Archive | Le monde se rétrécit RSS feed for this section

PRESSE BAILLONNEE : Le silence suicidaire de l’Europe…

24 Jan

LE MONDE SE RETRECIT

La presse est censurée en Hongrie, alors que son chef d’Etat vient de récupérer la présidence tournante de l’Union Européenne, et visiblement personne ou presque (à l’exception notable de notre Dany binational) ne s’en émeut vraiment…

Air connu : l’efficacité diplomatique et la fidélité à un certain nombre de principes – quels qu’ils soient, au demeurant – font rarement bon ménage. La « Realpolitik », ça s’appelle. Ces contradictions récurrentes sont particulièrement saillantes dans le cas des démocraties occidentales, qui se posent comme l’incarnation de principes politiques peu ou prou hérités de la philosophie des Lumières, ne manquent pas de le faire savoir au reste du monde et qui, nonobstant, s’assoient dessus lorsque des intérêts « supérieurs » sont en jeu.

Le silence coupable de la France à l’égard de la Tunisie
Dernier exemple en date : le silence assourdissant de l’autoproclamée patrie des droits de l’homme durant l’explosion de la cocotte-minute tunisienne, silence seulement rompu par les offres de services en matière sécuritaire de Michèle Alliot-Marie (dans un souci d’épargner les vies humaines, cela va de soi, la flicaille française, de flashball en Taser, étant devenue experte en maintien de l’ordre non-létal, enfin presque).

Bien légitimement, la complaisance à l’égard du régime de Ben Ali, au nom de la « lutte contre l’islamisme » et, n’en doutons pas, de quelques intérêts économiques bien compris, complaisance qui atteint son acmé avec cette mise en pratique d’une certaine « sagesse » chinoise – ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire – suscite des commentaires acerbes et désabusés, de part et d’autre de la Méditerranée.

C’est la malédiction et la grandeur des gouvernements démocratiques d’avoir à se coltiner, dans les relations internationales, le monde tel qu’il est, tandis que médias et opposants politiques à domicile leur parlent du monde tel qu’il devrait être. Au nom de principes qui constituent une culture commune, en l’occurrence la défense des libertés, un « surmoi droits-de-l’hommiste ». Un silence coupable comme bouquet final d’années de compromissions, voilà comment se conclut le dernier épisode des relations franco-tunisiennes, c’est une affaire entendue.

En Hongrie, la liberté de la presse est négociable
Mais à propos de silence… Sans avoir la prétention de constituer à moi tout seul une pige multimédia – il se peut que j’aie loupé quelques épisodes –, il est un autre silence qui, en ce début d’année, me casse les oreilles : celui qui suit la promulgation, en Hongrie, d’une loi muselant les médias et, dans la foulée, de l’accession de ce pays à la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne.

Certes, il y a bien eu quelques réactions outrées ici et là, à l’approche du 1er janvier. Puis les atermoiements à usage externe, suivis de coups de menton à usage interne, du gouvernement hongrois. Et depuis, rien.
L’Union européenne qui, à défaut d’avoir une politique, est supposée avoir des principes – la liberté de la presse en fait partie, jusqu’à plus ample informé – est partiellement « présidée » par un pays dont le gouvernement a jugé bon d’établir un comité de censure. « Etonnant, non ? », aurait dit Desprosges.

Bien sûr, on imagine bien qu’en coulisses, des discussions, des négociations sont en cours, il se peut même que cette loi, sous la pression des instances européennes, finisse par être abrogée sous peu. Mais là n’est pas la question : la question, c’est que le seul scénario plausible soit, justement, une négociation. C’est donc négociable, la liberté de la presse, en Europe ? Dans la discrétion, en plus ? Ah bon. Cette lamentable affaire constitue, cela va sans dire, un précédent grave. La seule légitimité « palpable » d’un pouvoir supranational européen c’était, justement, de constituer un garde-fou sur la question des libertés et des droits de l’homme.

