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STRATEGIE DE CANIVEAU : Sarko essaie t-il le « coup » de 2002 ?

6 Mar

Notre multi-détesté président, entouré de sa théorie de conseillers toujours plus inspirés, est t-il en train de tenter un bluff magistral, qui consisterait, en désespoir de cause, à faire monter très haut son adversaire FN pour se présenter comme le dernier recours « démocratique » en 2012 ? Une « stratégie » indécente à la Chirac qui lui permettrait de regagner son élection aux forceps avec un score africain… A le voir s’agiter ainsi dans le bocal glauque des « débats » identitaires, notre populiste -à défaut de populaire- président nous mitonne à n’en pas douter un tour de cochon.

C’est en tout cas ce qui fit tilt avec une lumineuse évidence dans mon esprit certes tordu, en cette journée d’hier où le dernier sondage en vogue présentait l’intention à 23% pour la Le Pen, et donc la quasi-certitude d’une « triangulaire » obscène entre deux républicains à égalité et cette abjection incarnée pour laquelle quand même le bon peuple de France, semble t-il, éprouve une attirance chaque jour plus incestueuse.

C’est qu’à vouloir coller toujours mieux à la rubiconde éructive, le président paraît filer le train létal du kamikaze, liquidant un à un tous ses principes et ceux d’une république qui n’en a bientôt plus que le nom, jusqu’à ce point de non-retour où il nous faudrait bien choisir entre deux maux, l’abomination sarkosyste du coup paraîssant bien douce en comparaison de l’extrême indécence brune déguisée en accorte walkyrie.

Certes, en 2002, ce coup de Jarnac a conduit Chirac à s’ennorgueillir d’un score « républicain » de 84% au second tour, nous laissant tous exangues, et fort dégoûtés d’avoir dû glisser dans l’urne un tel bulletin de la honte. Il ne m’étonnerait pas qu’en l’Elysée on n’y ait songé aussi, sachant la pathologique rouerie des « cerveaux » du président, dont ce Guaino fanfaronnant et parfaitement exécrable qui se répand ces derniers jours sur les plateaux télévisuels, ne manquant jamais une occasion de dire sa haine et son mépris des diplomates, des professeurs, des juges ou des élus, lui qui ne l’est point, exprimant à leur endroit une rente récurrente de dénigrement et d’invectives.

Voilà en tout cas une piste à ne pas négliger, à laquelle notre désemparé président, surpuissant égotique, serait bien capable de rêver, en cette douloureuse époque de rejet absolu de sa personne et de tout ce qu’il représente. Un scénario cauchemardesque pour les Français mais ô combien jouïssif pour ce jusqu’au-boutiste qui n’a désormais plus rien à espérer… Ou presque.

Angelina Vivaldi

PRESSE LOCALE. Le nouvel AVIGNEWS est né : lissage et neutralité « bienveillante » au rendez-vous !

4 Mar

Décidément, la presse locale avignonnaise fait sa révolution. Après le quotidien LA PROVENCE, qui, associé à l’éthique groupe Bolloré, a accouché tout récemment d’un petit gratuit « Avignon direct plus » superbement inutile, voici qu’AVIGNEWS, groupe Le Dauphiné Libéré, relooke son site, en modifiant au passage son titre même, le transformant en « AviCityLocalNews » : la simplicité au service de l’évidence.

On ne sait si Noëlle Réal, la « coordinatrice éditoriale » du titre, est à l’aise dans ses tous nouveaux baskets. Quoiqu’il en soit, le petit nouveau (je parle du site) a pris le pli « professionnel » des journaux en ligne : maquette passe-partout, chemin de fer au « carré », pubs toujours aussi invasives (mais il faut bien bouffer)… Bref, la panoplie parfaite du petit qui se la joue grand.

En revanche, ce qu’il faut remarquer -et ce que nous n’avons pas manqué de faire, mauvais esprit que nous sommes- c’est le nouveau « comptage » des vues d’articles. Là où précédemment, le compteur affichait des scores hallucinants (du style 1265 vues pour un papier publié le matin même !), le site désormais semble s’en tenir à un affichage beaucoup plus réaliste. Soit, par exemple, 67 vues pour un article mis en ligne la veille… Une rectification bien plus conforme à l’éthique journalistique, quoi. Félicitons-en les.

