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VOÏNA : Les partouzeurs de l’art russe au combat

4 Mai

Le Collectif Voïna (guerre) ne se refuse rien. Agitateurs artistiques, ces performeurs ultras n’hésitent pas à monter des actions artistiques dans les lieux les plus emblématiques de la dictato-démocratie russe. « Nous sommes entrés en guerre contre les loups-garous en uniforme, l’obscurantisme politique et social et pour la liberté de l’art contemporain », disent-ils… Dérangeants et efficaces.

Ils ont dessiné un pénis géant face au bâtiment des services secrets russes, ont été libérés de prison grâce au street artist Banksy, ont partouzé dans le musée national de biologie de Moscou, ont remporté un prix national d’art contemporain… Le parcours atypique de Voïna, groupe d’activistes en lutte contre un pouvoir tout-puissant, est exceptionnel. Voïna : un groupe radical, sans concessions, toujours sur le fil, toujours à la limite.


Donc, face à la censure Youtube, la vidéo « Fuck » (Orgie in museum) EST VISIBLE ICI : LA VIDEO


Une action dans le métro de Moscou


Voïna humilie les flics chez eux

sources : Voïna, Les inrocks & divers sites / Crédits photo : Partouze dans la salle de nutrition et digestion du Musée national de biologie de Russie (Thomas Peter/Reuters)

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FESTIVAL D’AVIGNON 2011 : Ce qui nous fait envie de son programme

24 Mar

Ce mercredi 24 mars, l’équipe du Festival présentait l’avant-programme de la manifestation, avec semble t-il quelques innovations dans les propositions « parallèles », comme cette séquence « Poster » voulue par l’artiste invité de cette 65e édition, le chorégraphe Boris Charmatz. En voici une petite pré-sélection tout à fait subjective :

L’excellente nouvelle, comme nous vous l’avions annoncé, est bien évidemment le retour de Romeo Castellucci ( à l’origine pour un diptyque, qui jusqu’à présent portait le nom de code de « J », et désormais pour une seule oeuvre). « Sul concetto di volto nel figlio di dio », créée fin 2010, sera jouée pour la première fois en France du 20 au 26 juillet, à l’Opéra-Théâtre. On aime Castellucci.

Autre grand moment, l’invitation faite à Angelica Liddell, cette performeuse madrilène dont nous avions particulièrement apprécié sa « Casa de la fuerza » ovationnée l’an passé au Cloître des Carmes. Elle nous revient avec une création attendue, « Maldito sea el hombre que confia en el hombre », un titre de circonstance en ces moments fiévreux… Ce sera du 8 au 13 juillet à la salle de Montfavet et il ne faudra pas la rater.

Belle perspective également que cette invitation au remuant, furieux même Vincent Macaigne, pour une création qu’il répètera in situ au Cloître des Carmes, adaptation du Hamlet fort joliment nommée « Au moins j’aurai laissé un beau cadavre ». Elle se donnera au même Cloître du 9 au 19 juillet (relâche le 14). Indispensable.

Wajdi Mouawad est de retour lui-aussi. Tant mieux. Nous irons découvrir son triptyque « Des femmes », librement inspiré des héroines de Sophocle, à la Carrière Boulbon, du 20 au 25 juillet… Même si la polémique qu’il a suscitée autour de l’affaire Trintignant n’était pas du meilleur goût, franchement. D’ailleurs, il semble qu’une partie de la troupe d’origine ait déserté la distribution à la suite de ce mauvais coup de com…

Guy Cassiers sera de la partie également. On pourra donc apprécier sa créa 2011 en néerlandais surtitré dans la Cour d’Honneur. « Sang et roses, le chant de Jeanne et Gilles », d’après les vies sanglantes de Gilles de Rais et Jeanne d’Arc, donc, sera donné du 22 au 26 juillet. Autre proposition intéressante, le « Sun » de Cyril Teste, création 2011, sera joué à la Salle Benoit XII du 7 au 13 juillet. A voir sans doute.

Hommage sera rendu à Lucien Attoun et les 40 ans de son « Théâtre Ouvert » en la Chapelle des Pénitents blancs, où Jean-Pierre Vincent et ses confrères en notoriété confronteront des textes de jeunes auteurs à leur idée de la mise-en-scène. Du 8 au 24 juillet.

Dommage que Frédéric Fisbach ait avalisé la proposition que lui faisait l’équipe du Festival de recruter la désastreuse et insupportable Juliette Binoche aux côtés de l’exceptionnel Nicolas Bouchaud pour son adaptation du  » Mademoiselle Julie » de Strindberg… Nous n’irons pas voir pareille hérésie.

