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FUKUSHIMA : le temps de l’imposture scientifique

21 Sep

Au cours d'une manifestation antinucléaire à Kyoto, le 11 juin 2011 (Thierry Ribault).

Après le temps des mensonges industriels, avec Tepco dans le rôle du coupable idéal, après le temps de la panique feinte de l’Etat, avec l’ex-Premier ministre Naoto Kan dans le rôle du fusible politique, voici venu le temps de l’imposture scientifique avec le professeur Shinichi Yamashita dans le rôle du savant histrionique, détenteur indiscutable de la vérité sur l’ampleur des dégâts sanitaires après la catastrophe. Imposture scientifique en deux temps.

Ce week-end, un colloque scientifique factice

Ce dimanche 11 et lundi 12 septembre, le professeur Yamashita doit présider le premier grand colloque sur la catastrophe nucléaire qui se tiendra à la faculté de médecine de Fukushima, la « Conférence internationale d’experts de Fukushima – Radiation et risque sanitaire ».Selon le comité d’organisation, voici l’objectif de cette conférence qui réunira trente experts japonais et étrangers notamment de l’UNSCEAR, de l’ICRP, de l’AIEA et de l’OMS :

« Faire des recommandations visant à supprimer l’anxiété des résidents de Fukushima face à la radiation […]. Il s’agit de mener une évaluation externe de la recherche portant sur la gestion sanitaire du département de Fukushima, et d’apporter une réponse à l’inquiétude des mères. »

Ainsi, vingt-cinq ans après Tchernobyl, resurgit la thèse selon laquelle la crainte de l’irradiation artificielle relèverait de la psychiatrie : la « radiophobie » serait la vraie cause des problèmes.

« Plus vous sourirez, moins la radiation vous atteindra »

Principal organisateur, Shunichi Yamashita, de l’université de Nagasaki, est « conseiller pour le risque sanitaire lié aux radiations » auprès du département de Fukushima. Il se présente comme issu d’une famille survivante de Nagasaki et contribue activement à la banalisation de la radioactivité.

Médiatisé, le professeur Yamashita passe pour un scientifique fiable et rassurant auprès des gens qui avouent se sentir mieux quand ils l’entendent. Il n’hésite pas à clamer :

« Plus vous sourirez, moins la radiation vous atteindra […]. Si vous ne souriez pas, les rayons auront un effet sur vous. Cela a été prouvé par expérimentation animale. »

« La situation, aggravée par un désastre de l’information »

On trouve dans l’argument du colloque daté du 1er août, les éléments suivants qui laissent peu de doutes sur l’intention des organisateurs :

« La situation de Fukushima a été aggravée par ce que l’on ne peut qu’appeler un désastre de l’information : les nouvelles qui circulent varient selon les sources, qui sont parfois incompétentes. Il est essentiel que nous travaillions à mettre en circulation uniquement de l’information correcte et scientifique sur les effets sanitaires de la radiation. »

Les organisateurs du colloque de Fukushima entendent ainsi « fournir des recommandations appropriées issues du monde des experts, et communiquer à la fois une information correcte sur les risques sanitaires liés à la radiation et une vision claire de ce qui constitue une véritable sensibilisation au risque ».

Le 27 mai 2011, à Koriyama, à soixante kilomètres de la centrale. Wataru Iwata, initiateur de Project47/CRMS, explique à ces paysannes que la terre où elles vivent et cultivent, imbibée de césium 137 et 134, est inutilisable pour au moins dix ans et renferme une contamination équivalente à plus de 10 millisieverts par an hors inhalation et ingestion, soit dix fois la dose admissible de 1 millisievert par an.

Peut-on toutefois attendre une information scientifique d’un colloque dont le vice-président, Abel Julio Gonzales, membre de l’AIEA, vice-président de l’ICRP (International Commission on Radiological Protection) et conseiller de l’autorité de régulation nucléaire d’Argentine, déclarait lors de la conférence de l’OMS du 4 juin 2001 à Kiev :

« Tchernobyl a causé 31 morts, 2 000 cancers évitables de la thyroïde chez l’enfant, et à ce jour il n’existe aucune preuve validée internationalement de l’impact de l’exposition aux radiations sur la santé publique à Tchernobyl. »

Comparaison interdite avec Hiroshima ?

Deux figures importantes et critiques du monde scientifique japonais ont été écartées du panel d’experts mobilisés pour la conférence, Hiroaki Koide et Tatsuhiko Kodama.

Le premier est un spécialiste de la mesure du rayonnement et de sûreté nucléaire au Research Reactor Institute de l’Université de Kyoto, le second professeur au Research Center for Advanced Science and Technology et directeur du Radioisotope Center de l’université de Tokyo.