Les « valeurs démocratiques » de l’Union européenne ?
On se souvient de la vitesse à laquelle, en 2010, le gouvernement français rétropédala lorsqu’il fut établi qu’une circulaire du ministère de l’Intérieur ciblait spécifiquement les populations roms :
« Une circulaire ? Quelle circulaire ? Ah ! mais désolé, celle-là c’était juste un brouillon. Hop ! à plus.
– Ah ah ! bien essayé, monsieur Hortefeux. »

Mais dans cette affaire, le gouvernement hongrois s’accroche. Alors on négocie. Passe encore à la rigueur, autant qu’on puisse le déplorer, que tel ou tel pays européen mette ses principes au fond de sa poche lorsqu’il s’agit de maintenir ou d’améliorer des relations avec un satrape sanguinaire ou une clique de bureaucrates kleptomanes. Mais que ce « principe de réalité » s’applique à l’intérieur même d’un ensemble – l’Union européenne – dont l’un des rares ciments est l’adhésion à un certain nombre de valeurs démocratiques, c’est à se taper la tête contre les murs.

Imaginons un seul instant que le gouvernement hongrois ait continué de foutre la paix à ses journalistes mais qu’il ait, en revanche, décidé de taxer ses importations en provenance de l’Union européenne et de rétablir un contrôle des changes.
Là, n’en doutons pas, on verrait immédiatement se mettre en place une cellule de crise à Bruxelles, Sarkozy et Merkel se téléphoneraient 40 fois par jour, tandis que les médias en feraient des titres gros comme ma cuisse.

La censure en Hongrie, un non-évènement
Pour le coup, il ne s’agirait pas de négocier, mais de sommer la Hongrie de rentrer dans les clous, et plus vite que ça, encore. Sous peine, éventuellement, qu’elle soit exclue de l’Union, d’une façon ou d’une autre. Tant il est vrai qu’on ne saurait transiger avec la liberté de circulation des marchandises et des capitaux.

Rien de tout cela dans ce qui nous occupe. La censure de la presse en Hongrie est un non-événement médiatico-politique. Pas de crise, pas d’excitation, pas de bruit. Bien au contraire, un long silence, comparable à celui du gouvernement français lors du soulèvement tunisien.

Mais ce silence est d’un autre poids. Les compromissions de la France et des autres démocraties occidentales avec Ben Ali et consorts sont souvent déplorables, mais relèvent d’une forme habituelle du double langage, inscrite dans les gènes de ces Etats – ils y survivent toujours. Celles du « machin » européen avec la clique d’excités aux commandes à Budapest constituent une hypocrisie d’un genre nouveau, une hypocrisie suicidaire : le peu d’Europe qui existe en crèvera.

Riwal Ferry | Blogueur | 20/01/2011

Publicités

LOPPSI 2, SUITE : L’Etat veut-il la peau de la yourte ?

9 Jan

La yourte dans la ligne de mire des autorités ? Un article de la loi sur la sécurité intérieure “Loppsi 2”, inquiète leurs propriétaires. La loi permet aux préfets l’expulsion et la destruction des “habitats illicites” en 48 heures chrono.

Depuis le fin fond du Luberon où il a installé sa yourte, il y a de nombreuses années, Tom défend “une approche de la vie poétique” et un quotidien viscéralement ancré dans l’écologie.

Même s’il est difficile de les compter, ils sont nombreux à avoir fait comme lui, le choix d’une vie alternative. Yourte, cabane, tipi, roulotte, maisons végétales ou en matériaux de récupération. « Cela peut ressembler à un rêve d’enfant que de construire sa maison dans un arbre, explique Tom. Mais il ne faut pas oublier que la crise du logement peut également pousser les gens vers la solution d’un habitat alternatif ».

Qu’ils soient ermites au fond des bois, babas convaincus ou bobos arrivistes, ceux qui ont fait ce choix de vie craignent désormais pour leur toit.

Philosophe depuis le Luberon, Tom n’a pas peur. « Je dis : pas de panique ! Je ne vois pas pourquoi tout le monde s’affole.

Le gouvernement ne cherche qu’à se protéger pour pouvoir avoir le dernier mot au cas où… c’est s’il y a abus que cela peut devenir dangereux pour nous.

L’effet le plus néfaste sera de dissuader les gens de franchir le pas et de faire peur aux novices. Au risque de condamner la yourte à servir pour des cocktails mondains dans des jardins snobs ! »

Depuis 7 ans Jack Bollet, créateur de “yourte.com” importe des yourtes de Mongolie pour les revendre. Son dépôt est installé à Pont-Saint-Esprit, endroit stratégique entre Cévennes et Ardèche. « La yourte est considérée comme un objet culturel mongol artisanal, c’est une tente donc ça se démonte. C’est à partir du moment où l’on y installe un point d’eau qu’on peut la considérer comme habitation. La loi évoque des problèmes sanitaires, mais c’est injuste. Personne n’a jamais rien imposé là dessus auparavant. On a laissé faire les gens et maintenant on leur tape dessus ? Ce n’est pas ça qui va résoudre le problème du logement ».

