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Avignon sans mariniers est-elle encore Avignon ?

23 Oct

LA LANGUE DANS LA PLAIE, une chronique d’Angelina Vivaldi

Depuis le XIe siècle au moins, Avignon a toujours été un port fluvial. Et un bon. L’aurait-on oublié ? Effectivement ces dernières décennies ont joué contre la péniche, ses mariniers, et la vie qui, au bord du Rhône, allait avec. Les pénichiers professionnels, ceux qui charriaient leur fret de charbon, d’huile ou de ciment, ont été peu à peu remplacés par des pénichiers de résidence. N’empêche. Quel plus joli bord de fleuve que celui paysagé par ces longs bateaux de bois ou de fer ? Une ville fluviale sans ses bateaux devenus peu ou prou habitations signe son arrêt de mort.

Vous allez me dire, il y a longtemps déjà que cette ville a tourné le dos au Rhône. Les vieux Avignonnais se souviennent sans doute que dans les années 60, les remparts côté Porte de la Ligne, étaient occupés par ces bistrots à mariniers, et que les berges du fleuve étaient peuplées de ces bateaux industrieux qui en faisaient la vie. Puis on a tout détruit, tranféré les péniches sur d’autres rives, et le port est mort. Définitivement. Où sont ses guinguettes et sa « mauvaise vie », qu’est devenue cette ambiance populaire qui irriguait Avignon de sa drôle de présence, accomodant l’eau au flux laborieux et joyeux de tout un peuple « d’en bas » ?

Avignon, décidément, ne sait pas exploiter ses richesses. Elle possède un fleuve, un des plus grands d’Europe, et ne sait pas le voir. Pire, elle ne le donne pas à voir : en lieu et place de rives habitées, ce n’est qu’un long ruban d’asphalte bruyant et polluant qui en interdit définitivement toute approche…

Et voilà que maintenant, notre bonne maire d’Avignon se met en tête d’en déloger les quelques rescapés, au profit d’un hypothétique et faramineux « port de plaisance », qui ne saura plaire qu’à une poignée étique d’heureux propriétaires de 13 mètres et de dangereux scooters des mers. Une horreur, doublée d’une imbécilité économique sans nom.

Donc, dernier avatar d’une municipalité qui ne comprend rien à rien, on a coupé l’eau potable aux quelques malheureux résidents de la berge, afin de les faire fuir, en toute illégalité d’ailleurs. Ceux-là manifestaient à juste titre lors du dernier Conseil municipal, et l’on aurait tort de ne pas les soutenir.

Car enfin, plutôt que de claquer, un fois de plus, des millions pour un projet signé Roig, complètement irréaliste et générateur de dettes abyssales (tout comme le tramway, le stade ou autres fariboles), la ville ne ferait-elle pas mieux de « requalifier » (ce mot à la mode) ses berges, et attirer ainsi toute une population nouvelle qui saura revivifier la vitrine fluviale d’Avignon ?

Angelina Vivaldi

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Spécialité locale : la démocratie à l’Avignonnaise

14 Oct

LE BILLET D’ANGELINA

Seulement 4 conseils municipaux en un an d’exercice ! Le quatrième, donc, devrait se tenir en mairie samedi. On ne peut pas dire que notre première magistrate abuse du temps de ses conseillers… A tel point que l’opposition la menace du tribunal administratif pour entorse délibérée à l’expression politique (La provence du 13 octobre) !

Marie-José Roig n’innove guère. En réalité, elle se positionne dans le droit fil de ses amis du pouvoir national : expression parlementaire muselée, assemblée godillots, décisions prises par un seul, à la hussarde, et dans le dos de ses ministres, il faut dire que le chef de l’Etat montre l’exemple. Le peuple n’a qu’à bien se tenir. Notre maire ne fait qu’appliquer cette recette éprouvée : pour taire toute opposition, rien de mieux que ne lui laisser aucune occasion de s’exprimer. Ainsi, les fabuleux projets de notre édile peuvent-ils prospérer, en communication ciblée, dans toute la presse locale : tramway surréaliste, concessions ubuesques du patrimoine municipal (Palais des Expositions), financement délirant de ce mauvais club qu’est l’ACA, migration de la police municipale vers des zones « à risques »… en bref, c’est toute la vie de la cité, qui se voit, chaque jour un peu plus, dirigée par les décisions d’un seul clan, au mépris de la plus élémentaire des confrontations démocratiques.

Lorsque le pouvoir décisionnaire, pour ce qui intéresse le quotidien de chaque citoyen, est confisqué ainsi par une infime frange de la représentation politique, c’est toute la démocratie, ce gros mot passé de mode, qui est ainsi foulée aux pieds, et le peuple de « la rue » une fois de plus méprisé.

Mais cela, en notre beau pays volontiers donneur de leçons, au rayonnement international désormais exemplaire concernant ces fichus droits de l’homme et les libertés fondamentales, n’est dorénavant plus qu’un « détail » dans le vaste programme de déstabilisation sociale emmené par les « mentors » de notre première magistrate.

Angelina Vivaldi

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