi, les Le Corff, Vantaggioli et autres Raymond Yana verraient leur confortable part de gâteau se réduire comme peau de chagrin avec le passage à 19 jours de recettes au lieu des 24 habituels !

Les pauvres ! Suite à un obscur calcul sur les dates d’entrée en vacances scolaires, Greg Germain, que le ridicule n’a jamais tué, se vautre dans les colonnes bienveillantes d’AVIGNEWS sur cette injustice à lui faite. L’article (paru le 19 octobre, 67 visualisations au bout de 4 jours de mise en ligne !), s’il est peu lu, recèle tout de même son lot de perles, comme toujours avec le célèbre président d’ AF&C.

VERBATIM :
Les cours se terminent le 5 juillet, ce qui complique pour démarrer le 8, il faut bien 5 jours d’installation technique. Les 200 chambres du Crous ne seront pas libres avant, ni les appartements des Avignonnais. Où logeront les artistes ? Si on veut rester dans les clous, il faut débuter au minimum le mardi 10 pour finir le samedi 28 mais avec 19 dates. Si on veut conserver 24 jours en laissant les compagnies s’installer, on débute le 11 ou 12 en débordant jusqu’au 3 ou 4 août ?
Bref, Germain n’est pas content. Cela lui amputerait 5 journées de recettes, notamment pour les fameuses cartes Off qui sont le fond de commerce de l’association AF&C (à but « non lucratif ») et sur lesquelles ils ne reversent RIEN aux théâtres ni aux compagnies…

Chaque année, 90 compagnies s’installent dans les écoles (Pasteur, la Salle, Roseau… le village du Off à l’école Thiers). Là il cite explicitement le type de lieux qui sont régis par ses amis directs membres du bureau d’AF&C : Bernard Le Corff, (Collège de la salle) Raymond Yana (Espace Roseau) : effectivement, doivent pas être contents, les potes ! Quelques dizaines de milliers d’euros en moins dans leurs poches, pensez !

45 000 abonnés (à la carte Off). Eh oui ! Si on l’avait oublié, l’organisation du OFF est une juteuse affaire : presque 600 000 euros qui entrent dans les caisses de Greg et de ses amis, sur le dos des salles et des artistes…

6 000 artistes qui se posent au Off achètent un tee-shirt ou une culotte, c’est une étude vérifiée. Vérifiée comme tous les chiffres que répand le président d’AF&C… Et donc, si les artistes achètent une culotte, c’est bon pour le commerce et donc pour le OFF ! On jugera de la qualité de l’argument…

Tous les partenaires directs et indirects, dont les associations de commerçants, devront communiquer sur ce débordement. Ça n’a l’air de rien mais c’est beaucoup de jus de cerveau pour que ça se passe le mieux possible.
Après les petites culottes, le Jus de Cerveau ! Greg Germain est un poète.

Et pour finir en beauté : Avignon est un marché, n’en faisons pas un tabou. Cela, on l’avait remarqué, cher Greg Germain. surtout pour vous d’ailleurs et vos amis d’AF&C…

Certainement pas pour les compagnies qui investissent 30 000 euros en moyenne et qui repartent la queue entre les jambes et les caisses vides, à cause de « l’organisation » incompétente du OFF, la gestion calamiteuse (mais pas pour tous) d’AF&C, et l’image artistique exécrable qu’a désormais ce festival, grâce à vos amis, M. Germain, du Paris, du Capitole et autres salles de bas étage, véritables lupanars de la « création » théâtrale.

Angelina Vivaldi

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THIERRY MARIANI : Sa « Droite populaire » qui copie le programme du FN

29 Sep

Le ministre Thierry Mariani, l'un des fondateurs de la Droite populaire.

Le ministre Thierry Mariani, ex-député de Vaucluse (Valréas), bien connu chez nous à Avignon pour ses nombreuses inaugurations-prétextes à visites d’amitié à ses potes UMP locaux et autres cousinages* éloquents, est un des fondateurs de la section facho du parti présidentiel dite « Droite Populaire », grande pourvoyeuse de lois liberticides et tout simplement imbéciles. Voici l’analyse du « programme » de ce « mouvement », publiée il y a quelques jours par Le Monde.fr :

Marine Le Pen la nomme « l’agence de publicité mensongère », une « entreprise d’enfumage électoraliste ». La Droite populaire, collectif de députés les plus à droite de l’UMP, vient de remettre 12 propositions pour le projet présidentiel de 2012. Ce groupe d’élus, qui va s’ouvrir « dans le mois qui vient, à tous ceux qui veulent adhérer à [leur] charte », se présente comme un regroupement de gardiens  du sarkozysme, dont le socle électoral de 2007 s’était notamment nourri  d’électeurs du FN.

