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COMMERCES AVIGNONNAIS : Pourquoi les épiciers locaux adorent l’UMP…

19 Sep

AVIGNON : Le joli coup du « Marché U » des Halles.

Le quinquennat Sarkosy a été une véritable bénédiction pour tous les commerçants, notamment les épiciers et autres « métiers de bouche ». Comme nous le savons tous, ces usuriers de la tomate et du cornichon ont été particulièrement choyés, tout comme leurs homologues de la « restauration » ardemment défendus et gentiment représentés dans notre ville par l’adjoint au tourisme et « chef » Christian Etienne…

Tous ces braves gens, exploiteurs patentés de la classe des « travailleurs pauvres » (c’est à dire gagnant moins de 970 euros net/mois), qui ne font rien d’autre que revendre avec des marges prohibitives ce que d’autres ont produit péniblement (paysans, ouvriers de l’agro-alimentaire), tout en paupérisant leurs employés à coup de temps partiels forcés, ont particulièrement été servis par le pouvoir UMP : exonérations de toute nature, contrats « d’apprentissage », TVA réduite, etc. A Avignon, fief de l’UMP Marie-José Roig, certains commerçants « malins » ont particulièrement profité du système généreux qui leur était proposé :

Les premiers gratteurs furent donc ces commerçants « avisés » que sont les épiciers. Prenons pour exemple le « Marché U » rue de La Meuse, face aux Halles.

Intrigué par le turn-over hallucinant des caissières de ce magasin, l’Esprit a très vite compris le manège : ce « Marché U »-là (ex-Coccinelle), qui vient d’être réaménagé entièrement et à grands frais au mois de juin dernier, pratique à tour de bras le « contrat d’apprentissage« . Soit une aide bénie des dieux, offerte par le pouvoir aux commerçants, leur permettant sous prétexte « pédagogique » d’employer des gens gratos (enfn pas tout à fait, puisque payés par nos impôts)… Entre autres détaxes du travail salarié, légales il est vrai, mises en place par le gouvernement Sarkosy afin d’aider ces pauvres épiciers dans le besoin.

Soit une exploitation éhontée de ce gibier à commerce, corvéable à merci, que constitue la « clientèle » des lycées professionnels, pauvres jeunes filles désargentées, bien obligées d’effectuer ces stages en entreprise. Moyennant quoi, leurs patrons comme celui-ci (mais il n’est pas le seul à Avignon, le « Spar » rue de la Bonneterie n’est pas mal non plus), bénéficient d’une main d’oeuvre -non « qualifiée » certes- à coût zéro ou presque. Joli coup !

D’autant que ce même patron – un malin qui a bien pigé le système et l’aubaine que cela constitue pour son petit esprit d’épicier- pratique exactement la même chose pour les autres enseignes dont il est devenu propriétaire, grâce à ces largesses de l’Etat UMP, à commencer par la boulangerie Bannette voisine de son épicerie à 6,80 euros le kg de cerises en pleine saison… Une très belle affaire pour ce monsieur et son épouse qui, en à peine cinq ans, ont multiplié leur patrimoine par trois ou quatre. Merci monsieur Sarkosy.

Taïeb El Baradeï

BOUFFER BIO TUE

6 Juin


LE MOT DE TAÏEB

La preuve en est faite : on peut faire ce qu’on veut, croire qui on veut, plus rien ni personne nous assure de l’innocuité de ce que l’on mange. Après avoir dévasté l’économie espagnole, les Allemands découvrent que ce sont leurs idéologiques pratiques alimentaires et leur foi puritaine en une alimentation soi-disant « saine » qui ont empoisonné et tué leurs concitoyens.

Et le concombre ainsi innocenté, au prix d’une note effarante que le citoyen devra payer (au nom de quoi ? pourquoi les Allemands n’assument-ils pas l’addition ? ), l’Europe stupéfaite s’aperçoit que, contrairement à ce que le lobby écolo-bio voudrait nous faire croire (je sens que je vais me faire des amis), manger bio n’est en aucun cas la garantie de mieux se porter…

Et pour cause : ces cochons d’agriculteurs bio, sous le prétexte de ne pas nourrir leurs chères plantules d’un cocktail chimique douteux à base d’engrais industriels, n’ont rien trouvé de mieux que les sustenter avec une boue peu ragoûtante d’excréments animaux (ou autres, allez savoir avec ces « naturalistes »), pudiquement appelée fumier, bref un bouillon explosif de bactéries et autres cochonneries hautement pathogènes, si peu prophylactiques…

Alors qui croire ? Que faire ? Continuer de s’empoisonner chimiquement avec les saloperies de l’industrie agro-alimentaire ? Ou s’adonner sans réserve à l’incurie de ces apprentis sorciers labellisés bio qui nous garantissent une alimentation « saine » et la grande espérance de vie qui devrait logiquement en découler ? Craindre qui ou quoi ?

