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PIQURE DE RAPPEL : L’Islam est incompatible avec les droits de l’homme

1 Mar


LA LANGUE DANS LA PLAIE / Antonio Sanz

A l’heure où les démocraties naissantes du « Printemps Arabe » se mettent difficilement en place, il n’est pas inutile de rappeler quelques fondamentaux. Oui, l’Islam est incompatible avec les droits de l’homme et la démocratie, comme toute autre religion dès lors qu’elle s’instaure comme système d’organisation politique. Oui, le danger islamiste est là, tapi avec ses vieilles haines rances de la liberté du peuple et des droits humains. Les Frères Musulmans en Egypte, Ennahda en Tunisie, sont les chantres d’une « révolution » religieuse qui passe par l’instauration de la charia, ce « code » de loi qui entend régir la « bonne conduite » de chacun dans son quotidien et son allégeance à un « dieu » fantasmé, en tout cas bien commode pour les pouvoirs des imams et autres ayatolahs. C’est une réalité, et n’en déplaise à certains « intellectuels » français, éditorialistes prolixes sur les plateaux télévisuels mais curieusement absents des « théâtres » de l’insurrection, toujours à la pointe de la « tolérance » et de l’empathie, il ne serait pas sain de l’oublier.

Nous republions donc cet entretien de 2005 avec Taslima Nasreen, écrivain et intellectuelle du Bangladesh, menacée de mort depuis 1994 par une « fatwa » lancée par quelques islamistes obscurantistes haineux, qui vit depuis sous la menace d’une exécution programmée pour ses seuls « délits » d’opinion. « Les femmes sont oppressées par toutes les religions ». Cette femme sait de quoi elle parle, lorsqu’elle accuse l’Islam, en tant que « système » de pensée et d’organisation du monde coercitif et liberticide, de déni absolu de la personne humaine, et d’incapacité « génétique » à laisser incuber l’ombre d’un embryon de démocratie. Nous assumons ses propos et les soutenons, au risque d’être taxés d’islamophobie, un terme bien commode pour les fascistes verts qui se tiennent en embuscade derrière les révolutions de ce Printemps arabe, prêts à toutes les récupérations, avec pour seul objectif l’islamisation complète et définitive de ces peuples assommés par 30 ou 40 ans de dictature sanglante. Qu’ils n’y croient pas : nous ne les laisserons pas faire. On écoute Taslima Nasreen :

Menacée de mort par une fatwa lancée par des fanatiques, Taslima Nasreen vit en exil depuis plus de dix ans. Symbole de la lutte pour la libération de la femme, l’écrivain bangladaise a reçu le 16 novembre dernier le prix Unesco-Singh 2004, doté de 100 000 dollars, pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. Elle a fait du combat contre l’obscurantisme religieux et l’oppression des femmes sa raison de vivre. Entretien avec une femme rebelle.
Pour Taslima Nasreen, le Coran, comme toutes les autres écritures sacrées, est complètement dépassé. Car aujourd’hui, la vie en société ne peut être organisée que par un Etat et non par des versets écrits il y a mille quatre cents ans.

Quelle est la condition de la femme dans votre pays ?
Le Bangladesh est un pays de plus de 130 millions d’habitants, l’un des plus peuplés au monde. 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. 40% de femmes n’ont pas d’accès à l’éducation et aux soins et 80% d’entre elles sont toujours analphabètes ! Même si plus de femmes vont à l’école ou travaillent qu’auparavant, elles souffrent toujours du fondamentalisme islamiste. Les intégristes décrètent des fatwas contre elles, les terrorisent et les empêchent d’avoir accès à l’éducation. Les femmes qui travaillent sont menacées de représailles. Pour les fondamentalistes, la place de la femme est à la maison. Pire encore, le gouvernement bangladais soutient ce fondamentalisme. Il utilise l’islam pour obtenir des suffrages et récolter des voix auprès des personnes analphabètes manipulées par la religion.

Vous ne cessez de dénoncer la condition des femmes musulmanes partout dans le monde. En quoi l’islam serait-il une religion nuisible pour les femmes ?
Les femmes sont oppressées par toutes les religions, y compris l’islam. Les traditions culturelles et les coutumes les asservissent aussi. Je m’attaque à l’islam en particulier, parce que je suis née dans une famille musulmane et que j’ai vécu dans un pays qui applique la charia. J’ai donc personnellement vécu cette oppression et j’ai compris très jeune que l’islam était un outil pour faire perdurer un système patriarcal. Dans le Coran, les femmes ne sont pas traitées comme des êtres humains mais comme des êtres inférieurs et des objets sexuels, condamnés à la servilité. Elles sont réduites à l’esclavage dans un texte qui est vieux de 1 400 ans ! Elles n’ont pas les mêmes droits que les hommes : elles doivent porter le voile, peuvent être battues, n’ont aucun droit sur l’héritage ou encore subissent la polygamie et la répudiation. Si les femmes ne suivent pas les ordres de leurs maris, de leurs frères ou de leurs fils, elles peuvent être battues, lapidées ou rejetées par la société. Le Coran est un livre sacré, mais uniquement pour les hommes ! Il est dit, par exemple, que Dieu donne l’autorité aux hommes sur les femmes. Si les femmes n’obéissent pas à leurs maris, ils sont autorisés à les frapper ! Ce texte est une source d’injustice et de discrimination pour toutes les femmes.