Un autre truc qui a bougé est la modération des commentaires. Dorénavant, les cohortes de fachos et autres malveillants dont les interventions nauséabondes hantaient le site jusqu’alors (cf notre papier), vont devoir s’identifier avec une adresse mail valide. Ce qui ne les empêchera pas de se rouler dans la fange, mais au moins peut-être calmera momentanément leurs ardeurs. Peut-être…

Enfin, pour le fond, notons que le gratuit hebdomadaire s’illustre toujours par la couverture immodérée de l’exploit sportif local. L’ACA, ce serpent de mer fort dispendieux pour nos bourses de contribuables, s’y taillant la part belle. Les politiques locaux aussi, surtout ceux de la majorité. Mais bon, Avignews fait partie du même groupe que Vaucluse-Matin (auquel il essaie néanmoins de tailler des croupières, comprenne qui pourra !), alors…

Souhaitons-leur donc « bon vent et bonne mer », pour paraphraser notre démise MAM à Alain Juppé lors de la passation de pouvoirs au Quai d’Orsay. De quoi en tout cas aborder l’année électorale qui vient avec un média apte à se confronter au bulldozer Bolloré/La Provence, un truc de pot de terre contre le pot de fer… Mais, ça, c’est une autre histoire…

Angelina Vivaldi

QU’ILS S’EN AILLENT TOUS ! Juppé, Alliot-Marie : le mensonge en doctrine d’Etat

3 Fév

LE BILLET D’ANGELINA

On vient de l’apprendre ce jeudi 3 février en fin d’après-midi : selon le parquet de Paris et les résultats de l’autopsie diligentée par son procureur, M. Marin, pourtant peu suspect de gauchisme, l’Etat Français, par la voix du ministre de la Défense, a menti : les deux otages Français de l’Aqmi sont bel et bien morts (cf notre papier du 11 janvier) du fait de l’intervention intempestive de nos chers militaires français, et non de la main de leurs ravisseurs.

Encore une fois, les membres du gouvernement Sarko sont pris en flagrant délit de mensonge. Hier, c’était la pitoyable Ben Alliot-Marie qui se défendait mollement de tout conflit d’intérêt dans l’affaire du jet privé d’un ami du dictateur tunisien. On savait déjà qu’elle voulait faire profiter Ben Ali du savoir-faire des forces de l’ordre françaises. Mais de là à s’afficher en pleine insurrection aux côtés de la canaille affairiste ! Deux solutions : ou elle est parfaitement conne et incompétente (ce qui me semble probable), et donc n’a rien à faire dans la fonction qu’elle occupe, ou elle fait montre d’un cynisme effroyable, ce que par charité, nous n’osons penser. Dans les deux cas, elle ment plusieurs fois en toute arrogance : Comment peut-elle ne pas se souvenir de la date du premier mort par immolation en Tunisie, soit le 17 décembre, alors qu’elle est ministre des Affaires Etrangères (entendu sur France 2 hier soir) ? Comment peut-elle feindre d’ignorer les événements tunisiens et programmer un voyage d’agrément (avec son compagnon ministre lui aussi) dans un pays en pleine insurrection, accepter le jet privé d’un suppôt du dictateur, le tout en soutenant qu’elle se trouvait là en tant que personne « privée »‘ ? Quand on est ministre des Affaires Etrangères, vacances ou pas, on représente les intérêts de la France. On en est son premier ambassadeur, fêtes de Noël ou non. Et surtout, on sait très bien quelle est la situation politique exacte du pays dans lequel on excursionne au moment T.

Quant au mensonge éhonté de Juppé sur la prise d’otages qui a viré au cauchemar, aux Etats-Unis par exemple, pourtant peu modèle de vertu démocratique, lorsqu’un ministre d’Etat ment aussi effrontément, il s’en va.

Il n’en est pas de même visiblement dans la « première » (auto-proclamée) démocratie au monde, qui, par la voix de son président, n’en finit plus de donner des leçons de bonne gouvernance au reste de la planète. Et dont les ministres continuent de bafouer pourtant les règles élémentaires de la République -ou de la justice comme ce Hortefeux et ses deux condamnations. De quoi conforter tous les Moubarak dans leur volonté coûte que coûte de s’accrocher à un pouvoir usurpé. Après tout, pourquoi se gêneraient-il ?

Angelina Vivaldi

CELINE : Le Mitterrand nouveau en révisionniste littéraire

22 Jan

LE BILLET D’ANGELINA

Pauvre ministre sans envergure ni courage, désormais contraint de se plier aux injonctions des amis de Sarkosy. L’affaire, qui ne devrait pas en être une : Le ministre de la Culture Mitterrand, a annoncé vendredi le retrait de Louis Ferdinand Céline du recueil des célébrations nationales de l’année 2011, sur recommandation de l’avocat sarkosyste Serge Klarsfeld, par ailleurs président de l’association des fils et filles de déportés juifs de France (FFDJF).