Les deux, mon général. Il faut se méfier de ces deux idéologies de la bouffe, aussi pernicieuses et néfastes l’une que l’autre, aussi intéressées, partiales, et déconnectées de nos vrais besoins. Et cesser de croire tous ces charlatans, que ce soient ces industriels sans foi ni loi, ou ces nouveaux gourous improvisés « experts » de l’alimentation bio, piteux paysans et dispensateurs de fort mauvaises graines…

Des empoisonneurs qu’il convient de combattre, et de boycotter. Arrêtons donc d’agréer, que dis-je d’idolâtrer les uns ou les autres, et, d’ailleurs, arrêtons de bouffer tout court : le monde ne s’en portera que mieux…

Taïeb El Baradeï

NUIT : « Faire la lune » en loucedé, seul avec les toros sous les étoiles

25 Fév


Toréer en cachette hors des arènes, geste romanesque ou braconnage ?

Ils appellent ça «hacer la luna». Faire la lune, profiter de sa lueur. Pour toréer à la dure en douce. Les toreros furtivos vont braconner des passes à des vaches, voire des toros, la nuit, en cachette. Vieille lune. Dans ses Mémoires, Juan Belmonte raconte comment, les nuits de pleine lune, il se déshabillait pour traverser le Guadalquivir à la nage et, avec son veston, toréer nu des toros dans les élevages proches de Séville. Dans les années 50, El Cordobés fera de même du côté de Cordoue. Chez l’éleveur Félix Moreno, il estoquera un étalon avec une vieille baïonnette.

A cause de ce braconnage délictueux, Curro Romero a connu le cachot à Badajoz en 1970. Lors d’une corrida, il avait refusé un toro jugé par lui intoréable. Il avait vu qu’il avait été movido, déjà toréé. Paco Ojeda, à la fin des années 70, a forgé dans l’exercice son esthétique du toreo collé au toro : il fallait garder l’animal dans le petit périmètre de lumière, qu’on le voie charger sans le laisser filer dans le noir. Queues coupées. En janvier, des ganaderias d’Estrémadure et de Castille-et-Léon ont reçu la visite de ces furtivos dans ce que José Luis Castro Jañez, président de l’Association des mayorales, appelle «une vague de vandalisme».

Dans la propriété Fuente Santa, près de Cáceres, des furtivos ont réussi à isoler 18 vaches dans la plaza de tienta pour s’en servir. Dans celle d’El Madroñal, ils ont pu enfermer trois toros dans la petite arène et leur ont coupé le bout des cornes après usage. A Sanlúcar de Barrameda, dans les années 70 et 80, les toreros de la nuit profitaient de la proximité, dans les marismas, de l’élevage Sayalero y Brandes pour affronter des vaches bravas. Ils leur coupaient la queue pour signaler à l’éleveur qu’elles avaient été «touchées». Selon José Luis Castro Jañez, ces rôdeurs taurins de janvier «ne sont pas des pratiquants de la tauromachie classique» mais plutôt des jeunes recortadores. Des adeptes, professionnels ou pas, de ce jeu taurin en vogue dans le nord de l’Espagne (Castille-et-León, Navarre, Pays basque), dans la région de Valencia et en Catalogne sud. Castro : «Pour eux c’est une façon de s’amuser en hiver quand il n’y a pas de festivals taurins». Il n’exclut pas cependant que des novilleros, sans appuis pour être invités à des tientas par exemple, viennent la nuit tirer quelques passes afin de satisfaire leur désir de toréer et se faire la main.

Dans les années 70, «El Lobo», médiocre torero diurne, s’est fait autour de Salamanque une redoutable réputation de torero noctambule. La création en 1977 des écoles de tauromachie a un peu asséché cette tradition, dénoncée par les éleveurs. Qui sont maintenant en contact avec les écoles, fournissent du bétail pour les élèves, les accueillent dans les tientas. En France, ce braconnage a existé. Parfois avec du bétail de Camargue. Epines. Ce toreo clandestin, chargé de la vertu romanesque de l’interdit, est devenu une image d’Epinal. Dans le roman éponyme de Pérez Lugín et dans ses adaptations cinématographiques, Currito de la Cruz s’y adonnait. Dans Tú solo, film de Teo Escamilla (1983) sur l’école de tauromachie de Madrid, les jeunes Joselito, Bote, Sevillita et Carretero vont, imitant Belmonte, toréer à poil la nuit. Dans la Carmen de Bizet mise en scène par Calixto Bieito à Barcelone en octobre dernier, un danseur nu interprétait un torero furtivo. La réalité est plus âpre. Le novillero andalou Camarena «El Loco de Torreblanca», familier de l’exercice, le reconnaissait en 1984.

