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FESTIVAL DE MARSEILLE 2011 : Un programme clairement danse

6 Avr

Comme attendu, la programmation 2011 du Festival fait bien sûr la part belle à la Danse contemporaine. On regrettera une prise de risques limitée cette année, sans doute résultant de coupes claires dans les subventions.

Au menu, les Corsino, « étoiles » locales de l’installation chorégraphique, pour une pièce installée, « Mues ». Notons aussi la Merce Cunningham Compagnie qui présentera « Nearly 90 » et la bailaora flamenca Rocio Molina pour son dernier spectacle. Et aussi Alvin Ailey, Akram Khan, Raven Ruëll, Dolores Jomar Mesquita, la Compagnie Difé Kako, le Théâtre du Centaure, Sidi Larbi Cherkaoui, Daniel Léveillé et Olivier Dubois…

Bref un programme éclectique, légèrement en retrait, qui ne néglige pas ses fondamentaux (Cunningham, Alvin Ailey) et promet, malgré la crise, quelques beaux moments dansés.

MR

FDAmM du 16 juin au 09 juillet 2011.
Renseignements : FDAmM

FESTIVAL D’AVIGNON 2011 : Ce qui nous fait envie de son programme

24 Mar

Ce mercredi 24 mars, l’équipe du Festival présentait l’avant-programme de la manifestation, avec semble t-il quelques innovations dans les propositions « parallèles », comme cette séquence « Poster » voulue par l’artiste invité de cette 65e édition, le chorégraphe Boris Charmatz. En voici une petite pré-sélection tout à fait subjective :

L’excellente nouvelle, comme nous vous l’avions annoncé, est bien évidemment le retour de Romeo Castellucci ( à l’origine pour un diptyque, qui jusqu’à présent portait le nom de code de « J », et désormais pour une seule oeuvre). « Sul concetto di volto nel figlio di dio », créée fin 2010, sera jouée pour la première fois en France du 20 au 26 juillet, à l’Opéra-Théâtre. On aime Castellucci.

Autre grand moment, l’invitation faite à Angelica Liddell, cette performeuse madrilène dont nous avions particulièrement apprécié sa « Casa de la fuerza » ovationnée l’an passé au Cloître des Carmes. Elle nous revient avec une création attendue, « Maldito sea el hombre que confia en el hombre », un titre de circonstance en ces moments fiévreux… Ce sera du 8 au 13 juillet à la salle de Montfavet et il ne faudra pas la rater.

Belle perspective également que cette invitation au remuant, furieux même Vincent Macaigne, pour une création qu’il répètera in situ au Cloître des Carmes, adaptation du Hamlet fort joliment nommée « Au moins j’aurai laissé un beau cadavre ». Elle se donnera au même Cloître du 9 au 19 juillet (relâche le 14). Indispensable.

Wajdi Mouawad est de retour lui-aussi. Tant mieux. Nous irons découvrir son triptyque « Des femmes », librement inspiré des héroines de Sophocle, à la Carrière Boulbon, du 20 au 25 juillet… Même si la polémique qu’il a suscitée autour de l’affaire Trintignant n’était pas du meilleur goût, franchement. D’ailleurs, il semble qu’une partie de la troupe d’origine ait déserté la distribution à la suite de ce mauvais coup de com…

Guy Cassiers sera de la partie également. On pourra donc apprécier sa créa 2011 en néerlandais surtitré dans la Cour d’Honneur. « Sang et roses, le chant de Jeanne et Gilles », d’après les vies sanglantes de Gilles de Rais et Jeanne d’Arc, donc, sera donné du 22 au 26 juillet. Autre proposition intéressante, le « Sun » de Cyril Teste, création 2011, sera joué à la Salle Benoit XII du 7 au 13 juillet. A voir sans doute.

Hommage sera rendu à Lucien Attoun et les 40 ans de son « Théâtre Ouvert » en la Chapelle des Pénitents blancs, où Jean-Pierre Vincent et ses confrères en notoriété confronteront des textes de jeunes auteurs à leur idée de la mise-en-scène. Du 8 au 24 juillet.

