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65e FESTIVAL D’AVIGNON : Entretien avec Romeo Castellucci

15 Juin

Le Choix de L’Esprit : Romeo Castellucci présentera à Avignon la première française de son nouveau spectacle, Sul concetto di volto nel figlio di Dio (Sur le concept du visage du fils de Dieu). Entretien avec le metteur-en-scène :

Vous renoncez à montrer Le Voile noir du pasteur à Avignon…
Romeo Castellucci :
On a besoin de plus de temps pour achever ce spectacle. Nous ne sommes pas prêts et nous avons reporté toutes ses représentations. Mais les deux spectacles sont liés et font partie d’un même projet cohérent, dont le sujet est le visage. Sur le concept du visage du fils de Dieu est le premier volet de ce projet.

Quelle est la place du visage du Christ dans ce spectacle ?
R. C.
: Le fils de Dieu est, quant au visage, une référence qui traverse l’histoire de l’art : c’est par cette représentation que se fixe la mémoire du visage en Occident. En fond de scène, on a placé un grand portrait de Jésus tiré d’un tableau d’Antonello de Messine. Ce portrait gigantesque est une sorte de lumière qui éclaire le reste de la scène, composée d’un volume reproduisant le salon d’une simple maison. Dans cette ambiance domestique, se tiennent un vieux père et son fils. Il s’agit plutôt d’une action que d’une narration, une action de pitié du fils pour le père. Le père est totalement faible, âgé, malade, il ne contrôle plus son intestin. Tout se déroule entre le père et le fils et seuls les deux comédiens sont visibles même si d’autres présences cachées se devinent derrière le portrait du fond de scène. Il est difficile de vraiment expliquer la chose a priori…

Pourquoi ?
R. C. : Tout simplement parce que je ne suis pas un professeur qui donne une leçon ! C’est le devoir et la tâche du spectateur de comprendre. Sur le thème qu’explore le spectacle, on peut penser beaucoup de choses, mais, moi, ma réponse, c’est le spectacle ! Ce que je peux dire, seulement, c’est que c’est un spectacle que je sens très fort. Nous l’avons déjà joué en Italie et ailleurs, et, partout, la réaction du public a été très forte, très étonnante. C’est un spectacle qui parle au cœur du spectateur. Le père est incontinent, on voit ses excréments sur scène. Cette histoire vraiment humaine, inscrite dans le destin du corps, est une histoire que connaissent beaucoup de familles. C’est quelque chose de très réel et pas du tout provocateur. Aussi parce que, fondamentalement, c’est une histoire d’amour entre le fils et le père. Jésus éclaire cette histoire et cette situation dans la mesure où il a été lui-même disponible à cette humiliation. Et tout le monde peut être touché par cette histoire très commune.

« Le spectacle touche le corps du spectateur. »
Vous affirmez souvent, à cet égard, que le spectateur est central dans vos spectacles.
R. C.
: Il a la plus grande importance pour moi. Le noyau fondamental du spectacle, c’est le corps et le cœur du spectateur. Le spectacle touche le corps du spectateur. Le théâtre est un langage qui implique le corps, mais il n’est pas évident que ce corps soit d’abord celui de l’acteur : je crois que c’est plutôt le corps du spectateur. Il faut impliquer le pouvoir de création chez le spectateur. On doit imaginer le spectateur comme quelqu’un qui donne de la vie à l’action avec son propre vécu. C’est à travers ce vécu qu’on peut imaginer le théâtre comme quelque chose de vivant. Il faut que le spectateur soit part active de ce rapport. C’est pour cela que, pour moi, c’est important : je ne considère pas le spectateur comme jugement mais comme forme créatrice. Ainsi, à un moment du spectacle, le portrait de Jésus s’obscurcit et un trou noir remplace le visage : ce noir devient un miroir qui renvoie tous les visages des spectateurs.

Ce spectacle placé sous le regard de Jésus suppose-t-il un point de vue catholique ?
R. C. :
C’est un niveau de lecture mais ce n’est pas le seul. Il n’est pas nécessaire de penser en ces termes. Je préfèrerais d’ailleurs le mot chrétien au mot catholique, et même : la thématique abordée n’est pas tant chrétienne que théologique. Le rapport au père se retrouve dans la culture juive, dans l’Islam. Il y a aussi des pères dans l’Ancien Testament et ce n’est pas forcément une métaphore chrétienne ! Cela dit, se contenter d’une seule clé serait injurieux. On peut aussi proposer une lecture psychanalytique, politique ou métaphysique. Il faut être disponible à tous les niveaux de lecture : on est devant les multiples facettes d’un même prisme.