Hacer la luna dans les marais ? «Un calvaire. Il y a le froid et la boue en hiver, les moustiques en été, les gardes armés en toute saison qui te tirent dessus, les buissons pleins d’épines où tu te planques et ces saloperies de vaches qui te piétinent sous la lune.» Autre problème : le galop du toro ou de la vache ralenti sur l’herbe rend l’acte de toréer plus compliqué, moins fluide. Mêmes réserves chez ce torero pratiquant occasionnel du furtivo et qui veut garder l’anonymat : «Quand tu arrives, le troupeau se casse. Isoler une vache ou un veau c’est pas facile, ça fait du bruit, les chiens aboient. D’ailleurs tu toréée très peu. Tu voles trois passes, c’est ridicule. Penser qu’on peut toréer toute la nuit, comme Belmonte le raconte, ça me paraît suspect.Maintenant, il arrive que des ganaderos invitent à toréer de nuit, pour le fun.Mais surle toreo furtivo, on fait beaucoup de roman.»

Noir parfois, le roman. La nuit du 1er décembre 1990, les novilleros El Loren, 25 ans, Andrés Panduro Jiménez, 22 ans, et Juan Carlos Rumbo, 20 ans, arrosent l’anniversaire d’Andrés dans les bars d’Albacete. A la sortie d’une boîte, ils décident d’aller toréer à Charco Lentisco, la ganaderia de Manuel Costa à Cieza. Costa qui a fait fortune dans le papier d’imprimerie s’est offert un élevage. Il a aussi été apoderado d’El Loren et lui avait offert un habit de lumières. Des histoires d’argent les ont brouillés. A Charco Lentisco on constate régulièrement la visite des braconniers toreros. Les vachers s’en plaignent: les furtivos laissent les portes ouvertes, le bétail s’enfuit. Supplications. Cette nuit-là, pleine lune. Manuel Costa et deux de ses vaqueros s’attendent à de la visite. Vers 3 heures du matin ils se rendent à la ganaderia, surprennent les trois novilleros, les poursuivent, les coincent dans un champ d’amandiers, les tuent à coups de fusil malgré leurs supplications. Quatorze coups de feu dans les bras, la bouche la tête et tirés de haut en bas. Les victimes étaient couchées ou à genoux. Le ganadero et un vacher seront condamnés à 162 ans de prison. Un autre tireur n’a jamais été identifié. Des toreros viendront porter les cercueils des novilleros assassinés. Sur chacun d’eux, on avait sculpté une muleta et une épée.

JACQUES DURAND
Publié sur Libération. Titre original : Passes volées au clair de lune

INITIATIVE: Des photos pour les murs des villes qui excluent le peuple rom.

18 Jan

Un homme, une femme, un enfant, un vieux. L’important c’est d’être deux. Deux pour poser devant une porte cochère. Un Rom et un gadjo (un non rom) soutiennent une pancarte où est écrit Dosta, ce qui veut dire en langue romani : « ça suffit ».

Cet accouplement insolite et éphémère est saisi sur le vif par la photographe Noémie Michel qui, avec l’éditeur Tieri Briet, originaire d’Arles, a eu l’idée de monter le projet Dosta, pour montrer comment on peut riposter à l’indignation. Les photos de la taille des personnages seront tirées à plusieurs exemplaires pour être affichées dans les rues de Marseille et d’autres villes encore, avant d’être proposées à la vente dans des expositions ou des festivals. Le prochain Latcho Divano qui se déroulera au mois de mars/avril à Marseille donnera à voir ces images insolites. Portraits d’hommes et de femmes qui veulent au-delà de leur différence exprimer leur solidarité.

C’est dans le quartier de la Plaine que les auteurs sont partis avec leurs modèles à le recherche de belles portes pour figer sur la pellicule leurs couples insolites. « Une porte c’est ouvert ou c’est fermé », explique Tieri Briet, libre ensuite d’interpréter comme bon nous semble. Une porte s’ouvre pour laisser entrer l’autre. Les Roms n’ont jamais eu de portes. Les gadjos s’enferment à double tour. Faut-il y voir un autre symbole : une porte ouverte sur l’indignation. « Qu’est ce que l’on peut faire », interroge Tieri Briet qui s’intéresse à la cause des Roms depuis leur terrible histoire du mémorial de Saliers près d’Arles, où ils étaient internés durant la Seconde Guerre mondiale.

Ce peuple qui a souffert est aussi un modèle de vie et de société. Il représente une alternative dans une société en crise. « Ce sont des Européens exemplaires. Pourtant aujourd’hui ils vivent un calvaire », accuse Tieri Briet.
L’idée de faire se rapprocher deux cultures était un pari osé. Anne, décoratrice habitant à Auriol, est venue « s’accoupler » avec Gigi d’Arles. Pour elle, c’était l’occasion d’exprimer sa révolte par rapport à tout ce qu’elle a entendu depuis l’été : ne plus accepter chez nous ceux qui pouvaient être différents. « J’aime la différence, je ne cherche pas à m’entourer de gens qui me ressemblent. »
Dans une ville où règne l’indifférence, Anne a apporté sa pierre à l’édifice. « Je n’ai pas grand chose d’autre à apporter que mon soutien », dira-t-elle avec modestie, après avoir accompli une grande œuvre.

