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François-Michel PESENTI en der de der avec « A SEC »

17 Fév


THEATRE

Avec « A sec », François-Michel Pesenti, de retour sur un plateau marseillais après 7 ans d’exportations, propose « de ne pas tuer les autres tout de suite, mais de patienter encore un peu »…

« François-Michel Pesenti, un artiste sans concession dont la démarche pourtant essentielle est trop peu vue à Marseille, bien qu’il soit implanté dans cette ville depuis 1984. » C’est ainsi que les équipes associées de la Friche Belle de Mai et du Merlan-scène nationale annoncent le « come-back » du patron du théâtre du Point aveugle plus d’un septennat après son controversé Jardin des délices, « décommandé » par le Festival de Marseille et présenté finalement dans le cadre du Festival Mimi, déjà à la Friche.

Pendant ce temps, Pesenti n’a pourtant pas chômé : une Phèdre de Racine en version trilingue (slovène, arabe et japonais pour des créations à Ljubjana, Zagreb, Damas ou Tokyo), un texte de Kleist et des variations autour de textes de Shakespeare, Tchékhov, Sophocle, Euripide ou Eschyle (Knock on heaven’s door, Sympathy for the devil…), toujours vers ces contrées orientales, ont semble-t-il rempli son agenda et comblé ses désirs théâtraux.

FM, pas en grandes ondes
« J’aurais aimé venir en France avec ces spectacles conçus à l’étranger, mais, conçus souvent avec des comédiens de troupes permanentes, parfois jusqu’à une vingtaine, c’était difficile, très coûteux », explique le metteur en scène. « Mon absence, au-delà des relations un peu « tendues » avec les institutions théâtrales de cette ville, s’explique surtout par des difficultés économiques de la compagnie, une accumulation de dettes qui mettait en danger le futur de l’équipe, d’autant que mes spectacles ne peuvent être montés que dans le cadre de coproductions, parce qu’ils ne sont pas facilement « distribuables ». »

Entendez : « FM » Pensenti n’est pas franchement prêt à se caler sur grandes ondes dans sa démarche artistique effectivement « sans concession » : « Ne vous méprenez pas : je suis plutôt un artiste qui fonctionne bien quand il s’agit de répondre à une « commande » ; en Slovénie, un de mes spectacles a raflé 5 prix à l’équivalent de nos Molières. La seule chose, c’est je ne veux pas passer tout mon temps à négocier, à parler de cofinancement ; je ne suis pas un vendeur de produit. » On pousse la logique : et si demain la Comédie Française vous demande de monter un Marivaux, c’est oui ? « J’ai fait une Fausse suivante pour le Deutsches theater de Berlin en 2001… Pas sûr que la Comédie Française m’appelle, mais si c’est le cas nous verrons », affiche-t-il dans un sourire mesuré.

Une chose est sûre : ce n’est pas avec A sec, opus qui sera créé demain à la Friche Belle de Mai (avant de nouvelles extraditions, en particulier au Japon, pour un Hamlet), que Pesenti deviendra mainstream. Et si le nom de Tchékhov apparaît encore sur le dossier de presse, « on a tellement caviardé dedans qu’il doit rester quelques « quelle heure est-il ? », tout au plus », coupe-t-il avec malice. Didier Da Silva est également mentionné, « avec deux beaux monologues, « Paradise lost », construits sur un concassage de paroles de chansons rock, et que l’on n’avait pas utilisé sur la précédente pièce. Je trouvais ça dommage… » Mais, même à la veille de la première, rien n’est figé concernant cette pièce placée sous l’égide de Deleuze et de sa notion d’« épuisement des possibles » développée au sujet de Beckett : « Je me suis réveillé ce matin avec la conviction qu’il fallait tout changer dans la deuxième partie… »

