l’édito de l’éléphant

L’EDITO DE RENTREE / 18 SEPTEMBRE 2011

Bonjour bonjour ! L’ESPRIT est de retour ce 18 septembre pour sa seconde saison, soit exactement une année après notre naissance au monde…

Et, rassurez-vous, avec toujours la combativité et le sens critique qui caractérisent cet espace d’expression en ligne, bien loin des convenances auxquelles la plupart des médias nous ont hélas habitués, nous immergeant, sans que l’on réagisse vraiment, dans un bouillon numérique informe de non-information, de scoops à 2 balles qui n’intéressent personne, de médiocrité et de vulgarité, servis à la vitesse de la lumière par une poignée d’entreprises médias dont la seule raison d’être est de toujours plus accroître leurs bénéfices…

Donc l’Esprit revient, comme promis, après cette longue -très longue- période de vacances d’été…

Vacances qui nous ont permis de nous ressourcer, et d’élaborer un projet éditorial pour l’Esprit peut-être plus pertinent, en tout cas plus confortable pour ses rédacteurs. Car, chers nombreux et incroyablement fidèles lecteurs, qui nous avez suivis depuis la création de ce « city » parfaitement non-aligné, si nous n’avons pas changé d’un iota quant à nos motivations et nos indignations, nous savons combien, dans ce monde à très grande vitesse qui nous fait oublier dès le lendemain ce qui nous avait révolté la veille, il est vital de conserver notre faculté d’empathie ou de révolte.

Et pour cela tout faire pour préserver ce minuscule mais primordial espace de liberté, malgré les nombreuses attaques qu’il continue de subir. Dernier exemple en date il y a quelques jours : la suppression pure et simple de notre compte Facebook par l’entreprise millionnaire, au motif que « notre nom -L’ESPRIT D’AVIGNON, donc- ne correspond pas à une véritable identité ».

Ah ? Et donc, toutes les structures culturelles et autres organismes ayant leurs comptes sous leur nom d’entreprise ? Vrais noms, faux noms ? Usurpation d’identité ? Non, plus simplement, nous payons la malveillance de quelques-uns que l’Esprit dérange, et qui nous ont copieusement balancés à l’entreprise puritaine et parfaitement américaine -c’est à dire obtuse, inculte et paranoïaque- Facebook.

Tout cela n’est pas très grave. Nous n’avons donc plus de compte Facebook*, mais nous continuerons plus que jamais d’exister haut et fort. Malgré les pressions diverses (médiatiques, politiques, juridiques..) ou les menaces physiques dont nous faisons régulièrement l’objet, nous sommes là, encore, et continuerons de nous indigner, à notre façon.

La preuve que le pari qui a présidé à notre naissance n’était pas si idiot que cela : faire bouger les lignes, déranger, susciter le mouvement… Le monde bouge, et Avignon, ce minuscule microcosme un peu anachronique, n’échappera pas aux courants qui, sur toute la planète et jusqu’aux coins les plus reculés, sont en train d’ébranler nos vieilles certitudes. l’ESPRIT D’AVIGNON sera encore là en 2012 pour en témoigner… ou plus si affinités.

Antonio Sanz

* Du coup, notre Angélina préférée prend dorénavant le relais de nos infos sur son propre compte, à son adresse FB

L’édito de l’Esprit du 22 mai, à deux doigts d’une vacance délibérée…

Pendant ce temps*, ô héros d’une tragédie antique, Icare moderne définitivement carbonisé, DSK, peut-être coupable, peut-être pas -allez savoir, maintenant que le tsunami médiatique s’est déversé et a dévasté perfidement toutes traces du Réel- est assigné à résidence -cloîtré (au sens monastique du terme) en un no man’s land qui, ni prison, ni liberté, n’est qu’une transit-room– et soumis à une surveillance numérique constante, modernité oblige : Caméras, bracelet, le Big Brother américain remplit son office de maton. Comme dab, serions-nous tentés de dire…

Pendant ce temps, trois hoquets de Fukushima et consoeurs nous rappellent que si l’on a négligé ce cataclysme-là ces dernières semaines, actualité frétillante oblige, cette aberration de chancre nucléaire continue de produire ses effets : Tragédie encore, que ce peuple, sacrifié à l’expérimentation du feu nucléaire -par la barbarie de l’Amérique, déjà- héros meurtri de la folie des hommes, puisse ainsi endurer une fois de plus -bis repetita- cette abjection-là. Grâce soit rendue à ces pestiférés du monde moderne que plus personne désormais, ne regarde vraiment…