Dommage que Frédéric Fisbach ait avalisé la proposition que lui faisait l’équipe du Festival de recruter la désastreuse et insupportable Juliette Binoche aux côtés de l’exceptionnel Nicolas Bouchaud pour son adaptation du  » Mademoiselle Julie » de Strindberg… Nous n’irons pas voir pareille hérésie.

Pour la danse, signalons l’excellent Xavier Le Roy, dont nous vous avions déjà parlé, pour ses « Low pieces », création 2011, à découvrir au Gymnase Mistral du 19 au 25 juillet. Et bien sûr l’incontournable Anne Teresa de Keersmaeker, habituée du Festival, qui créera pour cette édition une oeuvre dans la Cour d’Honneur, du 16 au 19 juillet…

En revanche, céder à la démagogie qui consiste à produire dans la Cour qui plus est un « concert » d’Etienne Daho avec Jeanne Moreau, sous le prétexte d’une lecture de Genet, relève du plus parfait parisiannisme. Sans doute est-ce là une concession à quelque financeur public, chagriné par « l’élitisme » de la programmation… Mauvaise idée.

Bonne idée, par contre, que d’inviter le grand sculpteur Land-Art Richard Long, pour une installation à la Chapelle St Charles, fomentée par le Conseil Général de Vaucluse…

Enfin, n’oublions pas les riches heures que constituent les programmes « La 25e heure », « Sujets à Vif » ou encore « Poster », qui certainement amèneront leur lot de (bonnes) surprises et de découvertes…

MR / (article réactualisé le 15 juin)

COULISSES : En marge de cette conférence de presse qui fait habituellement événement pour la ville d’Avignon, tout le monde aura remarqué l’absence de Marie-José Roig, rappelons-le également déléguée nationale au spectacle vivant pour l’UMP ! Remplacée in-extremis par son adjoint Bissière, semble-il prévenu au dernier moment, et arrivé en retard à Benoit XII pour s’être présenté d’abord à l’Opéra… Sans commentaire.

Photo : la performeuse Angelica Liddell

UZES DANSE : Trois solos de Xavier Le Roy

11 Mar

Le chorégraphe d’origine montpelliéraine Xavier Le Roy sera présent au Festival Uzès Danse, qui se tiendra du 17 au 22 juin prochains. Il y présentera 3 solos : Self unfinited, Produit de circonstances et Le sacre du Printemps, créés entre 1998 et 2007. Xavier Le Roy tourne beaucoup à l’international et curieusement peu en France. C’est donc une occasion exceptionnelle d’appréhender son travail qui fleurte avec un certain minimalisme, en tout cas une économie de moyens et qui pour autant, met en jeu avec force et liberté nos modes de perception. Une oeuvre à découvrir.

EXIT(s) : Une seule chose à faire : Trisha Brown aux Hivernales !

25 Fév


La chronique des sorties de La Mie de l’Art

Ce week-end à Avignon, ne cherchez pas : le truc à ne pas rater, même si c’est un peu cher (48 euros en tarif normal !), c’est la Trisha Brown compagnie, samedi 26 à l’Opéra-Théâtre. Dans le cadre de l’excellent festival Les Hivernales, bien sûr…

Parmi les 3 pièces que la compagnie propose, assurément celle à déguster est Set & Reset, une oeuvre de 1983, avec sept danseurs évoluant parmi les objets du célébrissime Robert Rauschenberg, sur une partition de la new-yorkaise Laurie Anderson, performeuse et musicienne magique.

Un bel exemple de ce que la contemporanéité, cette « distance sans délai » comme la définit de fort bellle manière l’artiste Arte Povera Michelangelo Pistoletto, produit de plus juste. La Danse de Trisha Brown, tellement contemporaine, en empathie totale avec le monde qui la meut, nous irradie d’une force vitale élémentaire. Nous avons besoin de cette justesse là.

