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TUNISIE, EGYPTE, LIBYE : LA HONTE ISLAMISTE

24 Oct

Tout ça pour ça ? Les soi-disant révolutions arabes dont l’objectif affiché était l’accession à la « démocratie » ont accouché comme prévu d’un monstre peut-être pire encore que les dictateurs qu’elles ont dégagés : la montée de l’islamisme obscurantiste. Un résultat prévisible que nous avions d’ailleurs largement anticipé à L’ESPRIT lors des événements de ce début d’année (Cf nos articles).

Franchement, trouver un « progrès » dans l’installation triomphante des barbus analphabètes et liberticides à la tête des « nouveaux états démocratiques » relève d’un aveuglement total. Une victoire de l’obscurantisme sur le modèle démocratique auquel aspiraient les milliers de Libyens, Egyptiens et Tunisiens qui ont laissé leur sang et leur peau sur le carreau des rébellions arabes. Une trahison, dont devraient avoir honte les Tunisiens, qui hier en moutons fanatisés par les religieux, ont voté pour la mise aux fers de leur liberté et l’asservissement des femmes. Bravo !

Quant aux Libyens, le monde occidental devrait franchement s’interroger sur l’énorme arnaque idéologique qu’ils ont aidée à s’installer, au détriment des peuples. Comment le désastreux BHL va t-il désormais pouvoir justifier un tel revers, une telle claque à ses soi-disant idéaux démocratiques ? Et Sarkosy ? Les 300 millions d’euros qu’aura coûtée cette guerre du pétrole n’auront servi qu’a asseoir les pires des tyrans : des islamistes dont la Charia est la seule idéologie d’asservissement abjecte d’un peuple qui aspirait à la liberté. Trahison une fois encore.

Et pour l’Egypte, dont les élections arrivent, on sait tous que les assassins de la confrérie des Frères Musulmans -qui se sont bien gardés d’intervenir lors du soulèvement mais en tirent tous les bénéfices- seront dorénavant aux commandes et plongeront le pays dans la régression démocratique la pire qui soit : une théocratie, barbare, liberticide et intolérante quant aux autres religions (voir l’assassinat des Coptes qui a déjà commencé).

Bref, un succès absolu ! Tunisiens, Egyptiens, Libyens, votre aveuglement et votre bêtise n’ont pas d’excuses. Comment avez-vous pu vous battre contre les tyrans sanguinaires pour leur substituer ce qu’il y a de pire pour l’organisation d’une société : des religieux ultra-rétrogades qui vont vous replonger à l’âge des cavernes. Honte à vous.

On le sait tous, et vous devriez le savoir plus que d’autres : l’Islam est un poison violent, comme toute les religions, quelles qu’elles soient. L’Islam n’est pas soluble dans la démocratie, il en est son antithèse, comme toutes les religions. La barbarie islamiste est en marche, contre votre liberté. Vous allez le découvrir très vite. Tant pis pour vous.

Je regrette d’avoir cru en vous, et je ne suis pas le seul, loin de là. Vous ne le méritiez pas. Les peuples sont libres de leur destin, bien sûr. Mais vous avez choisi la nuit obscure et la régression contre l’unique chance que vous vous étiez donnée d’enfin entrer dans le monde éclairé. Ne venez plus jamais nous parler de liberté et de démocratie.

Antonio Sanz.

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QU’ILS NOUS LÂCHENT ! Ultras-cathos, islamistes, colons juifs, partout des fouteurs de guerre

21 Avr

Les religieux sont définitivement des semeurs de guerre. Non contents de nous pourrir la vie au quotidien depuis 2000 ans, ces arriérés obscurantistes incultes et irrationnels allument les haines entre -et souvent même parmi- les peuples. Jusqu’à quand devrons-nous, citoyens éduqués, civilisés, en un seul mot humains, supporter leur fanatisme liberticide, meurtrier, souvent génocidaire ? Armons-nous de ce qui nous reste de pensée rationnelle, de civilisation, pour nous opposer à ces fascistes démagogues qui entendent régir notre liberté de conscience et d’action.