Pendant ce temps, la merveilleuse Espagne, rebelle, fêtarde, et oui, macho ! se mobilise contre les vieilles lunes, celles de l’orthodoxie économique et des diktats de l’Europe libérale qui voudraient la réduire à une mendiante de FMI… Orgueilleux et couillu peuple espagnol à qui, désormais, on ne la fait plus. Viva España ! Et Puerta del Sol, nul besoin effectivement de préciser : Ceci n’est pas un Botellon ! Non, ceci est juste l’expression nombreuse et déterminée d’une jeunesse, et au-delà, de tout un peuple qui ne veut plus avoir à subir. Olé !

Pendant ce temps, la Libye continue de croire en sa révolution -mais n’est-elle désormais pas plus isolée que jamais ?- et ne fête dorénavant plus notre martial chef de tribu à nous (pourquoi le ferait-elle ?), tout occupé à sa noce ADN. Splendeur et misère des peuples en marche, livrés à eux-mêmes, orphelins des soutiens d’un Occident qui a mieux à faire qu’empathir avec ces va-nu-pieds et ces parias. Après tout, Syrie, Libye, Yemen… Ces gens-là n’intéressent personne, surtout pas nos multinationales, pas plus que nos « experts » militaires. Pourquoi l’Occident y consacrerait-il plus qu’un communiqué diplomatiquement rédigé ? Au-delà de l’hypocrite résolution onusienne de circonstance…

Pendant ce temps, la mairesse d’Avignon s’arroge les pleins-pouvoirs en matière de gestion de la voirie… Et après tout, pourquoi pas ? Devant l’inefficacité -c’est un euphémisme- de l’opposition locale, et compte-tenu de la grande tradition avignonnaise de prévarication du bien public (Cf encore notre Mansour en actualité juridiciaire cette semaine), pourquoi Marie-José Roig se gênerait-elle ? Et ce ne sont pas les reproches ouatés et à demi-formulés de notre presse locale (Cf La Provence du 21 mai) qui y changeront quoique ce soit…

Pendant ce temps, donc, L’Esprit d’Avignon part en vacances. Loin, très loin de ce bourbier nauséeux et, au final, si peu intéressant. Et vous donne rendez-vous, très patients et bienveillants lecteurs, le 1er juin prochain pour de nouveaux commentaires…

Antonio Sanz

* : formule consacrée (et fort commode), figure de l’ellipse, telle que nous pouvions la lire dans nos Tintin de jeunesse…

L’édito du 7 janvier 2011 : un exercice d’Angelina Vivaldi

Bon, c’est pas ce que j’aurais exactement imaginé au retour des fêtes, après une licence copieuse, dûment balisée de multiples visites dans les établissements recommandés de Chueca ou La Latina. Passons. « L’équipe » de L’Esprit (équipe, faut le dire vite : 4 ou 5 délabrés du rrrrron, de la caïpiriña et du foie gras en tapa) me propose donc ça, l’exercice de l’éditorial, comme mise en bouche pour la nouvelle année. En gros : bonjour la patate chaude…

Déjà, un édito, c’est quoi ? Seulement juste un truc de planqués de la pqr (je dis la pqr, mais c’est valable pour tous nos supports bien français de l’édition journalistique : une spécialité anglo-saxonne qui a migré férocement dans les rédactions hexagonales depuis quelques décennies…) ? Bref une fonction privilégiée de briscards étoilés qui, après 30 ans de bons et loyaux services, dans la boue quotidienne de « l’investigation » et des petits fours chez le Préfet, se voient enfin attribuer l’insigne « honneur » d’ouvrir leur titre d’une « réflexion » ou d’un bon mot, censés condenser « intelligemment » toute l’actualité du jour, et y apporter ce surcroît d’éclairage et d’analyse ? En clair, les « lumières » autorisées sans lesquelles, pauvres lecteurs lambdas que nous sommes, nous serions inaptes au décryptage du flux informationnel diarrhéique que nous prenons en pleine poire sans précaution ? Cette bouillie inintelligible qui nous assaille jour et nuit sur tous nos écrans, et qui sans ces commentateurs « éclairés », nous aurait laissés nus, terriblement désarmés, désespérément sans voix devant le déferlement ahurissant du monde ?