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Aujourd’hui, Marine Le Pen a regagné du terrain sur  cet électorat. Une dynamique que la Droite populaire, fondée par le ministre chargé des transports, Thierry Mariani,  aimerait enrayer, afin que Nicolas Sarkozy ne se fasse pas doubler sur sa droite.

Parmi les 12 propositions avancées mardi 27 septembre par la Droite populaire, certaines reprennent des thèmes mis en avant par Marine Le Pen, mais ce ne sont pas non plus des « copiés-collés » du programme du FN. Revue de détails.

UNION EUROPÉENNE ET RÔLE DE L’ÉTAT

Au chapitre des différences, l’Europe et le rôle de l’Etat figurent en bonne place. Chez Marine Le Pen, l’idée est claire : il faut sortir de l’Union européenne pour bâtir un « Etat stratège » et interventionniste.

Pour la Droite populaire, il faut « corriger (…) le trop plein de l’Etat providence et ses effets néfastes ». Et il n’est pas question de sortir de l’UE. Il faut en outre « redonner confiance en l’Europe en fixant trois priorités : la gouvernance économique et la libre circulation des hommes et des biens tout en maintenant un contrôle extérieur rigoureux aux frontières ».

La Droite populaire reprend notamment la taxe Tobin,  qui vise à taxer les flux financiers, mais le Front national apparaît d’une manière générale comme plus interventionniste économiquement. La Droite populaire défend notamment l’idée d’un CDI plus flexible et la disparition des CDD.

PATRIOTISME ÉCONOMIQUE

Sur le soutien aux PME et TPE ou la lutte contre la grande distribution, les propositions de la Droite populaire et du FN se font écho.

Comme le FN, la Droite populaire envisage des « barrières douanières modulables pour les importations en provenance des pays qui ne respectent pas les normes sociales et environnementales » dans le cadre de ce qui est nommé une « TVA protection de l’emploi ».

Une proposition qui n’est pas sans rrappeler le protectionnisme « raisonné » du FN, qui préconise des « écluses douanières » non pas aux portes de l’Europe mais aux frontières françaises. Des droits de douanes qui ne frapperaient pas « de manière uniforme tous les produits importés, mais seraient ciblés selon des critères intelligents et utiles », comme les normes sociales, environnementales et sanitaires.

De la même manière, Droite populaire et Front national défendent un « patriotisme économique ».

PARTICIPATION SALARIALE

Autre point de rapprochement, la participation salariale. Pour la Droite populaire, il faut la favoriser en « incluant une part de cogestion (présence systématique dans les Conseils d’administration) ».

Le FN va un peu plus loin en lançant l’idée d’un « capitalisme populaire ». Dans les entreprises de plus de 50 salariés, serait  instaurée une « réserve légale de titres » : les salariés « dans leur globalité »,  pourraient ainsi devenir collectivement « propriétaires » de 10 % de l’entreprise. Cependant, ils n’auraient pas le droit de vote.

SÉCURITÉ ET IMMIGRATION

Évidemment, ce sont sur les thèmes de la sécurité, de la lutte contre l’immigration, de la lutte contre la fraude sociale, de la « laïcité », ou encore sur « le refus du communautarisme » que les points communs sont les plus nombreux.

Il en va ainsi de la limitation « au strict minimum vital » de l’Aide médicale d’Etat (AME) pour les sans-papiers, de l’opposition au droit de vote pour les étrangers, ou des conditions renforcées d’acquisition de la nationalité française.

Ainsi, Marine Le Pen veut supprimer « l’acquisition automatique de la nationalité. Il faudra  faire preuve d’un talent, d’une ambition, d’une envie particulière pour  devenir français ». La Droite populaire aussi, en mettant en place « un droit de la volonté » pour « l’acquisition de la nationalité française à 18 ans ».

FN et Droite populaire mettent également en avant une politique de codéveloppement pour inciter les populations candidates à l’immigration à rester dans leur pays d’origine. Côté  UMP, on parle d’un « plan Marshall du codéveloppement en jumelant chaque nation européenne à tous les pays de bonne gouvernance ».

Côté FN, on veut « prendre l’initiative d’organiser régulièrement une conférence euro-africaine réunissant les pays concernés afin de déterminer les besoins et de mettre en œuvre les moyens destinés à fixer les populations (…) dans leurs pays d’origine », comme le décrit le site du parti d’extrême droite.

Sur plusieurs sujets, le FN va plus loin que la Droite populaire. Ainsi, la Droite populaire veut « restreindre » le regroupement familial « en supprimant son automaticité ». Le FN veut, lui, le « supprimer ».