Pensez-vous qu’il faille moderniser le Coran afin de donner plus de droits aux femmes ?
Vous ne pouvez pas réécrire un livre établi en l’an 651 de notre ère ! Les versets du Coran ne peuvent être reformulés, c’est ainsi… Par contre, ce livre doit être considéré comme un simple document historique, écrit il y a mille quatre cents ans. Je pense que le Coran, comme toutes les écritures sacrées, est complètement dépassé aujourd’hui. Nous n’en avons plus besoin pour vivre. A l’époque, ce texte servait de guide pour l’organisation de la société. Mais, aujourd’hui, dans une société moderne, c’est à l’Etat et non à l’Eglise de définir l’organisation de la vie en société. Le Coran doit rester du domaine privé et personnel. C’est pourquoi je me bats pour la sécularisation de la société et la séparation entre l’Eglise et l’Etat dans les pays où le Coran régit encore la vie quotidienne et les affaires personnelles. Le Coran est inutile dans le monde moderne.

Ne pensez-vous pas que la majorité des musulmans sont modérés et tolérants alors que les extrémistes ne représentent qu’une minorité ? Et que l’Islam peut être un mode de vie comme un autre ?
Je ne crois pas que les extrémistes soient une minorité. Au contraire, le fondamentalisme est en plein essor dans les pays islamistes. Les guerres menées en Afghanistan et en Irak sont en train de produire de nouveaux intégristes. Des musulmans qui étaient modérés hier basculent aujourd’hui dans le fondamentalisme en réaction à ce qui est perçu comme une guerre entre l’Occident et l’Orient. L’Ouest doit faire très attention dans sa manière de lutter contre le fondamentalisme. Les guerres ne font qu’amplifier les haines et les fondamentalismes. Pour sortir de l’obscurantisme, c’est de civilisation et d’éducation dont nous avons besoin. Le conflit aujourd’hui n’est pas un conflit entre l’Occident et l’Orient, mais entre le laïcisme et le fondamentalisme, entre l’innovation et la tradition, entre un monde moderne et rationnel et un monde de foi aveugle et irrationnel.

Que pensez-vous de la lutte contre le terrorisme conduite par l’actuelle administration américaine ?
Les Etats-Unis pratiquent aujourd’hui un terrorisme d’Etat. Selon moi, le terrorisme d’Etat est toujours la forme la plus dangereuse de terrorisme. La politique étrangère qu’ils mènent en Afghanistan ou en Irak ressemble à celle qu’ils ont pratiquée dans le passé au Nicaragua, au Chili ou encore aux Philippines.

L’avocate iranienne Shirin Ebadi a reçu le prix Nobel de la paix 2003 pour son action en faveur des droits de l’homme. Selon elle, l’islam est compatible avec les droits de l’homme. Que pensez-vous de sa position ?
Je respecte son opinion et son engagement humaniste. Notre objectif est le même : obtenir l’égalité et la justice pour les femmes. Simplement, nos moyens d’y parvenir sont différents. Pour moi, l’islam est incompatible avec les droits de l’homme et de la femme. Ce n’est pas de l’islam dont nous avons besoin pour lutter contre l’ignorance, mais d’un code civil basé sur l’égalité des sexes et d’une éducation laïque pour tous.

Vous prônez la sécularisation et la séparation de l’Eglise et de l’Etat pour sortir les femmes de la servitude. Seriez-vous favorable à une révolution laïque dans les pays musulmans ?
La grande tragédie de l’humanité, c’est le fait que la moralité ait été récupérée par la religion. Avant la création des religions, la moralité existait déjà. Nous n’avons pas besoin des religions pour être moral. Ma conscience est suffisante pour faire de moi une bonne personne. C’est pourquoi je milite pour une révolution laïque dans mon pays. Je me bats aussi pour toutes les femmes qui sont oppressées partout dans le monde.