« Après mûre réflexion, et non sous le coup de l’émotion, j’ai décidé de ne pas faire figurer Céline dans les célébrations nationales», annonce Frédéric Mitterrand. «Ce n’est en aucun cas un désaveu à l’égard du Haut comité (chargé d’établir la liste des personnalités) mais (…) une inflexion que j’assume pleinement », assure le ministre.

Ou comment un ministre, sous couvert du politiquement correct -ce qui n’a rien à faire en littérature-, se permet de juger de l’importance d’un écrivain, qui plus est pas le moindre : l’auteur du Voyage ou de Mort à crédit, étant unanimement reconnu comme l’un des deux ou trois plus grands du siècle dernier. Mais Mitterrand, en mouton bêlant, préfèrera sans doute ne pas froisser les amis de son maître, au risque de se voir taxer de révisionniste pour la postérité.

Premièrement, de quel droit un quelconque avocat avide de notoriété et d’influence se permet-il de faire pression sur le ministère de la Culture, lui dont le nom et l’aura doivent surtout beaucoup au travail sérieux et mesuré de son père et au militantisme sans concession de sa mère Beate ? Qui est-il, quelle légitimité intellectuelle et critique a t-il pour juger qu’un écrivain -aussi détestable idéologiquement par ailleurs- puisse disparaître du panthéon littéraire de la France ?

Deuxièmement, comment un ministre de la République, garant de la Culture française et de ses oeuvres patrimoniales, peut-il plier aussi facilement devant ce donneur de leçons, au motif que l’auteur visé a également produit tout un fatras abscons d’absurdités ignominieuses, vulgairement antisémites, mais qui pour autant, n’enlèvent rien à la qualité littéraire de son oeuvre de grand écrivain ?

Si l’on n’y prend garde, c’est bientôt tout le patrimoine littéraire qui se verra purgé de ses « mauvais » éléments, pour cause d’opinion non conforme à la bien-pensance contemporaine. La liste risque d’être longue… Pour ma part, je préfèrerais toujours un immense écrivain à l’idéologie douteuse, à un écrivaillon à la pensée correcte. Mitterrand, lui, a choisi. Désormais, la République dispose d’un ministre plein à la censure et à la désinformation. Ce qui nous évoque d’autres temps tout aussi céliniens, et fait honte à l’ensemble des admirateurs de la Culture française.

Angelina Vivaldi

AVIGNON 2011 : Quoi de neuf sous le Palais ?

17 Jan

LE BILLET D’ANGELINA

Et bien, pas grand chose en réalité, en ce début d’année que l’on aimerait un peu plus remuant et énergique -au moins pour notre ville. L’Eléphant de Barcelò devrait partir le 25 pour New York, et on ne sait toujours pas s’il reviendra. Ce n’est pas que notre Marie-Jo ne l’aime pas, ce pachyderme -elle l’a même utilisé pour les voeux de la municipalité- mais visiblement elle n’a pas les moyens de payer la somme il est vrai exagérée que lui réclame le marchand du sculpteur (on parle d’un million et demi). Bon, on continue néanmoins à se mobiliser, qui sait ? En revanche, ce foutu tramway dont nous nous défions comme d’une peste -comptable- a reçu le soutien du ministre Mariani, Valréassien à la truffe aiguisée qui naguère, se plaignant d’un Sarko indifférent à ses atours, se lamentait publiquement d’être pris pour un con. On voit qu’il a depuis changé d’avis, notre député excité de la proposition de loi, qu’il aimait bien liberticide et très à droite. Au moins, maintenant qu’il est dans les transports, pensera t-il à autre chose pour se faire remarquer…

Un qui n’a pas froid aux yeux est ce Mansour, exclu des finances de la ville, et qui n’hésite pas à se présenter aux cantonales sous l’étiquette Nouveau Centre (des affaires ?). On se demande bien ce qu’a de nouveau ce centre conduit par la clique sarkosyste… Mais monsieur Mansour a visiblement envie d’ennuyer ses anciens amis du « château », maintenant qu’ils ont déserté son « Forum » pour d’autres établissements plus respectueux du code du travail et de celui des impôts.