Le parti d’extrême droite parle de « rétablir  l’expulsion des délinquants multirécidivistes étrangers » quand la Droite populaire veut « rendre possible le non renouvellement du titre de séjour à tout étranger condamné à une peine d’au moins un an de prison ».

Ou encore, quand l’aile droite de l’UMP parle « d’instaurer des sanctions renforcées pour les trafiquants », Marine Le Pen, elle, s’est prononcée à plusieurs reprises pour le rétablissement de la peine capitale pour « les gros trafiquants ».

LES AIDES SOCIALES

A première vue, le Front national peut paraitre plus « social » que la Droite populaire concernant les aides. Sur le RSA notamment, Marine Le Pen déclare que « le RSA est un minimum auquel ont légitimement droit de nombreux Français  particulièrement démunis, et il apparaît totalement stupide de vouloir réduire les revenus de ceux qui ne font aujourd’hui que survivre ».

De leur côté, les députés de la Droite populaire veulent « limiter la perception du RSA dans le temps et instaurer une compensation au versement », c’est-à-dire un temps de travail obligatoire. Si la position du FN semble plus « généreuse », il ne faut pas oublier que, concernant les aides sociales ou le logement social, tout passe, au Front national, par le tamis de la « préférence nationale » – véritable pierre angulaire du programme – qui entend réserver les aides aux seuls Français, ce qui n’est pas le cas de l’aile droite de l’UMP.

LUTTE CONTRE LA FRAUDE SOCIALE ET DÉMOCRATIE DIRECTE

La fraude sociale est aussi un des thèmes majeurs que FN et Droite populaire se partagent. Ils tombent d’accord sur la création d’une carte vitale sécurisée ainsi que sur la volonté de renforcer les fichiers existants. Pour le FN, en autorisant le croisement de fichiers, pour la Droite populaire, en créant un registre national centralisé et coordonné.

Au chapitre des institutions, Droite populaire et Front national tombent d’accord sur l’instauration d’un référendum d’initiative populaire, sur le modèle suisse.

Abel Mestre / pour Le Monde.fr | 28.09.11

LIRE AUSSI : ce cher cousin François Mariani

MEGALOMANIAQUE MARIE-JOSEE ROIG : Un Tramway nommé Désastre

27 Sep

(le tramway sur la rive asiatique d’Istanbul)

Le Billet d’Angelina / Réactualisation au 27 septembre 2011

Le Tramway d’Avignon, éternel serpent de mer, est hélas, toujours d’actualité. Ce projet pharaonique est parfaitement inadapté à la petitesse du territoire avignonnais. Budgétivore, il ne concernera au final que trois dessertes et 14 km de voies pour un coût total de construction estimé à 250 millions, non-compris les dommages collatéraux : fermeture des commerces du parcours pendant de long mois, réaménagements de la voirie annnexe, remplacement de la flore abimée, etc.

En réalité, c’est au minimum 350 millions (!) que la ville va devoir provisionner, compte tenu des dépassements inévitables, pour mener à bien ce projet délirant, inapproprié et totalement irréaliste, destiné simplement à faire « trace » dans la vie et l’oeuvre de son initiatrice mégalomaniaque Marie-Josée Roig, maire d’Avignon…

Nous sommes donc fortement opposés à ce gadget d’élue qui conduira fatalement les finances de la ville dans un gouffre abyssal, et dont nous subirons forcément les dégâts. Voici ce que nous en écrivions il y a quelques mois :

Il paraît que notre Marie-Jo en ce moment est aux anges : la nomination du nouveau préfet de Vaucluse y est pour beaucoup. En effet, quoi de mieux qu’un ami acquis à votre cause, qui plus est Le représentant de l’Etat en ces lointaines terres, pour faire avancer un dossier dont, en haut-lieu, on ne parierait pas un kopeck sur la faisabilité ?

Le « Tramvouais » (comme dit l’ami Gaudin) d’Avignon serait donc « sur de bons rails ». Au-delà du jeu de mots complaisant que la presse locale se plaît à répercuter dans ses colonnes (avec les considérations oiseuses sur l’ACA et ses déboires, autre marronnier de nos journalistes du cru), ce qui s’abrite derrière cette boutade cache en fait une réalité beaucoup moins plaisante pour les contribuables avignonnais, et que ladite presse locale « d’information » se garde bien de relayer.