CATHERINE WALGENWITZ / LA MARSEILLAISE / 17/01/2011
Titre original : « Dosta ! Des portraits géants sur les murs d’une ville qui exclut les Roms ». photo : Noémie Michel

A Avignon aussi, ville parqueuse de Roms en Courtine derrière la déchetterie, nous avons besoin de cette initiative. Soutenons-la ! :
Humanitarium des vivants sur les murs, 11, rue Jean-Racine à Arles. projet.dosta@gmail.

UN EXEMPLE A SUIVRE : «Taxez-nous plus!», le cri de millionnaires américains

29 Nov

Ils sont riches, très riches, et veulent être soumis à un impôt plus fort: des millionnaires américains demandent à l’administration Obama de les taxer plus dans l’espoir d’aider à résorber l’abyssal fossé qui les sépare de leurs compatriotes moins bien lotis.

Quarante-cinq millionnaires ont lancé une pétition à cet effet. Au nom de la «santé fiscale de notre nation et du bien-être de nos concitoyens», ils demandent l’abandon d’allègements fiscaux accordés depuis 2001 aux contribuables dont les revenus annuels excèdent le million de dollars.

Le moment n’a pas été choisi au hasard: ces allégements fiscaux, approuvés sous George W. Bush, arrivent à expiration à la fin de l’année. Et les démocrates, sortis affaiblis des législatives au début du mois, souhaitent contre l’avis des républicains réserver à l’avenir ce dispositif aux familles gagnant moins de 250.000 dollars par an.
Parmi les signataires on trouve Ben Cohen, fondateur des crèmes glacées Ben & Jerry’s, le directeur de fonds spéculatifs Michael Steinhardt ou encore un avocat de Californie à la retraite Guy Saperstein.

«Nos taux d’imposition sont parmi les plus bas des pays industrialisés»

Ce dernier a expliqué avoir été envahi par un sentiment de «frustration» lorsque le président Barack Obama a récemment évoqué la possibilité d’une extension provisoire des allègements pour les plus riches en échange d’une pérennisation des allègements pour les autres.
«Je pense que notre pays va mal», dit Guy Saperstein. «Lorsque les temps sont durs, les plus riches doivent se serrer un peu la ceinture. Et ce n’est pas un gros sacrifice. Nos taux d’imposition sont parmi les plus bas des pays industrialisés», lance-t-il.

Selon Guy Saperstein, 1.500 personnes ont apporté leur soutien à la pétition dont il est à l’origine avec d’autres. Philippe Villers, un homme d’affaires d’origine française, fondateur de Computervision et dirigeant de Grain Pro, compte parmi eux. La raison en est simple: «je ne pense pas que (proroger les allègements fiscaux pour les plus riches, ndlr) soit juste ou que cela permette de fortifier l’économie», explique-t-il.

Autre initiative lancée par Wealth for Common Good (la fortune pour le bien commun), une association rassemblant des foyers aisés et de hommes d’affaires: 410 Américains aux revenus très confortables ont signé une pétition , qui appelle Washington à cesser ses cadeaux fiscaux à leurs concitoyens gagnant plus de 250.000 dollars par an.

Demande d’une répartition plus juste de l’imposition

«J’ai gagné pas mal d’argent ces dernières années. Il est évident que d’autres que moi méritent désormais d’en profiter un peu», explique Jeffrey Hayes, président de l’entreprise de conseils Stratalys. Et même le milliardaire Warren Buffett y est allé de son couplet.
«Je pense que les gens qui se situent en haut de la pyramide – les gens comme moi – devraient payer beaucoup plus d’impôts. Nous nous portons mieux que jamais», a-t-il récemment assuré lors d’un entretien accordé à la chaîne ABC News.

Mike Lapham de l’association «Pour une économie plus juste» a lui réussi à réunir 700 Américains aux revenus élevés prêts à revendiquer une répartition plus juste de l’imposition. Il se dit «ravi d’en entendre certains clamer: « taxez-moi plus! »», car «nombreux sont ceux qui pensent que le gouvernement fédéral aurait dû en faire plus pour La Nouvelle-Orléans (après le passage de l’ouragan Katrina en 2005, ndlr) ou lors de la marée noire dans le golfe du Mexique. Mais à la vérité, le gouvernement a dû réduire de très nombreux postes de dépenses».

(Source AFP) Liberation.fr / Monde / 29/11/2010 à 11h11

BIENVENUE CHEZ LES CATHOS : La finance, autre secret honteux du Vatican

16 Nov

Au cœur d’un nouveau scandale, le Saint-Siège fait l’objet d’une enquête dans une affaire de blanchiment d’argent. La fin de l’impunité ?