En attendant le passage au Sénat, les associations militantes comme Halem, (Habitants de logements éphémères ou mobiles) et syndicats comme la CNT (Confédération nationale du travail) organisent la résistance et appellent à une journée d’action le 15 janvier, partout en France. À Avignon aujourd’hui, la CNT invite tous ceux qui le souhaitent à participer à une réunion d’information à partir de 17 heures, à la Maison IV de Chiffre, rue des Teinturiers.

En attendant, beaucoup se demandent s’ils ne sont pas en train de faire un mauvais rêve et n’osent penser qu’un pays pourrait partir en guerre contre leurs maisons de fortune. Pays dont le conseil d’État annonçait le 20 décembre dernier qu’il avait trouvé une solution face au manque de place d’hébergement pour les demandeurs d’asile. Il suffit, préconisait l’institution, de les loger sous des tentes…

La rédaction de Vaucluse Matin / 08/01/2011

SUR-MESURE : Loppsi 2, une loi scélérate pour les Roms et les Sans-Abris !

13 Déc

Du 14 décembre au 21 décembre doit passer en seconde lecture la loi loppsi 2, dont l’article 32 terA est particulièrement orienté : « Vivre dans des camions, yourtes, tipis, roulottes, cabanes… deviendra illicite ! Une lettre sera envoyée à tous les maires et préfets qui seront redevables d’une amende de 3 700 € en cas de non-DENONCIATION !!! ». Voici la Sarkosie scélérate de nouveau à l’oeuvre : désormais, ami Rom, Sans-Abri, teufeur, baba en tout genre… tu ne pourras plus occuper ton camion ou ta caravane sans que la police de Hortefeux ne vienne t’en déloger. Pire, les maires seront obligés de se transformer en zélés délateurs de la République néo-vichyste de Sarko s’ils ne veulent pas écoper d’une amende…

Nous les appelons dès aujourd’hui à la désobéissance civile sans compromis, si par malheur la loi est adoptée en l’état. Cette horreur digne des pires périodes de l’histoire est non seulement une récession sans nom quant aux droits élémentaires, mais de plus, sera certainement illégale au regard de la législation européenne. N’empêche : mobilisons-nous en masse et faisons reculer cette ignominie digne des pires états totalitaires ! Loppsi 2 doit être retirée sans délai.

Antonio Sanz avec Gatonegro

Plus d’infos avec : LOPPSI 2.FR
ainsi que l’article de POLITIS

GRANDES OREILLES : Wikileaks l’emmerdeur de la planète web

29 Nov

LE MOT DE TAÏEB

Vous connaissez Wikileaks ? Ces délurés de la transparence du net organisent depuis quelques temps le plus gros déballage de la toile : ou comment réactualiser la séculaire histoire de l’arroseur arrosé. En gros, ces joyeux lurons ont saisi un créneau jusqu’alors occupé par les sinistres officines d’espionnage en vogue dans tous les « grands » états de la planète. Big brother retourné contre les envoyeurs, en quelque sorte. Wikileaks espionne et récupère pour le compte des citoyens de la planète les perles du flux courriétal de nos chers puissants : dépèches diplomatiques, rapports secret-défense, bref tout y passe. Cette moulinette web soutire le meilleur de la confidentialité et du secret des états-nations. Chine et USA sont évidemment les mieux servis : Qui d’autres parmi les puissants actionnent-ils le mieux tout l’arsenal de l’espionnite généralisée de leurs citoyens et « concurrents » ?

Wikileaks est malin : forts de contrats d’exclusivité avec les plus grands titres de la planète -Le Monde, New York Times…- nos déglingueurs de la toile dézinguent à tout va et nous offrent le meilleur de leurs « écoutes » sensibles, immédiatement relayées par le gratin de la presse mondiale. Un beau coup de bluff qui inquiète gravement nos chers puissants.

Jolie parabole que cet accouchement dissident de la face obscure de la planète, retourné contre ceux qui font credo et profession de foi d’espionnite généralisée, à l’heure cyber de la mondialisation des échanges. Un contre-pouvoir à surveiller de près, tant les contre-pouvoirs ont cette adaptabilité facile à rapidement muter en de redoutables pouvoirs tout court.

