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BOUFFER BIO TUE

6 Juin


LE MOT DE TAÏEB

La preuve en est faite : on peut faire ce qu’on veut, croire qui on veut, plus rien ni personne nous assure de l’innocuité de ce que l’on mange. Après avoir dévasté l’économie espagnole, les Allemands découvrent que ce sont leurs idéologiques pratiques alimentaires et leur foi puritaine en une alimentation soi-disant « saine » qui ont empoisonné et tué leurs concitoyens.

Et le concombre ainsi innocenté, au prix d’une note effarante que le citoyen devra payer (au nom de quoi ? pourquoi les Allemands n’assument-ils pas l’addition ? ), l’Europe stupéfaite s’aperçoit que, contrairement à ce que le lobby écolo-bio voudrait nous faire croire (je sens que je vais me faire des amis), manger bio n’est en aucun cas la garantie de mieux se porter…

Et pour cause : ces cochons d’agriculteurs bio, sous le prétexte de ne pas nourrir leurs chères plantules d’un cocktail chimique douteux à base d’engrais industriels, n’ont rien trouvé de mieux que les sustenter avec une boue peu ragoûtante d’excréments animaux (ou autres, allez savoir avec ces « naturalistes »), pudiquement appelée fumier, bref un bouillon explosif de bactéries et autres cochonneries hautement pathogènes, si peu prophylactiques…

Alors qui croire ? Que faire ? Continuer de s’empoisonner chimiquement avec les saloperies de l’industrie agro-alimentaire ? Ou s’adonner sans réserve à l’incurie de ces apprentis sorciers labellisés bio qui nous garantissent une alimentation « saine » et la grande espérance de vie qui devrait logiquement en découler ? Craindre qui ou quoi ?

Les deux, mon général. Il faut se méfier de ces deux idéologies de la bouffe, aussi pernicieuses et néfastes l’une que l’autre, aussi intéressées, partiales, et déconnectées de nos vrais besoins. Et cesser de croire tous ces charlatans, que ce soient ces industriels sans foi ni loi, ou ces nouveaux gourous improvisés « experts » de l’alimentation bio, piteux paysans et dispensateurs de fort mauvaises graines…

Des empoisonneurs qu’il convient de combattre, et de boycotter. Arrêtons donc d’agréer, que dis-je d’idolâtrer les uns ou les autres, et, d’ailleurs, arrêtons de bouffer tout court : le monde ne s’en portera que mieux…

Taïeb El Baradeï

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L’ESPAGNE EN INSURRECTION : « Maintenant nous sommes tous illégaux », hurle la foule !

21 Mai

A Madrid, des milliers de personnes défient l’interdiction de manifester… Au moins 20 000 personnes rassemblées sur la Puerta del Sol à Madrid ont accueilli vendredi (20 mai) à minuit par un « cri muet » l’interdiction de manifester, observant aux 12 coups de l’horloge une minute de silence symbolique, des rubans de scotch collés sur la bouche*.

A minuit pile, un silence impressionnant s’est abattu pendant quelques secondes sur la grande place en plein coeur de la capitale espagnole, bondée tout comme les rues alentour. Les manifestants, qui depuis mardi occupent les lieux où ils ont planté un village de tentes et de bâches, ont ainsi accueilli la trêve qui interdit tout rassemblement politique à la veille des élections locales.

Puis, très vite, les cris ont repris, sur fond de percussions: « maintenant nous sommes tous illégaux », hurlait la foule, estimée à 19 000 personnes selon un décompte établi pour l’agence espagnole Efe par une société spécialisée. La présence policière restait discrète, avec seulement quelques voitures de police garées dans les rues voisines. Les organisateurs du mouvement, né en début de semaine pour dénoncer le chômage et les retombées de la crise économique, avaient prévenu qu’ils étaient prets à braver l’interdiction.

« Nous allons rester sur la place. Il ne s’agit pas d’une manifestation, mais d’un mouvement citoyen », avait expliqué vendredi matin Juan Lopez, chômeur de 30 ans et l’un des porte-parole du mouvement. A deux jours des élections locales qui s’annoncent désastreuses pour les socialistes au pouvoir, le gouvernement, très embarrassé, a promis d’agir avec mesure tout en « appliquant la loi », qui impose le respect de la trêve électorale.