Pour exemple, considérons les déconvenues de nos amis marseillais : après que leur bourgmestre inénarrable relooké en Grand Santonnier devant l’Eternel eût oeuvré de longues années pour cette incongruité toute marseillaise, le Tramway de la cité phocéenne (autre appellation de Marseille en vogue chez nos plumitifs de la PQR), a vu le jour. Non sans douleur ni effets sur la patience des contribuables : rues et avenues éventrées quatre longues années durant, commerces riverains obligés de mettre la clef sous la porte, habitants « pauvres » (et surtout arabes) chassés de chez eux au profit de sociétés de réhabilitation immobilière (appartenant à de fameux fonds de pensions venus d’Outre-Manche), nuisances de tous ordres… pour un résultat dont le moins que l’on puisse dire est qu’il dépasse toutes les espérances du brillant initiateur de cet OVNI : une dette multipliée par 10, chaque contribuable marseillais se voyant condamné à devoir une année de salaire, quelques centaines de commerces définitivement fermés, une « requalification » des quartiers passant par la destruction pure et simple de leurs noyaux de vie, au bénéfice de quelques bobos parisiens ou lyonnais expatriés, ravis d’emprunter ce serpent de mer ferrovière pour ammener leurs gamins le samedi au parc Longchamp. Sans parler du fait que les lignes du-dit « tramvouais » doublent parfaitement les lignes existantes de métro (mais en plein air il est vrai)…

Surtout, la ville de Marseille (960 000 habitants tout de même, à comparer aux pauvres 92 000 de notre Cité), déjà largement dans le rouge, voit grâce à cet « investissement visionnaire » son endettement déjà stratosphérique crever tous les plafonds de la prospective comptable : ce Tramway gaudinesque, qui ne sert à rien ou quasi, a réussi à gréver le budget de la Ville sur 20 ans ! Vingt années pendant lesquelles le déjà pauvre contribuable marseillais va devoir se saigner aux quatre veines, notamment sur sa taxe d’habitation, pour renflouer le déficit de ce coup de mégalo de son Maire, pas à une aberration près… mais que ne ferait-on pas pour rallier démagogiquement un électorat semble t-il de plus en plus écolophile, n’est-ce pas ?

Voilà donc un bel exemple à méditer, chers Avignonnais, à l’heure où nos taxes d’habitation, forcément en hausse du fait du désengagement de l’Etat, vont se prendre de surcroît un sérieux coup de fouet en anticipation des projets ubuesques de sa première magistrate…

Angelina Vivaldi

GASTRONOMIE : Le Top des pires tables d’Avignon

22 Sep

Ce n’est rien de dire qu’Avignon est une mauvaise étape gastronomique…Sa calamiteuse réputation en la matière s’est répercutée jusqu’outre-Atlantique, et au-delà. Bref, on mange très mal et très cher dans ce village prétentieux qui se la joue « ville d’étape » grâce à l’entregent de son ambassadeur gastronomique, le désolant et fat Christian Etienne, adjoint au Tourisme, qui se trouve être également le « chef » le mieux couvert par la presse locale…

Dans ce marécage attristant que constitue la restauration avignonnaise, quelques tables surnagent néanmoins, même si les mauvaises habitudes prises pendant le Festival l’été se retrouvent un peu le reste de l’année… En gros, une petite dizaine de lieux honorables -ou même vraiment fréquentables- parmi lesquels je citerais en vrac Le Bain-Marie, le Zinzolin, La Fourchette, L’Epicerie, La Vache à Carreaux, Merci Tonton (même si l’été dernier, ça c’est relâché), l’Hôtel d’Europe (très cher mais 1000 fois mieux que Christian Etienne ou même La Mirande), Le Moutardier…

Mais aujourd’hui, ce n’est pas notre propos, et nous avons plutôt décidé de faire un petit tour de ces tables qu’il faut absolument éviter… Choix cornélien, tant les prétendants au titre sont nombreux !

Passons sur les incompétents qui peuplent la rue de la Ré et la Place de l’Horloge. Ceux-là affichent directement leur programme « gastronomique » avec leurs terrasses prétentieuses et leurs cartes rigoureusement identiques où le même « gigot à la crème d’ail », surgelé et trop cuit, vous sera servi en plat du jour à 9,50 euros. Une aubaine pour les gastro-entérologues.

Allons directement vers ces quelques « joyaux » de la restauration locale, comme on peut en trouver, par exemple, Place des Carmes :

Pace e Salute : une enseigne qui propose des « tapas » corses (!!!) cent fois cuits et recuits, baignant dans une huile renouvelée tous les trois mois. Bref, vous l’aurez compris, un attentat à votre intégrité physique, le plus servi par une patronne qui se la joue couleur locale et qui accueille ses clients (des gamins pour la plupart) en affichant sans vergogne son goût pour les teintures oxygénées et les atours de poissonnière du Vieux-port. Avé l’assent, s’il vous plaît.