Pour la danse, signalons l’excellent Xavier Le Roy, dont nous vous avions déjà parlé, pour ses « Low pieces », création 2011, à découvrir au Gymnase Mistral du 19 au 25 juillet. Et bien sûr l’incontournable Anne Teresa de Keersmaeker, habituée du Festival, qui créera pour cette édition une oeuvre dans la Cour d’Honneur, du 16 au 19 juillet…

En revanche, céder à la démagogie qui consiste à produire dans la Cour qui plus est un « concert » d’Etienne Daho avec Jeanne Moreau, sous le prétexte d’une lecture de Genet, relève du plus parfait parisiannisme. Sans doute est-ce là une concession à quelque financeur public, chagriné par « l’élitisme » de la programmation… Mauvaise idée.

Bonne idée, par contre, que d’inviter le grand sculpteur Land-Art Richard Long, pour une installation à la Chapelle St Charles, fomentée par le Conseil Général de Vaucluse…

Enfin, n’oublions pas les riches heures que constituent les programmes « La 25e heure », « Sujets à Vif » ou encore « Poster », qui certainement amèneront leur lot de (bonnes) surprises et de découvertes…

MR / (article réactualisé le 15 juin)

COULISSES : En marge de cette conférence de presse qui fait habituellement événement pour la ville d’Avignon, tout le monde aura remarqué l’absence de Marie-José Roig, rappelons-le également déléguée nationale au spectacle vivant pour l’UMP ! Remplacée in-extremis par son adjoint Bissière, semble-il prévenu au dernier moment, et arrivé en retard à Benoit XII pour s’être présenté d’abord à l’Opéra… Sans commentaire.

Photo : la performeuse Angelica Liddell

MASSIMO FURLAN : Au Merlan avec 1973

11 Mar

La célèbre performance 1973 de Massimo Furlan, ce soir et demain au Merlan, scène nationale. Loufoque, décapant, en un mot fun… On adore.

LAURIE ANDERSON : Langue d’amour

6 Jan


Allez hop ! Pour commencer l’année 2011 dignement, un petit Laurie Anderson intitulé fort à propos Langue d’Amour. D’actualité, on espère. Une proposition du Fourreur de mots pour MAGIC PUREE.

RUSSIE : Le radicalisme artistique mène en prison

6 Déc

Célèbre pour ses performances artistiques politiquement engagées, le collectif russe Voïna vient de voir deux de ses membres arrêtés. Un destin qui guette d’autres artistes contemporains russes adeptes de l’actionnisme viennois.

En septembre 2008, le collectif d’artistes avait simulé la pendaison d’activistes gays et de travailleurs clandestins dans un Auchan de Moscou pour dénoncer les discriminations dont les deux groupes sont l’objet en Russie. Deux membres dirigeants de Voïna (“la guerre”), un collectif qui pratique un art conceptuel de rue à travers des performances percutantes, ont été placés en détention à Saint-Pétersbourg le 17 novembre 2010, deux jours après leur arrestation à Moscou. Oleg Vorotnikov, 32 ans, et Leonid Nikolaev, 27 ans, ont été mis à l’ombre sans chef d’inculpation par un tribunal de Saint-Pétersbourg jusqu’au 25 novembre – avec prolongation possible jusqu’au 15 janvier 2011. Le renversement de véhicules de police le 17 septembre à Saint-Pétersbourg, objet d’une performance artistique, serait le déclencheur de l’affaire. Les deux artistes pourraient être poursuivis pour « hooliganisme par haine contre un groupe social » et encourir une peine de sept ans de prison. « Les activistes du collectif n’ont jamais caché que l’action ‘Révolution de palais’ à Saint-Pétersbourg est la leur ; ils ont d’ailleurs immédiatement diffusé la vidéo sur Internet. Or les arrestations ont eu lieu deux mois après, à Moscou, et ne concernent que deux personnes alors que les forces de l’ordre ont indiqué que cinq à sept individus ont renversé ces voitures », s’étonne Novaïa Gazeta.

Alexeï Plutser Sarno, un autre membre de Voïna, dont le blog diffuse toutes les performances menées par le collectif, dénonce le déroulement de l’arrestation. « Le groupe a été attrapé dans un appartement de Moscou le 15 novembre. L’appartement a été littéralement pillé ; non seulement tous les ordinateurs ont disparu mais aussi tous les caméscopes, appareils photo et de nombreuses autres affaires personnelles qui ne contiennent aucune information ou document. C’était simplement du matériel. » Même les appareils photo de personnes se trouvant là par hasard ont été saisis alors que leurs propriétaires ont été relâchés. De même, Natalia Sokol, alias Kozlionok, mère d’un nourrisson, s’est vu confisquer ses papiers sans motif.