Comment ressentez-vous la menace permanente de la mort et l’exil forcé ?
Je me sens en sécurité aujourd’hui. Je voyage beaucoup, entre Stockholm, Calcutta, New York et l’Europe. Quand je me rends dans l’Etat du Bengale-Occidental, en Inde, je bénéficie d’une protection policière. Cela fait maintenant plus de dix ans que je vis en exil. L’isolement, le déracinement culturel et la séparation familiale sont difficiles à vivre. Avec cet exil, j’ai tout perdu : ma famille, ma culture, ma langue, ma société… Je me sens comme une étrangère en Occident, et comme une étrangère dans mon propre pays. Je voudrais pouvoir m’engager dans mon pays pour faire avancer les choses, mais je suis complètement coupée du Bangladesh. J’ai alors réalisé que je devais continuer à écrire pour ne pas laisser les fondamentalistes me faire taire. Je poursuis aujourd’hui mon oeuvre autobiographique, j’écris des tribunes dans les journaux et je soutiens des mouvements pour les droits des femmes partout dans le monde. Mon prochain roman, qui sortira en octobre 2005 en France, portera justement sur les déchirements de l’exil.

Qu’allez-vous faire de votre prix ?Ce prix redouble mon engagement et ma détermination. Je compte aider les organisations non gouvernementales qui défendent les droits des femmes en Asie. L’espoir réside dans le combat de ces ONG pour donner une vie meilleure aux femmes et les sortir de la servitude. Seule l’éducation pourra changer la vie des femmes

EGYPTE : Et maintenant, la longue marche vers la démocratie

14 Fév


Depuis le Caire, le blog CRIS D’EGYPTE suit la révolution en direct.

Pour une démocratie universelle, participez!

Le Caire, 13 février 2011. Deux jours après la démission d’Hosni Moubarak… accélération. Les questions concernant l’avenir de l’Egypte fusent et s’entrechoquent. Les priorités soulevées par les uns, sont ensevelies par celles revendiquées par les autres.

Une priorité à ne pas oublier: des centaines de manifestants sont portés disparus. Nous devons savoir où ils se trouvent, comment ils se portent et quel est leur statut légal.

Chacun suit avec attention les déclarations de l’armée désormais au pouvoir, secondée par un gouvernement de transition nommé par Moubarak avant sa démission. Ce gouvernement, dont le premier ministre est Ahmed Shafik, est très loin d’emporter l’adhésion des manifestants qui demandent sa dissolution.

Le Conseil Supérieur des Forces Armées a fait plusieurs déclarations rassurantes:

– interdiction faite à tous les anciens ministres de quitter le territoire national
– la constitution actuelle est déclarée caduque et illégitime
– l’Assemblée du Peuple va être dissoute
– le Conseil d’Etat va être dissout
– l’Equipe Gouvernementalle actuelle va être maintenue

Le juge Zakaria Abdel Aziz et d’autres groupes et personnalités demandent la mise en place d’un Conseil Présidentiel représentatif, composé de plusieurs personnes issues de plusieurs courants politiques. Cette demande, pour l’instant, peine à se faire entendre.

Les efforts se poursuivent via Internet pour collecter les demandes exprimées par le peuple et les réunir afin que celles-ci soit soumises au gouvernement de transition. Une Coalition des jeunes à vu le jour. Des groupes sur Facebook également.

Le blogueur @Sandmonkey (Mahmoud Salem) propose de mettre en place un GoogleDoc qui permette à chacun de proposer ses idées. A peine le GoogleDoc mis en ligne, il reçoit une centaine de propositions, mais un saboteur visite la page et efface toutes les propositions.

En réponse, nous avons mis en ligne cette page et invitons les lecteurs de Libé à y déposer leurs idées avec le plus de concision possible. La langue dans laquelle vous vous exprimerez importe peu. Si vous écrivez l’arabe, ce serait bien sûr formidable. Et surtout, faites passer.

Pendant que les tweets reprennent de plus belle, la rue se vide. En fin de matinée, il n’y avait plus que quelques centaines de personnes dans cette place Tahrir complètement nettoyée par les manifestants, et dont les trottoirs ont été également reconstruits et repeints par des volontaires. Vers 12h00, un millier de personnes se dirige à nouveau vers la place. La cause? Une déclaration douteuse de l’armée sur le maintien du gouvernement actuel. Sur Twitter on se veut rassurant: «On sait maintenant comment se rendre à Tahrir et il y a un vendredi toutes les semaines» (en référence aux 3 vendredis précédents qui virent la mobilisation de millions de personnes).

A la télévision les langues se délient, mais la liberté de parole est encore un peu rouillée, les speakers se lancent puis s’auto-censurent. Beaucoup d’entre nous ont du mal à croire que la « vérité » se dit maintenant sur la première et la deuxième chaîne de la télévision nationale. Règlements de comptes, indignation. Ça balance pas mal à Cairo.

De tweets en tweets, on apprend que l’Iran se réveille et prépare une grande marche le 14 février 2011, qu’il y a 8 morts et 800 blessés en Algérie: : gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc. Amer déjà vu. La rue Yéménite demande la chute du système, Khadafi annonce qu’il se joindra aux manifestants libyens. La Syrie autorise enfin l’utilisation des réseaux sociaux.

A suivre.

