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OPPOSITION : Une gauche molle, ou la défaite annoncée

12 Jan

LE MOT DE TAÏEB


Au risque d’aggraver notre cas -mais ça n’est pas un souci, l’Esprit ces derniers temps est une cible commode- un petit bilan de « l’opposition » avignonnaise (de gauche donc), à l’heure où notre inestimable François Hollande vient courageusement (!) en défendre les supporters… Une opposition en forme de tableau à la Dali : molle, désespérément molle.

Soyons clair : En face, c’est à dire à droite, qu’avons-nous ? Un club de notables plus ou moins installés, plus ou moins parvenus, plus ou moins cathos, bref la clique bien-pensante et libérale, habituelle des petites villes de province : commerçants, « entrepreneurs », et autres professions « respectables », toutes ancrées dans la glaise et le terroir, amateurs de bons vins, de prébendes et de notoriété. Un vrai Chabrol en plus criant de vérité. L’exemple le plus parlant étant ce délégué au tourisme, dont l’entreprise fleurit au gré (et aux flux) de la communication municipale, toujours prompte à relayer ce parfait parangon de « réussite » professionnelle.

Ces gens-là ont plus d’un atout, néanmoins : forts en gueule, sans scrupules (cf Mansour), prêts à toutes les compromissions, y compris avec leurs cousins de la droite extrême (cf Mariani), ils bénéficient de surcroît du soutien indéfectible des cadors de l’UMP, voient leurs propos et actions gentiment relayés au quotidien -avec complaisance- par les médias locaux, et de plus disposent d’une sympathie certaine au sein de la bourgeoisie locale (et bien sûr du milieu des « affaires »).

De l’autre côté, qu’avons-nous pour nous soutenir dans nos « indignations » ? Hélas, mille fois hélas, un « club » de gauche archaïque, particulièrement aphone, incapable de susciter la moindre des oppositions (ne parlons pas de combat ou de virulence) parmi ses concitoyens. Une gauche locale endormie depuis semble t-il des siècles, (en réalité depuis 1976), juste bonne à se déchirer sur de petits chipotages de pouvoir. Vrai miroir, finalement, de la Gauche française, et de ses appareils nationaux.

Dans le détail : Le PS ? A l’image de ses représentantes, gentil. Gentil PS inexistant et singulièrement absent de tous les combats d’importance, comme on a pu le constater pour les retraites l’an passé. Le PC ? Castelli est un homme sympathique, mais son problème est le même qu’au PS : un manque cruel d’acuité et de mordant. Sans compter sa position fort peu commode de Conseiller Général, difficilement compatible avec la critique radicale du système, et ses rivalités avouées ou non avec l’autre gauche. Celle de Max Rieux, par exemple : un blog mal-foutu, des indignations tout de même mesurées et une totale absence de charisme font que le compagnon de Mélenchon est bien loin d’espérer un jour obtenir localement, l’équivalent de l’audience de son maître à penser. Reste un NPA en déroute, depuis son coup de foulard plus que déplacé, et des Verts exangues…

Soit une suite de personnes fort estimables au demeurant, mais bien mal armées pour prétendre à une quelconque succession du système UMP redoutablement efficace, mis en place par la bonne maire d’Avignon et ses amis beaucoup moins regardants.

Marie-Jo et ses affidés n’ont guère de souci à se faire. Face à une telle absence de figures -et de combativité- soyons quasi-certains de la réélection de ses amis. Et de la défaite de tous les Avignonnais.

Taïeb El Baradeï.
Photo : S. Dali, « Persistance de la mémoire »

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« LARVE GAUCHISTE » : Insultes, mensonges, arbitraire : l’ordinaire de la sarkosie décomplexée

10 Déc

LE MOT DE TAÏEB

Marine Le Pen n’a qu’à bien se tenir : ses contrefacteurs font surface. Dorénavant, un Préfet de la République, dûment assermenté et aux ordres, peut se permettre d’insulter publiquement (sur France-Info ce matin) un syndicaliste Sud qui a eu le malheur d’habiter la même zone où le prince Sarko devait se produire. Résultat : on embastille le quidam dans une gendarmerie « nationale » cinq heures durant, le temps que le sous-monarque puisse exprimer la plénitude de sa pensée devant le peuple.