S’ils ne figurent pas parmi les experts invités, est-ce parce que Hiroaki Koide déclarait récemment qu’« il n’y aucun seuil de sécurité pour la santé en matière d’exposition à la radiation, quel que soit notre âge », tandis que Tatsuhiko Kodama, auditionné le 27 juillet à la Diète, affirmait que « le niveau total de radioactivité émise depuis le 11 mars est équivalent à 29,6 bombes d’Hiroshima en termes de quantité de chaleur, et de l’ordre de 20 fois Hiroshima en termes de volume d’uranium » ?

Avec l’argent du « fasciste le plus riche du monde » ?

On peut également s’interroger sur l’objectif réel d’une manifestation financée par la Nippon Foundation (à ne pas confondre avec la Japan Foundation). Cette fondation, dont on pouvait voir les camps de bénévoles installés dans le Tohoku dès le 12 mars, a été créée en 1962 par Ryoichi Sasakawa, dont la réputation est sulfureuse, accusé de crimes de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale (mais jamais condamné) et se définissant lui-même, dans une interview à Time en 1974, comme « le fasciste le plus riche du monde ».

La fondation est maintenant présidée par son fils, Yohei Sasakawa, chroniqueur au journal d’extrême-droite Sankei Shimbun. En 2010, la branche française de la Nippon Foundation, la Fondation franco-japonaise Sasakawa, dont le vice-président du conseil d’administration est Jean-Bernard Ouvrieu, ancien gouverneur pour la France à l’AIEA et ancien ambassadeur au Japon, a poursuivi pour diffamation Karoline Postel-Vinay, directrice de recherches au CERI-Sciences-Po.

Il s’agissait pour la fondation, qui a été déboutée par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris, de tenter d’intimider ceux qui pointent sa stratégie de promotion de travaux universitaires négationnistes (notamment par rapport aux crimes de guerre, au massacre de Nankin et à la question de l’esclavage sexuel durant la guerre en Corée). Faut-il s’inquiéter du passé trouble du financeur du premier colloque sur les conséquences sanitaires de la catastrophe nucléaire de Fukushima ?

Un colloque inaccessible au public et aux victimes

Que faut-il en outre penser du fait que la Nippon Foundation ait rendu ce colloque totalement inaccessible au public et aux victimes ?

Policier en civil au cours de la manifestation antinucléaire à Kyoto 11 juin 2011 (Thierry Ribault).

Il est vrai que le colloque sera retransmis sur un site Internet. Ainsi, les experts sur la scène et le peuple aux écrans, le spectacle peut continuer en toute tranquillité.

A l’automne, une enquête de santé publique pipeautée

L’imposture scientifique ne s’arrête toutefois pas là. En juin, le département de Fukushima a annoncé la réalisation d’une enquête de santé publique auprès des habitants exposés à de forts taux de radiation. Dès l’automne, tous les habitants du département recevront un questionnaire permettant de recueillir le détail de leurs activités et de leur consommation alimentaire deux semaines après le 11 mars.

Le taux de radiation estimé sera ensuite comparé avec les taux détectés. Seuls les résidents ayant un taux élevé seront soumis aux examens par anthropogammamétrie, examen des glandes thyroïdes, des urines et du sang. Les informations seront stockées durant trente ans dans une base de données créée par l’université de médecine de Fukushima, qui se félicite dans l’Asahi Shinbun du 18 juin 2011 :

« L’étude ira bien au-delà de toutes celles qui ont été réalisées sur les victimes de Hiroshima et de Nagasaki dans la mesure où elle intègrera l’évaluation de la contamination interne. »

Deux réserves de taille peuvent toutefois être exprimées vis-à-vis de cette initiative pavée de bonnes intentions.

Une enquête dont on annonce déjà les résultats

Selon les responsables de cette enquête, celle-ci « a été conçue de manière à calmer les inquiétudes, et à garantir la sécurité et le soulagement grâce à un contrôle sanitaire à long terme des habitants du département de Fukushima ».

Toshiteru Okubo, président de la Radiation Effects Research Foundation (un groupement coopératif de recherche nippo-américain sur les retombées de la bombe A, créé en 1947), pronostique d’ailleurs déjà les résultats de l’étude (Asahi Shinbun du 18 juin 2011) :

« L’impact des accidents de Fukushima sur la santé publique peut être présumé très mineur […]. L’exposition de la population à quelques douzaines de millisieverts par an ne constitue pas un niveau auquel des effets sur la santé ont été constatés dans les études antérieures […]. A de tels niveaux de radiation, il est fort probable que les effets liés à la consommation de tabac ou au stress de l’évacuation soient plus importants que ceux liés aux radiations. »

Non seulement, on lance une enquête dont on annonce déjà les résultats, mais les initiateurs parlent de « sécurité » et de « soulagement » alors qu’ils tiennent par ailleurs des propos pour le moins alarmants quant aux doses au corps admissibles.