Depuis mardi, ce mouvement spontané rassemble une mosaïque de jeunes mais aussi de citoyens de tous horizons et de tous âges, chômeurs, étudiants, retraités, salariés, qui ont pris possession de la place. Inédit, coloré et pacifiste, le mouvement, au nom du « droit à s’indigner », se veut « apolitique » et dénonce pêle-mêle la mainmise des grands partis sur la vie politique espagnole, l’injustice sociale, la « corruption des politiciens ».

Mais, surtout, il trahit la frustration de millions d’Espagnols face au chômage qui atteint un taux record de 21,19% et frappe près de la moitié des moins de 25 ans, aux coupes salariales, aux retombées de la crise économique. La détermination des manifestants, à la veille du week-end électoral, place le gouvernement en position délicate, l’obligeant à choisir entre la méthode policière, très risquée, ou une souplesse qui ne manquerait pas de lui attirer des critiques. « Nous allons appliquer la loi pour garantir les droits et la liberté de l’ensemble des citoyens », a déclaré vendredi le ministre de l’Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba.

Le chef du gouvernement José Luis Rodriguez Zapatero a lui assuré que le gouvernement ferait preuve de « compréhension ». Tout au long de la semaine, les manifestants se sont rassemblés chaque jour plus nombreux à la Puerta del Sol. Le mouvement, dans des proportions moindres, a gagné la plupart des villes d’Espagne.

Et en quelques jours, il s’est structuré. Un camp de bâches en plastique montées sur des structures en bois et de tentes de camping a surgi sur la place, avec des « stands » dédiés à la cuisine, l’accueil, les soins médicaux, et aussi à la communication où de tout nouveaux « porte-parole » tentent d’affiner le message, parfois flou, des contestataires.

Dans la file d’attente devant le stand dédié à la signature de la pétition de soutien, Maria-Jesus Garcia, une fonctionnaire de 40 ans, racontait vendredi être venue « à cause du chômage. Surtout celui des jeunes ». « Je vais lire la pétition, et je vais signer », disait-elle. « Mais ils doivent continuer après les élections. S’ils s’arrêtent, cela n’aura servi à rien ».

article publié par Midilibre.fr / 21/05/2011 /

* : NO ES UN BOTELLON, dit la banderole (photo), traduction « ceci n’est pas un apéro géant »… Ils sont en colère, nos amis madrilènes, et ils ont bien raison… S’ils pouvaient faire exemple, comme ici en France… 😀

ANTI-CORRIDAS : Et pan dans la gueule !

26 Avr

Jouissif ! Pas d’autres mots pour se régaler de la claque que ces arriérés du CRAC, de la Ligue des oiseaux et autres bobos rétrogades et régressifs se sont prise vendredi dernier, en apprenant l’inscription de la Corrida au patrimoine immatériel de la France.

J’imagine leurs gueules livides de bouffeurs bio sous-vitaminés et vélocypédiques à l’annonce de ce qui a dû sonner pour eux comme la fin de la récré !

En prenant cette décision inattendue et courageuse, le ministre Mitterrand est largement remonté dans notre estime. Pour une fois, le Fait du Prince a servi d’autres causes que celles plutôt douteuses qui l’avaient conduit à certaines nominations pour le moins contestables, s’agissant du « chrétien de droite » -comme il se définit lui-même- Olivier Py à la future direction du Festival d’Avignon (une aberration) ou autres calamités récemment subies par le monde du théâtre (Bondy à l’Odéon, les Berling au théâtre de Toulon ou encore le CDN de Montpellier…).

Bref, Fredo nous a fait plaisir. Et tant pis pour ces extrémistes anti-corridas qui maintenant s’en trouvent fort marris, la protection de cette inscription préservant de leurs persécutions tout un pan de l’histoire culturelle patrimoniale de l’Humanité.

Je me souviens il y a quelques années où ces buveurs de lait de soja et leurs minus quadrupèdes toilettés étaient venus crier leurs petites haines ridicules sous les fenêtres d’un grand théâtre d’Avignon, tout simplement parce que Caubère lisait un texte superbe du frère de Nimeño II dédié à la mémoire de cet immense torero… Un bel exemple d’agitation imbécile qu’une toute petite bande d’incultes psycho-rigides est capable de fomenter, afin de pimenter un peu leur vie tiède de rentiers d’un semblant d’animation.