Cette mésaventure digne des méthodes des meilleures dictatures est arrivée à un de nos concitoyens pas plus tard que fin novembre, au prétexte qu’il « pourrait » gêner le bon déroulement de la visite du président dans le bourg du Mayet-en-Montagne (Allier). Sur ordre du préfet de l’Allier (préfecture : Vichy, ça ne s’invente pas !) Pierre Manzoni, on l’enferme donc. Au sortir de sa geôle, Frédéric Le Marrec, éducateur spécialisé et « activiste » du syndicat Sud, a le tort de se plaindre publiquement d’une telle atteinte à ses libertés civiques : Le préfet, se réclamant d’un « gaullisme » de bon aloi, n’hésite pas et rétorque en portant plainte pour « diffamation ». Ce matin ce bon soldat de la « république » à la mode sarkosyste, ancien collaborateur de Pasqua (autre grand « gaulliste » respectueux des libertés publiques et parfaitement irréprochable) se répand sur les ondes de France-Info, en traitant notre syndicaliste de « larve gauchiste » !

Pour info, rappelons que ce préfet musclé a été secrétaire général adjoint au Parlement européen du groupe Union pour l’Europe des Nations (1999-2001), dont les membres distingués comptent, entre autres, l’Alliance Nationale et la Ligue du Nord, deux partis néo-fascistes italiens, ou encore le Parti Populaire Danois, autre club humaniste à la mode frontiste.

Voici un bon exemple du fonctionnement démocratique de notre république version Sarko : on muselle les opposants supposés, on ment sans vergogne sur leurs prétendues exactions, on les insulte et discrédite publiquement. Le tout au nom d’une conception du bien-penser républicain défendue par un soi-disant préfet « gaulliste », dont la conduite est tout simplement intolérable. Osons espérer qu’à son tour, notre dangereux activiste de Sud-Santé portera plainte contre cet outrage public et ce qui l’a précédé, une incarcération abusive pour raison d’Etat.

Taïeb El Baradeï

Photo DR : à gauche, Pierre Manzoni et son patron Hortefeux

GRANDES OREILLES : Wikileaks l’emmerdeur de la planète web

29 Nov

LE MOT DE TAÏEB

Vous connaissez Wikileaks ? Ces délurés de la transparence du net organisent depuis quelques temps le plus gros déballage de la toile : ou comment réactualiser la séculaire histoire de l’arroseur arrosé. En gros, ces joyeux lurons ont saisi un créneau jusqu’alors occupé par les sinistres officines d’espionnage en vogue dans tous les « grands » états de la planète. Big brother retourné contre les envoyeurs, en quelque sorte. Wikileaks espionne et récupère pour le compte des citoyens de la planète les perles du flux courriétal de nos chers puissants : dépèches diplomatiques, rapports secret-défense, bref tout y passe. Cette moulinette web soutire le meilleur de la confidentialité et du secret des états-nations. Chine et USA sont évidemment les mieux servis : Qui d’autres parmi les puissants actionnent-ils le mieux tout l’arsenal de l’espionnite généralisée de leurs citoyens et « concurrents » ?

Wikileaks est malin : forts de contrats d’exclusivité avec les plus grands titres de la planète -Le Monde, New York Times…- nos déglingueurs de la toile dézinguent à tout va et nous offrent le meilleur de leurs « écoutes » sensibles, immédiatement relayées par le gratin de la presse mondiale. Un beau coup de bluff qui inquiète gravement nos chers puissants.

Jolie parabole que cet accouchement dissident de la face obscure de la planète, retourné contre ceux qui font credo et profession de foi d’espionnite généralisée, à l’heure cyber de la mondialisation des échanges. Un contre-pouvoir à surveiller de près, tant les contre-pouvoirs ont cette adaptabilité facile à rapidement muter en de redoutables pouvoirs tout court.

Taïeb El Baradeï

MARIE-JOSE ROIG, la madone des tramways

26 Nov

250 millions d’euros. Voici, chers Avignonnais, ce que va vous (nous) coûter le dernier jouet de notre Marie-Jo. Soit un déficit annoncé pour de nombreuses années et un foutoir garanti devant lequel celui -actuel encore hélas- des Halles n’est rien ou presque.

Un tramway, donc, mais pour quoi faire ? Au-delà du gadget écolo-compatible qu’il représente, cette ubuesque dernière fixette de notre élue est une véritable bombe économique à retardement. Comme nous le relevions dans un précédent papier (un tramway nommé désastre), ce calamiteux et fort dispendieux jouet va ruiner les finances municipales : une ville de 87 000 habitants ne peut pas supporter un tel investissement qui, de surcroît, comme le soulignait fort justement le sénateur Dufaut, ne servira qu’à une poignée d’étudiants et autres retraitées avec chien dont, franchement, les Avignonnais n’ont pas à supporter le coût des déplacements.