L’ouverture d’une enquête du parquet de Rome au sujet de la banque du Vatican témoigne certes de la volonté de l’Etat de contrôler l’Eglise, mais elle révèle également un défi majeur que le Saint-Siège va devoir relever : l’ouverture au monde moderne.

Le Vatican s’est toujours considéré comme un Etat différent des autres, obéissant à d’autres lois. A ce titre, sa gestion des scandales pédophiles était déjà révélatrice. Cette fois-ci, c’est l’opacité de ses comptes qui est en cause puisque, pour la première fois, le Saint-Siège est prié de se plier aux normes très strictes de l’UE relatives au blanchiment d’argent.

Lorsque l’Europe s’est reconstruite après la Seconde Guerre mondiale en équilibrant les pouvoirs grâce à des traités et des accords bancaires, le Vatican est resté une anomalie : la dernière monarchie absolue en Occident (!). Mais aujourd’hui, ses traditions se heurtent aux institutions laïques, qui considèrent de plus en plus l’Eglise catholique comme une multinationale ordinaire.

“Le Vatican doit comprendre que le monde a changé, lance Donato Masciandaro, directeur du département économie à l’université Bocconi de Milan et spécialiste des lois sur le blanchiment d’argent. Sans cela, il risque d’enfreindre constamment les directives sur le blanchiment d’argent.” Cette enquête est un coup dur non seulement pour le Vatican mais aussi pour l’Italie, écartelée entre ses engagements envers l’UE et son réseau bancaire noyauté par le pouvoir.

La déférence envers le Saint-Siège reste toutefois d’usage dans le pays : le contentieux entre l’Etat et l’Eglise que constitue l’ouverture de l’enquête du parquet, d’une ampleur sans précédent depuis au moins une dizaine d’années, n’a pas fait la une d’Il Sole 24 Ore. Le quotidien financier de référence en Italie a relégué l’information en page 18 avec un article complaisant sur la visite du pape en Grande-Bretagne.

La partie visible de l’iceberg
Tout a commencé le 20 septembre : le parquet de Rome a saisi 30 millions de dollars [22 millions d’euros] sur le compte du Vatican et ouvert une enquête mettant en cause Ettore Gotti Tedeschi, le président de l’IOR [Institut des œuvres religieuses, la banque du Vatican] et son directeur général, Paolo Cipriani. La justice leur reproche de ne pas avoir justifié deux transferts de fonds réalisés à partir d’un compte d’une autre banque, le Credito Artigiano. Pour le Saint-Siège, cette enquête est un “malentendu”. Pour Gotti Tedeschi il s’agit d’une erreur de procédure montée en épingle par les médias. Pour d’autres, en revanche, ce n’est que la partie visible de l’iceberg et la fin de l’impunité du Vatican.

Le parquet a commencé à s’intéresser de près aux comptes du Vatican l’année dernière, à la demande de la Banque centrale italienne. Cette dernière avait déclaré pour la première fois que la banque du Vatican devait être traitée comme n’importe quelle autre banque extérieure à l’UE et donc soumise à une vigilance accrue selon les directives de 2007 contre le blanchiment d’argent. Déjà en 2003, dans le cadre d’une affaire relative à la nocivité des ondes électromagnétiques émises par Radio Vatican, la plus haute cour de justice italienne avait pris ses distances avec le Saint-Siège. Elle avait reconnu à l’Etat italien le droit de protéger ses citoyens contre des actions menées par des individus travaillant pour le Vatican. Mais cette décision n’avait pas fait jurisprudence et, si un magistrat décidait aujourd’hui de poursuivre la banque du Vatican, il faudrait s’attendre à une longue bataille juridique. Premier mystère de cette affaire : pourquoi la banque du Vatican a-t-elle demandé au Credito Artigiano un transfert de 30 millions de dollars [22 millions d’euros] en provenance d’un compte gelé par décision de justice en avril pour défaut de transparence dans des transactions précédentes ?

Certains y voient une tentative délibérée de la part du Vatican. “Evidemment c’était un coup hasardeux”, estime Ignazio Ingrao, spécialiste du Vatican de l’hebdomadaire d’informations italien Panorama, qui a été le premier à révéler en décembre 2009 les enquêtes dont la banque du Vatican faisait l’objet. “Elle voulait lui forcer la main, en espérant que le Credito Artigiano l’aiderait.”

Mais ce dernier était tenu de signaler cette opération suspecte à la Banque d’Italie. Celle-ci venait en effet de rappeler – pour la deuxième fois de l’année – à toutes les banques italiennes que les transactions de la banque du Vatican devaient être passées au peigne fin, sous peine de poursuites.