Avignon : les nazillons de l’Agrif et de Civitas, relayés par l’archevêque intégriste, proche de l’extrême-droite, et, soyons clair, anti-sémite et islamophobe Cattenoz, viennent de perdre leur procès intenté au Piss-Christ de Serrano et à la Collection Lambert qui l’expose. Non sans avoir au préalable vandalisé l’oeuvre, au mépris total de l’art et de la liberté d’expression, un crime qui ne doit pas rester impuni, comme le soulignait Antonio sur ce blog. Résultat : déboutés hier de leur action en justice, ces illuminés ont été condamnés à 5000 euros d’amende pour procédure intempestive, infligée par la justice laïque de notre pays à ces barbares dont rien ne peut justifier les actes terroristes. Une condamnation qui fera désormais jurisprudence. Jusqu’où devons-nous tolérer les agissements de ces ultra-« chrétiens » que tout éloigne de la « pensée » de Jésus et des évangélistes dont ils se réclament ? Face à ces animaux-là, la tolérance ne saurait être de mise.

Nigeria : Le Nord musulman et le Sud chrétien s’opposent sur l’élection du nouveau président de la république, un Chrétien du Sud élu démocratiquement ou à peu près par le peuple nigerian. Résultat : les intégristes musulmans s’enflamment, et commettent de véritables pogroms de chrétiens : viols, assassinats, incendies de villages, pillages… etc. jusqu’aux pneus enflammés que l’on passe au cou des chrétiennes en pleine nuit…

Tunisie : La soi-disant « révolution » démocratique conduit à la résurgence des pires islamistes qui, non contents de parasiter la télévision et généralement toutes les tribunes d’expression de la toute jeune « démocratie », désormais ouverte à leur prosélytisme, descendent dans la rue et intiment aux femmes l’injonction de revêtir le voile et surtout… de se taire. A ce sujet, lire l’excellent papier paru dans la Marseillaise de ce mercredi 20 avril…

Israël : Le conflit soi-disant territorial entre Palestiniens et Israéliens est bien une guerre de religion : les fanatiques juifs de Jérusalem, par exemple, ou les colons extrémistes de Cisjordanie, appuyés par le gouvernement d’extrême-droite d’Israël, continuent de massacrer, emprisonner, spolier les populations palestiniennes depuis plus de soixante ans, sans respecter aucune des résolutions internationales, ni les frontières de l’Etat israélien pourtant approuvées unanimement par la communauté internationale en 1948. Massacres, exactions, expropriations… Au nom de « dieu ».

Bref. La liste serait trop longue de ces combats d’arrière-garde menés par ces nouveaux croisés, qui nous dressent les uns contre les autres, nous déciment et nous génocident, après avoir essayé sans succès depuis deux millénaires de nous rallier à leurs obscurantismes. Pas un morceau de la planète qui n’échappe aux guerres de religions, entretenues par calcul par les pires des dictateurs. Des confins du Tibet (dont on oublie trop souvent le caractère féodal des théocrates qui régissaient l’ancien Tibet) et de l’Inde, jusqu’aux tréfonds de notre vieille Europe, ce ne sont que meurtres, viols, exactions en tout genre menées au nom de dieu. Un état de guerre permanent, que rien ne saurait justifier.

Face à ces idéologies d’un autre temps, ces croyances débiles et leurs fanatisés, une seule solution : l’intolérance. Repoussons-les où qu’ils soient, où qu’ils se terrent. Pas de quartier pour les ennemis de la pensée et de la liberté. Pas de pitié pour les ennemis de l’humanité.


