Tag Archives: Le monde se rétrécit

LA POLICE DU NET : Amis blogueurs désormais espionnés, bienvenue en Sarkosie !

4 Mar


ON N’ARRÊTE PAS LA POLICE

Un décret oblige désormais les fournisseurs de services sur Internet à conserver pendant un an mots de passe, traces d’achats ou commentaires laissés sur le web par les internautes. La police pourra y avoir accès lors d’enquêtes, ainsi que le fisc ou l’URSSAF. Tollé général sur la Toile.

Ce décret oblige désormais les FAI à mettre à disposition de la police ou du fisc l’ensemble des données personnelles des internautes, qui seront conservées pendant un an. La publication du décret au Journal Officiel a immédiatement provoqué une levée de boucliers des défenseurs de la liberté sur le web.

Sites de commerce en ligne, fournisseurs d’accès à Internet, gestionnaires de comptes e-mail ou plateformes de vidéo (YouTube, Dailymotion…) doivent désormais conserver pendant un an l’intégralité des informations renseignées par l’internaute sur les sites concernés.

Obligation de communiquer les mots de passe
Les données en question sont notamment: les nom, prénom et raison sociale; adresses postales; pseudonymes utilisés et mots de passe; adresses électroniques et mot de passe associé; numéros de téléphone; adresses IP; heures et dates précises de connexion et de déconnexion.

En clair, l’ensemble des informations personnelles des internautes, y compris les plus confidentielles, sont désormais mises à disposition des autorités. Un gestionnaire de boîtes e-mails (Yahoo, Hotmail, Gmail par exemple) est dorénavant dans l’obligation de conserver la totalité des informations données par l’internaute lors de son inscription, y compris son mot de passe, ainsi que « les données permettant de le vérifier ou de le modifier ». Autrement dit la fameuse « question » à laquelle une réponse a été attribuée.

Police, fisc, URSSAF, douanes…
Sont également concernés par ce pistage les commentaires postés sur des forums de discussion, les billets publiés sur des blogs ou encore les vidéos ou photos mis en ligne sur les grands sites spécialisés.

Cet ensemble de données devra être rendu disponible, pour les besoins d’enquêtes diverses, à tout un ensemble de services. Et officiellement pour des besoins précis. La police et la gendarmerie en tout premier lieu. Mais également les services du fisc, lorsqu’ils mènent des investigations sur les contribuables. Ceux de l’URSSAF, en cas notamment de suspicion de fraude. Ceux de la répression des fraudes également, concernant essentiellement les ventes sur Internet. Ou encore les agents des douanes.

Le décret élargit ainsi le champ d’application de la loi du 21 juin 2004 qui ne préconisait l’utilisation de ces données que par la police et la gendarmerie et « afin de prévenir les actes terroristes ».

« C’est Big Brother ! »
Sa publication provoque déjà une levée de boucliers de la part d’associations d’usagers d’Internet, mais aussi des opérateurs concernés par cette obligation. Nombreux soulignent les risques d’atteinte à la vie privée.

Pour Jérôme Thorel, président de l’ONG Privacy France, « cela va à l’encontre des principes fondamentaux d’une démocratie. C’est disproportionné, c’est sans commune mesure avec le Big Brother qu’avait pu imaginer George Orwell ».
Pour sa part, l’Association française des Services Internet communautaires (ASIC, regroupant notamment les branches françaises de Google, Facebook, PriceMinister, Dailymotion ou encore Ebay) envisage de saisir le Conseil d’Etat pour faire annuler le décret. Selon l’ASIC, « stocker certains mots de passe ou contenus est interdit par la loi ».

La Rédaction | RMC.fr | 03/03/2011

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CENSURE : l’obscénité Facebook

18 Fév

En solidarité avec l’internaute scandaleusement censuré pour avoir illustré son statut du superbe et primordial tableau de Courbet, l’Origine du monde…

Obscène, car étymologiquement en dehors du monde, Facebook est un minable big brother à 2 balles, incapable de se contrôler, dépassé par un succès planétaire qu’il ne mérite pas, dirigé par un crétin inculte et affairiste et ses sous-fifres aux ordres tout aussi intellectuellement nuls, Facebook est le fruit blet de l’idéologie puritaine qui gouverne l’Amérique impérialiste et intolérante.

Cf aussi, sur la censure imbécile Facebook, hélas récurrente, notre article.

PRESSE BAILLONNEE : Le silence suicidaire de l’Europe…

24 Jan

LE MONDE SE RETRECIT

La presse est censurée en Hongrie, alors que son chef d’Etat vient de récupérer la présidence tournante de l’Union Européenne, et visiblement personne ou presque (à l’exception notable de notre Dany binational) ne s’en émeut vraiment…

Air connu : l’efficacité diplomatique et la fidélité à un certain nombre de principes – quels qu’ils soient, au demeurant – font rarement bon ménage. La « Realpolitik », ça s’appelle. Ces contradictions récurrentes sont particulièrement saillantes dans le cas des démocraties occidentales, qui se posent comme l’incarnation de principes politiques peu ou prou hérités de la philosophie des Lumières, ne manquent pas de le faire savoir au reste du monde et qui, nonobstant, s’assoient dessus lorsque des intérêts « supérieurs » sont en jeu.