Les mêmes qui se retrouvent régulièrement sous la bannière de croisée de ce vestige usé de la Nouvelle Vague qu’est devenue l’abominable BB, Frontiste avant l’heure, suffragette éructante de toutes les « causes » animales, alors qu’elle même fut incapable d’élever ses propres humains d’enfants…

Bref. La Corrida est sauve ici, mais le combat continue. Selon nos infos, d’ailleurs, l’avancée du dossier pour l’inscription à l’Unesco est en bonne voie. Soutenue par une armée aguerrie de scientifiques et de politiques éclairés, celle-ci devrait se concrétiser nous l’espérons avant 2012, ce qui rendrait obsolète la félone loi anti-corrida promulguée par les nationalistes catalans dans le seul but de se distinguer de Madrid. Une loi liberticide de plus, comme seuls les politiques de la « catalanité » savent en produire.

Longue vie à la Corrida !

Angelina Vivaldi
Photo : Valérie Farine / La Provence

ICONOCLASME : Danger ! Le scandale des églises troglodytes d’Ilhara massacrées sous l’indifférence de l’Etat turc

24 Avr

A l’heure des autodafés d’extrémistes chrétiens à l’encontre d’oeuvres contemporaines, comme à Avignon ces dernières semaines, il est vital de lutter contre d’autres iconoclasmes, plus discrets certes mais terriblement définitifs, qui touchent les sites historiques de notre patrimoine culturel mondial. La vallée d’Ilhara en Turquie est de ceux-là. Truffée d’églises troglodytes somptueusement décorées, cette vallée de Cappadoce est un témoignage exceptionnel des premiers Chrétiens en terre turque, désormais en voie de disparition totale : martelages, caillassages, graffitis à la pointe d’acier, leurs fresques du Xe au XIIe siècle sont abandonnées au vandalisme de tous, sans que l’Etat turc ne lève le petit doigt. Un scandale maintes fois dénoncé, sans que l’UNESCO ne daigne réagir. Tout ça au nom d’une « réal-politik » inféodée aux intérêts supérieurs de l’Occident en Turquie, une prétendue démocratie, en réalité autoritaire et théocratique, qui ne tolère aucune culture exogène (cf les Kurdes), pas même son propre patrimoine culturel qui, quoiqu’elle s’en défende, fait partie de ses racines. En illustration, le papier publié en 2007 par notre collaborateur Marc Roudier, pourtant relayé maintes fois à l’international, et resté malheureusement lettre morte :

Les fresques rupestres d’Ilhara vandalisées ! Un pan entier du patrimoine de Cappadoce, qui est aussi celui de l’Humanité, est en danger imminent de disparition. La vallée d’Ilhara, écrin naturel d’un ensemble unique au monde d’églises troglodytes du Xe au XIIe siècles, aux fresques exceptionnelles, est en train de se dégrader à la vitesse grand V, totalement abandonnée aux vandales de toutes sortes qui désintègrent les fragiles peintures, sous l’indifférence des autorités Turques.

Si le gouvernement Turc ne prend pas immédiatement les choses en mains, ce témoignage émouvant des premiers Chrétiens va disparaître d’ici les dix prochaines années. Déjà extrêmement altérées par le temps, les séismes, et surtout l’imbécile effacement des visages des personnages peints, ces peintures magnifiques dont ne subsistent souvent que quelques vestiges aux endroits difficiles d’accès, coupoles, plafonds, chapiteaux, ne seront bientôt qu’un lointain souvenir.

La vallée d’Ilhara est un haut-lieu du patrimoine artistique mondial. Imaginons un sillon encaissé et verdoyant serpentant sur plus d’une quinzaine de kilomètres, creusé dans le tuf rude des plateaux désertiques par un torrent, presqu’une rivière, qui jadis a dessiné des parois vertigineuses, abritées des vents mais surtout des regards, et dans lesquelles des hommes de foi ont sculpté de somptueux écrins de pierre, dotés de peintures à fresque relatant les épisodes des évangiles. Saints et madonne, cènes et martyrs, animaux mythologiques et moments de la vie du Christ, ces peintures magnifiques, au chromatisme époustouflant, souvent rehaussées d’or, sont les vestiges uniques d’une foi vertigineuse et embrasée, que d’humbles artistes anonymes ont patiemment laissé de leurs mains comme un témoignage fervent de leur amour de Dieu sur de minces enduits de plâtre, posés à même la roche nue.