Angelina Vivaldi

Photo : Andres Serrano

PIQURE DE RAPPEL : L’Islam est incompatible avec les droits de l’homme

1 Mar


LA LANGUE DANS LA PLAIE / Antonio Sanz

A l’heure où les démocraties naissantes du « Printemps Arabe » se mettent difficilement en place, il n’est pas inutile de rappeler quelques fondamentaux. Oui, l’Islam est incompatible avec les droits de l’homme et la démocratie, comme toute autre religion dès lors qu’elle s’instaure comme système d’organisation politique. Oui, le danger islamiste est là, tapi avec ses vieilles haines rances de la liberté du peuple et des droits humains. Les Frères Musulmans en Egypte, Ennahda en Tunisie, sont les chantres d’une « révolution » religieuse qui passe par l’instauration de la charia, ce « code » de loi qui entend régir la « bonne conduite » de chacun dans son quotidien et son allégeance à un « dieu » fantasmé, en tout cas bien commode pour les pouvoirs des imams et autres ayatolahs. C’est une réalité, et n’en déplaise à certains « intellectuels » français, éditorialistes prolixes sur les plateaux télévisuels mais curieusement absents des « théâtres » de l’insurrection, toujours à la pointe de la « tolérance » et de l’empathie, il ne serait pas sain de l’oublier.

Nous republions donc cet entretien de 2005 avec Taslima Nasreen, écrivain et intellectuelle du Bangladesh, menacée de mort depuis 1994 par une « fatwa » lancée par quelques islamistes obscurantistes haineux, qui vit depuis sous la menace d’une exécution programmée pour ses seuls « délits » d’opinion. « Les femmes sont oppressées par toutes les religions ». Cette femme sait de quoi elle parle, lorsqu’elle accuse l’Islam, en tant que « système » de pensée et d’organisation du monde coercitif et liberticide, de déni absolu de la personne humaine, et d’incapacité « génétique » à laisser incuber l’ombre d’un embryon de démocratie. Nous assumons ses propos et les soutenons, au risque d’être taxés d’islamophobie, un terme bien commode pour les fascistes verts qui se tiennent en embuscade derrière les révolutions de ce Printemps arabe, prêts à toutes les récupérations, avec pour seul objectif l’islamisation complète et définitive de ces peuples assommés par 30 ou 40 ans de dictature sanglante. Qu’ils n’y croient pas : nous ne les laisserons pas faire. On écoute Taslima Nasreen :

Menacée de mort par une fatwa lancée par des fanatiques, Taslima Nasreen vit en exil depuis plus de dix ans. Symbole de la lutte pour la libération de la femme, l’écrivain bangladaise a reçu le 16 novembre dernier le prix Unesco-Singh 2004, doté de 100 000 dollars, pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Elle a fait du combat contre l’obscurantisme religieux et l’oppression des femmes sa raison de vivre. Entretien avec une femme rebelle.
Pour Taslima Nasreen, le Coran, comme toutes les autres écritures sacrées, est complètement dépassé. Car aujourd’hui, la vie en société ne peut être organisée que par un Etat et non par des versets écrits il y a mille quatre cents ans.

Quelle est la condition de la femme dans votre pays ?
Le Bangladesh est un pays de plus de 130 millions d’habitants, l’un des plus peuplés au monde. 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. 40% de femmes n’ont pas d’accès à l’éducation et aux soins et 80% d’entre elles sont toujours analphabètes ! Même si plus de femmes vont à l’école ou travaillent qu’auparavant, elles souffrent toujours du fondamentalisme islamiste. Les intégristes décrètent des fatwas contre elles, les terrorisent et les empêchent d’avoir accès à l’éducation. Les femmes qui travaillent sont menacées de représailles. Pour les fondamentalistes, la place de la femme est à la maison. Pire encore, le gouvernement bangladais soutient ce fondamentalisme. Il utilise l’islam pour obtenir des suffrages et récolter des voix auprès des personnes analphabètes manipulées par la religion.