Propos recueillis par Catherine Robert / La Terrasse

Festival d’Avignon. Sul concetto di volto nel figlio di Dio (Sur le concept du visage du fils de Dieu), spectacle de Romeo Castellucci (Socìetas Raffaello Sanzio). Opéra-Théâtre, du 20 au 26 juillet 2011. Tél : 04 90 14 14.

FESTIVAL D’AVIGNON : Focus sur le beau cadavre de Vincent Macaigne

11 Juin


Notre choix : Au moins j’aurai laissé un beau cadavre de Vincent Macaigne. Du 9 au 19 juillet (relâche le 14) au Cloître des Carmes.

Vincent Macaigne est actuellement au Cloître des Carmes, en pleine répétition de sa pièce « Au moins j’aurai laissé un beau cadavre » créée pour le prochain Festival d’Avignon. Vibrionnant, le jeune metteur en scène promet une vision iconoclaste et délirante du Hamlet, revisité avec toute la fougue et l’inventivité qu’on lui connaît. Présentation :

Vincent Macaigne se veut vivant, aujourd’hui, à tout prix. Vivant pour lutter contre la gratuité des actes qui surfent sur les modes d’un jour et sur le consensus mou qui nous englue dans l’acceptation de l’inacceptable. En choisissant de travailler sur l’Hamlet de Shakespeare, mais aussi sur celui du conte original présent dans une chronique danoise du XIIIe siècle, il tente de pénétrer les mystères de cette figure mythique en établissant un dialogue sans a priori avec ce jeune prince, considéré ici comme un artiste désireux d’agir sur le monde. Pas de brumes romantiques, pas de spectre mystérieux, pas de folie envahissante comme seule clé de compréhension du personnage d’Hamlet.

Pour le jeune metteur en scène, la complexité de l’oeuvre et du héros ne doit aucunement être effacée, dissimulée, ni même réduite à quelques monologues célèbres. C’est donc la chair, plus que la représentation des idées et des intentions, qui sera présente sur le plateau du Cloître des Carmes, la chair souffrante qui engendre le geste violent de celui qui va jusqu’au sacrifice de lui-même. Le grotesque de situations exagérées y aura également sa place, puisque ce grotesque est emprunt d’innocence et de vérité.

Revendiquant sa liberté d’artiste pour construire sa propre vision d’Hamlet, empruntant à tous les auteurs rencontrés au fil de ses lectures, Vincent Macaigne compose, avec ses acteurs, un grand poème dramatique où chaque phrase doit s’entendre dans sa plénitude, dans sa force, mais aussi dans ses conséquences. Les mots, proférés plus que prononcés, sont des armes tranchantes qui doivent atteindre profondément ceux qui les entendent.

Car il ne s’agit pas de divertir, mais de rendre compte d’un état de colère. La colère des enfants qui subissent l’héritage de leurs aïeux, le courroux de ceux qui redoutent l’âge adulte qu’ils pressentent comme celui de la trahison des engagements et des rêves. Partagé entre espoir et désespoir, Au moins j’aurai laissé un beau cadavre est une nouvelle fable, brutale et impolie, derrière laquelle point un pamphlet bienvenu, questionnement sans complaisance sur l’état de l’art théâtral en ce début du XXIe siècle.

C’est dans les prémisses du XVIIe siècle que Shakespeare (1564-1616) écrit et met en scène La Tragédie d’Hamlet, prince du Danemark. Il s’inspire pour cela d’un texte de François de Belleforest publié en 1576, lui-même nourri d’une chronique danoise du XIIIe siècle, La Gesta Danorum, due au moine écrivain Saxo Grammaticus. C’est sans doute la pièce la plus mystérieuse du génial dramaturge anglais et, depuis le début du XIXe siècle, la plus jouée.

Jean-François Perrier

OFF D’AVIGNON : Quand monsieur Germain fait de la comptabilité un art du spectacle…

1 Juin

Comme chaque année, l’été arrivant, l’association AF&C en la personne de son incontournable président fait dans l’auto-satisfaction et le tartinage de chiffres. Quel ravissement semble t-il pour ces « désintéressés » animateurs que de pouvoir étaler devant la presse coite devant tant de munificence, la litanie de chiffres affriolants destinés à épater une poignée d’élus UMP, amis du président, et prouver au bon peuple ébahi des intermittents et autres professionnels, combien le Off d’Avignon est une belle et grande chose, magistralement dirigée par M. Germain et ses collègues loueurs de salles.

