Archive | LE BEST OF DE L’ESPRIT RSS feed for this section

AVIGNON : Pendant que le Forum festoie, les manifestants dégustent…

7 Nov

Liberté, Egalité, Fraternité… version république UMP : Hier soir vers 16.30 h., alors que 400 « personnalités » du monde de la « Culture » s’ébrouaient à l’aise dans les ors ternis du Palais, annexé pour l’occasion par madame Roig et ses 7 chefs étoilés pour leur servir la soupe (et celle de la bonne parole sarkosyste), tout cela aux frais (ahurissants) du contribuable, près de 700 concitoyens avignonnais se voyaient refoulés de la (leur) place du Palais à coups de grenades lacrymo. Bilan : plusieurs blessés, quelques interpellations et surtout, une fois de plus, l’image déplorable d’une police « républicaine » fidèlement dévouée à la force de l’Ordre. Un Ordre vigoureux, droit dans ses bottes, décidément de plus en plus évocateur des pires pratiques en usage dans certaines régions du Monde… Mais il est vrai que l’exemple Chinois, devant lequel on s’agenouille au nom de contrats militaires et nucléaires, était dans tous les esprits ce week-end.

Angelina Vivaldi
(photo DR/Vaucluse-Matin)

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VITE ! SOUTENONS LE MAINTIEN DE L’ELEPHANT DE BARCELO

6 Nov

Nous le savions déjà, mais hélas, l’hypothèse se confirme : il semblerait que la sculpture géante du Catalan sur la Place du Palais soit amenée à repartir, et ce malgré la forte envie d’une majorité d’Avignonnais de la maintenir à sa place. Madame Roig doit rencontrer aujourd’hui Miquel Barcelo et en discuter avec lui (cf l’article d’Avignews) mais il semble que sa position soit acquise. Espérons donc que nous serons assez nombreux à nous manifester et influer sur une décision préjudiciable à la ville et à son rayonnement international.

Pour notre part, nous pensons que cette oeuvre forte a trouvé là son écrin idéal. Au delà du coup-de-poing à l’estomac qu’une telle oeuvre expédie au regardeur à sa première vision, et nonobstant ses propres qualités sculpturales, cette pièce majeure de l’artiste catalan, qui trompe les lois de l’équilibre de manière iconoclaste, vaut par sa monumentalité irradiante et la distorsion d’échelle qu’elle fait ainsi subir à l’autre mastodonte de la place, le Palais des Papes lui-même. Une relecture absolue du chef-d’oeuvre architectural sur laquelle nous ne pouvons faire l’impasse. Plus qu’un apport esthétique, bien au-delà d’un simple ajout décoratif, l’Eléphant, tel un cartouche d’étalonnage, réécrit la monumentalité du bâtiment même, en en proposant sa ré-invention, au sens étymologique du terme. Une collision poétique, véritablement sidérante.

Mais Madame le Maire doit aussi appréhender l’apport considérable en matière de fréquentation et de rayonnement qu’une telle confrontation esthétique induit. En termes de tourisme culturel, et donc d’économie locale, ce couple monumental d’une rare force poétique a un effet d’attraction exceptionnel. Priver Avignon d’une telle coïncidence, au sens littéral, est une erreur poétique, mais au-delà, constituerait bel et bien une faute économique et politique.

Soyez nombreux à rejoindre notre pétition sur Facebook : Pour le maintien de l’éléphant

FORUM D’AVIGNON : le festin des amis…

5 Nov

Le Forum d’Avignon, c’est ce truc dispendieux et inutile qui accueille en ce moment dans nos murs plus de 400 « personnalités » venues discuter de l’accès numérique à la culture… et surtout festoyer ! Pas moins de 7 chefs et leurs brigades auront pour tâche de nourrir tout ce petit monde aux frais des contribuables. Parmi eux, d’incontournables stars de la gastro étoilée comme ce Marc Veyrat au chapeau et aux plantes de la montagne, mais bien sûr les amis de notre délégué au tourisme et au « rayonnement international » Christian Etienne, lui-même « chef » (à une étoile) et heureux propriétaire d’un des plus chers restaus d’Avignon (à la réputation surfaite) . Une belle promo pour ce roi de la « rabasse » autoproclamé (la truffe en provençal), dont les multiples délégations coïncident décidément très bien avec ses affaires d’entrepreneur privé. Mais nous y reviendrons…