Le seuil de risque le plus haut du monde ?

De fait, il est permis d’avoir des doutes sérieux quant au caractère véritablement scientifique de la démarche de cette enquête dans la mesure où l’université de médecine de Fukushima et le professeur Yamashita, également à l’origine du projet, soutiennent l’idée selon laquelle « il n’y a absolument aucun effet sur la santé tant que la contamination est inférieure à 100 microsieverts par heure », soit 876 millisieverts par an, c’est-à-dire 876 fois la dose maximale annuelle admissible selon l’ICRP, ou encore 44 fois la dose admissible pour les travailleurs du nucléaire aux Etats-Unis et en Allemagne.

Ces déclarations faites en mars, au moment où les débits de dose étaient au plus haut dans le département de Fukushima, ont toutefois été rectifiées deux mois plus tard : en bon scientifique le professeur Yamashita a alors clamé que le seuil de risque se situait à 100 millisieverts par an.

Photos : au cours d’une manifestation antinucléaire à Kyoto, le 11 juin 2011 (Thierry Ribault) ; policier en civil au cours de la manifestation antinucléaire à Kyoto 11 juin 2011 (Thierry Ribault) ; le 27 mai 2011, à Koriyama, à soixante kilomètres de la centrale. Wataru Iwata, initiateur de Project47/CRMS, explique à ces paysannes que la terre où elles vivent et cultivent, imbibée de césium 137 et 134, est inutilisable pour au moins dix ans et renferme une contamination équivalente à plus de 10 millisieverts par an hors inhalation et ingestion, soit dix fois la dose admissible de 1 millisievert par an.

Thierry Ribault | Economiste au CNRS | 11/09/2011 (Article publié par Rue89.fr)

NUCLEAIRE : Devant le déni du lobby électrique, sommes-nous si impuissants ?

17 Mar

Bien sûr que non. 2012 va offrir aux citoyens français la chance unique d’un référendum à taille réelle sur le sujet. Car enfin, devant le cataclysme nucléaire que vit hélas le Japon depuis vendredi, comment rester impassible, sachant que chaque Français habite à moins de 300 km d’une installation atomique, comme ici chez nous entre Tricastin, Marcoule et Cadarache ?

Ou pour résumer, aux côtés quotidiennement d’une bombe Hiroshima puissance mille -appelons les choses par leur nom- que nos « experts » apprentis sorciers seront incapables d’éteindre en cas d’accident majeur. Surtout, comment croire aux propos lénifiants de ces mêmes « experts indépendants », en réalité tous achetés par le lobby, fourvoyés dans les intérêts d’EDF et Areva ?

Une fois de plus, notre clairvoyant président s’est illustré par sa réaffirmation péremptoire de perpétuer malgré tout, et coûte que coûte, le modèle énergétique français (et ce absolument contrairement au principe élémentaire de précaution qui devrait animer tout chef d’Etat). Un modèle qui nous fait côtoyer la mort nucléaire à chaque instant. Sans jamais une seconde se poser la question de la pertinence de nos choix qui, rappelons-le, ont été actés par « l’extra-lucide » (et surtout quasi-gâteux) général De Gaulle lorsqu’il a fallu opter pour une « indépendance » énergétique voici presque 60 ans.

Cette cécité est non seulement ahurissante, au regard de la situation dramatique que subit tout un peuple, conséquence directe de l’aveuglement idéologique de ses dirigeants à l’égard d’une technologie génocidaire, mais elle est de surcroît parfaitement immorale.

Pour notre « clown » VRP et lobbyiste-en-chef d’EDF et d’AREVA, le nucléaire en France ne tue pas ! Selon notre omniscient président, nous avons « les meilleurs spécialistes » et disposons de la « technologie la plus fiable du monde ». Rien que ça ! Pour le dire autrement, les ingénieurs nippons sont des imbéciles et des incapables, alors que les nôtres, hein ? (clin d’oeil et roulement d’épaules…).

Ce qui pourrait prêter à sourire dans d’autres circonstances nous laisse pétrifiés. Que madame Lauvargeon, patronne d’AREVA, aille expliquer in situ et droit dans les yeux à la cinquantaine de liquidateurs de Fukushima, promis à une mort certaine, « qu’il ne s’agit pas ici d’une catastrophe nucléaire » sans précédent, comme elle a osé le dire sur les plateaux télé !

Que notre clairvoyant président aille donc lui aussi constater de visu « l’innocuité » des réacteurs nucléaires, lorsqu’ainsi ils entrent en fusion, promettant d’irradier à plusieurs milliers de km à la ronde des populations entières ! Populations, rappelons-le, qui n’ont absolument pas choisi librement de s’exposer à ces rayonnements mortels. Même la Chine, pourtant peu versée dans le catastrophisme, a aujourd’hui décidé d’interrompre ses programmes en la matière !