Le Pichet : Là on frise l’apothéose. L’acmé de la malbouffe. Une horreur, où l’on trouve des cheveux dans la salade (authentique !), où la nourriture est vraiment dégueu et servie froide, et où le patron vous accueille comme un chien errant. Une honte que la profession devrait éradiquer sans hésiter.

Plus loin, rue du Chapeau Rouge, Le Bazoo est pas mal non plus :
Du réchauffé, du réchauffé et du réchauffé. Avec son sens de la « formule » (un truc soi-disant « économique », en fait atrappe-couillons), le Bazoo s’était forgé naguère une petite clientèle néo-bobo qui aimait son ambiance feutrée (entendez où l’on ne voit rien) garnie de mobilier brocante et autres gadgets à l’usage de ces gogos… Mais la médiocrité de la cuisine et la désertion de la clientèle ont transformé le Bazoo en une bombe sanitaire à retardement. A fuir, donc.

Remontons un peu et atterrissons sur la place Jerusalem. Ici, pas de miracles, mais un « spot » qu’affectionne visiblement la jeunesse aisée d’Avignon : l’AOC. Un de nos préférés dans le top des mauvaises tables de la ville : un personnel inefficace, un patron hautain et prétentieux, des prix surévalués pour des assiettes en déshérence… Ainsi de leurs « planches » anémiques où voisinent deux tranches de salami et un mauvais bout de Brie pour 10 euros. Et avec lesquelles il ne serait même pas convenable de faire l’apéro entre amis. Ne parlons pas de la sardine en boîte servie je-me-la-joue Gault&Millau à 13 euros ou le vin qui à lui seul double la note. l’AOC a changé il y a peu de patrons puis a déménagé, mais franchement il aurait mieux fait de fermer tout court. Une arnaque branchouille et détestable, tout comme son homologue et homonyme de Villeneuve. A éliminer.

Passons à la Place de la Principale où le Arts & Gourmets officie : la table la plus détestablement branchée « parisienne » où la médiocrité des mets n’a d’égale que l’astronomique addition que l’on vous sert sans un sourire. Un must dans l’arnaque à la « branchitude ».

Pas loin, vers les Halles (entre parenthèses, haut lieu elles aussi de l’arnaque patentée), voici la Table du Blond… Monsieur a un jour eu une révélation : il était un grand cuisinier. Depuis Monsieur a ouvert sa mauvaise gargote, dont la prétention de la carte justifie, croit-il, la note de plomb qui vous tombe sur la nappe en fin de parcours. Bref, Monsieur est un très mauvais chef doublé d’un exécrable commerçant : accueil détestable, professionnalisme inexistant, gastronomie en berne. Une erreur.

Un petit détour par la rue Bancasse où un « Tapalocas » propose un éventail de soi-disant tapas gras et insipides, tous plus indigestes les uns que les autres. Un truc de mômes à fuir en toutes circonstances, si vous tenez à votre santé.

Poussons un peu et direction la Place des Corps-Saints. Là officient un tas de snacks vaguement rebaptisés « restaurants », que le baisage de touristes et autres habitués bobos n’effraie pas, sous le prétexte d’une façade « bio » et autres fariboles destinées à niquer le gogo plus profond encore. En gros toute la place est à éviter, mais une mention particulière pour ce machin ouvert par deux parisiens qui vous vendent le Côte-du-Rhône au prix du St-Emilion grand cru, tout en vous servant dans des boîtes en bois de mauvaises salades bios pleines de graines. Autre erreur, doit disparaître au plus vite.

Passons par la Maison des Fondues, hérétique bubon marronnasse de la rue de la Bonneterie, qu’une blondasse acariâtre dirige d’une main d’enfer. En revanche, pour ce qui est de sa « cuisine », faudra repasser. Fondues « savoyardes » comme moi je suis Tibétaine, grasses et collantes, à prix fort. Si vous aimez ressortir d’un resto l’estomac plombé jusqu’aux chevilles et le portefeuille allégé…

Terminons par ce détestable Offset, jadis déjà déplorable Walamoulou (approximativement, car je ne suis jamais arrivée à le prononcer). C’est rue des Teinturiers, et c’est franchement une escroquerie. Service nul -quand il n’est pas exécuté par une cagole- qualité des plats médiocre, addition stratosphérique. Sans parler de l’accueil des kékés de patrons dont le « métier » leur est parfaitement indifférent, pourvu qu’ils boivent des coups avec leurs potes de boite de nuit, sans un seul regard à qui ose les interrompre dans leur conversation -genre juste pour leur commander quelque chose. A dératiser.

