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REVOLUTIONS ARABES : Pendant ce temps, la France classée 31e au « palmarès » des démocraties !

2 Mar

Pendant que nos irréprochables gouvernants UMP s’apitoyent sur le sort des pauvres Arabes de Libye, Tunisie, ou Egypte soumis à des « tyrans  » et autocrates, dont « personne » n’avait saisi le caractère dictatorial de leurs régime, ni « pressenti les révolutions qui, par définition, sont imprévisibles », notre cher pays, volontiers donneur de leçons et paraît-il « patrie des droits de l’homme » se classe 31e au top 160 des pays instrospectés par le très sérieux et pourtant très libéral quotidien The Economist.

Beau palmarès, dont peuvent être fiers Sarkosy et ses sinistres sous-ordres, dont le réputé Hortefeux, bien connu pour la finesse de ses analyses racistes et la libéralité de ses actions de police dignes d’un Kadhafi. Grâce à ce gouvernement UMP, la France est passée en quelques années de la déjà peu enviée place de 24e au rang de 31e dans le classement des états, jugés sur leur capacité démocratique. Pour exemple, la Corée du Sud est 20e de ce même classement !

A cela plusieurs raisons : outre que « selon le système politique français, le président détient un grand pouvoir. Le style autocratique et autoritaire de l’actuel président, Nicolas Sarkozy, représente une menace pour la tradition démocratique. Sous sa présidence se développent un sentiment anti-musulman croissant et une emphase sur les racines chrétiennes de la France. Les pressions sur les journalistes et les médias en ligne conduisent au déclin de la liberté de la presse. » Cette dernière critique était aussi faite par Reporters sans Frontières dans son dernier classement mondial de la liberté de la presse qui voit la France régresser à la 43ème place, la France s’illustre par un système pénitentiaire digne du XIXe siècle, pratique un mode électoral parfaitement irrespectueux de la diversité d’opinions (avec ses fameuses « primes » à la majorité et l’absence de proportionnelle), fait condamner ses citoyens pour le port du T.shirt « casse-toi pauvre con » (ou rétrogade un prof cairote pour une pancarte du même jus) et autres joyeusetés… (en faire la liste serait fastidieux)

Un bien bel exemple en effet à offrir à ces peuples qui se soulèvent contre leurs tyrans ! Quelles leçons franchement a t-on à donner à ces gens qui avec leur sang paient le prix fort de leur liberté ? Quelle légitimité ont nos dirigeants arrogants à s’autoriser le moindre commentaire condescendant sur « l’état » démocratique ou non de ces pays qui ont été tout à la fois les matons de leurs frontières, les « remparts » du terrorisme et de l’Islam radical, et nos dealers généreux en énergies fossiles ? Quant à nous, pauvres citoyens endormis par notre pseudo liberté d’expression, sous le prétexte que l’on peut quand le prince le décide déposer un bulletin dans l’urne dont personne ne tient compte, nous n’y voyons goutte. Jamais il ne nous viendrait à l’idée de chasser nos petits dictateurs en herbe, prévaricateurs et sans-gêne, qui nous anesthésient et se fichent de nous depuis des lustres… Et pourtant, il faudra bien un jour que l’addition se règle.

Antonio Sanz

Plus : Lire aussi le papier de The Economist.

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PIQURE DE RAPPEL : L’Islam est incompatible avec les droits de l’homme

1 Mar


LA LANGUE DANS LA PLAIE / Antonio Sanz

A l’heure où les démocraties naissantes du « Printemps Arabe » se mettent difficilement en place, il n’est pas inutile de rappeler quelques fondamentaux. Oui, l’Islam est incompatible avec les droits de l’homme et la démocratie, comme toute autre religion dès lors qu’elle s’instaure comme système d’organisation politique. Oui, le danger islamiste est là, tapi avec ses vieilles haines rances de la liberté du peuple et des droits humains. Les Frères Musulmans en Egypte, Ennahda en Tunisie, sont les chantres d’une « révolution » religieuse qui passe par l’instauration de la charia, ce « code » de loi qui entend régir la « bonne conduite » de chacun dans son quotidien et son allégeance à un « dieu » fantasmé, en tout cas bien commode pour les pouvoirs des imams et autres ayatolahs. C’est une réalité, et n’en déplaise à certains « intellectuels » français, éditorialistes prolixes sur les plateaux télévisuels mais curieusement absents des « théâtres » de l’insurrection, toujours à la pointe de la « tolérance » et de l’empathie, il ne serait pas sain de l’oublier.