Il faut bien reconnaître que l’exercice éditorialistique au quotidien doit peser son pesant de croix. Franchement, disserter chaque jour sur un truc ou un autre, sans en être particulièrement instruit, ni même intéressé, s’apparente à la corvée de bois. D’ailleurs, cette expression jadis utilisée par nos régiments d’élite pour désigner une toute autre sorte d’exercice, correspond bien à la réalité crue de l’éditorialiste. Sauf que dans ce cas précis, c’est le tortionnaire qui morfle le plus, pas le supplicié : le lecteur a toute liberté de zapper ce timbre prétendument édifiant, simplement prétentieux et moralisateur, que la rédaction cherche à lui imposer au quotidien. Déjà ça de gagné.

Pour en revenir à notre « commande », qu’aurais-je pu vous proposer ? Une énième autosatisfaction quant à la bonne fréquentation de notre site, chiffres bidonnés à l’appui ? Je sais que ce marronnier fort en vogue chez nos amis blogueurs fait fureur. Mais, bon, soyons sérieux : ça intéresse qui, au final ?
Autre possibilité : vous renseigner une fois encore, pauvres ignorants, sur l’absurdité et les dangers du monde nouveau qui se prépare ? Ce à quoi, certainement, vous vous êtes cruellement résignés, sans avoir besoin de quiconque pour vous le rappeler…
Enfin, prendre la pelote et tirer le fil jusqu’au vertige d’un quelconque exemple « éclairant » de l’actu qui, si vous êtes bien lunés -et le scripteur bien inspiré également- aura force de « réflexion » sur l’état de notre pauvre monde boursouflé et, à bien des égards, terrifiant ? Ce en quoi vous nous serez reconnaissants de conforter ainsi ce que vous pensiez d’un tel chaos, le miroir que nous vous tendons correspondant effectivement à ce que vous en attendez. Amen. Et on reste ainsi bien en famille…

Voyez-vous, chers lecteurs et futurs lecteurs et jamais lecteurs, je renonce. Trop de brouillard éthylique, de fatigue ? Ou simplement l’ennui désespérant d’avoir à « dire » et signifier me file le vertige, et surtout un arrière-goût de mauvaise foi. De toutes façons, mécréante comme je le suis, sans foi ni maître, l’exercice n’était décidément pas fait pour moi.

Je me contenterai donc de vous embrasser, toutes et tous, fort civilement et tout aussi goulûment.

Bonne année à tous, avec l’Esprit d’Avignon bien entendu.

Angelina Vivaldi

ON NE LÂCHE RIEN ! l’édito du 26 novembre

Voici deux mois maintenant que L’ESPRIT a démarré et chaque jour vous nous confortez dans l’idée que nous avions bien senti cette attente d’un espace ouvert, où la parole peut s’exprimer sans entraves ni arrière-pensées, bref un club un peu particulier qui nous réunit autour des mêmes envies et des mêmes indignations. Et si les chiffres ne veulent pas dire grand chose, sachez tout de même que vous êtes un peu plus de 1000 visiteurs uniques chaque semaine, ce dont nous nous réjouissons.

Nous avons inauguré ces derniers temps quelques nouvelles rubriques, comme MAGIC PUREE, à l’initiative du Fourreur de Mots, un micro-labo des expressions contemporaines qui nous permet de visiter des poètes, artistes et performers que nous aimons particulièrement pour leur acuité et leur esprit libre. Ainsi également d’EXIT(s), la chronique de La Mie de l’Art qui s’autorise chaque week-end de répertorier -très subjectivement- et commenter sans langue de bois ni obligations d’amitié les « sorties » culture de notre région. Et enfin de ce BEST OF de l’Esprit, soit le meilleur des papiers publiés, qui nous ravit et vous amuse visiblement. D’autres nouveautés sont en préparation, mais comme vous le savez, nous sommes attentifs à toutes les propositions que vous voudrez bien nous apporter.

Voilà. Deux mois c’est très court et en même temps assez long pour que se développe ce fameux Esprit dont nous nous revendiquons. L’actu politique, mais aussi culturelle ou sociale est assez riche pour alimenter les chroniques de ce blog dont nous espérons qu’il contribuera longtemps encore, à sa modeste place, à l’agitation d’une ville qui, malgré tout, le vaut bien.

Antonio Sanz avec Angelina, Taïeb, et tous les blogueurs de L’ESPRIT D’AVIGNON.

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