Voilà. Ce n’est qu’une modeste sélection parmi une cinquantaine d’escrocs, d’arnaqueurs et autres incompétents malhonnêtes qui s’intitulent Restaurant sans jamais avoir su distinguer un fouet d’un épluche-légumes. Mais bon, il y aurait tant à dire sur le niveau général de la restauration dans cette ville qu’il y faudrait un site internet entier. En fait, c’est Avignon, voilà tout, et ses restos sont à l’image exacte de la ville.

Un dernier conseil. Si vous voulez vous payer une sortie gastro, allez ailleurs, tout simplement : Arles, Nîmes, Lourmarin, Marseille ou Montpellier, par exemple. Partout ailleurs qu’Avignon en fait, si vous ne tenez pas spécialement à ce qu’on se foute de votre gueule tout en vous siphonnant le compte en banque.

A bientôt pour la suite ! 😉

La Mie de l’Art

COMMERCES AVIGNONNAIS : Pourquoi les épiciers locaux adorent l’UMP…

19 Sep

AVIGNON : Le joli coup du « Marché U » des Halles.

Le quinquennat Sarkosy a été une véritable bénédiction pour tous les commerçants, notamment les épiciers et autres « métiers de bouche ». Comme nous le savons tous, ces usuriers de la tomate et du cornichon ont été particulièrement choyés, tout comme leurs homologues de la « restauration » ardemment défendus et gentiment représentés dans notre ville par l’adjoint au tourisme et « chef » Christian Etienne…

Tous ces braves gens, exploiteurs patentés de la classe des « travailleurs pauvres » (c’est à dire gagnant moins de 970 euros net/mois), qui ne font rien d’autre que revendre avec des marges prohibitives ce que d’autres ont produit péniblement (paysans, ouvriers de l’agro-alimentaire), tout en paupérisant leurs employés à coup de temps partiels forcés, ont particulièrement été servis par le pouvoir UMP : exonérations de toute nature, contrats « d’apprentissage », TVA réduite, etc. A Avignon, fief de l’UMP Marie-José Roig, certains commerçants « malins » ont particulièrement profité du système généreux qui leur était proposé :

Les premiers gratteurs furent donc ces commerçants « avisés » que sont les épiciers. Prenons pour exemple le « Marché U » rue de La Meuse, face aux Halles.

Intrigué par le turn-over hallucinant des caissières de ce magasin, l’Esprit a très vite compris le manège : ce « Marché U »-là (ex-Coccinelle), qui vient d’être réaménagé entièrement et à grands frais au mois de juin dernier, pratique à tour de bras le « contrat d’apprentissage« . Soit une aide bénie des dieux, offerte par le pouvoir aux commerçants, leur permettant sous prétexte « pédagogique » d’employer des gens gratos (enfn pas tout à fait, puisque payés par nos impôts)… Entre autres détaxes du travail salarié, légales il est vrai, mises en place par le gouvernement Sarkosy afin d’aider ces pauvres épiciers dans le besoin.

Soit une exploitation éhontée de ce gibier à commerce, corvéable à merci, que constitue la « clientèle » des lycées professionnels, pauvres jeunes filles désargentées, bien obligées d’effectuer ces stages en entreprise. Moyennant quoi, leurs patrons comme celui-ci (mais il n’est pas le seul à Avignon, le « Spar » rue de la Bonneterie n’est pas mal non plus), bénéficient d’une main d’oeuvre -non « qualifiée » certes- à coût zéro ou presque. Joli coup !

D’autant que ce même patron – un malin qui a bien pigé le système et l’aubaine que cela constitue pour son petit esprit d’épicier- pratique exactement la même chose pour les autres enseignes dont il est devenu propriétaire, grâce à ces largesses de l’Etat UMP, à commencer par la boulangerie Bannette voisine de son épicerie à 6,80 euros le kg de cerises en pleine saison… Une très belle affaire pour ce monsieur et son épouse qui, en à peine cinq ans, ont multiplié leur patrimoine par trois ou quatre. Merci monsieur Sarkosy.

Taïeb El Baradeï

FRANCOIS MARIANI : Après les Agassins, l’Ecole Hôtelière… A quand la démission ?