Nous republions donc cet entretien de 2005 avec Taslima Nasreen, écrivain et intellectuelle du Bangladesh, menacée de mort depuis 1994 par une « fatwa » lancée par quelques islamistes obscurantistes haineux, qui vit depuis sous la menace d’une exécution programmée pour ses seuls « délits » d’opinion. « Les femmes sont oppressées par toutes les religions ». Cette femme sait de quoi elle parle, lorsqu’elle accuse l’Islam, en tant que « système » de pensée et d’organisation du monde coercitif et liberticide, de déni absolu de la personne humaine, et d’incapacité « génétique » à laisser incuber l’ombre d’un embryon de démocratie. Nous assumons ses propos et les soutenons, au risque d’être taxés d’islamophobie, un terme bien commode pour les fascistes verts qui se tiennent en embuscade derrière les révolutions de ce Printemps arabe, prêts à toutes les récupérations, avec pour seul objectif l’islamisation complète et définitive de ces peuples assommés par 30 ou 40 ans de dictature sanglante. Qu’ils n’y croient pas : nous ne les laisserons pas faire. On écoute Taslima Nasreen :

Menacée de mort par une fatwa lancée par des fanatiques, Taslima Nasreen vit en exil depuis plus de dix ans. Symbole de la lutte pour la libération de la femme, l’écrivain bangladaise a reçu le 16 novembre dernier le prix Unesco-Singh 2004, doté de 100 000 dollars, pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Elle a fait du combat contre l’obscurantisme religieux et l’oppression des femmes sa raison de vivre. Entretien avec une femme rebelle.
Pour Taslima Nasreen, le Coran, comme toutes les autres écritures sacrées, est complètement dépassé. Car aujourd’hui, la vie en société ne peut être organisée que par un Etat et non par des versets écrits il y a mille quatre cents ans.

Quelle est la condition de la femme dans votre pays ?
Le Bangladesh est un pays de plus de 130 millions d’habitants, l’un des plus peuplés au monde. 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. 40% de femmes n’ont pas d’accès à l’éducation et aux soins et 80% d’entre elles sont toujours analphabètes ! Même si plus de femmes vont à l’école ou travaillent qu’auparavant, elles souffrent toujours du fondamentalisme islamiste. Les intégristes décrètent des fatwas contre elles, les terrorisent et les empêchent d’avoir accès à l’éducation. Les femmes qui travaillent sont menacées de représailles. Pour les fondamentalistes, la place de la femme est à la maison. Pire encore, le gouvernement bangladais soutient ce fondamentalisme. Il utilise l’islam pour obtenir des suffrages et récolter des voix auprès des personnes analphabètes manipulées par la religion.

Vous ne cessez de dénoncer la condition des femmes musulmanes partout dans le monde. En quoi l’islam serait-il une religion nuisible pour les femmes ?
Les femmes sont oppressées par toutes les religions, y compris l’islam. Les traditions culturelles et les coutumes les asservissent aussi. Je m’attaque à l’islam en particulier, parce que je suis née dans une famille musulmane et que j’ai vécu dans un pays qui applique la charia. J’ai donc personnellement vécu cette oppression et j’ai compris très jeune que l’islam était un outil pour faire perdurer un système patriarcal. Dans le Coran, les femmes ne sont pas traitées comme des êtres humains mais comme des êtres inférieurs et des objets sexuels, condamnés à la servilité. Elles sont réduites à l’esclavage dans un texte qui est vieux de 1 400 ans ! Elles n’ont pas les mêmes droits que les hommes : elles doivent porter le voile, peuvent être battues, n’ont aucun droit sur l’héritage ou encore subissent la polygamie et la répudiation. Si les femmes ne suivent pas les ordres de leurs maris, de leurs frères ou de leurs fils, elles peuvent être battues, lapidées ou rejetées par la société. Le Coran est un livre sacré, mais uniquement pour les hommes ! Il est dit, par exemple, que Dieu donne l’autorité aux hommes sur les femmes. Si les femmes n’obéissent pas à leurs maris, ils sont autorisés à les frapper ! Ce texte est une source d’injustice et de discrimination pour toutes les femmes.

Pensez-vous qu’il faille moderniser le Coran afin de donner plus de droits aux femmes ?
Vous ne pouvez pas réécrire un livre établi en l’an 651 de notre ère ! Les versets du Coran ne peuvent être reformulés, c’est ainsi… Par contre, ce livre doit être considéré comme un simple document historique, écrit il y a mille quatre cents ans. Je pense que le Coran, comme toutes les écritures sacrées, est complètement dépassé aujourd’hui. Nous n’en avons plus besoin pour vivre. A l’époque, ce texte servait de guide pour l’organisation de la société. Mais, aujourd’hui, dans une société moderne, c’est à l’Etat et non à l’Eglise de définir l’organisation de la vie en société. Le Coran doit rester du domaine privé et personnel. C’est pourquoi je me bats pour la sécularisation de la société et la séparation entre l’Eglise et l’Etat dans les pays où le Coran régit encore la vie quotidienne et les affaires personnelles. Le Coran est inutile dans le monde moderne.