Taïeb El Baradeï

LA BELLE VIE : Une semaine dans la peau d’un Rom

27 Nov



Comment vivent les Roms en Roumanie, le pays où ils sont le plus nombreux ? Pour le savoir, un journaliste d’Adevărul s’est fait passer pour l’un d’entre eux. Il n’a pas ressenti de discrimination, mais une sorte de mépris généralisé.

Jamais les Tsiganes n’ont été aussi présents dans le débat public. Quelque 8 000 Tsiganes roumains ont été expulsés de France cette année, mais la moitié y sont déjà retournés. Quelles chances ont les Tsiganes d’être acceptés en Roumanie ? Je l’ai compris en revêtant pour une semaine l’habit de Tsigane: chapeau, chemise bigarrée, veste en cuir et pantalon de velours. Je me suis laissé pousser la moustache ; la peau basanée je la tiens du bon Dieu.

J’ai commencé Place de l’Université [à Bucarest]. Il y avait des étudiants ivres qui se sont moqués de moi et m’ont braillé ces mots archi-connus de la langue tsigane: « mucles » (ta gueule !), « bahtalo » (bonne chance !), « sokeres » (comment ça va ?). Un grand blond m’a pris en photo, puis a photographié les bouteilles posées sur le trottoir, les chiens et les mendiants. Sur son ordinateur, en Scandinavie, ma photo sera probablement classée dans le répertoire « Bucharest garbage ».

Des regards qui font plus mal que Nicolas Sarkozy

Plus tard dans la soirée, je suis allé voir une pièce au Théâtre National. Les gens autour de moi n’étaient pas enchantés de ma présence, mais ils n’ont rien dit. J’ai entendu à nouveau les mêmes rires de quelques jeunes. Il semblerait que ce soient eux les plus méchants et les plus perfides envers les Tsiganes. Et ils rient toujours dans le dos.

Peut-être même que leurs regards font plus mal que le mauvais oeil de Nicolas Sarkozy, le président français. Nous avons des campagnes pour l’intégration et l’alphabétisation des Tsiganes, mais pas de campagne pour empêcher les gens de rire lorsqu’ils voient un Tsigane bossu dans la rue.

Et pourtant, on peut appeler tout cela comme on veut, sauf discrimination. Personne ne m’a jeté hors d’un café ou d’un restaurant. Tant qu’ils encaissaient mon argent, ils m’accueillaient à bras ouverts. Ce ne sont pas les Tsiganes qui sont victimes de discrimination en Roumanie, ce sont plutôt les pauvres.

Nous voulons que les Tsiganes sentent bon, qu’ils aiment l’art, mais aucun employeur ne veut avoir un Tsigane près de lui. Et sans argent, soit le Tsigane plonge dans la misère, soit il cherche des moyens non conventionnels de gagner de l’argent.

J’ai essayé le conventionnel, j’ai cherché à me faire embaucher. J’ai cherché des annonces dans les journaux pour être ouvrier non qualifié, laveur de voitures, ou démembrer des voitures pour les pièces détachées. Au téléphone, on m’a dit qu’il restait des places.

Arrivé devant les employeurs, certains m’ont chassé honnêtement – « Va-t-en, Tsigane ! », d’autres par des insultes – « Ben voilà, pour l’instant on n’embauche plus ! ».

Même les éboueurs m’ont rejeté. La fille du personnel m’a regardé par-dessous ses lunettes et m’a dit: « On n’embauche pas. On ne l’a jamais fait ». Ce qui signifie sans doute que les éboueurs qui tournoyaient dans la cour héritent de la profession de père en fils.

S’ils restent seuls, les Tsiganes meurent

Je pensais qu’il existait une solidarité, sinon entre les gens, du moins entre les automobilistes. Dans la périphérie de Bucarest, j’ai crevé un pneu, plus ou moins intentionnellement. J’ai passé plus de trois heures au bord de la route, faisant des signes de la main aux voitures qui passaient.

Pour certains je pouvais lire les injures sur leurs lèvres, d’autres me klaxonnaient en souriant, un a fait mine de me rouler dessus. J’étais complètement seul; des centaines de personnes sont passées à côté de moi sans vouloir m’aider. Là, j’ai compris pourquoi les Tsiganes se déplaçaient en tribu. S’ils restent seuls, ils meurent !