Voïna « continuera à dessiner le portrait de la Russie d’aujourd’hui dans le langage de l’actionnisme de rue », insiste Alexeï Plutser Sarno dans une interview à Gazeta. « Même si Voïna a subi un revers très lourd en étant privé de son fondateur Oleg Vorotnikov et du dénommé Liona ‘l’enc…’, son président. Mais le groupe compte des dizaines d’activistes et il est peu probable que tous soient emprisonnés sous des accusations mensongères. »

« Artistiquement, nous regardons du côté de l’art révolutionnaire russe des années 1920 et de l’‘actionnisme viennois' », confiaient les dirigeants de Voïna dans une interview à Courrier international. Force est de constater que l’art politique contestataire et radical fait l’objet de poursuites en Russie, ce qui contraint les artistes à l’exil. Ainsi, un autre artiste russe, Oleg Mavromatti, risque la prison s’il est extradé de Bulgarie. En 2000, il s’est réfugié dans ce pays, d’où son épouse est originaire, pour échapper aux suites d’une plainte déposée par des ultraorthodoxes russes. Ceux-ci protestaient contre une performance de Mavromatti au cours de laquelle l’artiste s’est fait crucifier, la phrase « Je ne suis pas le fils de Dieu » étant inscrite sur le corps.

En soutien à son collègue Oleg Mavromatti, l’artiste Avdeï Ter-Oganian, exilé à Prague, a menacé de boycotter l’exposition « Le contrepoint russe » au Louvre – du 14 octobre 2010 au 31 janvier 2011 -, rappelle Tchastny Korrespondent. Mais Paris n’a guère prêté attention à Oleg Mavromatti. En revanche, le 17 novembre, « des manifestations de soutien à l’actionnisme ont eu lieu à Berlin, Moscou et Saint-Pétersbourg » devant les représentations diplomatiques de la Bulgarie.

Philippe Randrianarimanana | Courrier international

photo DR : action du collectif Voïna

Instant/Instinct : Cérémonie, selon Thierry Alcaraz

5 Déc

Voici un objet étrange, une pièce chamanique, aux échos puissants qui vibrent d’un mysticisme archaïque et pourtant terriblement présent. Une oeuvre complexe et dépouillée qui tranche diablement avec les formes répertoriées du travail habituel de la Compagnie des Ouvriers et de son inspirateur, Thierry Alcaraz. Ni théâtre, ni performance musicale, cet ovni doit se lire comme une communion. Une cérémonie, donc, au sens plein du terme, d’où émergent une langue inédite, deux personnages en quête, une viole de gambe et la transmutation graphique d’un des lieux les plus secrets d’Avignon. Cette Chapelle des Miracles, que le pape Jean XXII fit construire en 1330, après qu’un jeune homme condamné au bûcher pour sodomie fut par miracle épargné des flammes. Un authentique miracle auquel le pape dédia cette superbe chapelle romane.

Lithurgie d’un passage, d’une transition organique vers les morts, ce rituel quasi-initiatique est peuplé de l’ombre habitée d’un absent, auquel Thierry Alcaraz dédie ce poème comme une offrande. Un chant profond, violent comme l’orage, et pourtant porté par une infinie douceur, dont l’organisation autour de l’incantantion psalmodiée ou franchement chantée dans cette nov-langue surprenante, renvoie effectivement à la grande tradition lithurgique hébraïque et paléo-chrétienne.

Prouesse et dépassement de soi pour l’officiant qu’est Thierry Alcaraz, peu habitué du plateau nu et de l’implosion physique de l’acteur. Sa lithanie balbutiante, fragile, fait mouche, sa langue inconnue résonne d’une force primitive. Mystère au sens religieux que la voix extrême de Nanette Van Zanten, dont la viole épouse toute les atonies, force les pics, exulte des méandres de ce chant edenique.

Et lorsque le ciel de la chapelle s’ouvre sur un fleuve mouvant de nuages lourds, foisonne d’un océan magmatique, ou évide la nervure de la nef pour en révéler la géométrie mystique, alors nous savons que nous sommes bien là en présence d’une sublimation, l’accomplissement d’une traversée vers des cieux inconnus, peut-être terrifiants, un ailleurs que l’on peut lire déjà dans la panoptique médiévale, dans ces retables qui côtoient l’enfer et d’où les anges finissent toujours par triompher. Une prière pour un ange trop tôt disparu que Thierry Alcaraz sait si bien nous faire partager. Un miracle.

Marc Roudier

Instant/Instinct s’est donné du 2 au 5 décembre 2010 en la Chapelle des Miracles à Avignon.

MAGIC PUREE : Charles Pennequin quoi qui nia ?

21 Nov


Et hop ! une petite perf vivifiante de Pennequin pour embellir ce dimanche gris.

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