Le silence coupable de la France à l’égard de la Tunisie
Dernier exemple en date : le silence assourdissant de l’autoproclamée patrie des droits de l’homme durant l’explosion de la cocotte-minute tunisienne, silence seulement rompu par les offres de services en matière sécuritaire de Michèle Alliot-Marie (dans un souci d’épargner les vies humaines, cela va de soi, la flicaille française, de flashball en Taser, étant devenue experte en maintien de l’ordre non-létal, enfin presque).

Bien légitimement, la complaisance à l’égard du régime de Ben Ali, au nom de la « lutte contre l’islamisme » et, n’en doutons pas, de quelques intérêts économiques bien compris, complaisance qui atteint son acmé avec cette mise en pratique d’une certaine « sagesse » chinoise – ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire – suscite des commentaires acerbes et désabusés, de part et d’autre de la Méditerranée.

C’est la malédiction et la grandeur des gouvernements démocratiques d’avoir à se coltiner, dans les relations internationales, le monde tel qu’il est, tandis que médias et opposants politiques à domicile leur parlent du monde tel qu’il devrait être. Au nom de principes qui constituent une culture commune, en l’occurrence la défense des libertés, un « surmoi droits-de-l’hommiste ». Un silence coupable comme bouquet final d’années de compromissions, voilà comment se conclut le dernier épisode des relations franco-tunisiennes, c’est une affaire entendue.

En Hongrie, la liberté de la presse est négociable
Mais à propos de silence… Sans avoir la prétention de constituer à moi tout seul une pige multimédia – il se peut que j’aie loupé quelques épisodes –, il est un autre silence qui, en ce début d’année, me casse les oreilles : celui qui suit la promulgation, en Hongrie, d’une loi muselant les médias et, dans la foulée, de l’accession de ce pays à la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne.

Certes, il y a bien eu quelques réactions outrées ici et là, à l’approche du 1er janvier. Puis les atermoiements à usage externe, suivis de coups de menton à usage interne, du gouvernement hongrois. Et depuis, rien.
L’Union européenne qui, à défaut d’avoir une politique, est supposée avoir des principes – la liberté de la presse en fait partie, jusqu’à plus ample informé – est partiellement « présidée » par un pays dont le gouvernement a jugé bon d’établir un comité de censure. « Etonnant, non ? », aurait dit Desprosges.

Bien sûr, on imagine bien qu’en coulisses, des discussions, des négociations sont en cours, il se peut même que cette loi, sous la pression des instances européennes, finisse par être abrogée sous peu. Mais là n’est pas la question : la question, c’est que le seul scénario plausible soit, justement, une négociation. C’est donc négociable, la liberté de la presse, en Europe ? Dans la discrétion, en plus ? Ah bon. Cette lamentable affaire constitue, cela va sans dire, un précédent grave. La seule légitimité « palpable » d’un pouvoir supranational européen c’était, justement, de constituer un garde-fou sur la question des libertés et des droits de l’homme.

Les « valeurs démocratiques » de l’Union européenne ?
On se souvient de la vitesse à laquelle, en 2010, le gouvernement français rétropédala lorsqu’il fut établi qu’une circulaire du ministère de l’Intérieur ciblait spécifiquement les populations roms :
« Une circulaire ? Quelle circulaire ? Ah ! mais désolé, celle-là c’était juste un brouillon. Hop ! à plus.
– Ah ah ! bien essayé, monsieur Hortefeux. »

Mais dans cette affaire, le gouvernement hongrois s’accroche. Alors on négocie. Passe encore à la rigueur, autant qu’on puisse le déplorer, que tel ou tel pays européen mette ses principes au fond de sa poche lorsqu’il s’agit de maintenir ou d’améliorer des relations avec un satrape sanguinaire ou une clique de bureaucrates kleptomanes. Mais que ce « principe de réalité » s’applique à l’intérieur même d’un ensemble – l’Union européenne – dont l’un des rares ciments est l’adhésion à un certain nombre de valeurs démocratiques, c’est à se taper la tête contre les murs.

Imaginons un seul instant que le gouvernement hongrois ait continué de foutre la paix à ses journalistes mais qu’il ait, en revanche, décidé de taxer ses importations en provenance de l’Union européenne et de rétablir un contrôle des changes.
Là, n’en doutons pas, on verrait immédiatement se mettre en place une cellule de crise à Bruxelles, Sarkozy et Merkel se téléphoneraient 40 fois par jour, tandis que les médias en feraient des titres gros comme ma cuisse.

La censure en Hongrie, un non-évènement
Pour le coup, il ne s’agirait pas de négocier, mais de sommer la Hongrie de rentrer dans les clous, et plus vite que ça, encore. Sous peine, éventuellement, qu’elle soit exclue de l’Union, d’une façon ou d’une autre. Tant il est vrai qu’on ne saurait transiger avec la liberté de circulation des marchandises et des capitaux.

Rien de tout cela dans ce qui nous occupe. La censure de la presse en Hongrie est un non-événement médiatico-politique. Pas de crise, pas d’excitation, pas de bruit. Bien au contraire, un long silence, comparable à celui du gouvernement français lors du soulèvement tunisien.

Mais ce silence est d’un autre poids. Les compromissions de la France et des autres démocraties occidentales avec Ben Ali et consorts sont souvent déplorables, mais relèvent d’une forme habituelle du double langage, inscrite dans les gènes de ces Etats – ils y survivent toujours. Celles du « machin » européen avec la clique d’excités aux commandes à Budapest constituent une hypocrisie d’un genre nouveau, une hypocrisie suicidaire : le peu d’Europe qui existe en crèvera.

Riwal Ferry | Blogueur | 20/01/2011

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