16 Juin

LA REPUBLIQUE DES COPAINS

Après l’affaire de son Hôtel des Agassins, qui le voit poursuivi par la justice pour une accumulation de fraudes diverses à l’endroit du fisc, de l’Ursaaf ou du code du travail, le décidément droit-dans-ses-bottes (!) François Mariani revient sur le devant de la scène, après la perquisition hier 15 juin de la CCI, dont il est le président, ainsi que de son domicile privé. Cette fois-ci, il semblerait que la justice recherche, entre autres malversations, des traces d’utilisation abusive d’étudiants de l’Ecole Hôtelière à des fins privées…

A quand la démission ? Dans une démocratie « complète », lorsqu’un responsable d’une institution comme la CCI est suspecté d’une telle cascade de fraudes, la moindre des choses est de se démettre. Mais la morale et monsieur Mariani, à l’instar de ses amis UMP, semblent ne pas former un couple fidèle. Une conception plutôt libérale -pour ne pas dire plus- de l’éthique consulaire…

Ci-dessous, pour mémoire, le papier que nous avions donné lors de la première affaire :

TROP BON LA CONFITURE
Pris les doigts dans le pot, notre coruscant François Mariani, patron de la Chambre de commerce de Vaucluse, mis en examen pour fraudes multiples à l’URSAAF et au Fisc, reste droit dans ses Church’s. Ce matin encore, La Provence, organe de presse « indépendant », fidèle à son éthique journalistique bien connue, lui sert la soupe sans état d’âme dans une « interview » en forme de tribune d’auto-justification, intitulée « François Mariani s’explique ».

Et qu’apprend-on de ce pétulant « présumé coupable » qui ne regrette rien, ou presque ? En l’occurrence, il commence par charger son fils de ses propres turpitudes, révélant là un bel esprit de famille et un courage digne du meilleur des géniteurs. La famille, cela dit, il connaît, puisque son très droitier de cousin, le plus que sarkosyste Thierry Mariani (inventeur d’un projet de loi restreignant le droit aux soins pour les « étrangers »), est lui aussi aux « affaires » UMP, en tant que ministre des transports. On a d’ailleurs constaté cet hiver combien il était efficace, et surtout responsable, se déchargeant de ses insuffisances sur le dos des employés de la DDTE. Ne lui en voulons pas, c’est génétique, cette caractéristique bien familiale de se défausser sur les lampistes…

Pour en revenir à notre François Mariani local, ce pauvre « self-made man » n’en démord pas : tout ceci n’est que médisances et complot, « battage médiatique » et autres malveillances. La défense habituelle des margoulins choppés en flag, quoi. Ce qu’il oublie, ce cher patron UMP (et ex-président MEDEF du Vaucluse), c’est que ce que lui reproche la justice n’est pas rien : faux bilans, abus de biens sociaux, travail dissimulé, fausses factures, j’en passe et des meilleures… Charmant, pour un président de Chambre de Commerce !

Lui n’y voit rien à redire. Pour 60 000 euros la justice bien intentionnée l’a laissé sortir libre du bureau du juge-enquêteur. Une bonne manière faite à un petit notable arrogant qui malgré cette faveur, trouve encore à la ramener…

Sans pudeur, sans morale, ce bon père estime être irréprochable : c’est vrai que c’est son fils, et « lui seul », qui dirigeait l’hôtel dont il est le proprio et le gérant en titre, hein ? Faudrait pas tout mélanger…

Certes, on sait la main de la maire Roig derrière ce soudain étalage de ces lamentables carambouilles sur la scène publique. Certes, des François Mariani à la petite semaine, il en existe des milliers, tout aussi pathétiques, dans les belles provinces de notre belle république. Et ils ont des amis, qui plus est : ce Christian Etienne, par exemple, autre version de la vertu UMP façon roi de la truffe….

Le gamin de Monclar qui a piqué un scooter et s’est pris deux ans de tôle appréciera. Je sais c’est démago de dire cela. Mais la triste vérité cependant, c’est que ces gens-là, ces François Mariani ou bien plus haut, ces ministres de la Sarkosie, se croient tout permis et se placent au dessus des lois. Mais, pour eux, pas de danger, on ne les enfermera jamais : ils ont de quoi payer leur caution (avec l’argent volé au fisc et à l’URSSAF), ils ont des « relations ». Mieux, ils ne démissionneront pas, sûrs de leur impunité, confits d’arrogance, soutenus par les cercles « d’amis » influents et relayés complaisamment par une presse locale aux ordres.

Ne nous étonnons pas après que des Marine Le Pen surfent sur ces boulevards. La bêtise de l’UMP et de ses délinquants serviteurs est sans limite…

Angelina Vivaldi

Photo : François Mariani aux côtés de Therry Mariani, secrétaire d’Etat aux transports

65e FESTIVAL D’AVIGNON : Entretien avec Romeo Castellucci

15 Juin

Le Choix de L’Esprit : Romeo Castellucci présentera à Avignon la première française de son nouveau spectacle, Sul concetto di volto nel figlio di Dio (Sur le concept du visage du fils de Dieu). Entretien avec le metteur-en-scène :

Vous renoncez à montrer Le Voile noir du pasteur à Avignon…
Romeo Castellucci :
On a besoin de plus de temps pour achever ce spectacle. Nous ne sommes pas prêts et nous avons reporté toutes ses représentations. Mais les deux spectacles sont liés et font partie d’un même projet cohérent, dont le sujet est le visage. Sur le concept du visage du fils de Dieu est le premier volet de ce projet.