Si encore le tracé du futur tram prévoyait l’éradication définitive de la circulation automobile en centre-ville ? Ce n’est certainement pas le cas, puisque techniquement impossible et irréaliste. Alors, ce tram, pour quel usage exactement ? Ou plutôt, posons la question autrement, à quelles fins politiques et médiatiques ?

Certes, un tramway est efficace dans certains cas. De grandes agglomérations, comme Montpellier ou Grenoble -pionnière en la matière- y ont trouvé leur compte. Mais soyons sérieux : comment comparer la capitale de LR ou celle de l’Isère avec ce village enflé qu’est Avignon. D’autant que les recettes municipales, tout le monde le sait, ne seront jamais à la hauteur d’un tel « investissement ».

Rappelons qu’à Marseille (900 000 habitants, et à la surface 3 fois plus étendue que Paris), et pour deux malheureuses lignes (qui doublent celles déjà existantes du métro), le tramway gaudinesque a coûté 750 millions d’euros auxquels il a fallu en rajouter 250 pour dédommager les commerçants ayant mis la clef sous la porte durant les travaux (plus de 4 ans) et « revitaliser » les artères traversées par ce serpent de ferraille disgracieux et inefficace.

Pour contrer cette nouvelle absurdité mégalomaniaque de notre madone des tramways, L’ESPRIT lance dès aujourd’hui une pétition sur laquelle nous vous espérons nombreux et déterminés à y affirmer votre désaccord.

MISE A JOUR DU 9/02/11 : Aujourd’hui, on apprend que l’Etat serait prêt à abonder ce projet pharaonique de… 30 millions d’euros. Restent 220 à notre charge, au bas mot !

MISE A JOUR du 17/01/11 : Nous savons désormais que notre cher député et ministre des transports Mariani (qui s’illustre régulièrement par ses propositions de lois liberticides et extrêmement proches des thèses du FN) est un soutien actif (a t-il déclaré dans La Provence) du projet Tramway de Marie-Jo : raison de plus pour combattre ce calamiteux projet, ruineux et déplacé.

Rejoignez-nous dès maintenant : Pétition Contre un Tramway Avignonnais
Taëb El Baradeï

(photo DR : dans l’electrico de Lisbonne)

172 MILLIARDS D’EXONERATIONS FISCALES pour les entreprises françaises !

11 Nov


LE MOT DE TAÏEB

Oui, oui, vous avez bien lu. Pour une fois le Mot de Taïeb est un chiffre, et quel chiffre ! En 2009, les entreprises en France ont donc bénéficié de 172 milliards d’exonération dont l’essentiel profite aux très grosses, notamment celles cotées au CAC 4O : Total, BNP, Société Générale, Bouygues, GDF-Suez… On est ravis d’apprendre que l’Etat consente d’aussi généreuses libéralités à ces mastodontes -mais pas qu’à eux, puisque toutes les entreprises ont leur part du gâteau- alors qu’il nous bassine sur ces fameux « trous » de la sécu (20 milliards) ou des retraites (45 milliards en 2015). Même un gamin de 5 ans qui sait à peine compter y verrait très vite un effet de vase communicant… Mais, bon, ce qui est bon pour les entreprises est bon pour les Français, selon la doxa sarkosyste, et il n’y a donc pas lieu de faire montre de mauvais esprit.

N’empêche. Tout cet arsenal légal de niches et autres défiscalisations a un coût pour la société, et celle-ci le paie lourd. Mais ce sport national qui consiste à dauber l’impôt au profit de l’accumulation de capital et de plus-value est d’autant plus scandaleux qu’il reçoit la bénédiction de l’Etat libéral, qui n’y voit rien à redire mais au contraire l’encourage chaque année un peu plus par l’adjonction de cadeaux supplémentaires. Ceux-ci s’ajoutant aux gracieusetés consenties aux riches et aux spéculateurs en général. Evidemment, à ce train là, il est clair que l’on va travailler très très longtemps pour compenser ces somptueuses libéralités. Un monde de petites fourmis laborieuses toujours plus productives, toujours moins « calculées », telle est la vision paradisiaque du monde merveilleux version économie libérale et gouvernance de marché.