On y va ! 🙂

La Mie de l’Art

Trisha Brown Dance Company 1h45 / samedi 26 février 20h30 / Opéra-Théâtre d’Avignon

TRISHA BROWN, Accumulation (NYC 1971)

23 Fév


Elle arrive ! Aux Hivernales, la Trisha Brown compagnie live le samedi 26 février à l’Opéra-Théâtre d’Avignon, qui pour une fois, n’accueille pas que de la daube… Ici, sa première performance dansée en 1971 à New York, « Accumulation ».

FOCUS : Israël Galvan, maestro absolu

21 Fév


DANSE

« Le Flamenco empêcherait-il la fin du monde ? »

Israël Galvan est le jeune maître incontesté du baile flamenco contemporain. Imaginative et sans limite, violemment sensuelle, sa danse est un absolu magnifique. Rarement dans la jeune histoire de cet art, un danseur n’aura ouvert sa discipline à une telle contemporanéité, enrichissant sa danse d’une réflexion d’une acuité extrême. Sa dernière création, « la edad de oro » (l’âge d’or) sera à Châteauvallon, Centre National, les 11 et 12 mars prochains. A voir absolument. En préambule, un extrait d’interview datant de 2009, à l’occasion de sa création ‘El Final de este estado de cosas, Redux’ :

Dans ‘El Final de este estado de cosas, Redux’, créé au festival d’Avignon en 2009 et repris ces jours-ci, le danseur sévillan Israel Galvan explose les codes du flamenco, dépassant de manière virtuose les carcans d’une définition ou d’un style. Une notoriété grandissante qui n’est pas près de cesser. Le danseur est né sous une bonne étoile : fils d’une gitane et d’un autre danseur de légende, José Galvan, il est l’homme sans qui « le flamenco serait différent ». (1) Israel était donc de taille à s’attaquer à du grand, du lourd : son dernier spectacle s’inspire de l’Apocalypse selon saint Jean. Pour mieux contrecarrer le sort, il danse et danse encore, osant le mouvement et l’innovation contre la mort et l’habitude.

Vous avez découvert le flamenco enfant avec vos parents. Pourquoi avoir persévéré dans cette voie ?
Au début, la danse en elle-même ne m’attirait pas. Je me souviens que j’aimais jouer dans les loges, j’aimais ramasser l’argent qu’on me jetait sur scène quand il m’arrivait de danser. J’observais les adultes et à leur contact je me sentais grand comme eux. Aujourd’hui, maintenant que la danse est devenue mon métier, elle me sert à mieux me connaître. Je danse souvent seul, mais en m’entourant de musiciens et d’accessoires, je recrée mon propre univers, influencé par Vincente Escudero, Carmen Amaya…

Votre danse réinvente le flamenco. Le spectateur qui vient voir vos spectacles n’assiste pas à une démonstration conventionnelle.
Je ne suis ni un esprit rebelle, ni un génie, et je ne suis pas encore désabusé. Je suis seulement un danseur de flamenco libre. Cette danse n’a pas, que je sache, de règles établies. Il n’existe pas une loi qui édicte ce qui doit ou ne doit pas être fait : chaque artiste est libre de décider et le public reste seul juge. C’est lui qui décide si oui ou non il a vécu une expérience de flamenco en regardant un spectacle.

Pour votre dernière création, ‘El Final de este estado de cosas, Redux’, vous vous appuyez sur des passages de l’Apocalypse. Pourquoi ce choix ?
La Bible et le flamenco ont toujours été, pour moi, intimement mêlés. C’est d’ailleurs pour cette raison que je parle de « mise en (s)cène ». Quand j’étais petit, nous dormions mes parents et moi dans des cabarets andalous. Chaque matin, nous lisions un passage de la Bible. Je me souviens notamment des versets de saint Jean dans l’Apocalypse : les lamentations de ses prophéties sonnaient à mes oreilles d’enfant comme les cris des chanteurs de flamenco qui, la veille au soir, avaient chanté la seguiriya. Je vois dans l’Apocalypse toutes les peurs et toutes les fêtes présentes dans le flamenco, et je me laisse porter par ce souvenir, sans vouloir suivre le texte à la lettre.