Une quinzaine d’églises, mais aussi des couvents, des habitations, taillées dans le roc d’un désert âpre. Maintenant, alors que le tourisme à Ilhara et dans toute la Cappadoce s’intensifie dangereusement, ces grottes à l’architecture incroyable, aux décors fragiles, sont laissées aux quatre vents, sans aucune protection, ni gardiens. Ni grilles, ni parois de verre pour protéger ces extraordinaires témoignages d’un art exceptionnel !

La vallée est pourtant un site éminemment touristique, relativement facile à randonner, et dont on ne manque pas de vous faire payer l’accès ! Hélas, voir ces œuvres désolées de la sorte, abandonnées à la vindicte idiote de quelques illettrés qui saccagent ainsi non seulement leur, mais notre, patrimoine à tous, est une honte.

Pour ma part, j’ai repéré des graffitis faits à la pointe d’une lame ou d’un clou, signés et datés de 2001, 2002 ou encore 2004, destructions délibérées très récentes donc, faites dans la chair tendre des peintures, irrémédiablement abîmées et perdues pour tous. Graffitis amoureux, messages politiques, adresses et sentences religieuses, la volonté de vandalisme est absolue et incontestable. Certes, ce sont d’abord aux images des saints auxquelles on s’attaque, particulièrement les visages, soi-disant tabous dans les codes de représentation de l’Islam, ce qui procède bien évidemment d’une interprétation erronée des textes.

Ainsi de l’église dite “au Serpent”, Yilanli Kilise, qui date de la fin du IXe siècle. Ce qu’il en reste est désastreux : là où devraient figurer trois femmes nues victimes de morsures de serpent (l’une au sein pour ne pas avoir allaité, la seconde à la bouche pour avoir menti, la troisième aux oreilles pour avoir désobéi) ne reste qu’une bouillie vaguement figurative, rageusement rayée et oblitérée de mille coups, dont on n’aperçoit plus les visages. Où est le serpent, d’ailleurs ? Se demande t-on, jusqu’au moment où, après avoir plissé des yeux, un fragment bruni nous indique l’emplacement qu’il occupait…

D’une manière générale, les vandales n’ont pas hésité à grimper parfois dans des endroits absolument hors d’atteinte pour massacrer les peintures, quand ils ne les ont pas détruites à coups de jets de pierres. Ce qui reste des fresques des églises “Odorante”, “Sous l’arbre”, “St Georges”, tient sur quelques cartes postales.

Le Traité de Sèvres de 1923, qui a chassé les Grecs de Cappadoce, n’explique pas tout. Actuellement, c’est l’incurie des autorités Turques, qui laissent faire les vandales, qui doit être mise en cause. Comment l’Etat Turc peut-il manifester aussi peu d’intérêt à l’égard de son patrimoine qui pourtant draine des milliers de visiteurs et constitue donc une source considérable de revenus touristiques ? Pourquoi cette indifférence à l’égard d’un art sacré chrétien alors que la moindre céramique est pieusement conservée ? L’Etat peut-il laisser ce trésor abandonné à la haine imbécile et à l’indifférence ? La communauté internationale doit-elle accepter ce saccage sans broncher ? On ne peut pas laisser se répéter le drame des Bouddhas de Bamhian !

Mais il est déjà presque trop tard tant les dégradations sont nombreuses, et les traces infimes de ce qui fut un véritable musée à ciel ouvert. Dans cinq, six ou dix ans, il ne subsistera absolument rien de ce trésor de l’humanité. Le gouvernement Turc doit réagir immédiatement, ses citoyens se mobiliser, les scientifiques du monde entier pétitionner.

On ne peut vouer un tel patrimoine à la disparition définitive sans réagir ! Une demande d’inscription à l’UNESCO au titre de patrimoine mondial vient d’être faite. Attendons la suite, donc, mais dépéchons-nous !

