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LE COUTEAU DANS L’OS : Vaucluse terre brûlée ?

13 Jan

43% des électeurs de l’UMP prêts à une alliance avec le FN ! C’est le résultat d’un sondage auprès des sympathisants de droite, et c’est déjà du lourd. Mais chez nous, qu’en est-il ?

Bon, je sais que nous sommes « en » Vaucluse, cette vallée fermée où ont prospéré toutes les ignominies du catholicisme sanglant, les coup-bas contre la République et l’allégeance courtoise au pétainisme et autres saloperies. Sans compter Carpentras de sinistre mémoire, l’enracinement de maires néo-fascistes comme à Orange (terre il est vrai de la tristement célèbre Légion « étrangère », spécialiste des coups d’Etat et autres mercenariats en Afrique francophone), et encore les compromissions quotidiennes avec « l’autre » droite, telles que le député et désormais ministre Mariani (des transports : ce qui ne manque pas de sel pour un dont les « transports » doivent se circonscrire à ceux qu’il kiffe lors des cérémonies intégristes du Barroux) a su les pratiquer, ou enfin les scores africains du FN à Carpentras et autres poches de « résistance » fasciste, menées par des trufficulteurs et vignerons bien de chez nous, dont la prospérité est corrélative au nombre d’esclaves maghrébins et roumains payés au noir et sans protection sociale, qu’ils utilisent éhontément sur « leurs » terres…

Pour en revenir à ce chiffre ahurissant mais qui ne m’étonne qu’à moitié : complétons-le par celui tout aussi bavard de celui des Français « proches » ou « assez proches » des thèses du Front National concernant l’Islam et les « immigrés ». Et bien, ce n’est pas moins de 23% de la population française qui se dit bienveillante et plutôt en accord avec les délires xénophobes de la fille de son père ! Gageons (nul sondage pour l’étayer), qu’en terres vauclusiennes, ce score doit faire pâle figure : A mon avis, au vu de l’épais brouillard qui enfume le cerveau (ou ce qui tient lieu de) de nos paysans vauclusiens ignominieusement enrichis sur le dos des « étrangers », et à l’écoute des conversations largement éthylisées en vogue dans nos bars-tabac-PMU (un grand repaire de Frontistes), ce chiffre doit littéralement exploser !

Tout cela pour dire combien notre pauvre gauche locale est désarmée et scandaleusement inopérante devant ce phénomène politique, ayant depuis longtemps déserté le champ du social -et l’esprit de combat- au profit de quelques querelles internes dérisoires. Comme le soulignait hier Taïeb dans son papier, cette gauche mollassonne n’est absolument pas prête à nous sauver de la lepénisation d’Avignon et du Vaucluse tout entier : trop occupée à régler ses « épurations » internes au détriment des citoyens, trop nulle intellectuellement, vide d’idées et de combativité.

C’est un constat. Douloureux, mais espérons-le, salutaire. Que cette gauche-là se réveille, sorte de sa léthargie et parte au front unie, mordante et efficace, voici ce que l’on peut lui souhaiter de pire pour cette nouvelle année et celle, décisive, qui suivra !

Antonio Sanz

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L’édito du 20 octobre

20 Oct

Voici un mois maintenant que nous avons ouvert L’ESPRIT ! Visiblement, ce blog vous plaît, et c’est tant mieux ; vous vous l’êtes approprié, avez posté vos commentaires et certains d’entre vous nous ont rejoint dans cet espace qui, décidément, si l’on en croît vos confidences, faisait singulièrement défaut à notre vie locale…

Nous ne pouvons que vous encourager à continuer de nous soumettre vos propositions, articles et rubriques. L’ESPRIT D’AVIGNON n’a que cette vocation-là : offrir un espace d’expression et de liberté, en un mot une respiration, à tous les Avignonnais, tous ceux qui ont réellement envie de vivre leur ville, en y participant pleinement, en l’interrogeant, la titillant, y compris de cette manière qui consiste à commenter notre merveilleuse vie locale sous tous ses aspects : citoyen, politique, social, culturel… On ne vous cachera pas qu’ici, à L’ESPRIT, nous aimons bien les râleurs et les acides, nous adorons les mauvais esprits, et sympathisons volontiers avec tous ceux que le penser correct démange. On ne se refait pas si facilement…

Qui plus est, en cette période plutôt mouvementée, il nous semble tout à fait opportun de contribuer -modestement- à gratter ce qui fait mal, à plonger « le couteau dans l’os », du titre de l’une de nos rubriques. C’est ainsi que nous aimons notre ville, qui n’est jamais plus belle que lorsqu’elle se rebelle, qu’elle palpite de tout un sang énervé qui la conduit à n’être jamais tout à fait comme une autre. A l’instar de nos grandes soeurs de Méditerranée, Naples, Barcelone ou Marseille… Avignon est unique : rappelons-nous de son Festival et de son Off frondeur (au moins à l’origine), de ses luttes à l’avant-garde de la contestation (mouvements de 68, lycées en 1975), de ses luttes paysannes, de ses contre-papes, de sa tradition indépendantiste… Souvenons-nous qu’elle ne fait jamais rien comme les autres. En deux mots : honorons-là.

Et surtout, faisons-la bouger ! Avignon s’endort, Avignon s’assoupit sur ses lauriers de Ville-Festival : résultat, la vie nocturne est quasi-inexistante, la vie culturelle hors-Festival désespérante, notre délicieuse première magistrate préfèrant imaginer des projets toujours plus irréalistes et dispendieux, tandis que l’extra-muros souffre terriblement de ses exclusions.

Bienvenue donc aux nouveaux venus : râleurs, incorrects, sauvageons et empécheurs de tourner-en-rond. L’esprit d’Avignon, c’est aussi cela : un certain potentiel de déflagration.

Antonio Sanz avec Angelina Vivaldi et Taëb El Baradeï

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