Est-ce un spectacle liturgique ?
C’est un spectacle de flamenco. Nous, les artistes du flamenco, vivons aussi dans ce siècle, et notre danse, comme tous les arts, peut exprimer les émotions de la société actuelle : la solitude, la destruction de la famille, les catastrophes écologiques, la nature… Ce spectacle est porteur d’un message, mais le spectateur reste libre de l’interpréter. Lire la suite de Danseur de l’Apocalypse »

‘L’Apocalypse’ est sans doute l’un des textes les plus complexes de la littérature, l’un des plus commentés également. Comment traduisez-vous sur scène cette complexité ?
Les artistes qui m’accompagnent sur scène ont un lien fort avec le flamenco, qu’ils soient andalous, gitans, artistes flamenco ou non. Ces musiciens contemporains et le groupe de heavy-metal ne sont pas issus de cette tradition mais ils s’inspirent du flamenco : ils viennent de Séville et d’Utrera, où les rythmes flamencos vivent au travers des mostachones. Cette variété musicale répond à la multitude de visions et de symboles présents dans l’Apocalypse et permet d’en ressentir la complexité. Faire se rejoindre en un même lieu le chant, la danse et le jeu dramatique est également une manière de transposer les différentes grilles de lecture du texte original. Le travail du plasticien Pedro G. Romero et l’oeil avisé de mon metteur en scène Txiki Berraondo ont été déterminants.

Le texte est très riche. N’existe-t-il pas un risque d’exagérer ou d’abandonner le minimalisme esthétique qui caractérise votre oeuvre ?
J’aime être seul quand je danse. Sans chant, sans guitare. Seul mon corps est là, et devient l’instrument musical qui me manque. Ce spectacle sur l’Apocalypse – qui signifie « révélation » – était l’occasion rêvée d’exprimer par la danse tout ce que mon corps dissimule. C’est pourquoi je porte un masque que je finis par enlever pour dévoiler ce qu’il y a de plus pur en moi. Sur scène, c’est mon intériorité qui s’échappe par les pores de ma peau. Mes mouvements, ma sueur sont les manifestations physiques d’une Apocalypse personnelle. Mais la musique fait trop partie de moi pour que je puisse l’abandonner. J’en ai donc fait l’un des personnages du spectacle, un bailor qui traverse la scène et dont le chemin de croix est en équilibre entre l’enfer et le paradis.

Le flamenco empêcherait-il la fin du monde ?
Ce spectacle est né grâce à une vidéo qu’une amie et élève libanaise, Yalda Younes, m’avait envoyée. Elle y filmait une chorégraphie dansée par elle-même, et dans laquelle elle utilisait certains de mes pas. Elle y évoquait une bombe tirée par Israël ayant récemment éclaté au Liban. Elle était naturellement choquée par cet événement et je crois que, d’une certaine manière, le flamenco qu’elle interprétait lui a permis de se libérer d’une partie de sa colère. La flamenco ne résout pas la guerre et n’empêchera pas la fin du monde, mais il peut aider à garder la tête haute.

Le flamenco est l’une des rares danses occidentales qui, aujourd’hui encore, garde son identité propre, symbole de l’Espagne. Pourquoi ?
Le flamenco est une musique si puissante qu’elle porte effectivement l’identité d’un pays. Mais c’est encore plus que cela. Chaque artiste flamenco peut créer sa propre danse, y imprimer sa propre personnalité et être reconnu. D’où sa grandeur sans limite. Le flamenco est partout dans le monde, il est le monde, et ne se limite pas à des frontières géographiques.

Propos recueillis par Mathieu Laviolette-Slanka

« la edad de oro » sera à Châteauvallon, Centre National, les 11 et 12 mars prochains

FOCUS : Trisha Brown

11 Fév


Bientôt chez vous : la TRISHA BROWN compagnie à Avignon pour le festival danse LES HIVERNALES (à partir du 24 février)

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