L’imagination toujours au pouvoir, telle pourrait être la devise de notre chef préféré, occupant de l’ancienne demeure du camérrier du pape (qu’il entretient fort mal au demeurant : les fresques du XIVe étant laissées sans protection dans sa salle à manger), dont le menu d’hiver affiche fort à propos une proposition autour de… la truffe (à 150 euros tout de même), comme chaque hiver succédant à l’été et son éternel menu « autour de la tomate »…

Les Halles, elles, sont encore au centre d’un gigantesque chantier dont on ne voit plus la fin. Désormais, on sait qu’il n’y aura pas de kiosque à musique, dommage pour les campeurs de la Place Pie… L’ACA a bien dépensé notre bel argent pour se planter en beauté comme prévu… et les amateurs de langue provençale sont toujours aussi remontés contre l’Esprit. Pourtant, les 80 plaques (à 80 euros) en Provençal prévues cette année (c’est un début : 375 toponymes attendent la leur) pour sous-titrer nos voies et places devraient les contenter, non ?

Les pénichards eux, crèvent toujours de soif, attendant qu’on les chasse de leurs amarres pour y substituer un bien joli paysage de bateaux de luxe, et les associations sociales et culturelles ont vu une fois de plus leurs subventions amputées. Mais il est vrai que les grands travaux de Marie-Jo n’ont pas à souffrir d’attendre : 250 millions pour le tram, 8 millions pour le parc des sports, et autres « investissements » impératifs aux yeux de notre mairesse valent bien que les petites structures se serrent la ceinture.

Heureusement que les Tunisiens nous ont ragaillardi le coeur, en ce début d’année bien pâle décidément et un tantinet désespérant. Mais, bon, rassurons-nous : il paraît que la Gauche locale se prépare de pied ferme aux prochaines échéances…

Angelina Vivaldi

DURE REALITE : Avec Sarko, le métier d’otage n’est plus ce qu’il était

11 Jan

LE BILLET D’ANGELINA

Actualisation du 3 février 2011 : Comme nous le pensions, l’Etat français et Alain Juppé ont menti. Aujourd’hui 3 février nous apprenons les résultats de l’enquête confiée au parquet de Paris. Selon l’autopsie, l’un des deux otages est bien mort dans -et à cause de- l’incendie du véhicule de ses rapteurs, et non des suites -comme le prétendait Juppé- d’une balle tirée dans le dos : aucune trace de projectile dans son corps… Sa mort est donc bel et bien consécutive aux tirs d’obus ou de roquettes de l’Armée française sur le véhicule… Ce qui accrédite notre hypothèse selon laquelle, si les Français n’étaient pas intervenus, nos deux compatriotes seraient certainement encore en vie. Prisonniers, certes, monnaie d’échange, bien sûr, mais vivants ! Manque de pot, la nouvelle « doctrine » sarkosyste en a décidé autrement.

Danger ! Tant que Sarko est aux commandes, il faut absolument éviter de se retrouver en mauvaise situation. Pourtant, fallait pas être devin pour imaginer ce qu’il allait advenir de nos deux petits boutonneux enlevés, non ? Mais notre président, toujours droit dans ses bottes et fier comme un bar-tabac de Neuilly a des couilles, lui… et il allait le leur prouver, à ces « barbares » de l’Aqmi et autres mécréants. Donc : On est Français que diable !, la France est inattaquable, un grand pays comme le nôtre, hein ? Bref, on va voir ce qu’on va voir, et je décide de te pourchasser ces pauvres crasses de Touaregs embrigadés pour leur faire rendre âme… Une belle attitude tout droit sortie de la « doctrine » du grand penseur (et stratège hors-pair, comme on l’a vu) qu’était le pauvre George W. Bush, du temps de sa splendeur…

Bravo Sarko ! résultat : deux petits gars bien flingués grâce à tes « forces spéciales » et au « courage » de ton état-major (une bande d’abrutis incapables de penser au-delà de leur endoctrinement martial).

Etonnant comme la classe politique tout entière ( et les médias) soutient aujourd’hui ce carnage, qui aurait pu largement être évité, nonobstant l’orgueil démesuré d’un « chef » minuscule d’un pays pas moins ridicule, ex-colonisateur, arrogant, toujours prêt à se la jouer gros-bras sûr de son fait ? A croire que le sarkosysme pollue tout, contamine tout, y compris nos « élites » politiques les plus « éveillées »…

Pour un coup de bluff fort-en-gueule, notre président a envoyé à la mort certaine deux de nos compatriotes. Joli coup de com, non ? A l’heure où le président français est amené à présider le G-20…

Ces deux petits mecs avaient peut-être 20% de chances de s’en sortir vivants, sans l’intervention de nos cow-boys néo-buschiens… Désormais, ils reposent en paix. Enfin, presque… Personnellement, si j’étais de la famille, je me refuserais à aller serrer la pince à ce mauvais Napoléon de peplum, et le traînerai illico en justice pour complicité d’assassinat délibéré « au nom de la France ».