LE CAIRE EN DIRECT : Le palais présidentiel encerclé

11 Fév

CRIS D’EGYPTE : Nous continuons à publier les posts de CRIS D’EGYPTE, le blog d’un observateur Cairote au coeur de la révolution égyptienne.

Le Caire, 11 février 2011. Hier, au cours d’une allocution télévisée, le président Hosni Moubarak annonce qu’il a l’intention de rester au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat. Depuis 17 jours, ce sont des millions d’égyptiens qui réclament son départ et, de plus en plus, les chefs d’états du monde entier qui se joignent à leur appel.

Dans la nuit du 10 ou 11, la colère des manifestants monte d’un cran et leur nombre est suffisant pour que des dizaines de milliers gardent la place Tahrir tandis que d’autres marchent sur le palais présidentiel de El Orouba, dans le quartier d’Heliopolis. Le quartier est entièrement bouclé et sous la protection des chars et des troupes de l’armée.

En marchant sur le palais d’El Orouba, les égyptiens obtiennent la confirmation qu’ils cherchent à obtenir depuis hier. Que fera l’armée en pareil cas? Réponse: l’armée laisse faire et les manifestants par centaines prennent place dans la nuit et sont rejoints, ce matin, par des milliers de manifestants supplémentaires. L’armée s’adresse aux manifestants dans des termes polis. Elle recommande aux manifestants de retourner place Tahrir et met à leur disposition des bus de l’armée. Les manifestants qui veulent rester n’en sont pas empêchés, mais l’armée prévient que, pour leur sécurité, il plus sûr qu’ils retournent place Tahrir.

Il ne faut pas pour autant s’empresser de conclure que l’armée menace la population de représailles. D’autres menaces semblent plus plausibles. Tout d’abord, l’envoi possible de forces de police; l’envoi d’hommes de mains armés; et enfin une intervention agressive de la garde présidentielle.

La situation est intéressante à observer car il est probable que le Conseil Supérieur des Forces Armées (CSFA) soit en train de laisser faire dans le but de s’appuyer sur l’intensification et le « rapprochement » de la colère des manifestants pour presser Hosni Moubarak de quitter le pouvoir.

Le bâtiment de la Radio Télévision du Caire, également sous la protection de l’armée est, ce matin (et depuis hier soir aussi), encerclé par une dizaine de milliers de manifestants.

Mais ce n’est pas qu’au Caire que la pression sur l’armée est forte. La crise de Suez et la grève de 6000 ouvriers responsables de la gestion quotidienne du canal est de nature à justifier un durcissement du ton du CSFA à l’égard de Moubarak et de son entourage.

Le CSFA annonce ce matin qu’il fera déclaration importante ce matin.

Des millions d’égyptiens sont attendus aujourd’hui dans les rues de l’Egypte, pour un troisième vendredi de la colère.

COPTES D’EGYPTE : le ministère de l’intérieur de Moubarak impliqué dans l’attentat d’Alexandrie ?

6 Fév

CRIS D’EGYPTE, le blog cairote au coeur de l’insurrection

Le Caire, 5 février 2011. Nous avons reçu ce matin par e-mail un lien vers un article en arabe, publié sur le site libanais tayyar.org. L’article indique que, selon une source diplomatique britannique, le Ministère de l’Intérieur Egyptien serait impliqué dans l’explosion de l’Eglise d’Alexandrie « Al Qiddissin » (1er janvier 2011).

Info, intox ou théorie du complot, nous invitons des journalistes professionnels à mener l’enquête et à nous faire part de leur résultat sous forme d’articles ou de commentaires. L’article désigne deux instances auprès desquelles l’enquête pourrait commencer : l’Elysée, et les services secrets britanniques.

Ci-dessous la traduction française de l’article publié sur le site http://www.tayyar.org

Services secrets britanniques: Le ministère de l’intérieur Egyptien fait exploser l’église