« La séduction, je m’en fous »
« Le principe, c’est d’être imprévisible ; le désir de travailler avec ces acteurs que je connais depuis longtemps -pour certains plus de 20 ans- n’implique pas qu’il y ait des « traces » des précédents spectacles. Je voulais simplement que ce soit la dernière fois, et que l’on interroge, à partir de ce « point final décidé », cette question du « jamais plus », de la disparition, de ce qui vient quand on sait qu’on ne sera plus ensemble. Le reste, le texte, les personnages, la durée, les lumières, le « spectaculaire », la séduction, je m’en fous ; même la musique -au départ, je voulais qu’on entende les Stones-, j’ai laissé tomber. Ici les lois sont intérieures, elles convoquent des valeurs de défaillances, des corps peu glorieux, des histoires pas toujours propres, des fragilités avouées. A l’opposé du chœur antique, ceux qui sont là se foutent de tout. La loi, c’est qu’ils soient là, et en soi c’est déjà du théâtre. Peu importent les systèmes relationnels ou les « figures ». »

Face à ce qu’il affiche lui-même comme « un objet mal identifié », Pesenti risque, une fois de plus, d’énerver le spectateur : « La provocation que les spectateurs croient que je leur adresse est inexistante ; mais effectivement, j’essaye de perturber ce qu’il se passe dans la salle, de placer le public face à ce qu’il croit être venu chercher, face à ce qu’il n’accepte pas, face à ses déceptions. Bien sûr, être poussé comme ça à « témoigner d’eux-mêmes », ce n’est pas très confortable… » Parés pour l’inconfort ?

PROPOS RECUEILLIS PAR DENIS BONNEVILLE / La Marseillaise

« A sec », de François-Michel Pesenti,avec des extraits de textes de Tchekhov et de Didier Da Silva, avec Marcelle Basso, Eric Feldman, Marianne Houspie, Boris Lemant, Henriette Palazzi, Pierre Palmi et Emmanuèle Stochl, du 17 au 20 et du 22 au 24/2 à 20h30 à la Cartonnerie, Friche Belle de Mai, 41, rue Jobin, Marseille 3e. Infos 04.95.04.95.04 et lafriche.org Réservations auprès du Merlan-scène nationale, 04.91.11.19.20 et merlan.org
photo Francis Blaise

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EXIT(s) : A sec

11 Fév

LES SORTIES CULTURELLES DE LA MIE DE L’ART

A sec, comme le titre de la dernière création de François-Michel Pesenti, co-produite par Le Merlan Scène nationale et Système Friche Théâtre. Un travail n’en doutons pas indispensable, comme tout ce que fait Pesenti depuis plus de 20 ans déjà. A suivre donc du 17 au 24 février prochains à la Cartonnerie de la Friche Belle-de-mai à Marseille, à 20.30h :

“L’histoire du théâtre légitime toutes les raisons, bonnes souvent, que nous avons de tuer les autres. Ce spectacle nous propose, une fois n’est pas coutume, de patienter encore un peu. Les guerres qui se préparent nous économiseront quelques gestes malgré tout fatigants. Ceux que j’ai rassemblés sur cette scène se tiennent maintenant à l’opposé du chœur antique. Ils se foutent de tout. Par la fenêtre ils ne voient plus rien. Pas même « les cendres » de Beckett. Que donnent à voir ceux qui n’ont plus rien, pas même la force de faire semblant ? Est-il possible que ce soit encore du théâtre ?” (F-M Pesenti)

Sinon, pas grand chose d’excitant à se mettre sous les yeux ou les oreilles ce week-end, à l’exception de :

Danse : Les Lundis au soleil, la programmation du lundi au Studio des Hivernales, dont le festival commencera le 24 février prochain, avec, entre autres, Trisha Brown.

Musiques : demain soir samedi 12 au Cargo à Arles, Tony Joe White, véritable légende du rock crade des bayous, style Creedence Clearwater. Allez-y.

Sorry, that’s all folks.

La Mie de l’Art
Photo : extrait de « Noeuds de neige », de F.M Pesenti

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