Autre mystère : que s’est-il passé entre le 6 septembre, date de la demande de transfert, et le 14 septembre, date à laquelle le Credito Artigiano a alerté la Banque d’Italie ? Gotti Tedeschi a-t-il essayé de faire pression sur Giovanni De Censi, directeur de la société mère du Credito Artigiano, le Credito Valtellinese, également consul­tant pour la banque du Vatican ? De Censi s’est refusé à tout commentaire. Cette affaire intervient à un moment où le Vatican subit d’intenses pressions de la justice concernant de nombreuses affaires d’abus sexuels, notamment en Belgique, où les autorités ont effectué des descentes de police dans plusieurs propriétés de l’Eglise. Les ban­ques italiennes sont également sous le coup d’une tentative de prise de pouvoir par la Ligue du Nord de l’establishment bancaire catholique. L’IOR, banque ordinaire ?

De son côté, le Vatican avait nommé l’année dernière Gotti Tedeschi, banquier et professeur d’éthique de la finance à l’université catholique de Milan, pour réorganiser et rationaliser ses finances, gérées par des entités disparates souvent déconnectées. Le Vatican est également en pourparlers avec l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique), qui fixe les normes de transparence, et le GAFI (Groupe d’action financière internationale), chargé d’organiser des mesures contre le blanchiment d’argent et le financement des organisations terroristes. Le but étant pour le Saint-Siège de réintégrer la “liste blanche” des pays exemplaires en matière de transparence…

“Des discussions sont en cours”, reconnaît Jeffrey Owens, directeur du Centre pour la politique fiscale à l’OCDE. “Pour nous, le Vatican doit être traité comme n’importe quel autre Etat et se soumettre à la même surveillance. Le rythme des négociations dépend de lui.” Pourtant, avant de participer aux accords internationaux, le Saint-Siège devra résoudre une ambiguïté fondamentale concernant la définition de sa banque. Il maintient qu’il ne s’agit pas d’une banque ordinaire, mais plutôt d’une entité qui gère les biens de ses organisations religieuses, ce que récuse la Banque d’Italie. “Les enjeux de ce bras de fer sont particulièrement compliqués, estime M. Ignazio Ingrao. Et il risque de durer encore longtemps.”

L’auteurD’abord journaliste au New York Observer puis à la New York Times Book Review, Rachel Donadio est depuis 2008 la correspondante en chef du New York Times à Rome. Elle livre ici un point de vue distancié sur les relations entre le Saint-Siège, l’Italie et l’Union européenne.

RepèreSurnommé “la banque des prêtres”, l’Institut des œuvres religieuses (IOR) a été fondé en 1942 par Pie XII pour assurer l’administration des biens de l’Eglise catholique. Son histoire est émaillée de divers scandales. L’un des plus retentissants, la faillite de la banque italienne Ambrosiano – dont l’IOR était le principal
actionnaire –, remonte à 1982. L’enquête a montré que la banque Ambrosiano recyclait l’argent de la Mafia, mettant en cause le dirigeant de l’IOR à l’époque, Paul Marcinkus, dit “le banquier de Dieu”. Le patrimoine de la banque du Vatican est estimé à 5 milliards d’euros.

06.10.2010 | Rachel Donadio | The New York Times republié par COURRIER INTERNATIONAL

ALGESIRAS : Croque-mort Sans Frontières

25 Oct


LA BELLE HISTOIRE

FRANÇOIS MUSSEAU Envoyé spécial à Algésiras et à Casablanca / Liberation.fr / 23 octobre

En Espagne, un croque-mort retrouve et rapatrie bénévolement au Maroc les victimes de l’immigration clandestine, et permet ainsi aux familles d’enterrer leurs proches.

«La nuit s’en est allée. Où cela ? Où elle était. Il est évident que tous les êtres reviennent chez eux», chantait le grand poète soufi Rûmi. Le jeune Bouchaîb est revenu chez lui, mais ce fut loin d’être évident. Son cadavre repose en bordure du cimetière hérissé d’herbes folles, en face du vieux mausolée. Une tombe semblable aux autres, un monticule de terre rudimentaire, sans nom ni date, à proximité du douar, le village de L’Hahyamna. Perdu dans la campagne rase et brûlée, à deux heures de Casablanca, c’est un groupe de maisons de terre séchée où vivent 200 familles, «unies comme les doigts de la main», selon les habitants. Tous ont été bouleversés par la mort de Bouchaîb, et surtout par son retour. «Il a été intrépide, il a été tué, c’était la volonté d’Allah, dit sa mère. Et dans ce drame, je me dis chanceuse. Son corps nous est revenu, comme par miracle. Je me sens en paix.» Des nombreux jeunes de la région portés disparus en Europe, son fils est le seul «revenu».

Bouchaîb, 20 ans, n’avait aucune chance de reposer un jour chez les siens. Comme les centaines de Marocains qui périssent en tentant de rejoindre l’Europe via le détroit de Gibraltar, ses restes devaient, au mieux, être inhumés à la va-vite, dans l’anonymat. Dans une des misérables sépultures barrées d’une inscription, «naufragio» ou «desaparecido», semées un peu partout en Espagne.