Détails complets : Un diplomate britannique a dévoilé aux autorités compétentes de l’Elysée les raisons suscitant l’insistance de la Grande Bretagne pour un départ du président Moubarak et de son équipe, en particulier l’appareil du Ministère de l’Intérieur de Habib el Adly. La raison est que les services secrets britanniques détiennent de preuves composées de documents écrits et d’enregistrements audio prouvant que — depuis six ans — le ministre aujourd’hui démis de ses fonctions a créé un corps spécial qu’il dirige personnellement, composé de 22 officiers. Ce corps est composé de membres des « Gammaat Islameyya » (groupes islamiques) longtemps emprisonnés dans les geôles égyptiennes, de trafiquants de drogues et de criminels dangereux connus des services de police. Ce corps est constitué de petits groupes et réparti par zone géographique et par affiliation politique. Ce corps est programmé pour consistuer une force capable de mener des campagnes de destruction totale au cas où le régime se trouverait menacé. Les services secrets britanniques ont également découvert que le lieutenant Fathi Abdel Wahid, un proche du ministre de l’intérieur, prépare à l’action, depuis le 11 décembre 2010, un certain Ahmed Mohamed Khaled. Ce dernier, qui a passé 11 ans dans les geôles de l’Etat, a pour mission de contacter les groupes extremistes pour les inciter à attaquer l’église d’Alexandrie. Il contacte alors le groupe extremiste, Guond Allah (Soldats de Dieu), et leur indique qu’il dispose d’explosifs et d’équipements obtenus à Gaza, suffisants pour faire exploser l’église afin de « punir les coptes ». Le leader des Guond Allah, Mohamed Abdel Hadi, est séduit par l’idée et confie la mission à Abdel Rahman Ahmed Ali à qui l’on indique qu’il suffira de garer la voiture et qu’elle explosera d’elle-même. Cependant, c’est le lieutenant Fathi Abdel Wahid qui fera exploser la voiture grâce à l’utilisation d’une télécommande. Il fait exploser la voiture tandis que le conducteur Abdel Rahman Ahmed se trouve encore à son bord. Ceci fut le crime terrifiant qui secoua l’Egypte et le monde dans la nuit du nouvel an 2011. Le lieutenant se rendit alors chez Ahmed Khaled et lui demande d’appeler le leader des Guond Allah, Mohamed Abdel Hadi, pour qu’il se rende dans un appartement à Alexandrie pour discuter de la suite des événements. Dès qu’ils pénètrent tous deux dans un appartement de la rue Abdel Moneim Riad, le lieutenant Fathi les arrête et les conduit au Caire à bord d’une ambulance très moderne. Ils arrivent dans un immeuble du ministère de l’intérieur dans le gouvernorat de Guizeh où ils sont détenus jusqu’au soulèvement populaire de vendredi. Ils réussissent à prendre la fuite et tente de trouver refuge à l’Ambassade de Grande Bretagne. Le diplomate britannique explique que la décision d’exploser l’église émane, pour les raisons suivantes, du ministère de l’intérieur:

– A l’intérieur du pays et dans les pays musulmans, la pression exercée sur le régime égyptien au sujet du siège de Gaza est forte — ainsi, désigner l’Armée de l’Islam de Gaza (« Gueish el Islam el Ghazzawy ») comme l’auteur de l’explosion est, d’une certaine manière, une invitation pour que les égyptiens accusent des factions armées de Gaza de comploter, de saboter, détruire l’Egypte. Ce faisant, le ministère de l’intérieur souhaite renforcer le sentiment d’unité nationale et de sympathie avec le régime. A l’extérieur, il souhaite donner l’impression que le régime protège les chrétiens.

– Faire à l’administration israélienne un « cadeau » en leur donnant l’opportunité de justifier et de maintenir le siège de Gaza et d’y préparer une grande opération. Ces cadeaux égyptiens sont offerts en contre-partie du soutien apportée par l’administration israelienne à la candidature de Gamal Moubarak, à la présidence de l’Egypte.

– Créer une diversion pour faire oublier les éléctions législatives dont les résultats ont été falsifiés, et concentrer l’opinion sur les islamistes, l’extremisme et l’agression des chrétiens afin que le régime puisse jouir d’une légitimité internationale, prouver qu’il a bien fait de falsifier les résultats des élections, prouver qu’il fait bien d’arrêter tous ses opposants.

Voilà ce qui s’est passé après l’explosion quand le nombre des islamistes arrêtés à dépassé le nombre de 1000 personnes. Le diplomate britannique conclut enfin que le régime de Moubarak a perdu toute légitimité et que « l’opération église » pourrait conduire plusieurs états et organisations civiles à demander le jugement du régime. Cela, s’ajoute à ce que ce régime a fait aux égyptiens depuis 30 ans et à ce qu’il lui fait subir depuis une semaine.

Titre original : Accusation: « Le ministère de l’intérieur Egyptien impliqué dans l’explosion de l’Eglise d’Alexandrie ».

EN DIRECT DU CAIRE : « Si nous perdons la bataille, chacun de nous sera arrêté, harcelé, torturé »

3 Fév

CRIS D’EGYPTE : Nous continuons à publier les posts de CRIS D’EGYPTE, le blog d’un observateur Cairote au coeur de la révolution égyptienne.

Le Caire, 3 février 2011. Place Tahrir, depuis presque vingt longues heures, quelques milliers de manifestants pacifiques répondent à des attaques d’une rare violence. Comme prévu, des blessés. 1500 selon Al Jazeera. Il y a aussi des morts, 5 selon la même source.

Des médecins volontaires recousent des oreilles déchirées, des crânes ouverts, des cuisses déchiquetées. Ils sont sur place, par terre ou dans les quelques rares ambulances dépêchées sur place. Ils opèrent sous les pierres, les cocktails molotov et les tirs à balles réelles du gouvernement Moubarak.