Ce qui pour ces braves gens constitue un nouveau record dont ils se pourlèchent les babines -pensez ! 1143 spectacles présents cette année !- nous apparaît plutôt comme le signe criant d’une incommensurable faillite artistique. Car en quoi en effet cette accumulation surréaliste de (mauvais) spectacles que l’on empile les uns sur les autres dans un programme indigeste et illisible peut-elle constituer une « bonne nouvelle » ? Où est la création, l’art, bref le Théâtre dans cette suite arithmétique surtout symptomatique du bon sens des affaires de ses thuriféraires ? Qui ont effectivement de quoi se réjouir, le bureau de cette association étant pour la majorité composé de « directeurs » de salles, que l’on remplit consciencieusement jusqu’à la gorge de « créneaux » juteux…

Les Le Corff et autres champions du multiplex savent de quoi je parle. Quant à Greg Germain,il ne pourra que se féliciter d’une exposition médiatique plutôt exceptionnelle, lui qui n’a jamais connu que les seconds rôles de séries télé tartes et autres figurations dans d’obscures comédies « à la Française »…

Bref, le Off fait son Off, comme à l’accoutumée. Accumulant les « bons » chiffres (souvent extrapolés) comme autant de friandises à jeter en pâture à son public de fans sous le charme, s’inventant des « échanges culturels » (La Chine cette année) comme s’il jouait désormais dans la cour des grands festivals, et allant jusqu’à faire montre d’une magnanimité ô combien chrétienne en se payant le culot d’un invité d’honneur en la personne de l’ancien patron honni du Off ! Un Alain Léonard si souvent détesté, que messieurs Germain et Le Corff dans leur grande mansuétude invitent désormais à enterrer la hâche de guerre et partager un calumet bien mérité….

Enorme farce que ce Off boursouflé qui n’a plus à offrir désormais, à de rares très rares exceptions près, que de mauvais spectacles vite montés, vite bouclés, vite enfournés dans les créneaux vendus à prix d’or par ces loueurs de salles, les mêmes qui se rengorgent de cette comptabilité hallucinante.

Angelina Vivaldi

Le Off se tiendra du 8 au 31 juillet prochains. Certaines scènes locales ont décidé de se démarquer de ces dates (les Halles, Chêne Noir, Balcon). Enfin, le Festival d’Avignon se déroule du 6 au 26 juillet.

OLIVIER PY : La chute augurée d’un festival

15 Avr

La nouvelle est arrivée jeudi 14 avril : le ministre Mitterrand aurait proposé, conjointement avec la maire d’Avignon, la nomination d’Olivier Py à la direction du Festival d’Avignon dès 2013. Une très mauvaise nouvelle pour cette manifestation d’excellence, à la réputation internationale retrouvée grâce au duo dirigeant actuel, Vincent Baudriller et Hortense Archambault.

Car Olivier Py, s’il est un metteur en scène « people », est loin de convenir à la fonction que le ministre de la culture entend lui confier. Exécrable dans ses choix rétrogades de mise en scène, il est de surcroît le représentant d’une « école » conformiste et conservatrice à la Française, que l’on croyait pourtant remisée aux oubliettes de l’histoire. Confier à ce diacre de la convenance le pilotage d’une institution qui a accueilli toute l’excellence du théâtre européen ces dix dernières années, des Jan Fabre, Castellucci, Guy Cassiers et autres Angelica Liddell est une faute politique. Qui se double d’une faute esthétique et intellectuelle, le Festival devant rester ce laboratoire bouillonnant, créatif et très peu consensuel qu’il avait su devenir grâce au courage des programmateurs de l’actuelle direction.

Une catastrophe annoncée, qui, je l’espère, n’adviendra pas, l’actuel ministre étant, comme chacun le sait en sursis jusqu’au printemps 2012. Pour autant, ne baissons pas les bras. Frédéric Mitterrand et madame Roig doivent revenir sur ce choix inapproprié, et le plus vite possible. Avant que la fronde n’enfle et ne condamne ce détestable Py à trouver refuge en des contrées plus hospitalières pour son théâtre d’arrière-garde. En Libye, pourquoi pas ?

Antonio Sanz

REACTUALISATION du 30 avril 2011 : Selon nos infos, le CA du Festival d’Avignon pour entériner la proposition du ministre de nommer Py à la tête du festival, ne se tiendra pas avant fin 2012. Dont acte. Nous avons donc largement le temps de nous mobiliser !