Vous ne cessez de dénoncer la condition des femmes musulmanes partout dans le monde. En quoi l’islam serait-il une religion nuisible pour les femmes ?
Les femmes sont oppressées par toutes les religions, y compris l’islam. Les traditions culturelles et les coutumes les asservissent aussi. Je m’attaque à l’islam en particulier, parce que je suis née dans une famille musulmane et que j’ai vécu dans un pays qui applique la charia. J’ai donc personnellement vécu cette oppression et j’ai compris très jeune que l’islam était un outil pour faire perdurer un système patriarcal. Dans le Coran, les femmes ne sont pas traitées comme des êtres humains mais comme des êtres inférieurs et des objets sexuels, condamnés à la servilité. Elles sont réduites à l’esclavage dans un texte qui est vieux de 1 400 ans ! Elles n’ont pas les mêmes droits que les hommes : elles doivent porter le voile, peuvent être battues, n’ont aucun droit sur l’héritage ou encore subissent la polygamie et la répudiation. Si les femmes ne suivent pas les ordres de leurs maris, de leurs frères ou de leurs fils, elles peuvent être battues, lapidées ou rejetées par la société. Le Coran est un livre sacré, mais uniquement pour les hommes ! Il est dit, par exemple, que Dieu donne l’autorité aux hommes sur les femmes. Si les femmes n’obéissent pas à leurs maris, ils sont autorisés à les frapper ! Ce texte est une source d’injustice et de discrimination pour toutes les femmes.

Pensez-vous qu’il faille moderniser le Coran afin de donner plus de droits aux femmes ?
Vous ne pouvez pas réécrire un livre établi en l’an 651 de notre ère ! Les versets du Coran ne peuvent être reformulés, c’est ainsi… Par contre, ce livre doit être considéré comme un simple document historique, écrit il y a mille quatre cents ans. Je pense que le Coran, comme toutes les écritures sacrées, est complètement dépassé aujourd’hui. Nous n’en avons plus besoin pour vivre. A l’époque, ce texte servait de guide pour l’organisation de la société. Mais, aujourd’hui, dans une société moderne, c’est à l’Etat et non à l’Eglise de définir l’organisation de la vie en société. Le Coran doit rester du domaine privé et personnel. C’est pourquoi je me bats pour la sécularisation de la société et la séparation entre l’Eglise et l’Etat dans les pays où le Coran régit encore la vie quotidienne et les affaires personnelles. Le Coran est inutile dans le monde moderne.

Ne pensez-vous pas que la majorité des musulmans sont modérés et tolérants alors que les extrémistes ne représentent qu’une minorité ? Et que l’Islam peut être un mode de vie comme un autre ?
Je ne crois pas que les extrémistes soient une minorité. Au contraire, le fondamentalisme est en plein essor dans les pays islamistes. Les guerres menées en Afghanistan et en Irak sont en train de produire de nouveaux intégristes. Des musulmans qui étaient modérés hier basculent aujourd’hui dans le fondamentalisme en réaction à ce qui est perçu comme une guerre entre l’Occident et l’Orient. L’Ouest doit faire très attention dans sa manière de lutter contre le fondamentalisme. Les guerres ne font qu’amplifier les haines et les fondamentalismes. Pour sortir de l’obscurantisme, c’est de civilisation et d’éducation dont nous avons besoin. Le conflit aujourd’hui n’est pas un conflit entre l’Occident et l’Orient, mais entre le laïcisme et le fondamentalisme, entre l’innovation et la tradition, entre un monde moderne et rationnel et un monde de foi aveugle et irrationnel.

Que pensez-vous de la lutte contre le terrorisme conduite par l’actuelle administration américaine ?
Les Etats-Unis pratiquent aujourd’hui un terrorisme d’Etat. Selon moi, le terrorisme d’Etat est toujours la forme la plus dangereuse de terrorisme. La politique étrangère qu’ils mènent en Afghanistan ou en Irak ressemble à celle qu’ils ont pratiquée dans le passé au Nicaragua, au Chili ou encore aux Philippines.

L’avocate iranienne Shirin Ebadi a reçu le prix Nobel de la paix 2003 pour son action en faveur des droits de l’homme. Selon elle, l’islam est compatible avec les droits de l’homme. Que pensez-vous de sa position ?
Je respecte son opinion et son engagement humaniste. Notre objectif est le même : obtenir l’égalité et la justice pour les femmes. Simplement, nos moyens d’y parvenir sont différents. Pour moi, l’islam est incompatible avec les droits de l’homme et de la femme. Ce n’est pas de l’islam dont nous avons besoin pour lutter contre l’ignorance, mais d’un code civil basé sur l’égalité des sexes et d’une éducation laïque pour tous.