Taïeb El Baradeï
(sources LIBERATION / Photo DR : une fourmilière géante)

LE MOT DE TAÏEB : petites coïncidences entre amis

27 Oct

Coïncidence. Ce joli vocable de la langue française fait sa réapparition, ces jours-ci plutôt tumultueux où il ne fait pas très bon de co-incider avec un flashball ou un tir à bout-portant de lacrymo. Et pourtant, c’est fou ce que l’on coïncide, en ce moment, c’est dingue comment l’actualité se télescope sur la toile médiatique… Tiens, pour ne parler que d’aujourd’hui, voici deux ou trois « coïncidences » plutôt révélatrices du climat général :

Ce matin, nous apprenions que nous allions vivre -heureux enfants et petits enfants des « trente glorieuses »- jusqu’à cent ans ! Oui, oui, 200 000 centenaires sont attendus à l’horizon des années 60 (2060…), rien que cela ! Ce chiffre, curieusement livré en pâture aux médias ce 27 octobre -jour solennel s’il en est, du « vote » définitif de la réforme des retraites- provient d’un organisme très sérieux, dont l’intégrité n’est plus à contester : je veux parler de l’INSEE, glorieux organisme de la statistique et du recensement né dans ces très regrettées « 30 glorieuses », justement… Un organisme étatique, comme son nom l’indique, et qui, visiblement, a choisi son jour d’heureuse coïncidence pour nous aligner ses pronostics imparables : on va vivre très très vieux, vive la retraite à 67 ans !

Autre « coincïdence » : où il est question d’un certain frère de président, autrement nommé Guillaume, dont le métier consiste à Présider-Diriger-Généralissemement le principal organisme de retraite privée, soit un Fond de Pension à la Française, amené à « s’occuper » des retraites de nos concitoyens. Lesquels ne sont plus guère enclins à faire confiance en l’efficience de la Caisse Nationale, système dit de « répartition », dorénavant jugé peu concurrentiel, et surtout mis en pièces avec acharnement par le cher grand Frère… voilà une autre curieuse « coïncidence », non ?

Enfin, et en bref pour ne pas alourdir mon propos, voici ce que l’on apprend ce matin encore en matière de « coïncidences » : vendredi dernier (et on ne le sait que 5 jours après !), un journaliste du « Point » constatait le vol de son ordinateur dans les bureaux du journal, rejoignant en cela la mésaventure arrivée quelques jours plus tôt à son confrère du « Monde ». Coïncidence encore, il s’avère que ces deux journalistes d’investigation travaillent sur l’affaire Bettencourt, du nom de cette rentière prompte à recapitaliser l’UMP et ses diverses campagnes électorales…

Décidément, la coïncidence est à la mode. Voilà un terme qui ne chôme pas, lui, et est promis à un bel avenir : un mot que le couperet de la retraite a peu de chance d’effleurer. Même pas mal.

Taïeb El Baradeï

ESSENCE : UNE PENURIE D’ÊTRE ?

19 Oct

(peinture sans-titre de Jean-Michel Basquiat)

LE MOT DE TAÏEB

Pénurie d’essence ? Et voilà que tout un peuple s’interroge sur sa place dans le grand mouvement de la vie. Amusante figure symbolique qui dit bien le désarroi de notre civilisation sous injecteurs, désespérément assoiffée d’existence…

Car enfin, qu’une société tout entière se sente ainsi menacée dans ses fondements, la liberté de circuler étant vécue comme une donnée primordiale de notre condition humaine, est bien, si l’on s’y penche un peu, plutôt révélateur de ce que nous nous octroyons pour validation de notre nature même.

Délicieuse rhétorique ou poétique sémantisante ? Le débat est ouvert, mais le constat est têtu : il suffit que l’on nous menace, Ô rédhibitoire sacrilège, de nous ôter le sang vif de nos moteurs, pour que tout un peuple en sacrifice se résigne en à assumer l’effroyable réalité. Notre existence d’homme libre ne tiendrait donc qu’à ce flux ténu mais puissamment vital qui alimente nos machines ? Une société dont l’identité est suspendue à cette perfusion fossile est-elle, fondamentalement, philosophiquement -essentiellement- viable ?

Voilà un beau sujet de réflexion à l’heure où nos machines momentanément (?) paralysées ne nous permettent plus guère de filer insouciants sous l’emballement du temps mesuré. Une suspension salutaire qui nous va bien.

Taëb El Baradeï

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