Marc Roudier

(in artsud oct.2007, réactualisé avril 2010 Eleonor Zastavia web mag,et avril 2011)

LAPSUS : La « Page blanche » de Ouattara et autres bonnes affaires de l’Occident

13 Avr

Le 12 avril dernier, le nouveau président adoubé par l’Occident inaugurait son mandat en un curieux lapsus, ô combien signifiant : parlant de « page blanche » qui s’ouvrait désormais pour la Côte d’ivoire, le Président Ouattara s’est vite empressé, dans la même phrase et se rendant-compte du symbole, de préciser qu’il s’agissait du blanc du drapeau ivoirien…

Cette fourche langagière est en fait bien révélatrice de la réalité ivoirienne : une pseudo-démocratie téléguidée par la France et ses alliés occidentaux a assis un homme tout droit sorti du sérail FMI, lui-même peu blanchi de dérives totalitaires lorsqu’il était le premier ministre du pays, ni des exactions de ses propres « forces révolutionnaires ». Démocratie africaine à la Française, donc, c’est à dire peu susceptible de déranger les business de Bolloré et autres amis de notre président français en Ivoirie…

De même la Libye, soumise aux bombardements onusiens, ouvrira t-elle de juteux territoires indexés à l’Occident, lorsque le Conseil de Transition libyen, lui-même coopté par la France et son officieux émissaire BHL, aura réussi à s’asseoir sur les milliers de barils de la tribu Kadhafi… En n’omettant pas d’importer, comme cela s’est fait en Tunisie ces dernières semaines, toute une armada de technocrates libyens certes, mais formés en règle dans les hautes-écoles occidentales.

La Tunisie justement, qui s’est empressée de composer son gouvernement « révolutionnaire » avec un bataillon de l’élite universitaire et du business français. La Tunisie qui ces derniers jours, tout comme Le Caire d’ailleurs, subit dans la rue la prévisible pression des Islamistes, comme le rapporte le journaliste Salvatore Lombardo sur sa page Facebook :
 » En guise de prétendu retour à la Démocratie, la Tunisie s’enfonce dans l’islamisme et l’irrationnel. Les islamistes sont vraiment partout. Notamment à la télévision où ils présentent régulièrement leur 4 partis « légaux ». Mais aussi dans la rue où les femmes sont particulièrement visées par les néo-barbus qui prétendent, menaces à l’appui, leur imposer le port du voile… »

Bref, le monde, grâce à la France et à l’Occident entrés en guerre « pour la démocratie », se porte de mieux en mieux…

Angelina Vivaldi

WIKILEAKS : L’informateur Manning subirait la torture

11 Avr

Selon l’ONG Avaaz, l’informateur de Wikileaks, Bradley Manning, serait en ce moment torturé dans une prison militaire aux Etats-Unis. Il subirait un isolement complet qui peut conduire à la folie, ponctué de courtes sorties quotidiennes pendant lesquelles il serait totalement déshabillé et couvert d’insultes par les autres détenus.

Bradley Manning attend son procès pour avoir divulgué des documents militaires secrets à WikiLeaks, dont une vidéo de soldats américains massacrant des civils irakiens. Le traitement cruel et inhumain dont il ferait l’objet s’inscrit manifestement dans une campagne d’intimidation visant à réduire au silence les informateurs et à réprimer WikiLeaks. Le gouvernement des Etats-Unis est partagé sur ce sujet, et des diplomates critiquent publiquement les militaires pour le traitement qu’ils infligent à Bradley Manning, mais le Président Obama s’est tenu à l’écart jusqu’à présent.

Le Président Obama accorde beaucoup d’importance à la réputation des Etats-Unis dans le monde. Sur le papier, les Etats-Unis s’opposent à la torture. La Constitution des Etats-Unis interdit « les traitements cruels et inhabituels ». D’autre part, les Etats-Unis ont signé avec près d’une centaine d’autres pays une convention internationale qui garantit que tous les prisonniers seront traités « avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ». Or, Bradley Manning se trouverait aujourd’hui en cellule d’isolement complet sans même de draps pour se couvrir, sans qu’il lui soit permis de faire d’exercice physique, et soumis à une humiliation cruelle qui atteint gravement son intégrité mentale. Ce serait alors clairement une violation du droit international et de la loi aux Etats-Unis.

Manning est détenu sous un statut visant la « prévention de blessures » malgré 16 rapports de professionnels militaires de la santé mentale, stipulant qu’il faudrait mettre un terme à ses conditions sévères de détention. Ses avocats tentent de faire valoir auprès du tribunal ses droits fondamentaux constitutionnels et internationaux, mais jusqu’ici le tribunal militaire responsable du sort de Bradley a ignoré ses souffrances.