En février dernier, Bouchaîb, fils aîné de sept enfants, quitte le douar, prétextant rejoindre des amis à Casablanca. En fait, il a décidé de passer en Espagne, coûte que coûte. Ce rêve l’habite depuis toujours. En 2007, à 17 ans, il avait réussi son coup en clandestin, à bord d’une patera, une grosse barque de pêcheurs. Trois ans plus tard, la garde civile l’avait expulsé vers le Maroc. De retour au douar, il n’avait plus qu’une idée en tête, repartir. Mais la deuxième tentative sera une tragédie. A Tanger, comme des milliers d’autres adolescents avant lui, il passe la frontière au nez et à la barbe des douaniers espagnols, accroché sous un camion. Au premier arrêt d’autoroute après Algésiras, le routier découvre son corps carbonisé, arc-bouté à la tête du moteur. Une jambe et un bras ont été sectionnés.

Carte d’identité en lambeaux

C’est là qu’entre en scène Martín Zamora. Croque-mort à Algésiras, tout au sud de l’Espagne, il s’est donné pour mission de rapatrier les cadavres des sans-papiers marocains. Peu après la mort de Bouchaîb, Martín examine le cadavre dans les locaux de la PJ d’Algésiras. Dans une poche, les policiers ont trouvé une carte d’identité en lambeaux. Bouchaîb Choubiani est né en 1990 à L’Hahyamna, province de Sidi Smail, Maroc. Martín contacte les parents, avec l’aide de la gendarmerie marocaine.

En juillet, une fois les nombreuses autorisations obtenues, le convoi funèbre part vers le Sud. «Un voyage particulièrement pénible», se souvient Martín qui n’a pu oublier l’attente au ferry, les ennuis de mécanique, la chaleur, la poussière… Au total, vingt heures sans dormir, en compagnie d’une interprète et du chauffeur du corbillard. Martín veut arriver dans la matinée : il sait que, selon le rite musulman, le cadavre doit être inhumé au plus vite. Dès leur arrivée à L’Hahyamna, les femmes entonnent leur chant de pleurs. La mère, Fatna, exige l’ouverture du cercueil recouvert de zinc, pour un ultime adieu. Bouchaîb n’est plus qu’un buste calciné, explique Martín, c’est impossible. Le douar entier accompagne le cercueil, porté à l’épaule à la mosquée, puis au cimetière.

Dans le village, nul n’a su qui était le rondouillard au bouc châtain qui pilotait le convoi mortuaire. Martín, il est vrai, a à peine ouvert la bouche et est parti dès la cérémonie terminée. Il ne parle pas l’arabe et n’a pas cherché à communiquer. Au village, on l’a pris pour un ambulancier, le membre d’une ONG, ou un simple chauffeur. Un «homme discret et bon», qui n’a pas demandé un dirham à la famille Bouchaîb.

A Algésiras, Martín a une tout autre réputation : «Ce bonhomme est plus près de la mort que de la vie», glisse une de ses connaissances. Il vit et travaille à Los Barrios, dans la périphérie d’Algésiras, cité dortoir banale de la Costa del Sol. A tout juste 50 ans, il parle d’une voix basse et monocorde, il fume des Marlboro à la chaîne. Le regard insaisissable derrière des lunettes de comptable, la démarche lourde, il porte une chemise en jean qui laisse deviner sa bedaine. En apparence, ce n’est pas le bon samaritain auquel on s’attendait. L’impression se confirme dès ses premières déclarations, abruptes. Martín se présente comme un businessman de la mort, sans dieu ni idéal, qui tient les pompes funèbres de Los Barrios depuis douze ans. Père de 7 enfants, qu’il a eu avec trois femmes, il dit «ne pas aimer les gamins».

Remuer ciel et terre

Il y a quelques années, afin d’agrandir son affaire, il a trouvé le filon marocain, son véritable fonds de commerce aujourd’hui. Sa clientèle officielle est faite des centaines de milliers de Marocains installés en Espagne en toute légalité, qui veulent être enterrés au «pays». Il en aurait rapatrié 3 000 en moins de dix ans. Sur le créneau des «légaux», Sefuba, son entreprise, est imbattable, offrant un service impeccable pour 4 000 euros, la moitié de ce que demande la concurrence. Martín travaille sur la route, contrairement à ses confrères, qui glissent les cercueils dans les soutes des avions sans les accompagner. Lui, il arrive qu’il monte jusqu’à La Corogne, au nord-ouest de l’Espagne, et redescende jusqu’à Marrakech. Soit 2 200 kilomètres au compteur, en un temps record : «Je connais le Maroc comme ma poche, les routes goudronnées comme les pistes en terre, et je n’ai pas peur de conduire deux jours d’affilée», explique-il.