Pendant toute la journée du 2, et dans la nuit du 2 au 3, les manifestants se relaient de l’arrière au front. Les figures sont épuisées, insensibles aux bruits des balles. Par centaines, des gueules cassées, des têtes gazées, des éclopés, des visages tordus de douleur. Un homme dans un mégaphone maintient sans relâche le moral des troupes. « Troupes », parce qu’il est maintenant clair que nous sommes en guerre, une guerre incivile.

Des hommes de main du gouvernement sont continuellement arrêtés par les manifestants qui les remettent aux militaires. Ceux-ci portent sur eux des cartes professionnelles qui indiquent qu’ils apparaiennent à la police d’état. Les cartes sont aussitôt saisies, photographiées et diffusées au monde entier.

Sur place, les mots pour décrire ce qui se passe appartiennent désormais à un autre registre: crime de guerre, crime contre l’humanité, terrorisme d’état, barbarie.

Toute la journée et toute la nuit les manifestants se déplacent en masse pour protéger tour à tour les accès menacés. Le front véritable est celui de la rue Abdel Moneim Riad qui conduit au musée du Caire. Le gouvernement nous attaque au sol, du toit de certains immeubles et du haut du Pont du 6 octobre.

De hautes barricades de fortune sont erigées pour protéger les manifestants qui n’ont rien d’autre pour se défendre que leur courage et les pierres qu’on leur prépare. Tous les pavés et trottoirs dans la zone du Musée du Caire ont été démontés et réduits à la taille de petites pierres. Munis de barres de métal, une quinzaine de volontaires ont cassé des pierres toute la nuit.

Entre les deux camps, un rideau de flammes et de voitures brûlées. Pour donner du courage aux manifestants, des femmes munies de bâtons jouent des rythmes sur les barrières métalliques de la place.

Vers minuit, l’armée déploie une trentaine d’hommes pour protéger le musée, mais ne s’interpose pas une seule fois dans les combats de la nuit qui se poursuivent encore ce matin 10h00.

Les campagnes de rumeurs et de désinformation sont continuellement nourries par la télévision d’état ou par des SMS envoyés à tous les abonnés Vodafone. Vers 1h00 du matin, on annonce aux Egyptiens dans leurs foyers que la place Tahrir a été vidée de ses manifestants et que la voirie est en train de la balayer.

La télévision d’état explique ensuite que les manifestants sont des agents étrangers, entraînés par le Mossad et payés, chacun, 5000 dollars.

Ce que Moubarak ignore
La détermination de ces manifestants est au delà de ce qu’il peut imaginer et pour une raison très simple. Ils préfèrent mourir, maintenant, sous les balles que, plus tard, sous la torture. Il est évident pour chacun des manifestants que, si nous perdons la bataille, chacun de nous sera arrêté, harcelé, torturé.

Moubarak ne semble pas comprendre qui, au juste, mène le combat. Il pense encore que ce sont quelques milliers de pauvres gens, ceux qu’il a humilié dans ses prisons ou ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Moubarak pense qu’il sera facile, comme les fois précédentes, de les réduire au silence sans que quiconque ne s’en aperçoive. Mais Moubarak n’a pas mesuré la diversité sociale de ces manifestants unis et déterminés à le faire tomber. Il ne comprend pas que ses mensonges et ses manipulations n’ont, aujourd’hui, aucun effet sur l’opinion internationale ou sur les manifestants sur place. Des étudiants éclairés de familles modestes, des bourgeois, des égyptiens de l’étranger sont là, main dans la main. Certains parlent deux ou trois langues, s’adressent aux presses du monde entier et décryptent, minute par minute, ce qui se passe. Ils déjouent, un à un, les pièges de Moubarak susceptibles de tromper ceux qui nous regardent et qui s’interrogent sur l’avenir démocratique ou non de l’Egypte.

Ce que Moubarak a provisoirement réussiDepuis son allocution télévisée annonçant son départ dans 8 mois, des centaines de milliers d’Egyptiens, et sans doute des millions, ont été convaincu qu’il était maintenant légitime de mettre fin aux manifestations. De leur côté, les manifestants ne sont pas étonnés de cette réaction et ne cherchent même pas à les convaincre du contraire. Ils connaissent trop bien les effets du lavage de cerveau trentenaire et du bourrage de crâne dès la naissance. Ils connaissent aussi la nature profonde du peuple Egyptien. Un peuple qui pardonne toujours, même au pire de ses bourreaux. On entend: « Il est vieux, on ne peut pas l’humilier. Plus que quelques mois et on sera débarassés de lui. Rentrez chez vous maintenant. »

La question
La question de ce 3 février 2011 consiste à savoir si les Egyptiens, après une longue nuit de barbarie, vont enfin comprendre que leur « vieux » n’est pas digne de leur pitié ou, surtout, de leur confiance.