Tout ce « gratin » festoie donc au Tinel du Palais, pour des repas préparés par plus de soixante personnes. Le menu est à la hauteur de « l’importance » des invités, tous ces convives ayant trouvé avec ce « forum » le bon truc pour s’offrir un week-end gratuit en Provence aux frais de la princesse Marie-Jo. Parmi eux, trois ministres dont l’inénarrable Mitterrand, l’homme qui offre, tenez-vous bien, la médaille des Arts et des Lettres à… Annie Cordy. On croit rêver…

Une bien jolie promotion pour nos amis UMP des « grands » restaus de la région avignonnaise, parmi lesquels leur hôte et adjoint au tourisme Christian Etienne doit être aux anges. Joli coup de pub aux frais de la ville, et au bénéfice unique de Madame Roig et de ses amis, jamais à un « forum » près pour redorer un blason qui en a bien besoin, les réalisations effectives de notre édile ayant peu de chances à elles-seules de conduire notre première magistrate au firmament du buzz médiatique.

Antonio Sanz

Amis de l’UMP, avec la presse locale, économisez-vous un attaché de presse !

4 Nov


LE BILLET D’ANGELINA

Et oui, chers élus de la majorité locale, à Avignon, on communique gratis ! Quel besoin de se payer un service de presse coûteux, pas toujours très empressé, difficile à contrôler ? Dans notre bonne ville, la presse locale se charge gracieusement de votre promotion. Un nouveau « délégué » dans votre représentation locale, un communiqué à l’attention de la population ? Nos organes d’information s’empresseront de relayer avec célérité toutes vos news. En effet, pas un jour ne passe sans qu’Avignews, La Provence ou Vaucluse-Matin n' »informent » le bon peuple d’Avignon de la vie passionnante de l’UMP locale, ses humeurs, ses messages. Curieusement, cette même presse a beaucoup plus de difficultés à relayer les coups de gueule de l’opposition, surtout si elle est estampillée PC ou Front de Gauche. Il est vrai que se fâcher avec les amis de Marie-José Roig nuirait grandement à la « vitalité » économique de ces titres, véritables modèles d’une PQR moderne qui a su s’adapter. Economie de marché oblige, l’équation est simplissime : pas de pub, plus d’infos. Et pour ce qui est de la « déontologie » et de tout ce qui concerne l’exercice libre et indépendant du métier de journaliste, ce ne sont, n’est-ce pas, que fiction et utopies d’un autre âge. Nous sommes en France, en 2010, que diable, vivons avec notre époque ! Et conformons-nous à l’idée moderne de ce que doit être une Presse sérieuse, dont Le Figaro, véritable parangon d’une information indépendante, doit servir d’exemple à tous…

Angelina Vivaldi

HALLES : Les plus belles du monde (ni les plus ouvertes) ne sont pas à Avignon

30 Oct


La Boqueria à Barcelone

LE COUTEAU DANS L’OS, la chronique d’Antonio Sanz

Puisque l’on parle des Halles d’Avignon, ce cube disgracieux de béton moche, jamais ouvertes comme il se devrait : par exemple le samedi -puisqu’on est samedi et que je viens de me casser le nez à 13.30 devant des portes closes-, pourquoi les heureux locataires de ses boutiques ne se donnent-ils jamais la peine d’ouvrir en journée continue, comme dans n’importe quel endroit civilisé de France… et du monde ? Il est vrai qu’avec les prix qu’ils pratiquent, on comprend que ces commerçants privilégiés n’aient guère envie de faire du rab. Après tout, quelques petites matinées par-ci par-là à arnaquer le client suffisent à leur bonheur… Et nous, pauvres consommateurs qui n’avons d’autre choix de ravitaillement en centre-ville, ne pouvons que sortir nos mouchoirs et regretter qu’un maire couillu les oblige un peu à rendre de la générosité publique qui les héberge et leur permet de s’engraisser à nos dépens.