UNE PETITION vient d’ouvrir sur Facebook : Si, comme nous, vous ne voulez surtout pas d’Olivier Py à la tête du festival d’Avignon, signez nombreux en cliquant « j’aime » sur PAS DE PY POUR AVIGNON

VINCENT MACAIGNE : L’ Idiot vu de dos (extrait)

28 Mar


Invité de la 65e édition du Festival d’Avignon pour une création d’après Hamlet, sobrement intitulée « Au moins j’aurai laissé un beau cadavre », qu’il répétera et présentera au Cloître des Carmes, le turbulent Vincent Macaigne ici pour un extrait vidéo de l’Idiot… Un avant goût de la fureur toute shakespearienne du metteur en scène. « Au moins j’aurai laissé un beau cadavre » du 9 au 19 juillet prochains.

AVIGNON CULTURE : Y a t-il encore un pilote à bord ?

26 Mar

Le Festival n’est pas seulement un événement culturel d’envergure européenne, pour ne pas dire mondiale, qui contribue largement à la renommée d’Avignon. Cette manifestation prestigieuse représente également le principal fonds de commerce, pourvoyeur de devises de la ville. Le véritable poumon économique de la Cité des Papes… Que notre mairesse Marie-José Roig en ait ostensiblement boudé la conférence de presse du 24 mars soulève quelques légitimes interrogations…

Au mieux, il s’agit pour le moins d’une maladresse, que le public nombreux ce jour-là n’aura pas manqué de relever. En tant que première magistrate d’une ville qui est aussi l’un des principaux financeurs de la manifestation, son absence remarquée fait tâche. D’autant que lorsque l’on est, comme madame Roig, « déléguée nationale au spectacle vivant » de l’UMP, on est semble t-il concernée à double titre.

Faut-il y voir ‘une volonté délibérée de marquer quelque désaccord avec le duo directeur du Festival ? Ou cela découle t-il d’un emploi du temps surbooké, résultant de son implication dans les cantonales, dont rappelons-le, ses deux candidats ont été magistralement battus et ne seront même pas présents au second tour ? D’une alerte nucléaire de dernière minute, notre proximité désastreuse avec les centrales de Marcoule ou Tricastin pouvant faire craindre le pire ?

Mystère. Madame Roig n’a pas jugé bon de communiquer, via son second adjoint, le moindre début de justification. Ce qui témoigne d’une légèreté curieuse, au mieux, si ce n’est un mépris affiché de la chose culturelle qui confine à l’inconscience. Toujours est-il que nous savons que Madame Roig était bien présente dans ses murs mercredi dernier, et qu’elle n’a pas daigné honorer de sa présence la manifestation phare de sa ville, qui fait vivre -entre autres considérations plus culturelles- 80% du commerce de l’hôtellerie-restauration.

Une attitude désinvolte, à peine compensée par la mission de représentation confiée à son second adjoint Bissière, entre autres délégué à la Culture, qui n’a rien trouvé mieux que d’arriver en retard à la salle Benoit XII ! Il faut dire à sa décharge que ce dernier a visiblement été prévenu au dernier moment. Soulignons toutefois qu’il ne connaissait même pas l’endroit précis de la présentation, s’étant pointé à l’Opéra-Théâtre, comme s’il n’était pas lui-même invité… Ce qui confirme ce que nous subodorions, à savoir qu’il ne comptait même pas assister en personne à la conférence du Festival. Pas concerné, quoi !

Tout ceci peut paraître anecdotique. Mais en réalité, il s’agit d’une faute lourde de la part de nos élus. La vie culturelle intense du Festival irrigue économiquement la cité. Elle participe au premier chef de l’immense visibilité d’Avignon. Cette désertion est donc un cas flagrant d’incompétence, qui devrait nous inciter en 2014 à chercher ailleurs nos représentants. Impliqués, responsables, respectueux et réellement amoureux de leur Festival !

Angelina Vivaldi

Photo : Boris Charmatz pose devant l’affiche du 65e Festival d’Avignon, dessinée par Jean-Luc Moulène

FESTIVAL D’AVIGNON 2011 : Ce qui nous fait envie de son programme

24 Mar

Ce mercredi 24 mars, l’équipe du Festival présentait l’avant-programme de la manifestation, avec semble t-il quelques innovations dans les propositions « parallèles », comme cette séquence « Poster » voulue par l’artiste invité de cette 65e édition, le chorégraphe Boris Charmatz. En voici une petite pré-sélection tout à fait subjective :

L’excellente nouvelle, comme nous vous l’avions annoncé, est bien évidemment le retour de Romeo Castellucci ( à l’origine pour un diptyque, qui jusqu’à présent portait le nom de code de « J », et désormais pour une seule oeuvre). « Sul concetto di volto nel figlio di dio », créée fin 2010, sera jouée pour la première fois en France du 20 au 26 juillet, à l’Opéra-Théâtre. On aime Castellucci.