Une mesure efficace pour mettre fin à cette barbarieGeler les comptes bancaires étrangers du clan Moubarak et des dignitaires de son régime. Toute autre forme de pression risque de n’avoir aucun effet.

Pour les manifestants, chaque minute compte.

REVOLUTION EGYPTIENNE : Les « Frères » en embuscade…

2 Fév

Cela ne vous a pas échappé : le monde arabe fait son Printemps. En tout cas s’y emploie t-il, la foi chevillée au corps. Justement, la foi, parlons-en : au Caire hier ou aujourd’hui, curieusement, nulle manifestation intempestive de cette foi pourtant habituellement omniprésente dans la rue cairote… Pour ceux qui connaissent cette mégalopole de 20 millions d’habitants -dont la plupart réside dans les périphéries bidonvillaires dignes de l’Inde de Calcutta- livrée à l’obscurantisme des imams et au prosélytisme incessant des affidés de la « Confrérie », jusqu’au sein de la mosquée Al-Azhar pourtant réputée modérée, il est plutôt étonnant, en effet, que nos chers « Frères » musulmans -la première Confrérie islamiste du monde arabe, née en 1928- se fassent aussi discrets. C’est que, fins politiques, nos amis propagandistes du modèle islamique « révolutionnaire » et de la Charia, font le dos rond, sachant pertinemment combien le monde « démocratique » les observe et les attend au tournant…

Forts de 30% d’intentions de vote, sûrs de leurs 5 millions de sympathisants dans le pays (pour un total de 82 millions d’habitants), les Frères Musulmans s’abritent derrière la rue en colère et la poussée démocratique pour y installer durablement leur implantation, attendant le moment propice pour rafler la mise. Pour l’instant, ils se contentent de quelques actions « humanitaires » au quotidien, un peu comme le fait le Hamas en Palestine occupée. Petit à petit, pernicieusement, le poison islamiste radical se distille de cette manière « candide », peu suspecte de hérisser le monde occidental : on soigne gratos les blessés de la rue cairote, on nourrit tout aussi « bénévolement » les insurgés, on visite les veuves de fraîche date avec quelques billets bien glissés, on organise les milices d’autodéfense dans les quartiers défavorisés, où l’illettrisme et la pauvreté extrême font le terreau fertile de la propagande des Frères et de leurs imams dévoués…

C’est que l’Egypte n’est pas la Tunisie : majoritairement inéduqués ou sous-éduqués, affamés, exploités (le revenu moyen d’un ménage est de 120 euros), livrés à une dictature en apparence « soft » mais qui muselle ses opposants et contrôle l’information, abandonnés aux superstitions archaïques et à l’obscurantisme religieux, les Egyptiens des classes pauvres ne sont guère armés culturellement, intellectuellement, économiquement même, pour affronter la démocratie. En tout cas telle qu’on la conçoit ici en Occident. Pain bénit pour ces « embusqués » de la Confrérie, dont on voit bien qu’ils se préparent au « Grand jour ». Leur ruse de s’allier à El Baradeï, un laïque occidentalisé, ne trompe personne. Leur obsession de liquider Moubarak vaut toutes les alliances contre-nature. Ce Moubarak qui les emprisonne et les fait plier depuis trente ans, interdisant leur parti, harcelant leurs représentants, ils le veulent mort. Et ce n’est pas notre « respectable » représentant en Europe des Frères, ce Tariq Ramadan belle gueule et discours mielleux, qui va nous rassurer quant à l’innocuité de l’idéologie et des visées politiques de la Confrérie…

Tariq Ramadan, petit fils du fondateur des Frères au Caire, « universitaire » aux titres discutés, dont le frère anime l’antenne (officieuse) de la Confrérie à Genève, est un grand propagandiste d’un « Islam modéré » (tu parles, comme si on pouvait être modéré en religion…). Beau gosse sachant causer, nimbé d’une aura « d’intellectuel » religieux ouvert et pragmatique, cela lui vaut d’être invité par tous les médias et dans toutes les conférences touchant de près ou de loin à l’Islam… Souvent présenté comme un progressiste, en réalité dangereux prosélyte de la « révolution » islamique, ce Tariq Ramadan, sous des dehors policés et « acceptables », distille la même haine des valeurs du monde occidental que ses cousins du Hamas ou du Hezbollah. Ce Tariq Ramadan-là (qui considère que le Hamas ne devrait pas être qualifié d’organisation terroriste par l’Union Européenne…) incarne bien finalement la doctrine de la vision islamiste « moderne ». Il travaille avec talent et un certain charisme à l’avancée des idées de la Confrérie, représentant l’avant-garde « intellectuelle » des Frères Musulmans en Europe, leur ouvrant ainsi tous les auditoires sous le couvert d’une apparence « sérieuse » et « autorisée ». Sa posture « d’universitaire » rassurant tout le monde, y compris jusque dans les rangs de l’intelligentsia de « gauche », alter-mondialiste et pro-palestinienne…