Depuis la révélation explosive des crimes commis par les militaires américains en Afghanistan et en Irak, Wikileaks subit une répression sévère. Beaucoup pensent que cette pression brutale sur Bradley a pour but de le forcer à impliquer le fondateur de WikiLeaks Julian Assange. Mais Obama a promis aux citoyens des Etats-Unis et au monde entier qu’il protègerait, et non pas persécuterait, les informateurs :

« Souvent, la meilleure source d’information sur le gaspillage, les fraudes et les abus d’un gouvernement est un employé en poste dans ce gouvernement, soucieux de l’intérêt public et prêt à témoigner. De tels actes de courage et de patriotisme, qui peuvent parfois sauver des vies et souvent économiser l’argent du contribuable, devraient être encouragés et non pas étouffés. »

Le traitement cruel que les USA infligeraient à Bradley Mannning va dans le sens contraire et envoie un message effrayant à celles et ceux qui pourraient révéler des informations importantes. Il affirme qu’il est un patriote et a admis avoir divulgué des informations que, selon lui, le monde devait connaître. Certains peuvent être en désaccord avec l’approche de Wikileaks et avec l’opinion de ceux qui leur ont fourni des informations. Mais la torture illégale que subirait Bradley Manning – qui n’a pas encore bénéficié de jugement équitable et n’a été jusqu’ici déclaré coupable d’aucun crime – constituerait une violation des droits fondamentaux et de la dignité humaine.

Source : ONG AVAAZ
si vous le désirez, vous pouvez signer la pétition d’Avaaz.org

LIBYE : LE PRIX DE LA GUERRE

23 Mar

La liberté des insurgés libyens vaut le prix d’une guerre. Personne n’en doute en France. Mais quel prix au fait? Combien va coûter la campagne de Libye?

La France est déjà actuellement engagée dans une vingtaine d’opérations extérieures. Dans les Balkans (Kosovo) et au Liban, à soutenir la force des Nations unies (Onuci) dans sa mission de paix en Côte-d’Ivoire, à lutter contre la piraterie au large de la Somalie. La France participe également à la Force internationale d’assistance et de sécurité (Fias) en Afghanistan.

À l’été 2010, environ 8.700 militaires de la défense étaient engagés dans ces «opex». Des opex coûtent de plus en plus cher: les budgets sont systématiquement dépassés. L’an dernier, le budget total a été de 630 millions d’euros portés finalement à 870 millions d’euros dont la moitié pour l’Afghanistan où nous avons 3.500 soldats. Toutefois, le budget global de la défense est de 31 milliards d’euros, dont les opex ne représentent finalement qu’une toute petite fraction.

En Libye, quel sera l’ordre de grandeur de la dépense? Sans doute au moins autant qu’en Afghanistan. Mais ça dépend comment on compte, bien sûr…

Le déplacement du Charles-de-Gaulle coûte une vraie fortune, mais s’il fait des ronds dans l’eau, ça coûte aussi. Les missiles, les bombes utilisées valent très cher.

Le temps de l’action
En fait, tout dépendra de la durée de l’offensive et de combien de temps nos forces seront mobilisées. Pour l’heure, il est difficile de le prédire, mais beaucoup estiment que l’opération Aube de l’odyssée prendra du temps.

La première phase de frappes aériennes afin de créer la zone d’exclusion aérienne puis de «casser les reins» de l’armée du colonel Kadhafi en la privant d’approvisionnement et de munitions, est la partie facile.

Plus dur, long et coûteux sera d’équiper et d’entraîner les insurgés avant qu’ils aient les moyens de partir à l’offensive vers Tripoli pour déloger le dictateur comme ils en ont l’objectif (même si tel n’est pas la mission de la coalition selon la résolution 1973 de l’ONU).

Tant que le colonel sera en place, l’armée française et ses alliées devront maintenir beaucoup de forces en état de guerre.

Pour les deux guerres menées par l’US Army en Irak et en Afghanistan, le département de la Défense dispose d’un budget de 130 milliards de dollars. En cumul en Irak, le coût de la guerre aura été de 3.000 milliards de dollars pour les Etats-Unis, selon le prix Nobel Joseph Stiglitz.

Ce sont des sommes colossales qui démontrent que les coûts sont toujours… explosifs. Ce qui est sûr, c’est que la France est endettée, il lui faudra donc faire des économies ailleurs.

Eric Le Boucher / 22 mars 2011 / Slate.fr

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