Têtus, droits dans leurs bottes, comme seuls les imbéciles ou les fous peuvent l’être en pareilles circonstances, notre cher président et toute sa clique d’incapables de l’UMP  (la ministre kosciusko détenant la palme de l’incompétence) ne remettront pas en cause d’une once la « politique énergétique » de la France, même si cela doit contribuer à décimer la moitié de notre population en cas d’accident radiologique. 58 réacteurs sur le territoire ne devraient pas nous empêcher de dormir ! Sûr que lorsqu’on voit comment le Japon, pays au monde le plus avancé technologiquement, arrive à « maîtriser » ses « incidents », on a de quoi être rassurés…

Devant ce déni constant de la réalité, devant l’arrogance complice de nos politiques et leur consanguinité incestestueuse avec le lobby de l’électricité nucléaire, nous ne sommes cependant pas si impuissants. A défaut du feu nucléaire, nous détenons l’arme électorale, tout aussi « atomique »…

En 2012, il est impératif que les citoyens posent comme préalable à leur vote l’abandon définitif de nos centrales. Tous les candidats, à droite comme à gauche, vont devoir y répondre clairement. Sans engagement précis de leur part, nous les boycotterons.

Taïeb El Baradeï

LE PIRE EST ARRIVE : L’ASN classe l’accident nucléaire de Fukushima au niveau 6

15 Mar

Le réacteur n° 2 de la centrale a commencé à fondre, alors qu’un incendie a touché le réacteur n°4, à l’arrêt lors du séisme. La Bourse de Tokyo s’est effondrée (AP). L’accident nucléaire de Fukushima au Japon a atteint un niveau de gravité 6 sur l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (INES), qui en compte 7. « Le phénomène a pris une ampleur tout à fait différente d’hier (lundi). Il est clair qu’on est au niveau 6 », a estimé, mardi 15 mars, le président de l’Autorité française de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste.

L’évaluation de l’Autorité de sûreté nucléaire française s’appuie notamment sur la situation du réacteur numéro 2 de la centrale et de l’enceinte de confinement qui entoure son cœur, censée le protéger et l’isoler de son environnement. « L’enceinte de confinement du réacteur numéro 2 n’est plus étanche », a ainsi déclaré M. Lacoste. Selon l’ASN, « deux explosions successives, à 6 h 10 et 10 heures (heure locale) ont probablement entraîné une dégradation de l’enceinte de confinement à l’origine de l’augmentation significative des rejets radioactifs détectés ».

« Nous sommes très clairement dans des doses extrêmement élevées » dans les environs immédiats de la centrale, a précisé M. Lacoste. Les relevés des balises sur le site font notamment état « d’un débit de dose élevé, avec des pointes importantes à proximité des réacteurs 2 et 3 », indique l’ASN dans un communiqué.

RISQUE DE DÉCONFINEMENT

Plus tôt dans la matinée, la ministre française de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a estimé qu' »on s’acheminait vers une catastrophe nucléaire » au Japon, car « il y a un risque de déconfinement sur le réacteur numéro deux » de la centrale de Fukushima. « C’est confirmé par des mesures de radioactivité très importantes », a-t-elle ajouté. Le ministre français de l’énergie, Eric Besson, a, pour sa part, évoqué le « scénario du pire » à propos de cette centrale.

De son côté, l’agence de sûreté nucléaire japonaise n’a pas relevé le classement de l’accident de la centrale de Fukushima au niveau 6. « Il n’y a pas de discussion ici sur un relèvement du classement de l’accident à la centrale de Fukushima », a déclaré un responsable à l’AFP. Le 12 mars, jour de la première explosion à Fukushima-1, les autorités japonaises avaient annoncé que l’accident de la centrale nucléaire avait atteint le niveau 4.

Sur cette échelle INES, la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, survenue en avril 1986, avait été évaluée au niveau 7, et celle de Three Mile Island, qui a eu lieu en mars 1979 aux Etats-Unis, au niveau 5.

LEMONDE.FR avec AFP | 15.03.11 | 13h46
actualisation : 15/03/2011 / 14.29h. : « On a à ce moment changé d’ordres de grandeur dans la catastrophe, principalement en ce qui concerne l’exposition à la radioactivité. Certains compteurs Geiger ont mesuré des doses de 400 millisieverts près du réacteur n°1 ce matin…Ce qui explique que, d’après les informations que l’on a, nous avons pour de bon dépassé l’ampleur de Three Mile Island, avec des radiations et une exposition 1000 fois plus importantes. »

DEMAIN 18.30h. RASSEMBLEMENT ANTI-NUCLEAIRE A AVIGNON

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