Les religions, quelles qu’elles soient, ont toujours écrasé les peuples. Elles en sont les geôliers et les bourreaux. D’ailleurs, Démocratie est antinomique à Religion : que peut peser la parole du peuple face à celle, irrévocable, de Dieu ? Il n’existe pas de démocratie religieuse. Un pays comme la Turquie, par exemple, soi-disant tenant d’un « Islam modéré », est-il vraiment une démocratie, c’est à dire un territoire où le peuple peut s’exprimer librement et choisir sa destinée ? Allez demander aux Kurdes ce qu’ils en pensent… Historiquement liberticides, arbitraires et belliqueuses, les nations gouvernées au nom de Dieu ont produit les plus grands désastres. De l’Espagne d’Isabelle la Catholique à Israël, les exemples sont éloquents. Pourquoi l’Islam « modéré » des Frères serait-il différent ?

Danger que ce serpent « fraternel » tapi dans l’ombre, qui attend son heure. Ce moment tant espéré, où, le peuple égyptien ayant fait le boulot, mis à bas la dictature Moubarak, les Frères pourront enfin ramasser leur mise. 30 ans qu’ils rêvent de cet instant… Alors, la révolution islamique égyptienne est-elle déjà en marche ? Espérons que non. Faisons confiance aux Egyptiens (et aux Américains !) pour que ce ne soit jamais le cas.

Antonio Sanz

CRIS D’EGYPTE : « Nous sommes en enfer »

2 Fév

Nous continuons à publier les posts de CRIS D’EGYPTE, le blog d’un observateur Cairote au coeur de la révolution égyptienne.

NOUS SOMMES EN ENFER

Le Caire, 2 février 2011. Il est 23h00 environ quand le président Hosni Moubarak prononce les dernières paroles d’une allocution télévisée dont les conséquences seront tragiques. Il annonce que la situation est grave, qu’il a entendu et compris les demandes du peuple, qu’il restera au pouvoir jusqu’à la fin de son mandat (septembre 2011), qu’il ne se représentera pas et qu’il mourra en terre d’Egypte.

Jusqu’à 23h00, le 1er février fut le plus beau jour de nos vies. Trois mots pour décrire le sentiment qui habite le cœur de tous les manifestants: liberté, égalité, fraternité.

Nous sommes privés d’Aljazeera en arabe depuis le 1er février et ce sont des appels de l’étranger qui nous préviennent du retour de la terreur à Alexandrie, au Caire et à Port Saïd. Des hommes de main du gouvernement, munis d’armes à feu, de bâtons et d’armes blanches se sont infiltrés dans les manifestations. A Alexandrie, l’armée présente sur les lieux pour assurer la protection des manifestants tente de s’interposer sans succès. Les coups de feu dissuasifs de l’armée n’ont aucun effet. L’armée se retire de la scène. Les hommes de main tirent sur les manifestants. Il y a des blessés, des morts, mais leur nombre reste encore inconnu.

Au même moment, dans les quartiers du Caire, les hommes et les adolescents qui assurent la sécurité et la propreté des quartiers sont ramassés de force par des hommes de main à bord de minibus banalisés.

Des coups de fils nous proviennent de toutes parts de nos amis qui habitent dans des zones isolées. Le compound de Wadi El Nakhil est attaqué à l’arme automatique par des hommes à bord d’une ambulance.

Vers 0h00, 1000 à 2000 hommes de main quittent Madinet Nasr, dans la périphérie du Caire, en direction de la place Tahrir. En chemin, des heurts violents avec les comités de sécurité populaires.

La télévision d’état poursuit une campagne de désinformation massive sans précédent. Des manifestations pro-Moubarak sont mises en scène. Les slogans révolutionnaires sont détournés un à un à la faveur du président. La dernière allocution du président Obama demandant à Moubarak de quitter le pouvoir sur le champ est diffusée et traduite sur la BBC en arabe. La télévision égyptienne d’état dit tout simplement : La traduction que vous avez entendue était fausse et mensongère. Obama n’a nullement demandé le départ immédiat du président Moubarak.

Les manipulations et la cruauté sans borne de ce régime sont, semble t-il, comprises du monde entier. La BBC a annoncé hier soir la mort de 300 égyptiens depuis mardi 25 janvier. Pour nous qui sommes sur place ce chiffre est très clairement sous-estimé et grimpe, heure après heure, en toute discrétion.

Le retour des forces de l’ordre et la propagation d’hommes de main armés dans toute la nation nous font craindre un bain de sang. Il a débuté hier soir.

Les manifestants ont confiance en l’armée et souhaitent que celle-ci se déploie et augmente substantiellement ses effectifs pour les protéger de la barbarie et de la folie sanguinaire de ce régime.

Propos recueillis par téléphone par Aya Wassef.

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