Vous prônez la sécularisation et la séparation de l’Eglise et de l’Etat pour sortir les femmes de la servitude. Seriez-vous favorable à une révolution laïque dans les pays musulmans ?
La grande tragédie de l’humanité, c’est le fait que la moralité ait été récupérée par la religion. Avant la création des religions, la moralité existait déjà. Nous n’avons pas besoin des religions pour être moral. Ma conscience est suffisante pour faire de moi une bonne personne. C’est pourquoi je milite pour une révolution laïque dans mon pays. Je me bats aussi pour toutes les femmes qui sont oppressées partout dans le monde.

Comment ressentez-vous la menace permanente de la mort et l’exil forcé ?
Je me sens en sécurité aujourd’hui. Je voyage beaucoup, entre Stockholm, Calcutta, New York et l’Europe. Quand je me rends dans l’Etat du Bengale-Occidental, en Inde, je bénéficie d’une protection policière. Cela fait maintenant plus de dix ans que je vis en exil. L’isolement, le déracinement culturel et la séparation familiale sont difficiles à vivre. Avec cet exil, j’ai tout perdu : ma famille, ma culture, ma langue, ma société… Je me sens comme une étrangère en Occident, et comme une étrangère dans mon propre pays. Je voudrais pouvoir m’engager dans mon pays pour faire avancer les choses, mais je suis complètement coupée du Bangladesh. J’ai alors réalisé que je devais continuer à écrire pour ne pas laisser les fondamentalistes me faire taire. Je poursuis aujourd’hui mon oeuvre autobiographique, j’écris des tribunes dans les journaux et je soutiens des mouvements pour les droits des femmes partout dans le monde. Mon prochain roman, qui sortira en octobre 2005 en France, portera justement sur les déchirements de l’exil.

Qu’allez-vous faire de votre prix ?Ce prix redouble mon engagement et ma détermination. Je compte aider les organisations non gouvernementales qui défendent les droits des femmes en Asie. L’espoir réside dans le combat de ces ONG pour donner une vie meilleure aux femmes et les sortir de la servitude. Seule l’éducation pourra changer la vie des femmes

REVOLUTION EGYPTIENNE : Les « Frères » en embuscade…

2 Fév

Cela ne vous a pas échappé : le monde arabe fait son Printemps. En tout cas s’y emploie t-il, la foi chevillée au corps. Justement, la foi, parlons-en : au Caire hier ou aujourd’hui, curieusement, nulle manifestation intempestive de cette foi pourtant habituellement omniprésente dans la rue cairote… Pour ceux qui connaissent cette mégalopole de 20 millions d’habitants -dont la plupart réside dans les périphéries bidonvillaires dignes de l’Inde de Calcutta- livrée à l’obscurantisme des imams et au prosélytisme incessant des affidés de la « Confrérie », jusqu’au sein de la mosquée Al-Azhar pourtant réputée modérée, il est plutôt étonnant, en effet, que nos chers « Frères » musulmans -la première Confrérie islamiste du monde arabe, née en 1928- se fassent aussi discrets. C’est que, fins politiques, nos amis propagandistes du modèle islamique « révolutionnaire » et de la Charia, font le dos rond, sachant pertinemment combien le monde « démocratique » les observe et les attend au tournant…

Forts de 30% d’intentions de vote, sûrs de leurs 5 millions de sympathisants dans le pays (pour un total de 82 millions d’habitants), les Frères Musulmans s’abritent derrière la rue en colère et la poussée démocratique pour y installer durablement leur implantation, attendant le moment propice pour rafler la mise. Pour l’instant, ils se contentent de quelques actions « humanitaires » au quotidien, un peu comme le fait le Hamas en Palestine occupée. Petit à petit, pernicieusement, le poison islamiste radical se distille de cette manière « candide », peu suspecte de hérisser le monde occidental : on soigne gratos les blessés de la rue cairote, on nourrit tout aussi « bénévolement » les insurgés, on visite les veuves de fraîche date avec quelques billets bien glissés, on organise les milices d’autodéfense dans les quartiers défavorisés, où l’illettrisme et la pauvreté extrême font le terreau fertile de la propagande des Frères et de leurs imams dévoués…