Toujours est-il, nous voilà prévenus : pour ceux que cela démangerait de se rendre dans ces zones à risques, ne comptons pas sur l’Etat Français pour prolonger notre durée de vie…

Angelina Vivaldi

UN TRUC DELICAT : L’exercice de l’édito

7 Jan

Une tentative d’Angelina Vivaldi

Bon, c’est pas ce que j’aurais exactement imaginé au retour des fêtes, après une licence copieuse, dûment balisée de multiples visites dans les établissements recommandés de Chueca ou La Latina. Passons. « L’équipe » de L’Esprit (équipe, faut le dire vite : 4 ou 5 délabrés du rrrrron, de la caïpiriña et du foie gras en tapa) me propose donc ça, l’exercice de l’éditorial, comme mise en bouche pour la nouvelle année. En gros : bonjour la patate chaude…

Déjà, un édito, c’est quoi ? Seulement juste un truc de planqués de la pqr (je dis la pqr, mais c’est valable pour tous nos supports bien français de l’édition journalistique : une spécialité anglo-saxonne qui a migré férocement dans les rédactions hexagonales depuis quelques décennies…) ? Bref une fonction privilégiée de briscards étoilés qui, après 30 ans de bons et loyaux services, dans la boue quotidienne de « l’investigation » et des petits fours chez le Préfet, se voient enfin attribuer l’insigne « honneur » d’ouvrir leur titre d’une « réflexion » ou d’un bon mot, censés condenser « intelligemment » toute l’actualité du jour, et y apporter ce surcroît d’éclairage et d’analyse ? En clair, les « lumières » autorisées sans lesquelles, pauvres lecteurs lambdas que nous sommes, nous serions inaptes au décryptage du flux informationnel diarrhéique que nous prenons en pleine poire sans précaution ? Cette bouillie inintelligible qui nous assaille jour et nuit sur tous nos écrans, et qui sans ces commentateurs « éclairés », nous aurait laissés nus, terriblement désarmés, désespérément sans voix devant le déferlement ahurissant du monde ?

Il faut bien reconnaître que l’exercice éditorialistique au quotidien doit peser son pesant de croix. Franchement, disserter chaque jour sur un truc ou un autre, sans en être particulièrement instruit, ni même intéressé, s’apparente à la corvée de bois. D’ailleurs, cette expression jadis utilisée par nos régiments d’élite pour désigner une toute autre sorte d’exercice, correspond bien à la réalité crue de l’éditorialiste. Sauf que dans ce cas précis, c’est le tortionnaire qui morfle le plus, pas le supplicié : le lecteur a toute liberté de zapper ce timbre prétendument édifiant, simplement prétentieux et moralisateur, que la rédaction cherche à lui imposer au quotidien. Déjà ça de gagné.

Pour en revenir à notre « commande », qu’aurais-je pu vous proposer ? Une énième autosatisfaction quant à la bonne fréquentation de notre site, chiffres bidonnés à l’appui ? Je sais que ce marronnier fort en vogue chez nos amis blogueurs fait fureur. Mais, bon, soyons sérieux : ça intéresse qui, au final ?
Autre possibilité : vous renseigner une fois encore, pauvres ignorants, sur l’absurdité et les dangers du monde nouveau qui se prépare ? Ce à quoi, certainement, vous vous êtes cruellement résignés, sans avoir besoin de quiconque pour vous le rappeler…
Enfin, prendre la pelote et tirer le fil jusqu’au vertige d’un quelconque exemple « éclairant » de l’actu qui, si vous êtes bien lunés -et le scripteur bien inspiré également- aura force de « réflexion » sur l’état de notre pauvre monde boursouflé et, à bien des égards, terrifiant ? Ce en quoi vous nous serez reconnaissants de conforter ainsi ce que vous pensiez d’un tel chaos, le miroir que nous vous tendons correspondant effectivement à ce que vous en attendez. Amen. Et on reste ainsi bien en famille…

Voyez-vous, chers lecteurs et futurs lecteurs et jamais lecteurs, je renonce. Trop de brouillard éthylique, de fatigue ? Ou simplement l’ennui désespérant d’avoir à « dire » et signifier me file le vertige, et surtout un arrière-goût de mauvaise foi. De toutes façons, mécréante comme je le suis, sans foi ni maître, l’exercice n’était décidément pas fait pour moi.

Je me contenterai donc de vous embrasser, toutes et tous, fort civilement et tout aussi goulûment.

Bonne année à tous, avec l’Esprit d’Avignon bien entendu.

Angelina Vivaldi

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