Quelle est la place du visage du Christ dans ce spectacle ?
R. C.
: Le fils de Dieu est, quant au visage, une référence qui traverse l’histoire de l’art : c’est par cette représentation que se fixe la mémoire du visage en Occident. En fond de scène, on a placé un grand portrait de Jésus tiré d’un tableau d’Antonello de Messine. Ce portrait gigantesque est une sorte de lumière qui éclaire le reste de la scène, composée d’un volume reproduisant le salon d’une simple maison. Dans cette ambiance domestique, se tiennent un vieux père et son fils. Il s’agit plutôt d’une action que d’une narration, une action de pitié du fils pour le père. Le père est totalement faible, âgé, malade, il ne contrôle plus son intestin. Tout se déroule entre le père et le fils et seuls les deux comédiens sont visibles même si d’autres présences cachées se devinent derrière le portrait du fond de scène. Il est difficile de vraiment expliquer la chose a priori…

Pourquoi ?
R. C. : Tout simplement parce que je ne suis pas un professeur qui donne une leçon ! C’est le devoir et la tâche du spectateur de comprendre. Sur le thème qu’explore le spectacle, on peut penser beaucoup de choses, mais, moi, ma réponse, c’est le spectacle ! Ce que je peux dire, seulement, c’est que c’est un spectacle que je sens très fort. Nous l’avons déjà joué en Italie et ailleurs, et, partout, la réaction du public a été très forte, très étonnante. C’est un spectacle qui parle au cœur du spectateur. Le père est incontinent, on voit ses excréments sur scène. Cette histoire vraiment humaine, inscrite dans le destin du corps, est une histoire que connaissent beaucoup de familles. C’est quelque chose de très réel et pas du tout provocateur. Aussi parce que, fondamentalement, c’est une histoire d’amour entre le fils et le père. Jésus éclaire cette histoire et cette situation dans la mesure où il a été lui-même disponible à cette humiliation. Et tout le monde peut être touché par cette histoire très commune.

« Le spectacle touche le corps du spectateur. »
Vous affirmez souvent, à cet égard, que le spectateur est central dans vos spectacles.
R. C.
: Il a la plus grande importance pour moi. Le noyau fondamental du spectacle, c’est le corps et le cœur du spectateur. Le spectacle touche le corps du spectateur. Le théâtre est un langage qui implique le corps, mais il n’est pas évident que ce corps soit d’abord celui de l’acteur : je crois que c’est plutôt le corps du spectateur. Il faut impliquer le pouvoir de création chez le spectateur. On doit imaginer le spectateur comme quelqu’un qui donne de la vie à l’action avec son propre vécu. C’est à travers ce vécu qu’on peut imaginer le théâtre comme quelque chose de vivant. Il faut que le spectateur soit part active de ce rapport. C’est pour cela que, pour moi, c’est important : je ne considère pas le spectateur comme jugement mais comme forme créatrice. Ainsi, à un moment du spectacle, le portrait de Jésus s’obscurcit et un trou noir remplace le visage : ce noir devient un miroir qui renvoie tous les visages des spectateurs.

Ce spectacle placé sous le regard de Jésus suppose-t-il un point de vue catholique ?
R. C. :
C’est un niveau de lecture mais ce n’est pas le seul. Il n’est pas nécessaire de penser en ces termes. Je préfèrerais d’ailleurs le mot chrétien au mot catholique, et même : la thématique abordée n’est pas tant chrétienne que théologique. Le rapport au père se retrouve dans la culture juive, dans l’Islam. Il y a aussi des pères dans l’Ancien Testament et ce n’est pas forcément une métaphore chrétienne ! Cela dit, se contenter d’une seule clé serait injurieux. On peut aussi proposer une lecture psychanalytique, politique ou métaphysique. Il faut être disponible à tous les niveaux de lecture : on est devant les multiples facettes d’un même prisme.

Propos recueillis par Catherine Robert / La Terrasse

Festival d’Avignon. Sul concetto di volto nel figlio di Dio (Sur le concept du visage du fils de Dieu), spectacle de Romeo Castellucci (Socìetas Raffaello Sanzio). Opéra-Théâtre, du 20 au 26 juillet 2011. Tél : 04 90 14 14.

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