C’est que l’Egypte n’est pas la Tunisie : majoritairement inéduqués ou sous-éduqués, affamés, exploités (le revenu moyen d’un ménage est de 120 euros), livrés à une dictature en apparence « soft » mais qui muselle ses opposants et contrôle l’information, abandonnés aux superstitions archaïques et à l’obscurantisme religieux, les Egyptiens des classes pauvres ne sont guère armés culturellement, intellectuellement, économiquement même, pour affronter la démocratie. En tout cas telle qu’on la conçoit ici en Occident. Pain bénit pour ces « embusqués » de la Confrérie, dont on voit bien qu’ils se préparent au « Grand jour ». Leur ruse de s’allier à El Baradeï, un laïque occidentalisé, ne trompe personne. Leur obsession de liquider Moubarak vaut toutes les alliances contre-nature. Ce Moubarak qui les emprisonne et les fait plier depuis trente ans, interdisant leur parti, harcelant leurs représentants, ils le veulent mort. Et ce n’est pas notre « respectable » représentant en Europe des Frères, ce Tariq Ramadan belle gueule et discours mielleux, qui va nous rassurer quant à l’innocuité de l’idéologie et des visées politiques de la Confrérie…

Tariq Ramadan, petit fils du fondateur des Frères au Caire, « universitaire » aux titres discutés, dont le frère anime l’antenne (officieuse) de la Confrérie à Genève, est un grand propagandiste d’un « Islam modéré » (tu parles, comme si on pouvait être modéré en religion…). Beau gosse sachant causer, nimbé d’une aura « d’intellectuel » religieux ouvert et pragmatique, cela lui vaut d’être invité par tous les médias et dans toutes les conférences touchant de près ou de loin à l’Islam… Souvent présenté comme un progressiste, en réalité dangereux prosélyte de la « révolution » islamique, ce Tariq Ramadan, sous des dehors policés et « acceptables », distille la même haine des valeurs du monde occidental que ses cousins du Hamas ou du Hezbollah. Ce Tariq Ramadan-là (qui considère que le Hamas ne devrait pas être qualifié d’organisation terroriste par l’Union Européenne…) incarne bien finalement la doctrine de la vision islamiste « moderne ». Il travaille avec talent et un certain charisme à l’avancée des idées de la Confrérie, représentant l’avant-garde « intellectuelle » des Frères Musulmans en Europe, leur ouvrant ainsi tous les auditoires sous le couvert d’une apparence « sérieuse » et « autorisée ». Sa posture « d’universitaire » rassurant tout le monde, y compris jusque dans les rangs de l’intelligentsia de « gauche », alter-mondialiste et pro-palestinienne…

Les religions, quelles qu’elles soient, ont toujours écrasé les peuples. Elles en sont les geôliers et les bourreaux. D’ailleurs, Démocratie est antinomique à Religion : que peut peser la parole du peuple face à celle, irrévocable, de Dieu ? Il n’existe pas de démocratie religieuse. Un pays comme la Turquie, par exemple, soi-disant tenant d’un « Islam modéré », est-il vraiment une démocratie, c’est à dire un territoire où le peuple peut s’exprimer librement et choisir sa destinée ? Allez demander aux Kurdes ce qu’ils en pensent… Historiquement liberticides, arbitraires et belliqueuses, les nations gouvernées au nom de Dieu ont produit les plus grands désastres. De l’Espagne d’Isabelle la Catholique à Israël, les exemples sont éloquents. Pourquoi l’Islam « modéré » des Frères serait-il différent ?

Danger que ce serpent « fraternel » tapi dans l’ombre, qui attend son heure. Ce moment tant espéré, où, le peuple égyptien ayant fait le boulot, mis à bas la dictature Moubarak, les Frères pourront enfin ramasser leur mise. 30 ans qu’ils rêvent de cet instant… Alors, la révolution islamique égyptienne est-elle déjà en marche ? Espérons que non. Faisons confiance aux Egyptiens (et aux Américains !) pour que ce ne soit jamais le cas.

Antonio Sanz

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