A l’entrée de sa funeraria, un grand bâtiment dans les hauteurs de Los Barrios, Martín a fait construire une mosquée blanche. Sans changer son nom chrétien, ce «mécréant», comme il se définit, s’est converti à l’islam «par solidarité avec mes clients», devenant même le chef de la communauté islamique de sa bourgade. Sur ce sujet, il ne paraît pas à son aise : «Heureusement, mon lumbago me donne une excuse pour ne pas m’agenouiller pendant la prière du vendredi, se justifie-t-il. Et mon diabète m’évite d’avoir à faire le ramadan !»

Dans la vaste salle d’attente de sa funeraria, il explique : «Nous faisons les choses sérieusement. Chaque mort marocain est lavé rituellement par l’imam, puis drapé dans un linceul. C’est pour cela que les musulmans me préfèrent. Le bouche à oreille a marché à fond !»

Et les clandestins noyés dans les remous de Gibraltar ou carbonisés sous un camion, comme Bouchaîb ? C’est une autre part de sa vie, qu’il laisse le plus souvent dans l’ombre. Tout a commencé en 1999, sur une plage proche d’Algésiras, où 16 corps de naufragés marocains venaient d’échouer. Depuis, des centaines d’autres ont péri en mer – jusqu’à 3 000 selon des sources humanitaires. Ce jour-là, Martín accourt sur les lieux du drame : «J’ai vu une bonne affaire, 4 000 euros par tête. Le problème était juste de retrouver les familles», raconte-t-il de sa voix éraillée par les Marlboro.

Au volant d’une fourgonnette, il part dans la région de Beni Mellal (centre du Maroc) d’où, pense-t-il, viennent les naufragés. Il fait les marchés, expose les vêtements, montres, et papiers retrouvés sur les corps. Une première famille se présente, puis d’autres. «Là, ce fut un choc ! Je pensais faire du fric mais ces gens étaient misérables, avec à peine de quoi manger jusqu’au lendemain. Finalement, j’ai mis 30 000 dirhams [3 000 euros] de ma poche !» Depuis, Martín s’est fixé une ligne de conduite : lorsqu’il rapatrie un clandestin mort, il demande le strict minimum aux parents : «Je facture au prix coûtant. Ou bien, si c’est vraiment la dèche, je ne fais rien payer du tout.» Il assure avoir ainsi «livré» des centaines de morts, en majorité des jeunes. Il peut remuer ciel et terre, activer ses mille contacts (policiers, ambulanciers, juges, consuls…) pour disposer du corps dès que possible, le conserver dans une chambre froide, identifier la famille et le rapatrier dans les meilleurs délais. «Cela exige de la ténacité, jusqu’à six mois d’attente. Sans test ADN, par exemple, les juges retiennent le corps.»

L’arrivée du convoi funéraire au village est toujours une épreuve. Souvent, les mères n’ont pas revu leur fils depuis des années. Elles pleurent, s’arrachent les cheveux, se fouettent jusqu’au sang. «C’est violent, mais au moins le deuil se fait. Ce qui est impossible si leur fils est porté disparu», dit le croque-mort.

A observer ce coriace en affaire, au volant de sa Mercedes, on se demande ce qui le fait courir bénévolement jusqu’au fin fond du Maroc. A Los Barrios, il est perçu comme un potentat avide et sans scrupule, qui exerce un monopole avec sa funeraria, et contraint ses «clients» potentiels à signer des contrats d’assurances-vie. D’où lui vient la mission qu’il s’est donnée ? La réponse est dans son passé. Plusieurs fois, Martín s’est retrouvé au bord du gouffre, sans domicile ni argent. Une nuit pluvieuse de l’hiver 1997-1998, il a débarqué de Murcie, sur la côte est, avec 100 pesetas en poche, un cocker et un berger allemand.

Au bord du gouffre

Sa funeraria avait périclité, sa mère venait de mourir et sa femme l’avait quitté. Le croque-mort s’est accroché au premier venu, un impresario belge installé à Algésiras, qui l’héberge et finance son projet de pompes funèbres. «Je ne sais trop s’il y a un dieu, mais je crois en une main amie qui se tend, un ange gardien, lorsqu’on est au fond du précipice, dit Martín. Quand je vois un naufragé ou un type en danger, je me vois à sa place. Il faut que je l’aide, c’est plus fort que moi.»

Depuis la crise économique, les candidats à l’émigration se font rares et de nombreux résidents marocains sont déjà repartis au pays. Son chiffre d’affaire a chuté de 70 %. Encore une fois sur un siège éjectable, il a un nouveau projet en tête : vendre sa funeraria, émigrer au Brésil et y monter une nouvelle affaire de pompes funèbres. «Mais avant de partir, je veux réaliser un vieux projet : obtenir que les 300 ou 400 cadavres de clandestins qui gisent, anonymes, dans des cimetières espagnols, soient rapatriés, avec le financement de l’Etat marocain.» Après seulement, Martín Zamora quittera Algésiras, l’isthme de la mort

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