Ne pensez-vous pas que la majorité des musulmans sont modérés et tolérants alors que les extrémistes ne représentent qu’une minorité ? Et que l’Islam peut être un mode de vie comme un autre ?
Je ne crois pas que les extrémistes soient une minorité. Au contraire, le fondamentalisme est en plein essor dans les pays islamistes. Les guerres menées en Afghanistan et en Irak sont en train de produire de nouveaux intégristes. Des musulmans qui étaient modérés hier basculent aujourd’hui dans le fondamentalisme en réaction à ce qui est perçu comme une guerre entre l’Occident et l’Orient. L’Ouest doit faire très attention dans sa manière de lutter contre le fondamentalisme. Les guerres ne font qu’amplifier les haines et les fondamentalismes. Pour sortir de l’obscurantisme, c’est de civilisation et d’éducation dont nous avons besoin. Le conflit aujourd’hui n’est pas un conflit entre l’Occident et l’Orient, mais entre le laïcisme et le fondamentalisme, entre l’innovation et la tradition, entre un monde moderne et rationnel et un monde de foi aveugle et irrationnel.

Que pensez-vous de la lutte contre le terrorisme conduite par l’actuelle administration américaine ?
Les Etats-Unis pratiquent aujourd’hui un terrorisme d’Etat. Selon moi, le terrorisme d’Etat est toujours la forme la plus dangereuse de terrorisme. La politique étrangère qu’ils mènent en Afghanistan ou en Irak ressemble à celle qu’ils ont pratiquée dans le passé au Nicaragua, au Chili ou encore aux Philippines.

L’avocate iranienne Shirin Ebadi a reçu le prix Nobel de la paix 2003 pour son action en faveur des droits de l’homme. Selon elle, l’islam est compatible avec les droits de l’homme. Que pensez-vous de sa position ?
Je respecte son opinion et son engagement humaniste. Notre objectif est le même : obtenir l’égalité et la justice pour les femmes. Simplement, nos moyens d’y parvenir sont différents. Pour moi, l’islam est incompatible avec les droits de l’homme et de la femme. Ce n’est pas de l’islam dont nous avons besoin pour lutter contre l’ignorance, mais d’un code civil basé sur l’égalité des sexes et d’une éducation laïque pour tous.

Vous prônez la sécularisation et la séparation de l’Eglise et de l’Etat pour sortir les femmes de la servitude. Seriez-vous favorable à une révolution laïque dans les pays musulmans ?
La grande tragédie de l’humanité, c’est le fait que la moralité ait été récupérée par la religion. Avant la création des religions, la moralité existait déjà. Nous n’avons pas besoin des religions pour être moral. Ma conscience est suffisante pour faire de moi une bonne personne. C’est pourquoi je milite pour une révolution laïque dans mon pays. Je me bats aussi pour toutes les femmes qui sont oppressées partout dans le monde.

Comment ressentez-vous la menace permanente de la mort et l’exil forcé ?
Je me sens en sécurité aujourd’hui. Je voyage beaucoup, entre Stockholm, Calcutta, New York et l’Europe. Quand je me rends dans l’Etat du Bengale-Occidental, en Inde, je bénéficie d’une protection policière. Cela fait maintenant plus de dix ans que je vis en exil. L’isolement, le déracinement culturel et la séparation familiale sont difficiles à vivre. Avec cet exil, j’ai tout perdu : ma famille, ma culture, ma langue, ma société… Je me sens comme une étrangère en Occident, et comme une étrangère dans mon propre pays. Je voudrais pouvoir m’engager dans mon pays pour faire avancer les choses, mais je suis complètement coupée du Bangladesh. J’ai alors réalisé que je devais continuer à écrire pour ne pas laisser les fondamentalistes me faire taire. Je poursuis aujourd’hui mon oeuvre autobiographique, j’écris des tribunes dans les journaux et je soutiens des mouvements pour les droits des femmes partout dans le monde. Mon prochain roman, qui sortira en octobre 2005 en France, portera justement sur les déchirements de l’exil.

Qu’allez-vous faire de votre prix ?Ce prix redouble mon engagement et ma détermination. Je compte aider les organisations non gouvernementales qui défendent les droits des femmes en Asie. L’espoir réside dans le combat de ces ONG pour donner une vie meilleure aux femmes et les sortir de la servitude. Seule l’éducation pourra changer la vie des femmes

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