Bon, trêve de lamentations : pour nous consoler, il suffit d’aller faire nos courses dans de vraies et belles halles qui se respectent, partout ailleurs en Europe. Photos :


La Boqueria de Barcelone, le plus beau marché couvert d’Espagne


Venise – Marché du Rialto


La Pescheria – Venise


Halles d’Athènes


Halles de Triana – Sevilla


Marché de Naples

Antonio Sanz
Toutes photos : DR et L’Esprit 2010

BIENVENUE AU CLUB : La droite la plus crade du monde

29 Oct

LE BILLET D’ANGELINA

La Droite. Cet amalgame de parvenus et de thuriféraires du Marché, la droite française n’en finit plus de plonger dans des abysses de vulgarité et d’obscénité. Il suffit d’écouter trois minutes le « patron » de l’UMP pour s’en convaincre : Comment un être aussi insipide et suffisant que Xavier Bertrand , aux ordres aveugles de son « mentor », peut-il s’autoriser sur tous les medias à asséner ses « leçons » de savoir-vivre citoyen et de « responsabilité », lorsque lui-même se répand tous les jours dans les pires des abjections, comme celle par exemple, qui lui fait défendre -au côté de Marine Le Pen, Bruno Goldnish, excusez du peu- ce papy flingueur de fillettes de l’Héraut, dont les victimes Roms avaient respectivement 11 et 13 ans, tirées à bout portant et « achevées » à coups de crosse ? Tout ça au nom du « droit à l’autodéfense », un concept cher jadis à la droite extrême des milices de l’Action Française et autres nauséabonds, revendication judicieusement remise au goût du jour par la bonne parole UMP.

Naguère, la Droite française, même si l’on ne partageait pas ses options, avait au moins le sens de quelques valeurs : la République, l’égalité républicaine, une certaine idée du progrès social, le respect de ses adversaires, de De Gaulle à Chirac, la Droite se respectait un minimum. Depuis Sarkosy et ses marionnettes propagandistes, ses amis du Fouquet’s et ses Bigart à vomir, où sont passées ces valeurs ? Ce n’est plus que république des copains, oligarchie digne de la Russie de Poutine, affichage Rolex et loi du plus fort (du plus truand ?), prébendes et passe-droits, bref, l’arsenal complet d’une caste de riches sûrs d’eux au service unique de l’intérêt des potes, de plus en plus riches eux aussi. Une « république » de voyous qui se vautre avec complaisance dans l’abjection la plus totale : mépris du peuple, course aux profits personnels, cynisme et arrogance… Bienvenue au Club envié des prédateurs de démocratie, dont les co-présidents Berlusconi et Poutine peuvent se réjouir.

D’ailleurs, à voir notre inestimable président se casser les reins en graciles courbettes devant un des pires autocrates de la planète, ce cher Nazarbaïev, dictateur du Kazhastan, dont même les patrons du Kremkin se méfient, au prétexte de contrats juteux pour ses potes de l’armement et de l’industrie, nous ne pouvons qu’écoeurés, souhaiter un tsunami de force 10 pour balayer en 2012 ce président et son parterre obligé de fossoyeurs de la droite, de la République et de la Démocratie tout à la fois.

Angelina Vivaldi

*A signaler la sortie de l’excellent film documentaire de Sabina Guzzanti « Draquila », qui démonte la farce berlusconienne avec humour et brio.

SURFER SUR LE TOIT DU MONDE ? Une très mauvaise idée

29 Oct

LE MONDE SE RETRECIT : une chronique d’Antonio Sanz

Les Chinois, qui ne sont pas à un progrès près (!) -sauf en matière de droits de l’homme- viennent de nous prouver combien ils se souciaient du droit à l’accès numérique : Alors que sur leur territoire la toile est rigoureusement surveillée et régulièrement censurée, désormais on va pouvoir, grâce à leur merveilleuse imagination tehnologique, surfer sur internet depuis l’Everest !

Belle invention, penseront certains… Pour notre part, nous ne pouvons que déplorer ce rétrécissement du monde, avec pour corrolaire la raréfaction des derniers espaces de liberté et de poésie pure sur notre chère planète. De l’Amazonie aux confins du Tibet occupé, de l’île Pinckerton aux sommets du Kilimanjaro, du fin-fond du Vacarès aux pieds de Sakhara, le monde entier se rabougrit dans une maille numérique de plus en plus ténue, paradoxalement, alors que son expansion semble sans limites.

Mais quel besoin avons-nous donc réellement de réduire notre existence -et celle de tout le Vivant- à cet échange effréné « d’information » ? Quelle place réservons-nous désormais à cette part vitale d’élucubration et de rêve gratuits, dans un monde de plus en plus inféodé à une marchandisation intrépide de tous ses fondamentaux ? Laissons les peuples, leurs cultures et leurs paysages respirer un peu, loin du ballet numérique des échanges monétisés et de la dictature des flux. Une toile omniprésente, qui nous enferme et nous rétrécit, plutôt qu’elle nous libère.

Antonio Sanz

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