Autre grand moment, l’invitation faite à Angelica Liddell, cette performeuse madrilène dont nous avions particulièrement apprécié sa « Casa de la fuerza » ovationnée l’an passé au Cloître des Carmes. Elle nous revient avec une création attendue, « Maldito sea el hombre que confia en el hombre », un titre de circonstance en ces moments fiévreux… Ce sera du 8 au 13 juillet à la salle de Montfavet et il ne faudra pas la rater.

Belle perspective également que cette invitation au remuant, furieux même Vincent Macaigne, pour une création qu’il répètera in situ au Cloître des Carmes, adaptation du Hamlet fort joliment nommée « Au moins j’aurai laissé un beau cadavre ». Elle se donnera au même Cloître du 9 au 19 juillet (relâche le 14). Indispensable.

Wajdi Mouawad est de retour lui-aussi. Tant mieux. Nous irons découvrir son triptyque « Des femmes », librement inspiré des héroines de Sophocle, à la Carrière Boulbon, du 20 au 25 juillet… Même si la polémique qu’il a suscitée autour de l’affaire Trintignant n’était pas du meilleur goût, franchement. D’ailleurs, il semble qu’une partie de la troupe d’origine ait déserté la distribution à la suite de ce mauvais coup de com…

Guy Cassiers sera de la partie également. On pourra donc apprécier sa créa 2011 en néerlandais surtitré dans la Cour d’Honneur. « Sang et roses, le chant de Jeanne et Gilles », d’après les vies sanglantes de Gilles de Rais et Jeanne d’Arc, donc, sera donné du 22 au 26 juillet. Autre proposition intéressante, le « Sun » de Cyril Teste, création 2011, sera joué à la Salle Benoit XII du 7 au 13 juillet. A voir sans doute.

Hommage sera rendu à Lucien Attoun et les 40 ans de son « Théâtre Ouvert » en la Chapelle des Pénitents blancs, où Jean-Pierre Vincent et ses confrères en notoriété confronteront des textes de jeunes auteurs à leur idée de la mise-en-scène. Du 8 au 24 juillet.

Dommage que Frédéric Fisbach ait avalisé la proposition que lui faisait l’équipe du Festival de recruter la désastreuse et insupportable Juliette Binoche aux côtés de l’exceptionnel Nicolas Bouchaud pour son adaptation du  » Mademoiselle Julie » de Strindberg… Nous n’irons pas voir pareille hérésie.

Pour la danse, signalons l’excellent Xavier Le Roy, dont nous vous avions déjà parlé, pour ses « Low pieces », création 2011, à découvrir au Gymnase Mistral du 19 au 25 juillet. Et bien sûr l’incontournable Anne Teresa de Keersmaeker, habituée du Festival, qui créera pour cette édition une oeuvre dans la Cour d’Honneur, du 16 au 19 juillet…

En revanche, céder à la démagogie qui consiste à produire dans la Cour qui plus est un « concert » d’Etienne Daho avec Jeanne Moreau, sous le prétexte d’une lecture de Genet, relève du plus parfait parisiannisme. Sans doute est-ce là une concession à quelque financeur public, chagriné par « l’élitisme » de la programmation… Mauvaise idée.

Bonne idée, par contre, que d’inviter le grand sculpteur Land-Art Richard Long, pour une installation à la Chapelle St Charles, fomentée par le Conseil Général de Vaucluse…

Enfin, n’oublions pas les riches heures que constituent les programmes « La 25e heure », « Sujets à Vif » ou encore « Poster », qui certainement amèneront leur lot de (bonnes) surprises et de découvertes…

MR / (article réactualisé le 15 juin)

COULISSES : En marge de cette conférence de presse qui fait habituellement événement pour la ville d’Avignon, tout le monde aura remarqué l’absence de Marie-José Roig, rappelons-le également déléguée nationale au spectacle vivant pour l’UMP ! Remplacée in-extremis par son adjoint Bissière, semble-il prévenu au dernier moment, et arrivé en retard à Benoit XII pour s’être présenté d’abord à l’Opéra… Sans commentaire.

Photo : la performeuse Angelica Liddell

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