Et enfin, une vieille Skoda Octavia est apparue, d’où est descendu un malheureux, la cinquantaine, à la salopette sale. Dans les deux minutes nécessaires pour le changement de roue, il m’a ouvert son cœur : « Je t’ai vu quand tu me faisais signe, il y a deux heures. Je t’ai regardé dans le rétroviseur et j’ai regretté de ne pas m’être arrêté. Et je me suis dit que si tu étais encore là à mon retour, je m’arrêterais. Alors, j’ai fait une bonne action ou pas ? ». Je lui ai répondu la tête baissée : « Oui, monsieur ».

En repartant pour Bucarest, je me suis arrêté pour prendre de l’essence. Une employée de la station service est sortie un peu paniquée et m’a demandé : « Tu t’es servi à la pompe 5 ? » Non, j’avais pris de l’essence à la pompe 4. A la pompe 5, ce sont des Tsiganes dans une voiture à plaques jaunes [plaques temporaires pour les voitures achetées en Allemagne, difficiles voire impossibles à tracer] qui avaient pris de l’essence. J’ai appris qu’ils avaient fait le plein et oublié de payer. J’ai préféré me dire que, peut-être, eux aussi étaient en train de faire une expérience journalistique inédite.

Presque circulaire, l’article finit à quelques pas de l’endroit où il a commencé, Place de l’Université. Je pense n’avoir rien accompli, ni apporté de solution au problème des Roms. Qu’est-ce que la société veut qu’il advienne d’eux ?

Après avoir été traité comme un Tsigane pendant sept jour, j’ose dire que la réponse est affichée sur une vieille maison où un fanatique religieux a écrit un verset de la Bible: Jean 3:7 – « Jésus a dit : Il faut que vous naissiez de nouveau ». Et là, il n’y a aucune métaphore

Cristian Delcea / 10 novembre 2010 / Adevărul Bucarest

Le Baiser de la babouche…

9 Nov

Ce joli mot, dans la bouche de Villepin ce matin, à propos de la politique étrangère de la France, volontiers oublieuse de ses devoirs à l’égard des Droits de l’homme au profit de juteux contrats avec sa nouvelle amie la Chine, ce joli mot très littéraire donc, m’évoquait je ne sais quoi du baiser du serpent, quelque chose d’un peu perfide et d’incestueux tout à la fois, bref un truc visqueux et roué qui colle hélas trop bien à la réalité politique que vit notre pays, une manière déglinguée de gouverner, complètement déconnectée de la réalité, au seul profit d’un Prince autocentré et paranoïaque qui s’amuse comme un petit fou dans les ors de son palais.

Ce que relève à juste titre notre ex-premier ministre -même s’il n’est pas le mieux placé comme donneur de leçons-de ce jeu de cour affolé, sans queue ni tête, à la manière d’un vaisseau fantôme perdu dans les brumes, n’est malheureusement pas l’apanage de notre seul pays livré à une clique de courtisans carriéristes et à leur Prince noir. Une bonne partie de l’Europe en effet semble prise de ce virus destructeur, à commencer par notre pauvre voisin italien qui doit subir le guignol permanent d’un Faust reboosté au viagra et nourri de la pieuvre péninsulaire. Triste spectacle que ce carnaval permanent de petits autocrates survitaminés, dont le ballet obscène chaque jour un peu plus donne le vertige.

Médiocrité, arrogance, paranoïa, vulgarité, inculture crasse… il semble que la classe politique européenne se soit laissée infecter par les pires exemples de la gouvernance mondiale, le très regretté Georges W. Bush en étant l’étalon ultime. Berlusconi, Poutine, Sarkosy… tous ces chefs d’Etat et de gouvernement semblent pris par la même danse de St-Guy, une diablerie hystérique qui, si elle ne touchait pas aussi profondément le sens même de notre civilisation, serait cocasse. Hélas, nous subissons tous les jours les contre-coups de cette aberrante manière de gouverner qui consiste à dresser les uns contre les autres, à excluse toujours davantage, à piller sans vergogne le fonds patrimonial de notre civilisation issue des Lumières, à en dévoyer les idées et la noblesse de pensée, au seul objectif de toujours plus de pouvoir, de profit, de prévarication.

Antonio Sanz

(photo : le château de Louis II de Bavière)

ENVIE DE NEPAL…

29 Oct

%d blogueurs aiment cette page :